J'accuse (film, 2019)

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J'accuse
Description de cette image, également commentée ci-après
Marie-Georges Picquart, ici au moment de l'affaire Dreyfus et des procès Zola, est incarné par Jean Dujardin.

Réalisation Roman Polanski
Scénario Robert Harris
Roman Polanski
Acteurs principaux
Sociétés de production Légende Films
RP Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre drame historique
Durée 132 minutes[1]
Sortie 2019

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

J'accuse est un drame historique franco-italien coécrit et réalisé par Roman Polanski, sorti en 2019. Il s'agit de l'adaptation du roman D. de Robert Harris, portant sur l'affaire Dreyfus.

Il est présenté à la Mostra de Venise 2019 où il obtient le grand prix du jury et le prix FIPRESCI.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 1894, le capitaine Alfred Dreyfus, officier français de confession juive, est condamné à la déportation à vie pour avoir fourni des documents secrets à l'Allemagne. Pendant douze ans, cette « affaire » déchire la France de la Troisième République et fait scandale dans le monde entier. Le commandant Marie-Georges Picquart, promu chef du Deuxième Bureau, découvre que le commandant Ferdinand Walsin Esterhazy espionne pour l'Allemagne et que son propre adjoint, Hubert Henry, sait que le véritable traître n'est pas Dreyfus mais Esterhazy, surnommé Dubois.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

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Distribution[modifier | modifier le code]

Alfred Dreyfus, ici en 1894, est interprété par Louis Garrel.

Production[modifier | modifier le code]

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

Roman Polanski collabore ici à nouveau avec l'auteur britannique Robert Harris. Les deux hommes avaient déjà travaillé ensemble sur The Ghost Writer (2010). Le scénario s'inspire du roman D. (An Officer and a Spy) de Robert Harris, publié en 2013. Roman Polanski voulait depuis des années faire un film sur l'affaire Dreyfus, le projet est évoqué dès 2012[2] : « J'ai longtemps voulu faire un film sur l’affaire Dreyfus, en traitant le sujet non comme un drame en costumes mais comme une histoire d'espionnage. De cette manière, on peut montrer son absolue pertinence par rapport à ce qui se passe dans le monde aujourd'hui – le spectacle séculaire de la chasse aux sorcières à l'encontre d'une minorité, la paranoïa sécuritaire, les tribunaux militaires secrets, les agences de renseignement hors de contrôle, les dissimulations gouvernementales et la presse enragée », dit-il au Hollywood Reporter en 2012[3].

Durant des années, le réalisateur tente de mener à bien le projet, mais peine à le financer, comme il le déclare en 2017 :

« Le problème du film, c'est la combinaison entre le casting et le financement. C'est un film cher et les films de cette envergure se font avec une star bankable, comme on dit vulgairement. Et les stars capables de satisfaire les financiers, je ne les vois pas dans le rôle de Picquart, qui est notre personnage principal. À part ça, il y a une cinquantaine de rôles importants. Il faudrait qu'ils parlent tous avec le même accent dans la langue anglaise, sinon ça serait épouvantable. Car, malheureusement, il faut faire le film en anglais, ce qui est un autre problème pour moi. C'est nécessaire pour que le film soit distribuable dans le monde entier. Débloquer les moyens financiers pour produire un projet pareil est impossible si on tourne en français, ce qui est vraiment un gros problème pour ce type de sujet[4]. »

Dans le dossier de presse du film, il indique s'être inspiré de sa propre vie, faisant allusion aux accusations de violences sexuelles le visant : « Je dois dire que je connais bon nombre de mécanismes de persécution qui sont à l’œuvre dans ce film et que cela m’a évidemment inspiré ». Il évoque notamment « des histoires aberrantes de femmes [qu'il n'a] jamais vues de [sa] vie et qui [l]’accusent de choses qui se seraient déroulées il y a plus d’un demi-siècle »[5].

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

Jean Dujardin est annoncé dans le rôle principal de Marie-Georges Picquart en septembre 2018[2]. Louis Garrel est engagé dans le rôle d'Alfred Dreyfus.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage commence le [6] et devait finir le à Paris et en région parisienne[2]. Les scènes de l'île du diable du bagne de Guyane sont tournés à Plougasnou dans le Finistère[7],[8]. Toutefois, l'équipe tourne encore après cette date, notamment en avril 2019 à Moret-sur-Loing en Seine-et-Marne[9].

Accueil[modifier | modifier le code]

Le film est sélectionné et présenté en compétition officielle le à la 76ème édition du Festival de la Mostra de Venise[1]. Publié à l'occasion du festival, le dossier de presse présente un entretien accordé à l’écrivain Pascal Bruckner, A la question « En tant que juif pourchassé pendant la guerre, que cinéaste persécuté par les staliniens en Pologne, survivrez-vous au maccarthysme néoféministe d'aujourd'hui ? »[10]. Roman Polanski confirme que l'histoire du capitaine Dreyfus fait écho à sa propre histoire : « […] je peux voir la même détermination à nier les faits et me condamner pour des choses que je n'ai pas faites […]. »[11]. Lors d'une interview, Vincent Perez, l'un des acteurs du film affirme également que le film "(...) faire résonance à sa propre histoire (...) et que ce film est un regard d'adulte sur son histoire"[12].

Le film est bien accueilli par la critique[13],[14] bien que la sélection du film ait suscité des critiques de féministes ainsi que de la présidente du jury, la réalisatrice argentine Lucrecia Martel. Cette dernière a affirmé être « très gênée » par ce choix et qu'elle « n'assisterait pas » à la projection du film[15],[16] tandis qu'Alberto Barbera, directeur du festival, estime qu'il « faut toujours faire une distinction entre l'homme et l'artiste ». Lors de la remise des prix, Le Grand Prix du Jury est accordé au film. Poursuivi pour viol aux États-Unis, Roman Polanski était absent du festival pour ne pas risquer une extradition. Lucrecia Martel a reconnu que l'ensemble du palmarès n'avait pas fait l'unanimité au sein du jury sans plus de précisions[17].

En octobre 2019, lors du festival international du film de La Roche-sur-Yon, l'actrice Adèle Haenel demande à Paolo Moretti, délégué général du festival, d'organiser un « débat sur la culture du viol » avant la projection du film[18].

Le 8 novembre 2019, Valentine Monnier déclare au Parisien que Polanski l'a violée et frappée en 1975, alors qu'elle était âgée de 18 ans[19]. Elle explique que c'est la sortie en salles du film le 13 novembre 2019, qui lui « impose de parler[20]. » jugeant la prise de parole publique de Roman Polanski indécente. Préalablement, elle avait envoyé deux courriers à Brigitte Macron pour faire part de son témoignage, qui a été transmis à Franck Riester et Marlène Shiappa[21]. Roman Polanski conteste les faits et envisage des poursuites judiciaires suite à cette déclaration.

Lors de la sortie du film en France, Jean Dujardin annule son interview prévue lors du journal télévisé de TF1 du 10 novembre[22]. Une nouvelle version du dossier de presse est publiée et plusieurs émissions sont déprogrammées à l'occasion de la promotion du film[23].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e « J’accuse (An Officer and a Spy) », sur Mostra de Venise, (consulté le 2 septembre 2019).
  2. a b et c « J'accuse : Jean Dujardin chez Roman Polanski pour son film sur l'affaire Dreyfus », sur Allociné, (consulté le 7 janvier 2019).
  3. « D : l'Affaire Dreyfus selon Roman Polanski », sur Allociné, (consulté le 7 janvier 2019).
  4. « Roman Polanski tournera un documentaire sur son enfance et s'exprime sur le projet Dreyfus », sur Allociné, (consulté le 7 janvier 2019).
  5. Marine Turchi, « Affaire Polanski: l’équipe du film tente de censurer des questions de la presse », sur Mediapart, (consulté le 13 novembre 2019).
  6. Jérôme Lachasse, « Roman Polanski: le tournage de son film sur l'affaire Dreyfus a commencé », sur BFM TV, (consulté le 22 février 2019)
  7. « Finistère. Un film sur l'affaire Dreyfus en tournage à Plougasnou », sur Ouest-France,
  8. « Cinéma. Quand Polanski transforme Primel en île du Diable [Vidéo] », sur Le Télégramme,
  9. « Seine-et-Marne. Roman Polanski et Jean Dujardin étaient à Moret pour le tournage de J'accuse », sur Actu.fr / La République de Seine-et-Marne, (consulté le 8 septembre 2019)
  10. « Roman Polanski face au tribunal médiatique », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  11. « Mostra de Venise : J'accuse de Polanski en compétition, malgré la polémique », L'Express,‎ (lire en ligne)
  12. « J’accuse - Vincent Perez : "L'histoire personnelle de Polanski va imprégner son film" », Première,‎ (lire en ligne)
  13. « Agrégateur critique des journalistes de La Stampa et de la presse internationale » [image],
  14. « Mostra de Venise: J'accuse et Joker parmi les favoris », sur La Croix,
  15. « Mostra : J'accuse de Polanski reste en compétition malgré la "gêne" de la présidente du jury », sur Le Figaro, (consulté le 8 novembre 2019).
  16. « Mostra de Venise : J'accuse de Polanski en compétition, malgré la polémique », sur L'Express, (consulté le 8 novembre 2019).
  17. « Le palmarès aberrant de la 76° Mostra de Venise », La Croix,‎ (lire en ligne)
  18. « Adèle Haenel veut encadrer le nouveau film de Roman Polanski d'un "débat sur la culture du viol" », sur BFM TV, (consulté le 8 novembre 2019).
  19. Catherine Balle, « La nouvelle affaire Polanski : une Française l'accuse de viol », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  20. « Une photographe française accuse Roman Polanski de l'avoir violée en 1975 », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  21. « Brigitte Macron a reçu deux lettres de la femme qui accuse Roman Polanski », Le Point,‎ (lire en ligne)
  22. « Nouvelle accusation de viol de Roman Polanski : Jean Dujardin annule sa venue au 20 heures de TF1 », France Info,‎ (lire en ligne)
  23. « Affaire Polanski : cascade d'annulations en marge de la promotion de J'accuse », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  24. Robin Cannone, « Mostra de Venise: Lion d'or pour Joker de Todd Phillips », sur Le Figaro, (consulté le 8 septembre 2019).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]