Irma Levasseur

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Irma LeVasseur
Description de cette image, également commentée ci-après
Irma LeVasseur vers 1900
Naissance
Québec (Canada)
Décès (à 86 ans)
Québec (Canada)
Domaines Médecine
Diplôme Université Saint-Paul (Minnesota)
Renommée pour Cofondatrice de l'hôpital Sainte-Justine

Irma LeVasseur, née le [1] et décédée le à Québec, est la première femme médecin canadienne-française. Elle est la cofondatrice du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, à Montréal, et de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, à Québec.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Irma LeVasseur est née le dans le quartier Saint-Roch, à Québec[2]. Sa mère, Fédora Venner, est cantatrice et son père, Louis-Nazaire LeVasseur, est journaliste et écrivain[3]. Il s'est aussi intéressé à la médecine, mais a dû abandonner ses études par manque de moyens financiers[4],[5]. Sur les quatre enfants nés de cette union, trois garçons et une fille, seulement deux vivent jusqu'à l'âge adulte, Irma et Paul Eugène LeVasseur[2],[5]. Les parents d'Irma LeVasseur se séparent lorsqu'elle a environ 10 ans[6],[4]. Au même moment, sa mère quitte le Canada dans l'objectif d'aller faire carrière aux États-Unis[5].

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

De 1884 à 1894, elle fait son cours classique au Collège Jésus-Marie de Sillery puis étudie à l'École normale Laval[3]. À 17 ans, elle poursuit ses études en médecine aux États-Unis à l'Université Saint-Paul du Minnesota[4],[7],[8]. Elle obtient son diplôme en 1900 et revient au Québec la même année[6]. Puisqu'au Québec les femmes n'ont pas encore le droit d'étudier ni de pratiquer la médecine, les trois années suivantes, elle retourne à plusieurs reprises travailler à New York[7],[6].

Afin de pouvoir pratiquer au Québec, elle doit obtenir une licence du Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec[3]. Le 25 avril 1903, elle obtient son droit de pratique au Québec à la suite de l'adoption d'un projet de loi privé à l'Assemblée nationale du Québec permettant ainsi de faire exception à l'interdiction d'exercer la médecine[2],[4]. Elle devient alors la quatrième femme médecin du Québec et la première canadienne française à exercer cette profession dans la province[2], puisque les trois consœurs l'ayant précédée étaient toutes protestantes et anglophones[réf. nécessaire]. En 1907, à la suite d'une formation en Europe, notamment à l'École des enfants malades de Paris, elle devient une spécialiste en chirurgie[réf. nécessaire] et en pédiatrie[3].

Le , avec l'aide de Justine Lacoste-Beaubien, et de médecins qu'elle a recrutés (dont Séverin Lachapelle), Irma LeVasseur fonde l'hôpital Sainte-Justine de Montréal dans un bâtiment résidentiel de la rue Saint-Denis[9]. Le premier patient accueilli à l'hôpital est Roland Brisebois, un jeune garçon de 5 mois que Irma LeVasseur soignait chez elle[2],[10]. En janvier 1908, à cause de conflits de nature administrative, elle est exclue du département de chirurgie et du conseil d'administration de cet établissement[6],[2].

En 1915, elle se rend en Serbie avec quatre autres médecins canadiens, Albiny Paquette, Victor Bourgeault, Raoul Breault et Avila Waters, pour y soigner les victimes d'une épidémie de typhus[3],[6],[11]. En 1918, elle est médecin militaire en France puis œuvre pour la Croix-Rouge à New York avant de revenir à Québec au début des années 1920[6],[3]. Constamment dévouée au développement des soins pédiatriques, elle souhaite créer un hôpital pour enfant dans la ville de Québec. Le projet se concrétise en 1922, lorsqu'elle investit plus de 30 000 dollars dans l'achat de la résidence Sheyh, située au 55 Grande Allée, en face du Parlement de Québec[2],[11]. Le , elle cofonde, avec le pédiatre René Fortier et le spécialiste en orthopédie J.-Édouard Samson, l'Hôpital de l'Enfant-Jésus[12],[13]. En 1927, elle quitte cet hôpital et met sur pied une clinique pour enfants handicapés sur la rue de l'Artillerie à Québec[6],[11]. La clinique, qui peine à subsister par manque de ressources financières, ferme quelque temps plus tard[6],[8]. Durant cette période, elle prend également l'initiative de créer une école pour enfants handicapés[6]. En 1930, le projet aboutit et le Centre Cardinal-Villeneuve est créé, mais, à ce stade-ci, Irma LeVasseur n'est plus impliquée[8]. En 1944, lors de la Deuxième Guerre mondiale, elle travaille au manège militaire de Québec, où elle s'occupe de faire passer des examens médicaux aux femmes nouvellement recrutées par l'armée canadienne[8],[6]. Le 20 juin 1950, un jubilé d'or est organisé par le Cercle des Femmes universitaires pour souligner ses 50 ans de carrière dans le domaine médical[3].

Fin de vie[modifier | modifier le code]

En 1957, à Québec, après 20 années à vivre dans un logement insalubre et dans la pauvreté, les autorités sanitaires l'internent à l'hôpital Saint-Michel-Archange où sont traitées les personnes atteintes de maladie mentale[6]. En juillet 1958, après avoir gagné ses démarches juridiques afin de prouver qu'elle n'est pas atteinte de démence, elle sort de cet hôpital[6]. Elle s'éteint seule et dans la pauvreté le à l'âge de 87 ans[14],[10]. Ses funérailles ont lieu le mardi 21 janvier au matin à Québec[15]. Elle est inhumée au cimetière Saint-Charles[réf. nécessaire].

Honneurs[modifier | modifier le code]

  • La Bourse Irma-LeVasseur, créée en son honneur, est remise par le Secrétariat à la Condition féminine à une fille ou à une équipe de deux filles de 4e secondaire ou plus qui a manifesté concrètement de l'intérêt à étudier en science ou en technologie[16].
  • Deux parcs publics ont été nommés en son honneur. Un dans la Ville de Montréal, à Outremont[19], et le second à Sherbrooke[20].
  • Une placette dans la ville de Québec porte le nom d'Irma LeVasseur[13].
  • Il existe également une structure créée en son honneur, représentant 3 fougères. Elle est en bronze et se situe dans la ville de Québec[21].

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

La vie d'Irma LeVasseur a été narrée par la romancière québécoise Pauline Gill, dans un roman historique en trois volumes intitulés Docteure Irma, paru de 2006 à 2009[23] :

  • Pauline Gill, Docteure Irma, vol. 1 : La Louve blanche, Montréal, Québec Amérique, , 544 p. (ISBN 978-2-7644-0531-4)
    Existe également en livre audio à diffusion restreinte (hors commerce), réservé aux personnes souffrant d'une déficience visuelle, sous forme de disques compacts d'une durée de 17 h 33 min, réalisé en 2007 par l'association la Magnétothèque de Montréal (devenue ultérieurement l'association Vues et Voix).
  • Pauline Gill, Docteure Irma, vol. 2 : L'Indomptable, Montréal, Québec Amérique, , 480 p. (ISBN 978-2-7644-0611-3)
    Existe également en livre audio à diffusion restreinte (hors commerce), réservé aux personnes souffrant d'une déficience visuelle, sous forme de disques compacts d'une durée de 15 h 36 min, réalisé en 2009 par la Magnétothèque de Montréal.
  • Pauline Gill, Docteure Irma, vol. 3 : La Soliste, Montréal, Québec Amérique, , 504 p. (ISBN 978-2-7644-0677-9)
    Existe également en livre audio à diffusion restreinte (hors commerce), réservé aux personnes souffrant d'une déficience visuelle, sous forme de disques compacts d'une durée de 15 h 36 min, réalisé en 2010 par la Magnétothèque de Montréal.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ancestry™ | Genealogy, Family Trees & Family History Records », Quebec, Canada, Vital and Church Records (Drouin Collection), 1621-1968, Registres St-Roch 1877, sur ancestry.ca (consulté le 7 juin 2016)
  2. a, b, c, d, e, f et g Noémie Mercier, « Le combat d'Irma », Québec science,‎ , p. 43-46 (lire en ligne)
  3. a, b, c, d, e, f et g Michaud, Francine, « Irma LeVasseur : Pionnière, femme d’action et fondatrice méconnue », Cap-aux-Diamants : La revue d'histoire du Québec, vol. 1, no 2,‎ (ISSN 0829-7983 et 1923-0923, lire en ligne)
  4. a, b, c et d Robert Germain, « Sur tous les claviers… Louis-Nazaire Levasseur », Cap-aux-Diamants : La revue d'histoire du Québec, vol. 5, no 2,‎ (ISSN 0829-7983 et 1923-0923, lire en ligne)
  5. a, b et c Pauline Gill, « Irma LeVasseur et les premières femmes médecins - », sur www.fondationlionelgroulx.org, (consulté le 26 janvier 2018)
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Jacques Beaulieu, « Irma LeVasseur », Canadian Medical Association Journal, vol. 183, no 17,‎ , E1267–E1268 (ISSN 0820-3946 et 1488-2329, PMID 21708963, DOI 10.1503/cmaj.110929, lire en ligne)
  7. a et b Suzanne Lavigne, « Irma Levasseur », Ces femmes qui ont bâti Montréal, Éditions du Remue-ménage,‎ , p. 150-151 (lire en ligne)
  8. a, b, c et d Michèle Villegas-Kerlinger, Sur les traces de nos ancetres: chroniques de l'Amerique du Nord francophone, PUQ, (ISBN 9782760531161, lire en ligne), p. 34-37
  9. Tremblay, Sylvie, « La famille Lacoste et un hôpital portant le nom de Justine », Cap-aux-Diamants : La revue d'histoire du Québec, no 89,‎ (ISSN 0829-7983 et 1923-0923, lire en ligne)
  10. a et b Serge Bouchard, « Quand l’oubli devient scandale », L’actualité,‎ (lire en ligne)
  11. a, b et c Monique Duval, « L'hôpital de l'Enfant-Jésus a 50 ans », Le Soleil,‎ , p. 48 (lire en ligne)
  12. Fortier, de la Broquerie, « Un centenaire québécois et canadien », Cap-aux-Diamants : La revue d'histoire du Québec, no 35,‎ (ISSN 0829-7983 et 1923-0923, lire en ligne)
  13. a et b Philippe-Antoine Hamel, Histoire de raconter : le quartier Maizerets, [Québec], , 42 p. (lire en ligne)
  14. « Création du Prix Irma LeVasseur en sciences au féminin », Le Soleil,‎ , Cahier A, p. 3 (lire en ligne)
  15. « Docteur Irma Levasseur, première femme médecin au Québec, est décédé. », Le Devoir,‎ , p. 7 (lire en ligne)
  16. Secrétariat à la Condition féminine, « Bourse Irma-LeVasseur », sur scf.gouv.qc.ca, (consulté le 26 janvier 2018)
  17. « Fiche descriptive : Mont Irma LeVasseur », sur www.toponymie.gouv.qc.ca (consulté le 26 janvier 2018)
  18. Gouvernement du Canada, Ressources naturelles Canada, Secteur des sciences de la terre, Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre, « Noms de lieux - Mont Irma-LeVasseur », sur www4.rncan.gc.ca (consulté le 26 janvier 2018)
  19. « Fiche descriptive : Parc Irma LeVasseur. Montréal », sur www.toponymie.gouv.qc.ca (consulté le 26 janvier 2018)
  20. « Fiche descriptive : Parc Irma LeVasseur. Sherbrooke », sur www.toponymie.gouv.qc.ca (consulté le 26 janvier 2018)
  21. « Hommage | Irma LeVasseur », sur irma.levasseur.org (consulté le 27 janvier 2018)
  22. « La Dre Irma LeVasseur sort de l'anonymat », Le Soleil,‎ (lire en ligne)
  23. Chevrier, Louise, « Histoire de lire… sur Québec », Histoire Québec, vol. 14, no 1,‎ (ISSN 1201-4710 et 1923-2101, lire en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]