Israel Beytenou

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Israel Beytenou
ישראל ביתנו (he)
Image illustrative de l'article Israel Beytenou
Logo officiel
Présentation
Président Avigdor Liberman
Fondation 1999
Siège Jérusalem, Israël
Positionnement Droite
Extrême droite
Idéologie Sionisme révisionniste,
National-conservatisme
Libéralisme économique[1]
Défense des droits des Israéliens d'origine russe,
Sécularisme
Couleurs bleu et blanc
Site web http://www.beytenu.org.il/
Représentation
Knesset
6 / 120

Israel Beytenou (en hébreu : ישראל ביתנו, c'est-à-dire « Israël notre Maison ») est un parti politique israélien considéré comme ultranationaliste et d'extrême droite[2], constitué afin de représenter les Israéliens d'origine russe. L'un de ses fondateurs est l'israélien d'origine moldave Avigdor Liberman, ancien membre du Likoud.

Ce parti se caractérise par une ligne des plus intransigeantes vis-à-vis des Arabes et des Palestiniens en particulier.

Le parti propose que les secteurs peuplés par une majorité d’Arabes, comme Umm al-Fahm dans le « Triangle », soient rattachés à l’Autorité palestinienne. Parallèlement, des territoires de Cisjordanie et les colonies seront officiellement rattachés au territoire de l'État d’Israël.

En octobre 2006, le parti a été intégré à la coalition gouvernementale menée par le parti Kadima avec le Parti travailliste.

Histoire[modifier | modifier le code]

Plus d’un million de Soviétiques ont émigré vers l'État d'Israël depuis les années 1970 et surtout les années 1990.

Le parti a été créé par Avigdor Liberman afin de regrouper les ressortissants russes qui soutiennent une ligne dure dans la négociation avec l'autorité palestinienne. Cette création en 1999 fait suite aux concessions faites en 1997 par Benyamin Netanyahou, ancien dirigeant du Likoud, qui avait amené Liberman à quitter ce parti. Israël Beytenou a provoqué la surprise aux législatives de mars 2006 en remportant 11 sièges à la Knesset. Sa percée s’explique, en premier lieu, par la participation massive des ex-immigrants originaires de l'URSS au débat démocratique[3]. En octobre 2006, Avigdor Liberman entre au gouvernement israélien comme ministre des affaires stratégiques. Il est chargé du dossier du nucléaire iranien[4]. Lieberman tente depuis de se forger une image d'homme providentiel. « Je veux sauver Israël. Cet État a besoin d'un propriétaire et d'un patron... », a-t-il déclaré, en octobre 2006, dans le quotidien Yediot Aharonot[5].

Israël Beytenou s'oppose aux discussions de paix commencées depuis la conférence d'Annapolis (novembre 2007) sur les questions-clefs du conflit avec les Palestiniens, comme le tracé des frontières, le statut de Jérusalem, le sort des colonies juives et des réfugiés palestiniens. Pour le parti, « Démanteler les colonies sauvages est un casus belli ». La conséquence de cette opposition est le départ du gouvernement d'Ehud Olmert le 16 janvier 2008[4].

En juillet 2014, le parti quitte l'alliance avec le Likoud, tout en restant dans la coalition gouvernementale ; il reprend ainsi sa liberté de vote au Parlement[6]. Après de premières accusations en 2013[7], un nouveau scandale de corruption éclabousse en décembre 2014 24 des membres du parti, dont les anciens ministres Faina Kirschenbaum et Stas Mesezhnikov, accusés d'avoir détournés des millions de shekels vers des associations proches du parti[7].

En mai 2016, il rejoint le gouvernement Netanyahou IV à la demande de Benyamin Netanyahou qui souhaite élargir sa majorité.

Idéologie[modifier | modifier le code]

La plupart des commentateurs considèrent qu’Israel Beytenou est un parti d’extrême droite[8],[9],[10],[11],[12],[13],[14],[15],[16]. On lui reproche notamment de prôner l'expulsion des Arabes israéliens vers les territoires palestiniens[9].

  • L'essentiel de la plate-forme politique d'Israël Beytenou consiste en un plan de modification des frontières d'Israël afin de séparer la majorité juive du 1,4 million d'Arabes israéliens, dont la loyauté à l'État hébreu est régulièrement mise en doute par son leader[5].
  • En mai 2006, Lieberman appelle au jugement des députés arabes israéliens en contact avec le Hamas ou ayant célébré le jour de la Nakba, « la catastrophe », au lieu de celui de l'Indépendance israélienne[5].

Israel Beytenou est un parti sectoriel c'est-à-dire qu'il défend avant tout les intérêts de la communauté russe d'Israël qui est sa base électorale. Ce parti est un fervent défenseur de la laïcité[17],[18].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

  • 2006 : Israel Beytenou réalise ses meilleurs résultats dans les circonscriptions du sud de Tel Aviv 11,08 % (Kadima : 27,55 %), d’Ashqelon 17,65 % (19,05 %) et de Beersheva 13,77 % (18,85 %) ainsi que dans celle d’Haifa 12,21 % (28,91 %).
Année  % Voix Mandats Rang Gouvernement
1999 2,6 86 153
4 / 120
13e Opposition (1999-2001), Sharon I (2001-2003)
2003 Union nationale
3 / 120
5e Sharon III
2006 9,0 281 880
11 / 120
5e Olmert (2006-2008), opposition (2008-2009)
2009 11,7 394 577
15 / 120
3e Netanyahou II
2013 avec Likoud
11 / 120
1er Netanyahou III
2015 5,1 215 083
6 / 120
8e Opposition (2015-2016), Netanyahou IV (2016- /)

Principaux membres du parti[modifier | modifier le code]

Présidents[modifier | modifier le code]

Élus[modifier | modifier le code]

20e Knesset (depuis 2015)[modifier | modifier le code]

Membres du parti siégeant à la Knesset après les élections de 2015.

Anciens députés[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Israel Political Parties:Yisrael Beiteinu, jewish virtual library, 5 février 2015
  2. Israël : le ministre de la défense démissionne, par Piotr Smolar, Le Monde, 21 mai 2016.
  3. Ilan Greilsamer, « Olmert ne pourra éviter de mener une politique plus sociale », Tribune juive.
  4. a et b « Avigdor Lieberman quitte le gouvernement Olmert », LEMONDE.FR du 16.01.08.
  5. a, b et c Delphine MATTHIEUSSENT, Avigdor Lieberman se pose en sauveur d'Israël, Libération, 25 octobre 2006
  6. Marc Henry, « Israël : le gouvernement Nétanyahou fragilisé par l'extrême droite », Le Figaro, mardi 8 juillet 2014, page 4.
  7. a et b En Israël, 24 arrestations au sein du parti de Liberman éclaboussé par des affaires de corruption, par Le Monde et AFP, Le Monde25 décembre 2014.
  8. Israël : Lieberman adoube Nétanyahou. Le Figaro, 19/02/2009 Le chef du parti d'extrême droite, arrivé troisième lors du vote du 10 février [... Avigdor Lieberman a en effet [...]
  9. a et b (en) Ethnic cleansing returns to Israel's public agenda : The muted reaction to the rise of Lieberman Hari, Johann. The Independent, 13/11/2006
  10. (en) Israel Could See Lowest Voter Turnout in 20 Years, NPR. Gradstein, Linda. 27 March 2006.
  11. (nl) Radicale rechtse partij wordt lid Israëlische regering (parti d’extrême droite accède au gouvernement israélien) NU.nl 23 October 2006.
  12. TSR
  13. Le JDD
  14. Jeune Afrique
  15. Paris Match
  16. (en) BBC
  17. (fr) « Israël: Lieberman, un ancien videur annoncé au ministère de la Défense », sur i24news (consulté le 21 mai 2016)
  18. Frédéric Sarter, « Les minorités dans le jeu politique israélien », Études, vol. Tome 411,‎ , p. 7–16 (ISSN 0014-1941, lire en ligne)

Lien externe[modifier | modifier le code]