Isabelle Thomas

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Isabelle Thomas
Illustration.
Isabelle Thomas à Strasbourg en 2014.
Fonctions
Députée européenne
En fonction depuis le
(6 ans, 5 mois et 7 jours)
Réélection 25 mai 2014
Circonscription Ouest
Législature 7e et 8e
Prédécesseur Stéphane Le Foll
Conseillère régionale de Bretagne
Biographie
Date de naissance (57 ans)
Lieu de naissance Le Blanc-Mesnil (Seine-et-Oise)
Nationalité Française
Parti politique PS (1983-2017)
M1717/G-s (depuis 2017)
Profession Juriste

Isabelle Thomas, née le au Blanc-Mesnil, est une femme politique française, membre du Parti socialiste (PS) puis de Génération.s. Elle est députée européenne élue dans l'Ouest.

Biographie[modifier | modifier le code]

Engagement syndical étudiant[modifier | modifier le code]

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Elle fait des études de droit à l'université Paris-XIII Villetaneuse. En 1981, elle adhère à l'Union nationale des étudiants de France – Indépendante et démocratique (UNEF-ID) et, peu après, est élue au conseil de gestion de son UFR. En interne, à l'UNEF-ID, elle milite à la Tendance pour l’unité syndicale. En 1983, dans la foulée de la défaite socialiste aux élections municipales, elle adhère au Parti socialiste.

En 1983, elle participe au mouvement contre le projet de réforme de l'enseignement supérieur d'Alain Savary. C'est à cette occasion qu'elle noue des relations plus étroites avec Julien Dray. Elle entre alors dans le cercle des proches de ce militant socialiste et associatif. Elle rejoint donc le groupe Question socialiste qui se donne pour objectif de construire un courant sur l'aile gauche du Parti socialiste. Elle est aussi parmi les membres fondateurs de SOS Racisme en 1984.

En 1986, Isabelle Thomas est vice-présidente de l'UNEF-ID lorsqu'éclate le mouvement contre le projet de loi Devaquet. Cette réforme prévoit notamment de donner une large autonomie aux universités (sélection, diplômes, frais d'inscription…). Villetaneuse est l'un des premiers campus à se mettre en grève. Isabelle Thomas se retrouve donc rapidement en première ligne. Les journaux qui se rendent sur place la remarquent rapidement en raison de sa facilité à prendre la parole. Elle s'impose comme l'une des figures d'un mouvement qui ne cesse de prendre de l'ampleur. Bien que déléguée de son université à la coordination étudiante, elle ne parvient pas à se faire élire porte parole, ce poste revenant à David Assouline, plus radical. Mais elle ne quitte pas pour autant le devant de la scène. Finalement le 8 décembre, grâce à la force de la mobilisation, sans doute aussi à cause de la mort d'un étudiant, Malik Oussékine, le ministre Alain Devaquet démissionne et le Premier ministre Jacques Chirac retire son texte.

À l'issue du mouvement, Isabelle Thomas, à la tête de la sensibilité Villetaneuse (issue de la tendance pour l’unité syndicale), fait l'analyse que l'unité syndicale réalisée au cours du mouvement a fait sa force. Elle réclame donc la réunification avec l'autre UNEF. Dans ce but, elle concentre ses efforts sur les états généraux de l'enseignement supérieur tenus à Saint-Denis en mars 1987. Mais la réunion est surtout marquée par les divisions entre les divers groupes et groupuscules représentés. Loin de s'entendre, les deux UNEF opposent leurs logiques d'appareil. Finalement les états généraux se séparent sans qu'une entente n'ait pu être trouvée.

Peu après, lors du congrès de 1987, Isabelle Thomas, au nom de sa sensibilité, propose de reprendre une vieille revendication de l'UNEF, l'allocation d'étude (appelée à l'origine salaire étudiant par référence à la Charte de Grenoble)[réf. souhaitée]. L'idée est rejetée par la majorité en place, mais deviendra une des propositions emblématiques de la sensibilité Villetaneuse et sera finalement intégrée au programme de l'UNEF-ID dans les années 1990[réf. souhaitée]. Cette revendication est toujours défendue par l'UNEF actuelle[réf. souhaitée].

Le mouvement de 1986 a été aussi l'occasion pour le président de la République François Mitterrand de remarquer Isabelle Thomas[réf. nécessaire]. Dès l'année suivante, il la fait entrer au Conseil national du Parti socialiste, et l'intègre à son comité de campagne. Dès lors, elle doit renoncer à son poste au bureau national de l'UNEF-ID pour éviter la confusion de genres. Une fois la réélection du président assurée, il en fait sa chargée de mission pour les problèmes de la jeunesse[réf. souhaitée].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Au sein du Parti socialiste[modifier | modifier le code]

Elle se présente aux élections législatives de 1988 en banlieue parisienne mais elle est battue. Toutefois, sa présence au Comité directeur du PS permet à Julien Dray de faire connaître son courant. Isabelle Thomas et Julien Dray présentent un texte dès le congrès de Lille de 1987. Ce document, très ancré à gauche, est l'occasion pour eux de se faire connaître de l'aile gauche du Parti socialiste, notamment de Jean-Luc Mélenchon. C'est avec lui qu'ils fondent le courant « Nouvelle école socialiste » et présentent formellement leur première motion au congrès de Rennes en 1990. L'année suivante, ils sont rejoints par Marie-Noëlle Lienemann avec laquelle ils créent la Gauche socialiste. Lors de l'éclatement de cette dernière en 2002, Isabelle Thomas reste dans l'opposition de gauche à la majorité et participe au Nouveau monde, alors que Julien Dray se rallie à François Hollande. Mais en 2005, le Nouveau monde, victime du départ de Jean-Luc Mélenchon, éclate à son tour.

Isabelle Thomas fait alors le choix de rester avec les amis d'Henri Emmanuelli et participe à la fondation d'Alternative socialiste. Ce courant, après bien des rebondissements, rejoint, dès septembre 2005 le Nouveau Parti socialiste afin de préparer avec lui le Congrès du Mans.

Au congrès de Reims, elle soutient la Motion C conduite par Benoît Hamon et Henri Emmanuelli. Le parcours d'Isabelle Thomas, à travers les courants du Parti socialiste est marqué par une volonté constante de participer à la structuration de l'aile gauche[réf. souhaitée] du Parti socialiste.

Au sein du Parti socialiste, elle est secrétaire nationale à la pêche, à la mer et à la protection du littoral ainsi que membre du bureau national.

Après la victoire de Benoît Hamon à la primaire citoyenne de 2017, elle est nommée responsable thématique « Europe » de sa campagne présidentielle[1],[2]. En novembre 2017, elle quitte le PS et rejoint Génération.s[3].

Dans les institutions[modifier | modifier le code]

Isabelle Thomas s'implante finalement en Bretagne, où elle est conseillère municipale de Saint-Malo et conseillère régionale. Dans ce dernier organe, elle est présidente de la commission environnement et cadre de vie de 2004 à 2010. Elle est vice-présidente du conseil régional de Bretagne chargée de la mer et de la protection du littoral de 2010 à 2012.

Elle est candidate lors des législatives de 2012 dans la 7e circonscription d'Ille-et-Vilaine, mais elle est battue de quelques centaines de voix au second tour[4] par le dissident UMP Gilles Lurton soutenu par le maire de Saint-Malo, René Couanau.

Numéro 3 sur la liste Grand ouest aux élections européennes, Isabelle Thomas devient députée européenne en 2012 à la suite de la nomination de Stéphane Le Foll à la tête du ministère de l'Agriculture.

À la suite de sa prise de fonction au Parlement européen, elle démissionne de son mandat de vice-présidente du Conseil régional de Bretagne afin de ne pas être en situation de cumul des mandats. Elle abandonne définitivement son mandat de conseillère régionale en décembre 2015, en ne se représentant pas à l'élection régionale de 2015. Elle se consacre depuis à son mandat de parlementaire européenne.

Au Parlement européen, elle siège actuellement comme membre titulaire au sein de la Commission des budgets (BUDG) et de la Commission de la pêche (PECH)[5]. Depuis 2014, elle est également vice-présidente du groupe de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen, chargée des questions budgétaires, de la politique de cohésion, de l'agriculture et de la pêche[6].

Prises de position sur la pêche en eaux profondes[modifier | modifier le code]

Elle s'intéresse aussi au dossier de la pêche au Parlement européen. Marraine de Blue fish[7], association bretonne créée en 2013 « pour faire contrepoids au lobbying ultra-écolo » à Bruxelles[8], elle a notamment défendu la poursuite du chalutage en eau profonde en décembre 2013, dans une zone de pêche excluant toutefois les zones identifiées comme vulnérables par la Commission européenne[9], évitant par 342 voix contre 326 l'interdiction totale demandée par le Parti vert européen et le Parti socialiste européen (à l'exception du Parti socialiste français)[10], et voulue par la Commission européenne[11]. Elle a été désignée rapporteur du dossier pêche profonde par le Parlement européen en juillet 2014[12].

Le 30 juin 2016, un accord est trouvé entre les représentants du Conseil et l'équipe de négociation du Parlement européen menée par Isabelle Thomas[13]. Il prévoit plusieurs mesures pour encadrer la pêche profonde : un gel de l'empreinte limitant les activités de pêche profonde aux zones déjà exploitées entre 2009 et 2011, une limite bathymétrique interdisant la pêche au-dessous de 800 mètres de profondeur, le renforcement des contrôles à bord et des sanctions, ainsi qu'une plus grande transparence de l'activité par la collecte accrue des données scientifiques sur les navires et la publication de toutes les études d'impact[14]. Le nouveau règlement est définitivement adopté par le Parlement européen le par 634 voix contre 38[15].

Selon l'association Bloom, en tant que rapporteuse du projet de loi, Mme Thomas a adopté une position particulièrement problématique, en grande partie sous l'influence de différents lobbys[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Pierre Haddad , « Présidentielle 2017 : ce que traduit le nouvel organigramme de l'équipe de Hamon », rtl.fr, 26 février 2017.
  2. « Organigramme de campagne de Benoît Hamon », sur benoithamon2017.fr.
  3. « Pourquoi nous quittons le PS pour rejoindre le Mouvement du 1er Juillet de Benoît Hamon », huffingtonpost.fr, (consulté le 14 novembre 2017).
  4. « Résultats des élections législatives 2012 », sur interieur.gouv.fr.
  5. « Isabelle Thomas », sur la base de données des députés au Parlement européen.
  6. « Découvrez notre bureau », sur www.socialistsanddemocrats.eu (consulté le 16 décembre 2016).
  7. « Blue Fish ne veut pas laisser seules les ONG internationales occuper le terrain du lobbying », sur agraalimentation.fr, (consulté le 15 janvier 2016).
  8. « Ouest France : « Blue Fish ou la voix des pêcheurs à Bruxelles » », sur bluefisheurope.org, (consulté le 15 janvier 2016).
  9. « Pêche en eau profonde : interdire les chaluts de fond dans les zones vulnérables », sur europarl.europa.eu, (consulté le 15 janvier 2016).
  10. « Le chalutage en eau profonde continuera », sur Lefigaro.fr, (consulté le 13 janvier 2016).
  11. « Pêche en eaux profondes : les scientifiques se désolidarisent », sur bfmtv.com, (consulté le 15 janvier 2016).
  12. « Europe : la malouine Isabelle Thomas désignée rapporteur du dossier pêche profonde », sur Ouest-France, (consulté le 13 janvier 2016).
  13. « Accord informel pour interdire la pêche en eaux profondes », sur Parlement européen (consulté le 16 décembre 2016).
  14. « Pêche en eaux profondes limitée à 800m de profondeur dans l'Atlantique Nord-Est », sur Parlement européen (consulté le 16 décembre 2016).
  15. « Le Parlement européen vote l'interdiction de la pêche en eaux profondes », sur L'Humanité (consulté le 16 décembre 2016).
  16. « L’Europe interdit enfin le chalutage profond ! », Bloom Association,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]