Ivan Mazepa

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Ivan Mazepa
Ivan Mazepa.jpg
Titre de noblesse
Prince du Saint-Empire
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 70 ans)
BenderVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Іван Степанович Мазепа et Jan Mazepa KolędyńskiVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Académie Mohyla de Kiev (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Famille
Mazepa family (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Père
Steafy-Adam Mazepa (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Mazepa Maryna (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Ганна Половець (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religions
Distinctions
signature d'Ivan Mazepa
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Ivan Mazepa

Ivan Stepanovitch Mazepa (ukrainien : Іван Степанович Мазепа, russe : Иван Степанович Мазепа, francisé en Jean Mazeppa par d'anciennes sources[1]) né le 30 mars 1639 et mort le 2 octobre 1709 est un hetman des cosaques d'Ukraine, militaire, mécène et héros de la nation ukrainienne.

Sa vie mouvementée est devenue source d'inspiration au moment du romantisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 30 mars (le 20 mars selon l'ancien calendrier) 1639 dans une famille noble mais pauvre du palatinat de Podolie, Ivan Stepanovitch Mazepa devient page du roi de Pologne, Jean II Casimir Vasa. Il profite de sa vie à la cour pour acquérir les connaissances qui plus tard feront sa réussite.

Selon une tradition[1],[2] reprise par Voltaire dans son Histoire de Charles XII (1731)[3], puis entre autres par Dorville (1764), c'est au cours de son séjour en Volhynie (entre 1659 et 1663 ?) qu'il noue une liaison avec l'épouse d'un gentilhomme polonais nommé Falbowski, son employeur[2] : ce dernier l'ayant surpris en flagrant délit d'adultère, Mazepa est attaché entièrement nu, le corps enduit de goudron, sur le dos d'un cheval sauvage qui l'emporte au fin fond des steppes ukrainiennes. Là, recueilli par des paysans, il se remet de ce périple grâce à leurs bons soins. Il s'établit parmi eux, découvrant la vie guerrière de ce peuple en proie aux invasions, rapines, raids et brigandages les plus divers. Cette vie mouvementée est l'occasion rêvée pour lui de démontrer ses qualités[4]. Il est d'abord secrétaire puis adjudant de l'hetman Samoilowitz.

Mazepa et les loups (1826) par Horace Vernet.

Celui-ci est déposé le 20 juin 1687 en raison de son impéritie, qui coûte la vie à une bonne partie de l'armée cosaque[1]. Mazepa est élu à sa place[2]. Parmi ses réussites, on distingue particulièrement l'expédition d'Azov. Son habileté lui permet d'acquérir la confiance de Pierre le Grand, qui lui décerne le cordon de Saint André ainsi que le titre de conseiller privé pour vingt ans de services loyaux et efficaces.

Il est même fait prince de l'Ukraine, mais ses ambitions ne sont pas satisfaites. Il médite longtemps et manœuvre habilement pendant des années pour préparer sa trahison visant à acquérir l'indépendance. En particulier, il se fait remarquablement passer pour un vieillard au bord de la mort, perpétuellement entouré de médecins, et fait construire des églises ici et là. Il essaie de s'allier avec Charles XII et les Suédois lors des guerres qui opposent ces derniers au tsar. Il convainc les Cosaques zaporogues de la volonté de Pierre le Grand de détruire la cosaquerie ukrainienne.

Charles XII et Mazepa après la bataille de Poltava (1876) par Gustaf Cederström .

Ses plans sont dénoncés au tsar par le général cosaque Vassili Leontievitch Kotchoubeï et le colonel Ivan Ivanovitch Iskra. Incrédule, le tsar n'y accorde que peu d'importance ; Mazepa, ayant intercepté le courrier, fait décapiter les dénonciateurs le . Se sachant découvert, il essaie de se préparer à la guerre. Sa capitale Batourine est détruite par les armées du tsar. Il est tout juste capable de rassembler une poignée d'hommes pour s'enfuir et rejoindre Charles XII[1], son armée étant dispersée au sein du territoire de l'Empire russe. Ce dernier avançait sur l'Ukraine confiant dans son allié qui avait promis de la mettre tout entière à son service. Ils se rejoignent à Poltava, où l'armée suédoise est défaite (voir bataille de Poltava).

Après la déroute, Mazepa se réfugie en Valachie, puis à Tighina[2], où il meurt le 2 octobre (21 septembre c.j.) 1709. Peu avant la mort de Mazeppa, Pierre Ier de Russie lui décernait un titre d'infamie, l'Ordre de Judas, créé spécifiquement pour lui et qualifier ainsi sa traîtrise[5].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Postérité et iconographie[modifier | modifier le code]

La « légende » de Mazepa a inspiré des poèmes à Byron, avec Mazeppa (1819), et un autre (1829) à Victor Hugo, dans ses Orientales[6]. Il est également au cœur des poèmes d'Alexandre Pouchkine dans Poltava (1828-1829), d'un drame de Juliusz Słowacki (1840). En 1851, Franz Liszt publie ses Douze études d'exécution transcendante, dont la quatrième est intitulée Mazeppa, en référence directe au poème de Hugo. Le musicien d'origine irlandaise Michael William Balfe compose une cantate en 1861 (The Page) et Tchaïkovski, l'opéra Mazeppa en 1881-1883.

Dans les années 1820, des peintures représentent l'épisode supposé de la vie de Mazepa, celui de la punition infligée par le noble polonais : on compte, outre la dernière toile de Théodore Géricault (1823, MET), celles d'Eugène Delacroix (1824, galerie nationale de Finlande), d'Horace Vernet (1826, musée Calvet), Louis Boulanger (1827, musée des beaux-arts de Rouen) auquel Hugo dédie son poème, toutes inspirées par le mythe du cavalier cosaque se battant pour la liberté, qui connaissait alors un gros succès en France. Il est intéressant de noter qu'en 1825, à Paris, au Cirque-Olympique, l'écuyer italien Antonio Franconi met en scène un spectacle équestre intitulé Mazeppa, ou le cheval tartare ; ce spectacle à gros succès est ensuite exporté vers les pays anglo-saxons dont les États-Unis, suivant la vogue de l'équitation[7]. En 1851, Théodore Chassériau exécute une nouvelle composition inspirée du mythe (musée des beaux-arts de Strasbourg).

La vie d'Ivan Mazepa a inspiré de nombreux romans populaires puis des films et adaptations, entre autres Mazeppa (1909), film muet, le Mazeppa (1993) de Bartabas primé à Cannes, et Une prière pour l'hetman Mazepa / Молитва за гетьмана Мазепу, fiction réalisée en 2001 par Youriï Illienko.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Biographie universelle ancienne et moderne (1843) par Louis-Gabriel Michaud (voir gallica).
  2. a b c et d Dictionnaire universel d'histoire et de géographie par M.-N. Bouillet (1878)
  3. Les péripéties édioriales de cet ouvrage de Voltaire se trouvent résumées par Éric Schnakenbourg dans Dix-Huitième siècle, 40, Paris, 2008 — sur Cairn.
  4. Voltaire (édition de 1820), op. cit., tome I, pp. 260-262
  5. orthodisc.su
  6. Par exemple page 179 dans Œuvres complètes de Victor Hugo. Poésie II. ; recueil publié en 1882 par J. Hetzel et A. Quantin.
  7. (en) Patricia Mainardi, Husbands, Wives and Lovers: Marriage and its Discontents in Nineteenth-Century France, New Haven, Yale University Press, 2003, p. 6 [?].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Léonor Le Gallois de Grimarest, Les Campagnes de Charles XII, roi de Suède, 4 tomes, Paris, Jacques Le Febvre et Pierre Ribou, 1705-1711 — cf. le Tome IV en ligne.
  • Voltaire, Histoire de Charles XII, Paris, 1731-1768 — lire du Gallica (édition de 1820 en 2 tomes).
  • Aubry de La Mottraye, Voyages, en anglois et en françois, d'A. de La Motraye en diverses provinces et places de la Prusse ducale et royale, de la Russie, de la Pologne, etc., La Haye, Adrien Moetjens, 1732 — édition bilingue corrigée dédiée au comte de Chesterfield : en ligne, 492 pages.
  • Dorville, Memoires d'Azéma, contenant diverses anecdotes des regnes de Pierre le Grand, empereur de Russie, & de l'impératrice Catherine son epouse, Amsterdam [Paris, Pierre-Guillaume Simon], 1764.
  • Elie Borschak et René Martel, Vie de Mazeppa, Paris : Calmann-Levy, « Nouvelle Collection Historique », 1931
  • Iaroslav Lebedynsky, Histoire des Cosaques, Terre Noire, 1995
  • Iaroslav Lebedynsky, Les Cosaques - Une société guerrière entre libertés et pouvoirs, Ukraine (1490-1790), Errance, 2004

Articles connexes[modifier | modifier le code]