Ivan Rebroff

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Ivan Rebroff

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Ivan Rebroff en 2006

Informations générales
Nom Hans Rolf Rippert
Naissance
Berlin
Décès (à 76 ans)
Francfort
Activité principale Chanteur
Genre musical Opéra, Musique sacrée, profane, classique, traditionnelle et de variétés
Années actives 1958 - 2007
Labels Elisar Records
Site officiel ivan-rebroff.de
Ivan Rebroff lors d'un concert à l'Abbaye de la Cambre en 2006
Ivan Rebroff en 2006 (à la domra : Irina Kripakova)

Ivan Rebroff, de son vrai nom Hans Rolf Rippert[1], né le à Berlin et mort le à Francfort en Allemagne[2] est un chanteur allemand, d'origine russe selon ses dires[3],[4], à la carrière internationale et au répertoire très varié : chansons traditionnelles russes, mais aussi chants religieux classiques ou orthodoxes, chants de Noël, variété française ou allemande, opéra, opérettes, chansons folkloriques de nombreux pays et de multiples airs connus. Il disposait d’un registre vocal remarquablement étendu (plus de quatre octaves), ce qui le fit entrer dans le Livre Guinness des records[5]. Il chantait aussi bien en allemand qu'en russe, en français, en anglais, en afrikaans, en italien et en hébreu (il parlait d'ailleurs couramment les quatre premières de ces langues ainsi que le grec).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né prématuré de deux mois sur le quai de la gare de Berlin, d'un père brandebourgeois, il est initié au violon et au chant sous l’impulsion de sa mère, originaire de Bromberg et grande admiratrice de Fédor Chaliapine.

Adolescent, il est soprano soliste de l’un des plus anciens chœurs de garçons d’Allemagne, le Stadtsingechor (de) de l’institution August Hermann Francke dans la ville de Halle an der Saale (1945 - 1950)[6]. Pendant un court temps, il fait aussi partie de la Thomanerchor, le chœur de garçons de la Nikolaikirche – église Saint Nicolas – de Leipzig sous la direction du maître de chœur, organiste et compositeur Günther Ramin[7].

Plus tard, il est soliste du chœur des Cosaques du Don dirigé par Serge Jaroff[8] et membre des ensembles des Cosaques de la Mer Noire et de l'Oural fondés par Andrej Scholuch[9].

À partir de 1951 et jusqu’en 1959, ce colosse de 1,96 mètre et 115 kilos poursuit ses études de chant, clavier et violon à l’école supérieure de musique de Hambourg en bénéficiant d’une bourse Fulbright. Il obtient le premier prix du concours des écoles supérieures d’Allemagne fédérale en 1958.

Il est également premier prix du neuvième concours international de musique de l'ARD en 1960 à Munich, en interprétant, entre autres, Fühlt meine Seele l’un des trois Michel Angelo Lieder du compositeur Hugo Wolf[10].

Ses débuts en musique classique ont lieu à l'opéra de Gelsenkirchen (1960-1963) et à celui de Francfort (1963-1969). Son premier rôle à l’opéra fut celui de Don Basilio dans Le Barbier de Séville de Rossini. La soprano Inge Borkh, qui l'a connu durant son engagement à Francfort, estimait qu'à cette époque, son talent était largement sous-estimé[11].

Ivan Rebroff expliquait son passage à la « musique légère » par un « accident » : jouant le rôle de Jupiter dans Orphée aux Enfers à l’opéra de Munich, il s’est malencontreusement rompu le tendon d'Achille sur scène. Obligé d’interrompre les représentations, il s’est consacré à l’enregistrement de son premier disque, incluant les chansons russes Plaine, ma Plaine et La Légende des douze Brigands. Cette seconde chanson est passée à la radio Europe 1 et le standard téléphonique a été submergé d’appels d’auditeurs voulant connaître le nom du chanteur. À la suite de cela, arrivé à Paris, il s’est vu offrir, en 1968, le rôle du laitier Tevje, dans la comédie musicale Un violon sur le toit, dans laquelle il interprétait entre autres Ah ! Si j'étais riche. Les représentations ont débuté en novembre 1969 au théâtre Marigny[12] avec pour partenaire principale Maria Murano qui interprétait Golde. Ce rôle a apporté à Ivan Rebroff la célébrité, tant en France qu’en Allemagne (le journal France-Soir a publié à l'époque : « Hier soir, au théâtre Marigny, après la générale du Violon sur le Toit, personne n'en doutait plus : Paris tient enfin sa première vraie grande comédie musicale. On sait aussi désormais qu'Ivan Rebroff n'est pas qu'une sorte de phénomène vocal, une sorte d’Yma Sumac barbu, mais un authentique comédien. »), et a été le point de départ de sa carrière internationale. 653 représentations du Violon sur le toit ont suivi à Paris, et avec les tournées, 1 476 au total selon son impresario.

Ivan Rebroff est particulièrement célèbre auprès du grand public, pour son interprétation de chansons folkloriques russes (Kalinka ; Les Nuits de Moscou ; Les Yeux Noirs ; Plaine, ma Plaine ; Les Bateliers de la Volga ; Les Cloches du Soir ; Katioucha ; Souliko ; Stenka Razin ; Korobeïniki ; Boublitchki ; Sombre nuit (en russe : Темная ночь) ; Dans les rues de Saint-Pétersbourg…). Sa reprise, en russe, de la chanson popularisée par Mary Hopkin Those were the days (à l’origine, une chanson russe), sous le titre Le temps des fleurs (reprise également par Dalida, en français) tint plusieurs semaines à la première place du hit-parade français en décembre 1968.

Au cours de sa carrière, il a obtenu quarante neuf disques d'or décernés dans des pays des cinq continents et notamment dans presque tous les pays européens ainsi qu'un disque de platine pour dix millions de disques vendus depuis 1975[13].

Rebroff disait de lui qu'il était « international » (sa patrie c'était la Terre) et qu'avec son répertoire il essayait de faire la connexion entre l'Est et l'Ouest. L'ancien chancelier d'Allemagne fédérale, Helmut Schmidt lui a d'ailleurs remis en 1985 la croix de l'Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne en remerciement de sa contribution au rapprochement des peuples. Début 1989, il a été l'un des premiers artistes d’Europe de l'Ouest à se produire en public en ex-URSS sur invitation de Mikhaïl Gorbatchev[14].

Depuis le début de sa carrière jusqu'à l'an 2000, il a donné plus de 7 200 concerts en soliste devant plus de 5,8 millions de spectateurs, dont une période de deux ans, sept jours sur sept, sur les scènes françaises.

Il a également joué dans de nombreux opéras, opérettes et films (Le Barbier de Séville (Don Basilio), La Cenerentola (Alidoro)[15] , Boris Godounov (Boris Godounov), Le Baron tzigane (Zsupan), Sang viennois, Le Chevalier à la rose (baron Ochs), L'Étudiant mendiant (Ollendorf), La Belle Hélène (Calchas), Orphée aux Enfers (Jupiter), La Bohème (Colline), La Chauve-Souris (Prince Orlofsky, sous la direction de Carlos Kleiber), Die Zauberflöte (Sarastro), Don Carlos (Philippe II), Faust (Méphistophélès), Ernani (Silva), Le Nez, Macbeth…)

Un journaliste anglais (Evening Standard, Londres) a écrit de lui : « Une légende vivante. Quiconque l'a entendu un jour ne peut être que rempli de respect en découvrant quelle sonorité harmonieuse peut avoir une voix humaine. »

En pleine forme à 70 ans passés, il avait, début 2004, fait une tournée en Australie et Nouvelle-Zélande chantant dans douze concerts en quatorze jours. Il a continué, jusqu'à sa mort, à se produire régulièrement à travers l'Europe, principalement dans des églises, et à être invité fréquemment dans des émissions télévisuelles allemandes. Ivan Rebroff affirmait en effet son profond attachement à la foi chrétienne.

Il était domicilié dans l'île grecque de Skópelos dont il était « citoyen d'honneur » depuis 1991 et où il possédait une villa dans laquelle il allait se reposer entre les tournées. Mais il possédait aussi plusieurs résidences en Allemagne, dont l'une notamment près de Francfort, ainsi que des pieds-à-terre dans différents pays (en Provence, dans les régions de Saint-Pétersbourg ou de Lisbonne). L'artiste était connu pour son amour des animaux : sa maison d'édition Lisa portait le nom de la petite chienne qu'il avait recueillie sur une plage grecque. Il avait également élevé des barzoïs (lévriers russes) sous affixe Vom Rebroff[16].

En 2007, Ivan Rebroff avait reçu le doctorat honoris causa de l'International Writers & Artists Association (IWA, USA) ainsi que le diplôme d'honneur du Comité roumain de l'Académie européenne des arts. Il avait prévu d'effectuer une tournée à partir de décembre 2007 et ce, jusqu'en juillet 2008. Cette tournée s'acheva après quelques jours seulement, le chanteur ayant été hospitalisé d'urgence à Vienne où il avait donné son dernier récital le 9 décembre 2007 à l'Église votive.

Ivan Rebroff est mort d'un arrêt cardiaque dans une clinique de Francfort (Allemagne) le 27 février 2008 à l'âge de 76 ans. Le chanteur souhaitait être incinéré et, selon sa dernière volonté, ses cendres devaient être dispersées en mer Égée non loin de l'île de Skopelos[17].

Quelques jours après sa mort, Horst Rippert, le pilote de la Luftwaffe ayant reconnu en mars 2008 avoir abattu l'avion d'Antoine de Saint-Exupéry, a affirmé dans la presse allemande qu'il était son seul frère, espérant hériter[18].

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Chants Folkloriques de la Vieille Russie (1968)
  • Chants Folkloriques de la Vielle Russie Volume II (1968)
  • Au son des Balalaïkas (1969)
  • Un Violon sur le toit (1969)
  • Veillée de Noël (1970)
  • L'Homme qui vient de la nuit (BO du film) (1970)
  • Sing vir ons (1971)
  • La Chauve Souris de Johann Strauss (1976) sous la direction de Carlos Kleiber
  • Ave Maria (1979)
  • Katharina und Potemkin (1980)
  • Ivan Rebroff à Moscou (1997)
  • Glasnost Perestroïka (1999)
  • Noël russe (1999)

Et de nombreuses compilations

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • L'homme qui venait du Cher (1969) (TV)
  • L'Homme qui vient de la nuit (1970)
  • La dernière valse (1973) (TV)
  • La belle Hélène (1974)
  • Le Baron Tzigane (1975)
  • L'étudiant mendiant (1981) (TV)

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Live in concert (1982)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Matthias Bardong (Hrsg.): Das Lexikon des deutschen Schlagers. 2. Auflage. Schott, Mainz 1993, ISBN 3-7957-8208-2, S. 264–265.
  2. (fr) Communiqué de levif.be
  3. (de) Mitteldeutsche Zeitung „Der Mann mit der russischen Pelzmütze wird 75“ par Jürgen Ruf, 25 juillet 2006
  4. (de) Texte du livret du CD „Ivan Rebroff – Meine russische Seele – Das große Starporträt“ paru en juillet 2006
  5. Le Livre Guinness des Records, 1993
  6. (de) Site de la Franckensche Stiftungen de Halle Wir über uns > Selbstverständnis > Geschichte > Berühmte Schüler: Rippert, Hans
  7. (de) Texte du livret du CD „Ivan Rebroff – Meine russische Seele – Das große Starporträt“ paru en juillet 2006
  8. (fr) Biographie d'Ivan Rebroff sur le site officiel
  9. (fr) Historique du chœur des cosaques de l'Oural
  10. (de) Abendzeitung, München, 22 septembre 1960 « Obwohl die Goldmedaille für die Sänger beim 9. Internationalen Musikwettbewerb nach Deutschland fiel, wurde sie für eine östliche Stimme vergeben: Iwan Rebroff, der sich am Kammermusikabend als betont sensibler Liedersänger dreier Michelangelo-Lieder von Hugo Wolf legitimierte, ist ein Heldenbariton mit schönem Material, dessen Wirkung in den lyrischen Piano-Momenten wie in den Forte-Ausbrüchen gleich eindrucksvoll sind. »
  11. (de) Ich komm vom Theater nicht los...:Erinnerungen und Einsichten ISBN 3-8311-3660-2, page 135
  12. (fr) Jean Dutourd, Sept saisons, Flammarion 1972, page 373
  13. (de)Süddeutsche Zeitung: „Ivan Rebroff ist tot“, 28 février 2008
  14. (ru) Articles de presse russe 1988 - 1989
  15. Pochette du 33 tours In diesen heiligen Hallen LP n° 31734-1, Notes d'un témoin, Hans-R Stracke, producteur : « C'est à l'opéra, il y a de cela plusieurs années, que j'ai fait la connaissance d'Ivan Rebroff ; on donnait à Francfort La Cenerentola de Rossini et il y chantait Alidoro. Ou plutôt, il était Alidoro… » (traduction de Jacques Lasserre).
  16. http://www.theborzoifiles.net/details.php?id=63705
  17. (de) Aktuelle News - 22 avril 2008
  18. (de) Das Bild „Heimlicher Bruder will Millionen-Vermögen“ 2 mars 2008

Liens externes[modifier | modifier le code]