Issigeac

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Issigeac
L'église d'Issigeac.
L'église d'Issigeac.
Blason de Issigeac
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Dordogne
Arrondissement Bergerac
Canton Sud-Bergeracois
Intercommunalité Communauté de communes des Portes sud Périgord
Maire
Mandat
Jean-Claude Castagner
2014-2020
Code postal 24560
Code commune 24212
Démographie
Gentilé Issigeacois
Population
municipale
753 hab. (2014)
Densité 82 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 43′ 46″ nord, 0° 36′ 21″ est
Altitude Min. 94 m – Max. 166 m
Superficie 9,16 km2
Localisation

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Issigeac est une commune française située dans le département de la Dordogne, en région Nouvelle-Aquitaine. De 1790 à 2015, la commune était le chef-lieu du canton d'Issigeac.

Géographie[modifier | modifier le code]

Issigeac se trouve dans la vallée de la Banège, au sud-est de l'important vignoble de Monbazillac.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes d’Issigeac
Monsaguel Saint-Cernin-de-Labarde Montaut
Issigeac
Plaisance Monmarvès Boisse

Toponymie[modifier | modifier le code]

En occitan, la commune porte le nom de Sijac[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

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Issigeac est essentiellement un bourg médiéval[2].

La voie romaine reliant Agen (Aginum) à Périgueux (Vésuna) par Eysses (Exidium) passait par Issigeac comme le montre un milliaire trouvé au sud de la commune et attribué à César[3]. Au IVe siècle de notre ère, il existait une villa gallo-romaine dont la partie balnéaire a été retrouvée en 1994, à l'occasion de travaux de voirie. Cet édifice était orné de mosaïques, d'éléments décoratifs en stuc. Une nécropole mérovingienne s'implanta sur le site même de la villa, ruinée lors des invasions barbares.

La première mention écrite d'Issigeac date de 1008 et concerne l'église Saint-Martin. En 1153, les textes mentionnent le monastère, qui dépendait de la grande abbaye de Sarlat. Durant le XIIIe siècle, la cité se blottit à l'intérieur de remparts, afin de se protéger des combats de la Guerre de Cent Ans. Cette seigneurie dépendait des seigneurs de Bergerac, mais très vite, les doyens (responsables de la communauté de moines) accaparèrent les droits féodaux, et devinrent seigneurs spirituels et temporels de la juridiction d'Issigeac. Des coutumes (« Charte de privilèges ») furent rédigées en 1298 grâce à un accord entre, d'une part, Raymond Barrière, doyen et seigneur d'Issigeac, et Bernard, abbé et seigneur de Sarlat, dont dépendaient le couvent et la seigneurie d'Issigeac, et les habitants de la ville, d'autre part[4].

En 1318, l'abbaye d'Issigeac est réduite en doyenné et ses revenus sont réunis à la mense épiscopale du nouvel évêché de Sarlat[5],

En 1351, Issigeac fut rattaché aux biens de l'évêché de Sarlat : dès lors, Issigeac devint une résidence des prélats de Sarlat. L'église actuelle fut construite au XVIe siècle par l'évêque de Sarlat, Armand de Gontaut-Biron. Mais bientôt, la cité souffrit beaucoup des Guerres de Religion. Le château et l'église furent en partie détruits, et la cité ne retrouva son calme qu'au XVIIe siècle. L'église et l'actuel château furent reconstruits sous l'épiscopat de François III de Salignac de Lamothe-Fénelon. C'est à cette même époque que Fénelon, célèbre écrivain, résida chez son oncle dans ce château.

En 1789, la cité rédigea son cahier de doléances et connut pendant tout le XIXe siècle de nombreux changements, heureusement sans trop d'effets sur l'architecture du bourg. Malgré un regain d'activités au siècle dernier, la cité s'endormit au début du XXe siècle, ce qui la préserva des grands travaux de réaménagements urbains.

À partir de 1973 et la parution du livre Le Temps incertain de Michel Jeury, Issigeac attire un certain intérêt de la part d'auteurs et de lecteurs de science-fiction[6].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

Dès 1790, la commune d'Issigeac est le chef-lieu du canton d'Issigeac qui dépend du district de Bergerac jusqu'en 1795, date de suppression des districts. En 1801, le canton est rattaché à l'arrondissement de Bergerac[7].

Dans le cadre de la réforme de 2014 définie par le décret du 21 février 2014, ce canton disparaît aux élections départementales de mars 2015[8]. La commune est alors rattachée au canton du Sud-Bergeracois, dont le bureau centralisateur se trouve à Eymet.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Issigeac intègre dès son origine la communauté de communes du Pays issigeacois, créée le 29 décembre 2009 pour une prise d'effet au . Celle-ci est dissoute au et remplacée au par la communauté de communes des Portes sud Périgord.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
         
    Claude Gisquet    
1989 mars 2008 Jean-Marie Bos PS Conseiller général
mars 2008 (réélu en mars 2014) en cours Jean-Claude Castagner PS Directeur d'école retraité
Conseiller général

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitants d'Issigeac sont appelés les Issigeacois.

En 2014, Issigeac comptait 753 habitants. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (2004, 2009, 2014, etc. pour Issigeac[9]). Depuis 2006, les autres dates correspondent à des estimations légales.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
921 879 936 970 977 1 040 1 068 1 089 1 064
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 020 1 043 1 026 1 062 1 046 1 103 959 914 851
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
780 801 769 737 730 790 842 687 683
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
712 709 669 686 638 617 665 634 753
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006 [10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Courses de chevaux le dimanche de Pentecôte
  • Village du disque et de la BD, le troisième week-end de juin
  • Bodega le deuxième week-end de juillet[11]
  • Foire aux paniers chaque été depuis le début des années 1990[12]
  • Exposition sur l'œuvre de Michel Jeury en juin 2013[13], faisant également référence à Cyrano de Bergerac, visant à conforter l'image du village en tant que lieu de pèlerinage de la science-fiction.
  • Foire à la brocante et aux antiquités le premier week-end du mois d'août

Économie[modifier | modifier le code]

Emploi[modifier | modifier le code]

En 2012[14], parmi la population communale comprise entre 15 et 64 ans, les actifs représentent 292 personnes, soit 40,1 % de la population municipale. Le nombre de chômeurs (trente-six) est resté stable par rapport à 2007 et le taux de chômage de cette population active s'établit à 12,5 %.

Établissements[modifier | modifier le code]

Au 31 décembre 2013, la commune compte 125 établissements[15], dont 79 au niveau des commerces, transports ou services, dix-neuf relatifs au secteur administratif, à l'enseignement, à la santé ou à l'action sociale, douze dans la construction, huit dans l'industrie, et sept dans l'agriculture, la sylviculture ou la pêche[16].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Félicien[modifier | modifier le code]

À la fin du XVe siècle, Armand de Gontaut-Biron, évêque de Sarlat et seigneur d'Issigeac, fit élever l'église actuelle sur l'emplacement du prieuré roman. La construction a duré près de 40 ans et fut achevée en 1527.

L'église Saint-Félicien présente un bel ensemble de l'architecture gothique finissante (un exemple rare en Périgord) à trois nefs soutenues par des arcs-boutants. Le clocher octogonal rompt avec l'architecture des XVe et XVIe siècles et rappelle l'art roman.

Éléments remarquables :

  • le clocher octogonal ;
  • le portail avec ses voussures torsadée et en bâton écoté ;
  • la nef centrale avec ses piliers-fûts ;
  • l'abside et les absidioles pentagonales ;
  • les lancettes (fenêtres) du chevet et les vitraux du XIXe siècle ;
  • les statues de Bois tuqué (XVIIe siècle) dans le chœur ;
  • la statue de Marie en bois doré (XVIIe siècle) ;
  • un ensemble de vitraux datant du XIXe siècle.

L'église Saint-Félicien est classée au titre des monuments historiques en 2001[17]. Des travaux de rénovation importants sont en cours, car de graves fissures sont apparues ces dernières années et une partie de la nef sud s'est écroulée en 2006.

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Château des évêques de Sarlat[modifier | modifier le code]

Château des évêques de Sarlat.

Dès le XIVe siècle, les évêques de Sarlat viennent s'installer à Issigeac et en font leur résidence ordinaire. L'un des successeurs, François III de Salignac de La Mothe-Fénelon fait construire le château en 1660 sur des fortifications médiévales.

Ce bâtiment, inscrit aux monuments historiques, révèle les caractéristiques de l'architecture classique française : sobriété, symétrie, ordre, clarté.

Son allure est cependant adoucie par les deux petites tourelles rondes accrochées à chaque angle des ailes latérales. Aujourd'hui, le château abrite le syndicat d'initiative dans ses caves voûtées.

Autres monuments[modifier | modifier le code]

  • Maison des Têtes : maison gothique du XVe siècle avec pans de bois et poutres sculptées sur base en pierre de taille. Elle est inscrite en 1946 au titre des monuments historiques[18]. Laissée à l'abandon par son propriétaire – un architecte – une pétition pour sa restauration a été lancée en 2012 et a rassemblé plus de 500 signatures[19],[20].
  • Ancienne Prévôté, XVIIe et XVIIIe siècles[21], également inscrite en 1946.
  • Maison des Dîmes. Ancienne et imposante maison où les doyens puis les seigneurs stockaient le dixième (la dîme) des récoltes recueilli à titre d'impôt.
  • Maisons à galeries de bois.
  • Vestiges de l'ancienne enceinte de fossés et de remparts dits « Tour de Ville ».
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Michel Jeury y a écrit l'essentiel de son œuvre de science-fiction (période 1960-1987).
  • Samueli Naulu (1982-2013), joueur fidjien de rugby à XV, mort à Issigeac.
  • Martial Raysse (1936-), peintre et sculpteur français, y réside.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

  • Issigeac produit des vins de bergerac et de monbazillac
  • La « lise » est un gâteau brioché, recouvert de sucre glace, généralement parfumé à la fleur d'oranger.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes d'Issigeac

Les armes d'Issigeac se blasonnent ainsi : « D'argent à quatre lionceaux de gueules armés, couronnés et lampassés de même, brisé d'un bâton écoté d'azur raccourci et péri en bande. »[23],[24]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Pierre Cadalen, Issigeac et ses coutumes, éditions Lacour-Ollé, Nîmes, 2006 (première édition 1948) ; p. 151 (voir)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom occitan des communes du Périgord sur le site du Conseil général de la Dordogne, consulté le 3 mars 2014.
  2. Office de tourisme d'Issigeac : Cité médiévale d'Issigeac
  3. Office de tourisme d'Issigeac : Origine du village, d'après l'abbé Pierre Cadalen, Issigeac et ses coutumes, Éditions Lacour-Ollé, Nîmes, 2006
  4. Père Bouscaillou, Quelques notes sur Issigeac, p. 289-311, dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, tome XVI, 1889 (lire en ligne)
  5. Chanoine Gaston de Gérard, Bulle d'union d'Issigeac et observations, p. 62-67, dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, tome VII, 1880 (lire en ligne)
  6. Préface de Gérard Klein au Temps incertain de Michel Jeury, reproduite sur le site Quarante-deux. Page consultée le 8 avril 2013.
  7. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Légifrance, « Décret no 2014-218 du 21 février 2014 portant délimitation des cantons dans le département de la Dordogne », sur http://www.legifrance.gouv.fr/ (consulté le 11 juin 2015).
  9. « Calendrier de recensement », sur Insee (consulté le 3 mars 2014)
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  11. Bodega Issigeac sur le site du Pays de Bergerac, consulté le 17 janvier 2012.
  12. Le week-end des paniers, Sud Ouest édition Dordogne du 13 juillet 2012.
  13. http://blog.jeury.fr/pages/Exposition-Entre-Futurs-et-terroirs
  14. Chiffres-clés - Emploi - Population active - tableaux EMP T2 et EMP T4 sur le site de l'Insee, consulté le 2 novembre 2015.
  15. « Établissement - Définition », sur Insee (consulté le 2 novembre 2015).
  16. Chiffres clés - Établissements actifs par secteur d'activité - tableau CEN T1 sur le site de l'Insee, consulté le 2 novembre 2015.
  17. « Église Saint-Félicien », base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 10 novembre 2010.
  18. « Maison gothique », base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 10 novembre 2010.
  19. Marie-Dominique Gérard-Bot veut sauver la maison des têtes à Issigeac sur Le Démocrate indépendant, consulté le 8 avril 2013.
  20. M. de Fayolle, Maison avec pan de bois à Issigeac, p. 207-209, dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, tome 37, janvier-février 1910
  21. « Ancienne prévôté », base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 10 novembre 2010.
  22. Visites en Aquitaine : Prévôté d’Issigeac
  23. Histoire d'Issigeac
  24. Pierre-François de Beauvau du Rivau, évêque de Sarlat entre 1688 et 1701, a offert les armoiries de la famille de Beauvau à la ville d'Issigeac en y ajoutant la brisure d'un bâton écoté d'azur raccourci et péri en bande (voir plaque d'information, rue de Beauvau, à Issigeac).