Issa Hayatou

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Issa Hayatou
Description de l'image Issa Hayatou (cropped).jpg.
Naissance (76 ans)
Garoua (Cameroun)
Nationalité Camerounaise
Activité principale
Président de la Confédération africaine de football (de 1988 à 2017)
Autres activités

Vice-président de la FIFA pour l'Afrique

Président de la FIFA par intérim du 8 octobre 2015 au 26 février 2016

Issa Hayatou, né le à Garoua, est un enseignant et dirigeant de football camerounais. Il est président de la Confédération africaine de football de 1988 à et président par intérim de la FIFA d' à , à la suite de la suspension de Sepp Blatter.

En Janvier 2021, la FIFA suspend Issa Hayatou de toute activité liée au football jusqu'au 3 août 2022[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Issa Hayatou appartient à la grande famille Hayatou, de Garoua, dont les illustres aînés sont Amadou Hayatou, ancien secrétaire général de l'Assemblée nationale ou Garga Alim Hayatou, secrétaire d'État à la Santé et Lamido de Garoua. Au sein de cette famille très influente dans le nord du Cameroun, il est donc destiné à avoir de grandes responsabilités comme son frère Sadou Hayatou qui occupe le poste de Premier ministre du pays du au .

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est champion du Cameroun du 400 et du 800 mètres entre 1964 et 1971 et sélectionné dans l'équipe nationale d'athlétisme, disputant les Jeux africains de 1965 à Brazzaville. Il joue aussi dans l'équipe du Cameroun de basket-ball et dans l'équipe de football universitaire. En parallèle, il devient professeur d'éducation physique et sportive, obtenant un Certificat d'aptitude au professorat d'éducation physique et sportive (CAPEPS) à l'université de Yaoundé en 1973[2].

Dirigeant sportif[modifier | modifier le code]

Au Cameroun[modifier | modifier le code]

À partir de 1974, Hayatou commence à prendre des responsabilités dans le milieu sportif en devenant secrétaire général de la Fédération camerounaise de football à l'âge de 28 ans et le demeure jusqu'en 1983[2]. Entre 1982 et 1986, il est directeur des sports au ministère de la jeunesse et des sports du Cameroun. Vice-président de 1984 à 1986, il devient ensuite président de la Fédération camerounaise de football, et ce jusqu'en 1988[2]. Après avoir perdu les élections pour un nouveau mandat à la tête de la CAF en , il est nommé par décret présidentiel à la tête du conseil d'administration de l'academie nationale du football[3]. En 1984, pour les jeux à Los Angeles, il est porte-drapeau de l'équipe olympique de Cameroun[4].

Président de la CAF[modifier | modifier le code]

Issa Hayatou est membre du comité exécutif de la CAF depuis 1986[2] lorsqu'à la suite du décès de l'Éthiopien Ydnekatchew Tessema, il devient, en , le cinquième président de la Confédération africaine de football. En 1990, il obtient une nouvelle fonction en devenant membre du comité exécutif de la Fédération internationale de football association (FIFA). Il devient vice-président de la FIFA en 1992.

Issa Hayatou, président de la CAF en compagnie des présidents Obiang de la Guinée Equatoriale et Sepp Blater de la FIFA à la CAN 2015

Sous son mandat de président de la CAF et depuis vingt ans, le football africain connaît une véritable avancée. Hayatou réussit ainsi à obtenir cinq places au lieu de deux pour les pays de sa confédération au tournoi final de la Coupe du monde de football. Plusieurs des pays africains présents à cette compétition ont particulièrement brillé alors qu'ils étaient totalement absents auparavant comme le Cameroun en 1990 ou le Sénégal en 2002 qui se distinguent ainsi. Pour la première fois, le continent africain accueille l'épreuve reine du sport mondial à l'occasion de la Coupe du monde de football de 2010 en Afrique du Sud probablement grâce à l'influence de son président. De la même manière, la Coupe d'Afrique des nations de football prend de l'ampleur en passant de huit à douze équipes en 1992 puis à seize équipes quatre ans plus tard lors de l'édition sud-africaine. Le nombre d'équipes participant aux qualifications de ces Coupes d'Afrique des nations ne cesse d'ailleurs d'augmenter. Ils sont ainsi quarante-quatre sélections à tenter de se qualifier pour l'édition 2012.

En 2002, il est candidat à la présidence de la FIFA, mais est largement battu par le sortant Sepp Blatter.

La Confédération africaine, sous la présidence d'Hayatou contribue également au développement de ses compétitions de clubs comme la Coupe d'Afrique des clubs champions (1964-1996) puis la Ligue des champions de la CAF depuis 1997, la Coupe de la CAF, de 1992 à 2003, puis la Coupe de la confédération et la Coupe d'Afrique des vainqueurs de coupe. Sous sa présidence, les moyens accordés à diverses pratiques mineures comme le futsal, le football féminin ou le beach-soccer sont augmentés par la CAF.

En , il se porte candidat pour un huitième mandat à la présidence de la confédération africaine de football, mais il perd les élections contre le malgache Ahmad Ahmad avec 14 voix de différence[5],[6].

Réuni jeudi 10 décembre au Caire, en Egypte, le comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a décidé de proposer à l’Assemblée nationale de la CAF d’accorder le statut de président d’honneur de l’instance à Issa Hayatou. Cette proposition sera soumise au vote de l'Assemblée générale vendredi 11 décembre[7].

La polémique avec l'équipe du Togo en janvier 2010[modifier | modifier le code]

Issa Hayatou, (2 ème à partir de la gauche) lors la remise de trophée de la CAN 2015 en Guinée Equatoriale

En , quelques jours avant la fin de la Coupe d'Afrique des nations en Angola, Issa Hayatou se retrouve au cœur d'une polémique à la suite de la fusillade subie par l'équipe du Togo le à la frontière entre l'Angola et la République du Congo qui fait deux morts et huit blessés dans l'encadrement des Éperviers. Condamnant le retrait du Togo pendant la compétition, le président de la CAF contraint les Togolais à une suspension de compétition internationale pour quatre ans. Le capitaine du Togo Emmanuel Adebayor et son sélectionneur Hubert Velud dénoncent cette décision réclamant même la démission du Camerounais à la présidence de la CAF[8] En , Joseph Blatter, président de la FIFA lève cette suspension.

Président intérimaire de la FIFA[modifier | modifier le code]

Le , à la suite de la suspension de Sepp Blatter, Hayatou devient président intérimaire de la FIFA. Le , il dirige le congrès extraordinaire de l'organisation qui aboutit à l'élection de Gianni Infantino.

Détail des fonctions[modifier | modifier le code]

Période Fonction
1974-1983 Secrétaire général de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot)
1982-1986 Directeur des sports au ministère de la jeunesse et des sports du Cameroun
1986-1988 Président de la Fédération camerounaise de football
1988-2017[9] Président de la Confédération africaine de football (CAF)
1990-2008 Membre du comité exécutif de la Fédération internationale de football association (FIFA)
2015-2016 Président par intérim de la FIFA

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Cameroun – Football : pourquoi la Fifa a suspendu Issa Hayatou – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le )
  2. a b c et d « Les nouveaux membres du CIO : Issa Hayatou », Revue olympique - Organe officiel du Mouvement olympique, vol. XXVII-40,‎ , p. 28 (lire en ligne)
  3. « Football : où a finalement atterri Issa Hayatou après son échec à la CAF ? – JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. « Los Angeles 1984 Olympic Opening Ceremony Broadcast : à partir de 1:26:59 », sur youtube.com (consulté le )
  5. « CAF. Ahmad Ahmad détrône Issa Hayatou », Le Télégramme (consulté le )
  6. « CAF : Ahmad Ahmad detrône Issa Hayatou », BBC Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. « CAF : un statut spécial pour Issa Hayatou ? »
  8. démission de Issa Hayatou
  9. « Football : le Malgache Ahmad Ahmad élu président de la CAF - JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne, consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Les 50 personnalités qui font le Cameroun : Issa Hayatou », Jeune Afrique, no 2520-2521, du au , p. 40