Ivan Segré

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Ivan Segré
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Philosophe, talmudisteVoir et modifier les données sur Wikidata

Ivan Segré, né à Paris en 1973, est un philosophe et talmudiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Neveu de Victor Segré et issu d'une famille de juifs égyptiens[1], Ivan Segré étudie la philosophie et la littérature à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense puis à l’université Paris-VIII[2]. En 2008, il soutient sa thèse de doctorat sous la direction de Daniel Bensaïd[3] ; cette thèse, intitulée « La réaction philosémite européenne à l’épreuve de l’histoire juive », sera publiée par la suite en 2009 par les éditions Lignes en deux volumes sous les titres Qu'appelle-t-on penser Auschwitz[4] et La Réaction philosémite ou la Trahison des clercs[5]. Il y critique notamment les intellectuels français dits « communautaires » (Raphaël Draï, Alexandre Adler, Georges Bensoussan et par ailleurs, Pierre-André Taguieff[3]).

Il effectue une résidence à la librairie Envie de lire (Ivry-sur-Seine, Val-de-Marne) en 2013

Son projet de résidence est de « faire des religions un savoir partagé », au sein d’un lieu de rencontres et d’échanges, dans cette ville plurielle qu’est Ivry-sur-Seine. Cinq sessions de recherche se succéderont, chacune organisée autour d’une rencontre-débat à la librairie qui en constituera le point culminant. Son projet d’écriture s’intitule L’Hérésie rationaliste. Ou le judaïsme des libres-penseurs[6].

Dans Le Manteau de Spinoza. Pour une éthique hors la Loi, paru aux éditions La Fabrique en 2014, il s’intéresse au courant de pensée qui a pris Spinoza pour cible[7], et notamment aux intellectuels juifs qui pensent trouver en lui un « traître »[8].

Il signe par ailleurs et façon régulière des articles pour plusieurs revues (Lignes, L’autre côté, Labyrinthe, Lundimatin, Solitudes intangibles, etc.)[9].

Prises de position politiques[modifier | modifier le code]

Le , avec plusieurs intellectuels français il signe dans Libération une tribune appelant à manifester le à Paris contre l'instauration de l'état d'urgence, malgré l'interdiction. Ils notent que « c’est une victoire pour Daesh que d’avoir provoqué la mise sous tutelle sécuritaire de la population tout entière [...]. S’il existe quelque chose comme une valeur française, c’est d’avoir refusé depuis au moins deux siècles de laisser la rue à l’armée ou à la police [...] nous n’acceptons pas que le gouvernement manipule la peur pour nous interdire de manifester[10]. »

En 2016, un article critique à l'égard de la stratégie du boycott d'Israël[11] suscite un certain nombre de réactions négatives à l'extrême gauche et dans les milieux solidaires du peuple palestinien. Son éditeur Éric Hazan qualifie sa démarche de « revirement »[12], et d'autres y voient un « retournement de veste »[13]. Termes et visions que Segré réfute fort vigoureusement, exposant ce qu'il considère comme la continuité de sa démarche, au fil de nombreux articles et dans ses ouvrages ultérieurs.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • La Réaction philosémite. La trahison des clercs, Paris, Éditions Lignes, 2009.
  • Qu’appelle-t-on penser Auschwitz, préface d’Alain Badiou, Paris, Éditions Lignes, 2009.
  • Reflections On Anti-Semitism (with Alain Badiou and Éric Hazan), London, VersoBooks, 2013 (traduction anglaise de La Réaction philosémite par David Fernbach)
  • Le Manteau de Spinoza. Pour une éthique hors la Loi, Paris, La Fabrique, 2014 ; traduction anglaise par David Broder : Spinoza: The Ethics of an Outlaw, London, Bloomsbury Academic, 2017.
  • Judaïsme et Révolution, Paris, La Fabrique, 2014.
  • L’Intellectuel compulsif. La Réaction philosémite, 2, Paris, Éditions Lignes, 2016.
  • Les Pingouins de l'universel. Antijudaïsme, antisémitisme, antisionisme, Paris, Éditions Lignes, 2017.
  • La trique, le pétrole et l'opium. Sur la laïcité, la religion et le capital, Paris, Éditions Libertalia, 2019.
  • L'Occident, les indigènes et nous. Éléments d'histoire et de philosophie, Paris, Éditions Amsterdam, 2020.
  • Misère de l'antisionisme, Paris, Editions de l'éclat, 2020.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Bensaïd, Une thèse à scandale : la réaction philosémite à l'épreuve d'un juif d'étude, in Revue internationale des livres et des idées (Rili), n° 14, novembre-, Éditions Amsterdam, 2009.
  • Charles Alunni, De la Shoah et des intellectuels français, in Le Monde Diplomatique, .
  • Malik Tahar-Chaouch et Youssef Boussoumah, Ivan Segré : quand un Camus israélien critique Houria Bouteldja, in Indigènes-républiques.fr, Réponse à l'article d'Ivan Segré intitulé « Une indigène au visage pâle », compte rendu du livre de Houria Bouteldja : Les Blancs, les Juifs et nous. Vers une politique de l'amour révolutionnaire, publié in lundimatin #54 le 28 mars 2016.

Liens externes[modifier | modifier le code]