Ipomoea tricolor

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Ipomoea tricolor, appelée en anglais morning glory (gloire du matin) ou encore « tlilitzin » des Aztèques, est une plante grimpante annuelle répandue au Sud du Mexique et au Guatemala, en Amérique du Sud et aux Antilles. Ses feuilles sont ovales, profondément cordées et entières. La fleur, bleue, donne un fruit qui contient des graines noires angulaires et allongées.

Horticulture[modifier | modifier le code]

De nombreux cultivars d’Ipomoea tricolor sont présents dans les jardineries et vendus à titre ornemental. Parmi les variétés les plus communes on peut citer : 'Blue Star', 'Flying Saucers', 'Heavenly Blue', 'Heavenly Blue Improved', 'Pearly Gates', 'Rainbow Flash', 'Summer Skies', 'Wedding Bells'.

Confusion[modifier | modifier le code]

L'ipomée tricolore est très souvent confondue avec Ipomoea violacea[1]. Ainsi, lorsque Albert Hoffman et Evan Shultes identifient le tlilitzin des Aztèques, ils l'apparentent à tort avec Ipomoea violacea dans leur livre Plantes des Dieux[2].

Effets psychotropes[modifier | modifier le code]

Les graines de cette espèce comme de toutes celles appelées aussi morning glory, sont employées par les chamans pour des rites divinatoires sous les noms de ololiuqui (olioliuqui) ou de tlilitzin. Albert Hofmann fut le premier à annoncer que ces graines contenaient un dérivé d'acide lysergique, ce qui fut confirmé par la suite grâce à des études chimiques. Le principal composant psychoactif est l'ergine ou acide d-lysergique amide, mais on trouve de nombreux autres principes actifs comme l'isoergine (acide d-isolysergique).

Usage traditionnel[modifier | modifier le code]

Graines d’Ipomoea tricolor

Les graines d’Ipomoea tricolor contiennent du LSA, un alcaloïde hallucinogène nommé ergine et représentent un des principaux enthéogènes utilisés par les indigènes d’Oaxaca. Les graines sont utilisées à des fins divinatoires, lors de rituels religieux ou thérapeutiques[3]. Les Chinantèques les nomment Piul et les Mazatèques qui en font aussi un usage chamanique, l'appellent Badho Negro. Durant la période précolombienne, les Aztèques la nommaient Tlilitzin et considéraient cette plante comme une herbe sacrée dont l’usage rituel s’apparentait parfois à celui de l’Ololiuqui Turbina corymbosa[3]. En Nahuatl, Tlilitzin signifie « noir » avec un suffixe révérenciel[2] « Tzin » [4] qui témoigne du respect des Aztèques envers cette plante.

Potentiel thérapeutique[modifier | modifier le code]

Des études menées par le professeur en psychiatrie R. Andrew Sewell MD, démontrent que les graines contiennent du LSA, un amide de l'acide dextro-lysergique connu sous le nom d’ergine, et seraient efficaces dans le traitement de l'algie vasculaire de la face[5],[6].Dans un cadre récréatif, la consommation de plantes psychotropes peut s’avérer dangereuse pour la santé.

Législation[modifier | modifier le code]

En France, la consommation de plantes psychotropes est soumise aux législations sur les stupéfiants. La culture de l’ipomée tricolore est autorisée exclusivement à titre ornemental.[réf. nécessaire]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.ars-grin.gov/cgi-bin/npgs/html/taxon.pl?406360
  2. a et b http://encyclopedia.thefreedictionary.com/Tlilitzin
  3. a et b Plantes des Dieux, Hoffman & Shultes, Ed. Lézard
  4. Danièle Dehouve, Jacqueline Durand-Forest, Eric Roulet, Parlons Nahuatl: La langue des Aztèques, Editions L'Harmattan, (ISBN 9782296401259, lire en ligne)
  5. [PDF] http://www.maps.org/research/sewell_2008_aha_lsa_poster.pdf
  6. http://painmedicinenews.com/ViewArticle.aspx?d_id=375&a_id=11330

Articles connexes[modifier | modifier le code]