Iori Mochizuki

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Iori Mochizuki
Naissance Yokohama, Japon
Nationalité Japonais
Profession
Activité principale
Autres activités

Iori Mochizuki est un blogueur, journaliste et cyberdissident japonais né en 1983. Il est l’auteur de Fukushima Diary, un blog qui appelle à l’évacuation du Japon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Iori Mochizuki est né en 1983, dans la ville de Yokohama, au Japon. Enfant unique d’une famille d’entrepreneurs, il est placé dans une crèche bouddhiste avant d’intégrer l’école élémentaire catholique de Mutsukawa nishi. Cette confrontation avec deux types d’enseignements religieux participe à la formation de son esprit critique. Iori Mochizuki se définit comme non religieux, bien qu’il pratique la méditation et fasse régulièrement référence au bien et au mal[1]. Le décès de sa grand-mère par overdose de morphine renforce sa suspicion à l’égard de toute forme d’autorité, qu’elle soit médicale, religieuse ou encore politique. À l’âge de 11 ans, il intègre le collège de Seiko[2], où il poursuit la totalité de ses études secondaires. Il enchaîne ensuite avec des études de comptabilité à l’université nationale de Yokohama[3]. En 2006, il est recruté par la société Sharp Corporation. Mais, dès l’année suivante, il rejoint l’entreprise de son père où il occupe un poste d’ingénieur civil. Le 11 mars 2011, il est à son bureau lorsque survient le plus grand tremblement de terre de l’histoire du Japon, d’une magnitude de 9.0[4].

Après le 11 mars 2011, la naissance du citoyen journaliste[modifier | modifier le code]

De retour chez lui, Iori Mochizuki apprend qu’un tsunami a ravagé la côte Pacifique du Tōhoku, provoquant de sérieux dommages à la Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. En fin de journée, le premier ministre Naoto Kan déclare l’état d’urgence nucléaire. Alors que le gouvernement japonais se veut rassurant, Iori Mochizuki cherche à s’informer sur la situation. Après que plusieurs explosions se sont produites à la centrale, il commence à se méfier des informations officielles et démarre une véritable veille informatique. Au cours de ses recherches, il se persuade que les médias traditionnels ne couvrent pas correctement la situation. Il prend aussi conscience de l’importance du lobby nucléaire au Japon et à travers le monde. Pour Iori Mochizuki, l’Agence internationale de l'énergie atomique et la plupart des gouvernements pro-nucléaires ont mis en place une véritable œuvre de désinformation pour cacher les effets de la radioactivité sur la santé[5].

Le journal de Iori Mochizuki sur Dianuke[modifier | modifier le code]

Dès lors, Iori Mochizuki se lance dans un combat pour l’information, utilisant les réseaux sociaux pour répandre les informations qui lui semblent les plus importantes. Il utilise essentiellement ses comptes Facebook[6] et Twitter[7] pour répandre l’information et exprimer sa colère face à ce qu’il considère comme un black-out médiatique. C’est sur Facebook que la qualité de ses posts est remarquée par l’administrateur du site anti-nucléaire indien Dianuke[8]. Celui-ci lui propose alors de republier le résultat de ses recherches sous forme de compilation. Iori Mochizuki profite de cette occasion pour proposer la rédaction de véritables articles à Dianuke.org. Le premier billet de Iori Mochizuki est publié le 26 juillet 2011[9]. Baptisé Fukushima Diary, le journal de Iori Mochizuki sur Dianuke prend la forme d’un billet quotidien, dans lequel l’auteur reprend et analyse les informations les plus importantes de la journée. Le ton très critique, désespéré mais aussi humoristique de Iori Mochizuki en fait le succès. Là encore, les réseaux sociaux ont amplement participé à diffuser ces billets.

Fukushima Diary, le blog de Iori Mochizuki[modifier | modifier le code]

Juste après la publication des premiers billets de Iori Mochizuki, Dianuke.org rencontre de sérieux problèmes. Le site est mis hors ligne trois fois par son hébergeur, à cause d’un trafic internet trop important. Pour soutenir Dianuke et Iori Mochizuki, les articles sont repris sur d’innombrables sites et blogs, parmi lesquels le site de la fondation d’Helen Caldicott[10]. Très vite, une biologiste et webmaster américaine crée un site miroir, destiné à sauvegarder tous les billets de Iori Mochizuki. En hommage au premier article de Iori Mochizuki, le site est baptisé Fukushima Diary[11]. Dès le 31 juillet 2011, Iori Mochizuki publie ses billets quotidiens sur fukushima-diary.com en même temps que sur dianuke.org. À partir du 19 septembre, Iori Mochizuki se consacre uniquement à fukushima-diary.com. La forme des publications évolue progressivement. Les billets quotidiens reprenant la liste des informations importantes de la journée sont alors remplacés par des articles traitant un seul sujet à la fois. Les billets d’humeur, traités sur le mode du journal intime, et qui ont fait la renommée de Fukushima Diary, sont regroupés dans la catégorie « Column of the days ».

Les attaques contre Iori Mochizuki[modifier | modifier le code]

Après le passage de Iori Mochizuki sur fukushima-diary.com, les problèmes de serveur deviennent incessants. Dianuke et Fukushima Diary sont plusieurs fois mis hors service par un trafic excessif, mettant à mal les serveurs sur lesquels les sites sont installés. Les administrateurs des deux sites suspectent des attaques par déni de service (DoS attaques), sans jamais pouvoir le prouver. Cependant, après que Iori Mochizuki ait cessé de publier sur dianuke.org, ce site n’a plus jamais été mis hors service. À l’inverse, fukushima-diary.com est encore régulièrement sujet à des problèmes de trafic « excessif ».

Faits notoires[modifier | modifier le code]

Fukushima-diary.com fut le premier média japonais anglophone a rapporter que le Cabinet du premier ministre avait été informé dès le 11 mars 2011 à 22h35 que la fusion des cœurs étaient en cours à la centrale nucléaire de Fukushima et que les enceintes de confinement allaient céder dans l’heure suivante[12]. D'autre part, Iori Mochizuki a fait analyser plusieurs échantillons provenant de la ville de Yokohama. L’un d’entre eux, étudié par le laboratoire de Chris Busby[13], révèle la présence en très grande quantité de Plomb-210, un isotope radioactif généralement obtenu par désintégration de l’uranium 238[14]. Fukushima Diary est aussi le premier média à avoir alerté sur le risque lié à la contamination des pollens de plantes par le césium[15]. Iori Mochizuki avait aussi relayé la possibilité de gel dans les tuyaux des installations provisoires de la centrale nucléaire de Fukushima, provoquant de nouvelles fuites radioactives[16].

Iori Mochizuki est surtout le seul blogueur japonais à avoir ouvertement appelé la population à évacuer. Il n’a jamais cessé d’alerter sur l’impossibilité de décontaminer les régions affectées et sur les risques liés à la contamination interne. Il a toujours écrit que l’évacuation à l’étranger était la seule solution pour protéger la santé et la vie des populations résidant au Japon. Souffrant de nombreux symptômes depuis le 3 mars (diarrhée, toux, conjonctivite, douleurs, fatigue, amnésie…)[17], Iori Mochizuki a quitté le Japon le 16 décembre 2011[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]