Isamu Takeshita

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Isamu Takeshita
竹下 勇
Isamu Takeshita

Naissance
Drapeau du Japon Domaine de Satsuma
Décès (à 79 ans)
Drapeau du Japon Tokyo
Origine Japonais
Allégeance Drapeau de l'Empire du Japon Empire du Japon
Grade Amiral
Années de service 18891929
Commandement Naval ensign of the Empire of Japan.svg Marine impériale japonaise
Conflits Guerre russo-japonaise
Première Guerre mondiale
Distinctions Ordre du Soleil levant (1re classe)
Isamu Takeshita à Portsmouth aux États-Unis en 1905.

Isamu Takeshita (竹下 勇, Takeshita Isamu?) ( - ) est un amiral de la marine impériale japonaise. Il est également diplomate dont les accomplissements permirent de mettre fin à la guerre russo-japonaise avec des termes favorables pour le Japon et l'obtention des possessions allemandes du Pacifique pour le Japon après la Première Guerre mondiale. En outre, il est aussi maître et praticien d'arts martiaux japonais, en particulier de judo, de sumo et d'aïkido.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né sous le nom de Yamamoto Jiro dans une famille de la classe samouraï à Kagoshima dans le domaine de Satsuma (actuelle préfecture de Kagoshima), il est adopté par la famille Takeshita dans sa jeunesse[1].

Takeshita entre dans la 15e promotion de l'académie navale impériale du Japon en 1892, sortant diplômé 3e sur une classe de 80 cadets[2]. Il entre dans la Marine impériale japonaise comme aspirant en 1889. Le premier navire où il est affecté est la corvette Kongō (en). En 1898, il entre à l'école navale impériale du Japon, fondée la même année.

Du fait qu'il parle couramment l'anglais, Takeshita est posté à l'étranger à plusieurs reprises en tant qu'attaché naval. En , il est nommé attaché militaire naval du Japon aux États-Unis[2]. À ce poste, Takeshita participe activement aux négociations avec le président Theodore Roosevelt qui mènent au traité de Portsmouth, mettant fin à la guerre russo-japonaise. En 1904, il aide également Roosevelt à obtenir les services du professeur de judo Yamashita Yoshiaki (en), d'abord pour Roosevelt lui-même puis pour l'académie navale des États-Unis[3]. Les commandements de Takeshita comprennent les croiseurs Suma, Kasuga, Izumo, Tsukuba (en) et le cuirassé Shikishima (en)[2].

Takeshita est membre de la mission diplomatique japonaise aux États-Unis en 1917[4], à la conférence de paix de Paris en 1919, et à la Ligue des Nations. À ce poste, il joue un rôle capital dans l'obtention du Japon des possessions allemandes du Pacifique centrale et occidental[5],[6]. Pour ses efforts, il est décoré de l'ordre du Soleil levant (1re classe)[1]. Takeshita retourne au Japon pour accepter le poste de commandant en chef de la Flotte combinée le , position qu'il conserve jusqu'en . Ses nominations suivantes comprennent celle de commandant du district naval de Kure. Il est placé dans la réserve en [2].

Durant l'été 1935, Takeshita fait un cinquième voyage aux États-Unis[7] dans le but d'essayer d'expliquer au public américain que l'invasion japonaise de la Chine durant la seconde guerre sino-japonaise a pour but d'arrêter la propagation du communisme[8]. En ce qui concerne les relations du Japon avec les États-Unis, Takeshita déclare que « Aucun navire de guerre japonais n'a jamais traversé le Pacifique que pour une mission de paix » lors d'une émission de radio à San Francisco, ainsi que « Aucun soldat japonais n'est venu sur ces rives que pour une mission similaire[9] ».

En , Takeshita est nommé à la tête de l'association scoute du Japon, des scouts marins, et de la YMCA. Ces nominations se déroulent dans le cadre de la militarisation du sport japonais[10]. Plus tard dans l'année, il est également invité à devenir chef de la fédération d'athlétisme amateur du Japon mais refuse cette offre[11].

En , Takeshita devient le 3e président de l'association japonaise de sumo[12], poste qu'il conserve jusqu'en [13].

En , il devient chef de la Nouvelle société des épées du Japon. Cette organisation soutient les fabricants des sabres japonais modernes qui sont faits à la main de manière traditionnelle[14].

Takeshita meurt à Tokyo en [15]. La rue Takeshita-dōri à Shibuya tire son nom de l'emplacement de la résidence d'Isamu Takeshita.

Liens avec l'aïkido[modifier | modifier le code]

Rencontre avec Morihei Ueshiba[modifier | modifier le code]

Takeshita entend parler de Morihei Ueshiba pour la première par un collègue de l'académie navale impériale, l'amiral Seikyo Asano, qui avait étudié le daitōryū aikijūjutsu (l'ancêtre de l'aïkido) auprès d'Ueshiba à Ayabe. En 1925, Takeshita se rend à Ayabe pour voir Ueshiba et est tellement impressionné qui le recommande à Yamamoto Gonnohyōe, amiral à la retraite et ancien Premier ministre. Cette recommandation convainc Yamamoto d'inviter Ueshiba à Tokyo pour faire une démonstration devant les élites politiques et militaires japonaises. Le séjour d'Ueshiba est cependant interrompu par la maladie et il doit retourner dans sa ville natale de Tanabe.

En , Takeshita invite de nouveau Ueshiba à Tokyo, et cette fois, Ueshiba s'y installe[16]. L'influence de Takeshita est telle que de nombreux officiers militaires, fonctionnaires et membres de la classe supérieure commencent à pratiquer l'art martial d'Ueshiba. Takeshita n'est pas seulement un admirateur, mais aussi un ardent praticien de l'aïkido, malgré son âge (il a presque 50 ans). Il remplit des cahiers de descriptions des techniques d'Ueshiba, et celles-ci donnent un aperçu du développement de l'aïkido[17].

Rôle dans la promotion de l'aïkido[modifier | modifier le code]

En 1935, Takeshita fait une démonstration de l'art d'Ueshiba à la nouvelle Nihon Kobudo Shinkokai (société pour la promotion des arts martiaux classiques japonais). Plus tard la même année, Takeshita fait des démonstrations publiques d'aïkido à Seattle et Washington, ce qui permet l'introduction de la pratique aux États-Unis[18].

En 1940, Takeshita contribue à obtenir une identité juridique à l'organisation Kobukan d'Ueshiba en créant la fondation Kobukai et en en devenant son premier président. De plus, en 1941, Takeshita utilise son influence pour organiser une démonstration d'aïkido d'Ueshiba au palais impérial de Kyoto. La manifestation a lieu face à la famille impériale. Bien que malade, Ueshiba offre une demonstration spectaculaire, ce qui impressionne grandement la noblesse[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Pranin, Stanley. "Takeshita, Isamu," The Encyclopedia of Aikido
  2. a b c et d Nishida, Hiroshi. "People: Naval Academy, class 15."
  3. Svinth, Joseph R. "Professor Yamashita Goes to Washington"[1].
  4. The Imperial Japanese Mission 1917, Carnegie Endowment for International Peace, [2]; New York Times, October 3, 1917
  5. Gow, I.T.M. Military Intervention in Pre-War Japanese Politics: Admiral Kato Kanji and the 'Washington System'. London: Routledge, 2004, p. 71.[3]
  6. Peattie, Mark R. Nan'yo: The Rise and Fall of the Japanese in Micronesia, 1885-1945. Honolulu: University of Hawai'i, 1988, p.50.[4]
  7. New York Times, September 5, 1935.
  8. Japanese-American Courier, August 31, 1935, p. 1; Great Northern Daily News, September 7, 1935, p. 8; New York Times, September 25, 1935; New York Times, September 27, 1935.
  9. Great Northern Daily News, September 5, 1935, p. 8.
  10. Abe, Ikuo, Kiyohara,Yasuharu, and Nakajima, Ken. "Sport and physical education under fascistization in Japan," Bulletin of Health and Sport Sciences, University of Tsukuba, 13, 1990, pp. 25-46.[5]
  11. Japan Times and Mail, December 17, 1936, p. 5.
  12. Japan Times and Mail, May 4, 1939
  13. Nippon Times, November 28, 1945, p. 3
  14. Nippon Times, April 11, 1941, p. 2; Nippon Times, June 4, 1941, p.8.
  15. New York Times, July 7, 1949.
  16. Ueshiba, Morihei and Ueshiba, Kissōmaru. Budo: Teachings of the Founder of Aikido. Translated by John Stevens. Tokyo: Kodansha International, 1996, p. 14.
  17. Pranin, Stanley A. "Morihei Ueshiba and Admiral Isamu Takeshita," Aiki News, 97, Fall/Winter 1993.[6]
  18. Svinth, Joseph R. "Aikido Comes to America: September 1935."[7]; New York Times, September 21, 1935.