Iridium Next

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Iridium Next
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Logo de Iridium
Données générales
Organisation Iridium
Programme Système global de communications utilisant une constellation de 72 satellites
Domaine Satellite de télécommunications
Lancement 1er tir en janvier 2017
Lanceur Falcon 9
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 800 kg
Localisation orbite quasi polaire, altitude 780 km, plans inclinés de 86,4°

Iridium Next est la seconde génération de la constellation de satellites de télécommunications Iridium. Les satellites, d'une masse de 800 kilos chacun et d'une puissance électrique de 2 kW, seront placés à 780 km de la terre, sur les mêmes orbites que les satellites de première génération.

Historique du programme[modifier | modifier le code]

Cette nouvelle constellation fait l'objet d'une commande de 81 satellites (72 en orbite et 9 en réserve au sol)[1], le 2 juin 2010, à Thales Alenia Space, Cannes, France, pour un montant de 2,1 milliards de dollars[2],[3].

Le même jour, Iridium a signé une ATP (Autorisation de Procéder), qui permet à Thales Alenia Space de commencer immédiatement les travaux de développement, avant même la finalisation du financement de la Coface, l’objectif étant de pouvoir lancer les premiers satellites au cours du premier trimestre 2015. L'accord final de la Coface est obtenu le 4 octobre 2010[4].

En cette période de la crise économique de 2008-2010, cette annonce est saluée avec ampleur par la Bourse, d'autant que l'annonce du contrat, qualifié par certaine presse comme le « contrat du siècle » pour Thales Alenia Space[5], a été faite directement à la bourse de New-York, dès son ouverture ce 2 juin 2010 à 9h15, par les PDG des deux entreprises : Reynald Seznec[6], pour TAS et Matt Desch, pour Iridium[7].

La part européenne de ce contrat sera de l'ordre de 60 %, répartie principalement entre les établissements de Thales Alenia Space en France (pour 50 %) à Cannes et à Toulouse, et les autres filiales européennes (pour 10 %) à Rome (Italie), Charleroi (Belgique) ; les 40 % restants faisant l'objet de sous-traitances aux États-Unis, principalement chez SEAKR à Centennial (CO) pour l'On Board Processor.

Le contrat est bouclé définitivement le [8].

En janvier 2011, Thales Alenia Space choisit Orbital Sciences Corporation (OSC), à Gilbert, Arizona, pour l'intégration et les essais des satellites[9].

En mars 2011, Thales Alenia Space choisit Lockheed Martin IS & GS, à Gaithersburg (MD) pour le développement de l'Application Software.

Charge utile[modifier | modifier le code]

La partie principale de la charge utile de chaque satellite reprend les fonctions de ceux de première génération :

  • une antenne active en bande L, jusqu'à 1,5 Mb/s, pour la mission principale (48 faisceaux sur une couverture de 4 500 km de diamètre)
  • des antennes en bande Ka, jusqu'à 8 Mb/s, pour les liaisons inter-satellites
  • des antennes en bande Ka, pour les liaisons vers les téléports (sol).

Mais une nouveauté est mise en oeuvre sur cette constellation de satellites en orbite quasi polaire, c'est la possibilité d'implanter, sur chaque satellite, une charge utile additionnelle de 50 kg, bénéficiant d'une puissance électrique de 50 à 200 W, moyennant un coût d'implantation de 7 M€ et un coût annuel d'exploitation de 1,5 M€, pour des missions d'observation en continu de l'environnement terrestre[1].

Elles auraient pu être développées par le CNES, Thales Alenia Space, Acri-ST, etc. pour comprendre :

  • des radiomètres à large bande pour le bilan radiatif terrestre ;
  • des imageurs multispectraux ;
  • des altimètres radar pour la connaissance du milieu océanique ;
  • des senseurs du mouvement des nuages ainsi que du vent dans les régions polaires ;
  • etc.

En fait Iridium a conclu un marche global avec Aireon (en) pour l'intégration d'une charge utile ADS-B dans chaque satellite.

Plate-forme[modifier | modifier le code]

Thales Alenia Space s’appuie sur sa filière de plates-formes EliteBus[10] en orbite basse dédiées à des constellations, comme celle de seconde génération Globalstar[11].

Les satellites Iridium Next embarqueront :

  • une antenne active complexe,
  • des générateurs solaires à deux axes reliés au corps du satellite par un mécanisme de rotation permettant le transfert de l'énergie collectée par les panneaux vers le corps du satellite, réalisés par RUAG Space à Nyon, Suisse[12],
  • des systèmes de batterie comportant quatre modules de batterie constitués d'éléments Li-ion prismatiques MPS 176065 qualifiés pour l'espace (5,6 Ah), offrant une combinaison idéale de robustesse, de légèreté, de performance et de durabilité pour les applications satellites LEO. Des dispositifs de protection intégrés sur l'élément, des systèmes d'équilibrage actif, des circuits de réchauffage et toutes les fonctions de télémétrie associées garantissent la durée de vie des batteries pour la durée de vie prévue de 12 ans des satellites. Les batteries seront conçues, fabriquées, assemblées, intégrées et testées dans l'usine de Poitiers de Saft. Les premiers systèmes de batterie seront livrés à Thales Alenia Space en décembre 2012 ; les livraisons s'échelonneront ensuite sur quatre ans[13].
  • un logiciel nécessaire au routage des appels.

Centre de contrôle[modifier | modifier le code]

Logiciel[modifier | modifier le code]

Le logiciel applicatif relatif à la constellation est réalisé par Lockheed Martin. Il passe avec succès la Revue critique de définition (RCD) en septembre 2012, démontrant que sa conception se situe à un haut niveau de maturité, et tout à fait dans les délais prévus cette nouvelle génération de satellites de communications, avec un premier lancement prévu pour 2015[14].

Lancements[modifier | modifier le code]

Le 15 juin 2016, Thales Alenia Space achève l’assemblage et les tests des satellites Iridium Next dans les locaux d’Orbital ATK tout en préparant leur départ vers le site de lancement de Vandenberg, pour un lancement alors prévu le 12 septembre 2016[15],[16]. Quelques semaines plus tard, l'échec d'une fusée Falcon 9 sur le pas de tir de Cap Canaveral conduit à reporter le tir Iridium de plusieurs mois. Le premier tir a finalement eu lieu le samedi 14 janvier 2017 à 17H54 UTC[17] et a permis la mise de 10 satellites sur une orbite d'injection.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Christian Lardier, « SpaceX remporte Iridium-Next », dans Air & Cosmos, No 2224, 25 juin 2010.
  2. Communiqué de presse Thales Alenia Space, 2 juin 2010, « IRIDIUM NEXT, LA PLUS IMPORTANTE CONSTELLATION EN ORBITE BASSE AU MONDE ».
  3. « Iridium annonce un plan complet pour la mise en œuvre de sa constellation de satellites Iridium NEXT de future génération », McLean, Virginie, le 2 juin 2010, Iridium annonce un plan complet pour la mise en œuvre de sa constellation de satellites Iridium NEXT de future génération.
  4. Voir Air & Cosmos, No 2235, 8 octobre 2010.
  5. Emmanuelle Pouquet, « Satellites : le contrat du siècle pour Thales Alenia Space », dans Nice-Matin, 3 juin 2010.
  6. Fabrice Lundy, « Reynald Seznec : « Le transfert de données tire le marché des télécommunications spatiales » », dans Le Grand Journal BFMRadio interview sonore, 3 juin 2010, Reynald Seznec : « Le transfert de données tire le marché des télécommunications spatiales.
  7. « Thales Alenia remporte un important contrat aux États-Unis », dans Challenges.fr, 2 juin 2010 Thales Alenia remporte un important contrat aux États-Unis.
  8. « Iridium confie 81 satellites à Thales Alenia Space » dans Le Figaro, le 25 octobre 2010.
  9. « Cannes : Thales Alenia Space choisit Orbital pour les satellites Iridium Next », dans Invest in Côte d'Azur, 31 janvier 2011, Cannes : Thales Alenia Space choisit Orbital pour les satellites Iridium Next.
  10. Voir EliteBus sur CASPWiki.
  11. Rémy Decourt, « La prochaine série de satellites Iridium, destinés aux communications téléphoniques sera lancée à partir de 2015 », dans Futura-Sciences, 8 juin 2010, La prochaine série de satellites Iridium, destinés aux communications téléphoniques sera lancée à partir de 2015.
  12. Emmanuel Borloz, « A Nyon, RUAG Space vient de décrocher la lune », dans 24 Heures, 30 octobre 2011, A Nyon, RUAG Space vient de décrocher la lune A Nyon, RUAG Space vient de décrocher la lune.
  13. « SAFT : Les batteries Li-ion de Saft alimenteront la constellation de satellites Iridium NEXT dans le cadre d’un contrat de plusieurs millions d’euros avec Thales Alenia Space », dans zonebourse.com, 8 novembre 2011, Les batteries Li-ion de Saft alimenteront la constellation de satellites Iridium NEXT.
  14. « Lockheed Martin franchit une étape clé dans le logiciel du satellite de communications d'Iridium NEXT », dans BourseReflex, 24 septembre 2012, Lockheed Martin franchit une étape clé dans le logiciel du satellite de communications d'Iridium NEXT .
  15. Communiqué de presse Thales Alenia Space, McLean, Virginie, 15 juin 2016, « Iridium Next se prépare au lancement de ses premiers satellites ».
  16. Boursier.com, 15 juin 2016, « Les premiers satellites Iridium Next livrés par Thales Alenia Space ».
  17. « SpaceX Returns To Flight with Iridium NEXT launch – and landing | NASASpaceFlight.com », sur www.nasaspaceflight.com (consulté le 15 janvier 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]