Isabelle d'Orléans (1878-1961)

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Isabelle d’Orléans
Description de l'image Isabella de orleansw.jpg.

Titre

Épouse du prétendant orléaniste
au trône de France


(14 ans, 2 mois et 28 jours)

Prédécesseur Marie-Dorothée de Habsbourg-Lorraine
Successeur Isabelle d’Orléans et Bragance
Biographie
Titulature Duchesse de Guise
Dynastie Maison d’Orléans
Nom de naissance Isabelle Marie Laure d'Orléans
Naissance
Eu, France
Décès (à 82 ans)
Larache, Maroc
Père Philippe d'Orléans,comte de Paris
Mère Marie-Isabelle d'Orléans
Conjoint Jean d’Orléans, duc de Guise
Enfants Isabelle d'Orléans
Françoise d'Orléans
Anne d'Orléans
Henri d'Orléans, comte de Paris Royal Crown of France.svg

Isabelle Marie Laure d’Orléans[1], qui porte le titre de courtoisie de duchesse de Guise, est née le , au château d’Eu, en Normandie, et morte le à Larache, au Maroc.

Membre de la maison capétienne d’Orléans, Isabelle d’Orléans est l'épouse du prétendant orléaniste au trône de France de 1926 à sa mort.

Famille[modifier | modifier le code]

Isabelle d'Orléans est la fille de Philippe d'Orléans (1838-1894), comte de Paris et prétendant orléaniste au trône de France sous le nom de Philippe VII, et de son épouse et cousine germaine Marie-Isabelle d'Orléans (1848-1919), infante d'Espagne.

Le 30 octobre 1899, Isabelle épouse, à Twickenham, en Angleterre, son cousin germain Jean d’Orléans (1874-1940), duc de Guise et futur prétendant orléaniste au trône de France sous le nom de Jean III. De cette union naissent quatre enfants :

Biographie[modifier | modifier le code]

« Miou », telle que la surnomme sa famille, passe les premières années de sa vie en Normandie, aux côtés de ses parents, le comte et la comtesse de Paris. Mais, en 1886, alors qu’elle n’est âgée que d’à peine huit ans, une loi d'exil touchant les membres des familles ayant régné en France est mise en place par le gouvernement de la IIIème République. La jeune Isabelle quitte alors le château d’Eu pour se rendre avec ses parents et ses frères et sœurs à Stowe House, au Royaume-Uni, et à Villamanrique de la Condesa, en Espagne. Par la suite, Isabelle peut cependant occasionnellement revenir en France puisque la loi d’exil ne touche que les chefs des familles ayant régné en France et leurs héritiers directs, et que les femmes sont exclues des fonctions de chef de famille par la loi du 26 ventôse an XI (17 mars 1803), qui restera en vigueur jusqu'en 1970.

Jeune fille, Isabelle d’Orléans est éduquée dans un milieu sélect dans lequel la culture, et particulièrement l’histoire, jouent un rôle primordial. Pourtant, elle acquiert, comme la plupart de ses parents Orléans, une très mauvaise orthographe, ce dont témoigne aujourd'hui sa correspondance…

En grandissant, elle devient une très jolie jeune femme, ce qui, ajouté à la qualité de prétendant au trône revendiquée par son père, lui permet d’avoir de très nombreux soupirants. Parmi ceux-ci, le plus notable est certainement le futur Albert Ier de Belgique (1875-1934), mais ce dernier doit malheureusement renoncer à sa cour devant l’opposition de son oncle le roi Léopold II qui craint les réactions de Paris face à un mariage avec la fille d’un prétendant exilé[2].

C’est finalement l’un des cousins germains d'Isabelle, Jean d’Orléans (1874-1940), qu’elle épouse, en 1899. À cette occasion, Isabelle et son mari reçoivent de son frère, le prétendant orléaniste « Philippe VIII », duc d'Orléans, les titres de courtoisie de duc et duchesse de Guise.

Pendant plusieurs années, le couple partage ensuite son existence entre Paris et ses terres du Nouvion-en-Thiérache. Mais, comme bon nombre de leurs parents[3], les « Guise » s’ennuient en Europe. C’est la raison pour laquelle, un an après avoir donné naissance à son dernier enfant, en 1909, le couple part au Maroc et s’y installe finalement – sous le nom d’Orliac – dès l’année suivante. Jean et Isabelle acquièrent alors, dans la région de Larache, une demeure, « le palais de la duchesse de Guise » (aujourd’hui l’« hôtel Riad »), et un vaste domaine sur les terres duquel ils pratiquent une agriculture moderne. En route pour le Maroc, « ils résidèrent quelque temps à Marseille, où la duchesse de Guise devint, aux yeux de tous, la maîtresse d'un marchand de savons nommé Bernis »[4],[5]. La sœur de ce dernier, Armande de Pierre de Bernis (1876-1968) — épouse d'Eugène d'Harcourt (1859-1918) — « affirmait qu'Henri, comte de Paris, était bien le fils de [son frère] Gustave »[6].

En 1912, lorsque le Maroc devient un protectorat franco-espagnol, la résidence de Larache passe sous régime espagnol tandis que les domaines de Maarif passent sous contrôle français. Cependant, la loi d’exil ne s’applique pas au Maroc.

Pendant la Première Guerre mondiale, le duc de Guise rentre en France pour jouer le rôle de délégué de la Croix-Rouge près du front, mais sa femme et leurs enfants restent au Maroc.

C’est seulement après la mort du frère de la duchesse de Guise et la revendication par son époux de la qualité de chef de la maison de France, en 1926[7], que Jean et Isabelle d'Orléans repartent vivre en Europe. Le couple s’installe alors au Manoir d’Anjou, en Belgique, où il dirige le courant orléaniste-fusionniste du mouvement[8] monarchiste français, avec l’aide de Charles Maurras et de l’Action française[9]. Et, tandis que le nouveau prétendant s’entretient de politique avec les militants français qui viennent régulièrement lui rendre visite sur ses terres, la duchesse de Guise s'occupe d'œuvres de bienfaisance, et devient notamment marraine de colonies de vacances pour enfants pauvres.

C'est à cette époque que le sculpteur Philippe Besnard exécute le buste de la duchesse (en marbre) et de son fils Henri d'Orléans, comte de Paris (en bronze)[10].

Quand éclate la Deuxième Guerre mondiale, le duc et la duchesse de Guise regagnent leurs terres marocaines, mais le prétendant ne supporte pas la défaite française de 1940 et meurt peu de temps après le début de l’occupation allemande… Entourée de son fils, le nouveau comte de Paris, de sa belle-fille et de plusieurs petits-enfants, la duchesse de Guise ne perd cependant pas courage. Elle maintient ses fonctions caritatives en visitant régulièrement les déshérités et en gérant notamment la « Casa del Niño », une institution qu’elle a fondée vouée au secours des enfants pauvres.

Isabelle d'Orléans s’éteint finalement à Larache en 1961. De fait, grâce aux bonnes relations des Orléans avec la famille royale du Maroc et à l’affection dont jouit la duchesse de Guise auprès des habitants de Larache, Isabelle et sa famille n’ont pas eu à quitter le Maroc après son indépendance.

Titulature[modifier | modifier le code]

Les titres portés actuellement par les membres de la maison d’Orléans n’ont pas d’existence juridique en France et sont considérés comme des titres de courtoisie. Ils sont attribués par le « chef de maison ».

  • 7 mai 1878 - 30 octobre 1899 : Son Altesse royale la princesse Isabelle de France (naissance) ;
  • 30 octobre 1899 - 28 mars 1926 : Son Altesse royale la duchesse de Guise ;
  • 28 mars 1926 : Madame la duchesse de Guise[11]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives départementales de la Seine-Maritime en ligne, acte de naissance 4E 05277, vue 55/145, acte 100
  2. Voir Pierre Daye, Léopold II, Fayard, 1934, p. 462
  3. La famille d’Orléans compte bon nombre d’explorateurs et de « globe-trotters » éprouvés, comme Hélène d’Orléans ou le « duc de Montpensier », tous deux frère et sœur de la « duchesse de Guise ».
  4. Daniel de Montplaisir, Louis XX : petit-fils du Roi Soleil, Paris, Éditions Jacob-Duvernet, , 490 p. (ISBN 978-2-84724-341-3, notice BnF no FRBNF42467974), p. 335.
  5. « Mme Le Tourneur d'Ison, royaliste, mais détachée de l'AF, ne craint pas de prétendre que l'AF tient le duc et la duchesse de Guise par la menace de dévoiler publiquement l'inconduite de la duchesse de Guise, si longtemps la maîtresse du comte de Bernis » (année 1927) : Alfred Baudrillart, Les carnets du cardinal Baudrillart : 13 avril 1925-25 décembre 1928, Paris, Éditions du Cerf, , 1164 p. (ISBN 2-204-06891-8, OCLC 609293880, notice BnF no FRBNF38866332, lire en ligne), p. 824-825.
  6. Patrick Van Kerrebrouck avec la collaboration de Christophe Brun (préf. Hervé Pinoteau), La maison de Bourbon : 1256-2004, vol. 2, Villeneuve-d'Ascq, Patrick Van Kerrebrouck (auto-édition), , 2e éd. (1re éd. 1987), 1 010 p. (ISBN 2-9501509-5-0), p. 565 ; cet ouvrage constitue le tome IV de la Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, publiée depuis 1987 sous la direction de Patrick Van Kerrebrouck.
  7. Georges Poisson, Op. cit., p. 344-345.
  8. De son côté, le duc d'Anjou et de Madrid dirige depuis 1909 le courant légitimiste.
  9. Georges Poisson, Op. cit., p. 349-6350.
  10. L'Atelier, bulletin de l'Association Le Temps d'Albert Besnard, n° 4, 2008, spécial Philippe Besnard, (ISSN 1956-2462)
  11. À la mort de son mari, elle ne prend pas le titre de douairière, son fils ne relevant pas le titre de courtoisie de duc de Guise.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Michel de Grèce, Mémoires insolites, Xo, Paris, 2004 (ISBN 2-84563-186-3).
  • Isabelle, comtesse de Paris, Tout m’est bonheur (t. 1), Éditions Robert Laffont, Paris 1978, (ISBN 2-221-00107-9). Le chapitre IX de cet ouvrage, intitulé « La fée et le minotaure », traite tout particulièrement de la « duchesse de Guise » et de sa vie au Maroc.
  • Isabelle, comtesse de Paris, Tout m’est bonheur, Les Chemins creux (t. 2), Éditions Robert Laffont, Paris 1981, (ISBN 2-221-00834-0).
  • Georges Poisson, Les Orléans, une famille en quête d'un trône, Perrin, Paris, 1999 (ISBN 2-262-01583-X).