Invincible Armada

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Invincible Armada
Description de cette image, également commentée ci-après
Bataille entre l'Armada espagnole et la flotte anglaise (XVIe siècle).
Informations générales
Date
Lieu Manche
Issue Non concluante[1]
Belligérants
Drapeau de l'Espagne Monarchie espagnoleDrapeau de l'Angleterre Royaume d'Angleterre
Commandants
Duc de Medina SidoniaFrancis Drake
Forces en présence
130 navires, 30 000 hommes dont 20 000 soldats150 navires, 20 000 hommes dont 10 000 soldats
Pertes
35 navires
18 000 morts
(1 500 tués au combat)[2]
10 000 morts
Coordonnées 50° 10′ 00″ nord, 4° 15′ 42″ ouest
L'Invincible Armada face à la flotte anglaise.

L’Invincible Armada (en espagnol « Grande y Felicísima Armada », soit « La grande et très heureuse flotte », en anglais « Spanish Armada », soit « La flotte espagnole ») est, en 1588, le nom de la flotte d'invasion armée espagnole à destination de l'Angleterre. Elle est affrétée par le très-catholique Philippe II d’Espagne, et est destinée à emporter des soldats (dont les fameux Tercios stationnés en Flandre), munitions et vivres à travers la Manche. Sa mission est la conquête de l'Angleterre protestante d’Élisabeth Ire, menace permanente pour la souveraineté espagnole sur ses territoires des Pays-Bas. Initialement, la mission visait à établir Marie Stuart sur le trône d'Angleterre et la rétablir sur celui d'Écosse, mais son exécution le modifia les objectifs de la flotte d'invasion.

La flotte espagnole se composait de 130 navires, en majorité des galions et des gros vaisseaux marchands armés de type caraque, transportant 30 000 hommes, dont environ 20 000 soldats. Dans un premier temps, face à une marine anglaise agile et déterminée, elle ne parvient pas à engager le combat lors de la bataille de Gravelines. Puis, soumise à des conditions météorologiques très difficiles et en l'absence de tout port ami pour relâcher, elle n'eut d'autre choix que d'abandonner le projet d'invasion. C'est lors du voyage du retour, en contournant la Grande-Bretagne par le nord, qu'une violente tempête conduit au naufrage sur les côtes irlandaises (comté de Sligo)[3] de deux douzaines de bateaux. Les équipages parvenus sur les côtes connaissent des fortunes diverses, aidés, capturés ou massacrés.

Cette invasion avortée constitue un épisode de la guerre anglo-espagnole de 1585–1604 qui entraîne un affaiblissement de l'Angleterre et débouche sur le traité de Londres de 1604, favorable aux intérêts de la monarchie catholique espagnole.

L'histoire de l'Invincible Armada, généralement présentée comme une victoire éclatante anglaise, a été manipulée et mythifiée pendant des générations au profit de la couronne anglaise puis britannique[4], et constitue probablement l'une des opérations de propagande les plus durables et les plus réussies[5].

Origine de l'expression[modifier | modifier le code]

Le mot « armada » vient de l'espagnol « armada », qui est apparenté à « armée » en français. Il provient du latin « armāta », le participe passé de « armāre », utilisé dans les langues romanes comme un nom pour les forces armées, l'armée, la marine, la flotte [6]. En espagnol, « Armada Española » est toujours l'expression utilisée pour désigner la marine espagnole moderne.

L'expression « Invincible Armada » provient de la propagande anglaise de l'époque, une saille de Lord Burghley, conseiller de la reine ( « ‘So ends this account of the misfortunes of the Spanish Armada which they used to call INVINCIBLE ») qui a été transmise dans de nombreuses langues[7]. Une bonne partie de l'histoire telle qu'elle est encore contée de nos jours provient d'une dénaturation de la réalité, créée par la propagande anglaise : « la défaite de l'Invincible Armada » est devenu le grand moment déterminant du nationalisme anglais, avec sa litanie de clichés connexes[5],[4].

John Seymour Lucas (en). The Armada in Sight. 1880. Selon la légende, Francis Drake fut informé pour la première fois de l'observation de l'Armada alors qu'il jouait aux boules sur Plymouth Hoe. Il aurait répondu qu ’« il reste beaucoup de temps pour terminer la partie et battre les Espagnols »- mais il n’existe aucune preuve fiable de cela[8].

Une bonne partie de l'historiographie sur le sujet a été conçue et l'histoire publiée aux XIXe et XXe siècles, une période où l'Espagne avait cessé de peser dans l'ordre international, précisément la période où la Grande-Bretagne atteignait son apogée et cherchait des mythes du passé pour créer son identité[5],[4].

Contexte et stratégie[modifier | modifier le code]

Trajet emprunté par l'Armada espagnole.

Depuis les années 1570, Philippe II d’Espagne est en difficulté aux Pays-Bas qui se sont en partie soulevés contre sa souveraineté. Alexandre Farnèse tente alors de reprendre tant bien que mal la maîtrise des villes de Flandre et du Hainaut révoltées. Les provinces septentrionales ont proclamé leur indépendance, formant ainsi les Provinces-Unies. Elles se battent donc contre le retour de Philippe. En Angleterre, Philippe a été roi consort de Marie Ire. Après le décès de celle-ci en 1558, il est écarté du pouvoir, faute d’avoir eu d'elle un fils pour gouverner ce pays en tant que régent. Au contraire, la demi-sœur de Marie, Élisabeth rétablit l'anglicanisme, ce qui ne satisfaisait ni Philippe, ni le Pape. Lorsque Philippe II signe en 1584 avec les ligueurs catholiques français le traité de Joinville, Élisabeth Ire d'Angleterre riposte en signant le traité de Sans-Pareil (1585) avec les républicains néerlandais. Les marins des Provinces-Unies, les « gueux de la mer » (en référence à une allusion insultante du baron de Berlaymont), font le blocus des ports de Dunkerque et de Nieuport, sur la côte de Flandre, où se trouvent des unités de l'armée espagnole. Au large de cette côte, existent des bancs de sable, d'où les Hollandais ont enlevé les balises de signalisation. Il est dès lors trop dangereux pour les vaisseaux de l'Armada de longer la côte parmi les hauts-fonds pour ouvrir les ports flamands. Gravelines devient par conséquent le port espagnol à la fois le plus proche de l'Angleterre, et le seul accessible de la côte flamande sans naviguer entre les bancs de sable et les plages.

Ces événements concernent indirectement la diplomatie française car les routes directes des courriers espagnols entre l'Espagne et les Pays-Bas traversent la France ; et s'agissant d'une flotte aussi importante que l'Armada, la rade de Gravelines ne se distingue pas nettement de celle de Calais.

Les objectifs des différentes forces en présence sont donc les suivants : pour les Espagnols, il s'agit d'une opération amphibie visant à envahir l'Angleterre. Elle doit faire se rencontrer une flotte partie d'Espagne, avec une armée embarquée sur des bateaux en Flandre, et doit conduire ensuite, soldats et canons, en Angleterre ; pour les Anglais, il s'agit d'empêcher cette rencontre, chasser la flotte espagnole de la région, voire la détruire ; pour les Provinces-Unies, il s'agit d'empêcher les Espagnols de reconquérir les Pays-Bas du Nord.

Les Néerlandais du Nord se trouvent donc alliés des Anglais contre les Espagnols.

Les forces en présence[modifier | modifier le code]

D'après certains documents du XVIe siècle, de la Bibliothèque Cottonienne (Cotton MS Vespasian C), l'Armada se composait, au , de 90 navires de haut bord et de 47 barques, présentant un ensemble de 57 900 tonneaux répartie en dix escadres. 3 200 soldats et 700 marins flamands faisaient partie des équipages de la flotte. Quant aux Anglais, ils avaient rassemblé 191 navires, mais d'un rang fort inférieur à celui des vaisseaux espagnols, leur capacité ne s'élevant qu'à 31 985 tonneaux. La flotte flamande d'Alexandre Farnèse se vit condamnée à l’inaction pour ne pas avoir pu réunir ses équipages[9].

Empire espagnol[modifier | modifier le code]

Il y avait un peu plus de cent trente navires répartis en dix escadres. L'escadron du Portugal consistait essentiellement en galions et était commandé par le capitaine général Medina Sidonia. L'escadron de Castille était composé de quatorze navires de différentes tailles, sous les ordres du général Diego Flores de Valdés. Cet officier était l'un des officiers de marine les plus expérimentés dans le service espagnol et fut par la suite invité à naviguer avec le généralissime sur son vaisseau amiral. L'escadron Andalousie comprenait dix galions et autres navires, sous les ordres du général Pedro de Valdés (es). L'escadre de Biscaye comptait dix galions et autres navires plus petits sous les ordres du général Juan Martínez de Recalde, grand amiral de la flotte. L'escadron de Guipuzcoa était composé de dix galions sous les ordres du général Miguel de Oquendo (es). Dans l'escadron d'Italie, il y avait dix navires sous les ordres du général Martín de Bertendona. L'escadron des Urcas ou navires magasins comptait vingt-trois voiles sous les ordres du général Juan Gomez de Medina. L'escadron des tenders, caravelles et autres navires comptait vingt-deux voiles sous le général Antonio Hurtado de Mendoza (es). L'escadron de quatre galéasses était commandé par Hugo de Moncada i Gralla. L'escadron de quatre galères était à charge du capitaine Diego de Medrado.

Le second du général Medina Sidonia était Don Alonso Martínez de Leiva, capitaine général de la cavalerie légère de Milan. Don Francisco de Bobadilla était maréchal général de camp. Don Diego de Pimentel était maréchal de camp de la célèbre tercio ou légion de Sicile.

La flotte totalise un tonnage total de 59 120 tonnes, et équipée de 3 165 armes à feu. 19 295 membres soldats des troupes espagnoles,8 252 marins et 2 088 galériens composent les équipages et la force de conquête de l'Angleterre. Les accompagnait une force de nobles bénévoles appartenant à la plupart des maisons illustres d'Espagne avec leurs accompagnateurs, pour un total de près de 2 000 personnes.

Don Martin Alaccon administrateur et vicaire général de la Sainte Inquisition est placé à la tête de quelque 290 moines des ordres mendiants prêtres et familiers, afin de convertir les Anglais au Catholicisme.

Le total général des forces engagées était d'environ 30 000. La charge de la flotte a été estimée par Don Diego de Pimentel à 12 000 ducats par jour et le coût quotidien combiné de la force navale de Medina Sidonia et militaire de Farnèse était estimé à 30 000 ducats[10].

Les galéasses espagnoles qui avaient eu leur heure de gloire à la bataille de Lépante, s’avérèrent ne plus être le navire de l'avenir.

Angleterre et Provinces-Unies[modifier | modifier le code]

La flotte anglaise bénéficiait de deux avantages techniques essentiels qui ont fait croire que la Navy aurait pu vaincre l'Armada :

  • Des canons de type « couleuvrine », copies du canon de Gregor Löffler d'Innsbruck introduites en Angleterre par Adam Dreyling, neveu du fondeur. Ces canons avaient une portée et une force de pénétration nettement supérieures à celles de la flotte espagnole, ce qui permettait d'éviter l'abordage. Manœuvrés par des artificiers affectés uniquement à l'opération, ils permettaient en outre de tirer à cadence plus rapprochée, soit un tir toutes les 2 minutes, contre 10 minutes pour les canons espagnols[11]. Une étude détaillée de ces canons en 2009 montre que leurs boulets atteignaient la vitesse du son[12].
  • Des navires plus rapides dessinés par Matthew Baker selon des principes novateurs. Ainsi des navires comme le Revenge étaient rasés.

Dans cette bataille, le vice-amiral anglais Sir Francis Drake s'est illustré par son habileté.

La plupart des batailles s'étaient à ce jour gagnées par abordage, suivi par des combats au corps à corps. L'Armada espagnole était donc aussi constituée de transports de troupes, les hourques ou Urcas, navires de commerce en vrac, qui étaient par ailleurs peu aptes à naviguer sur les océans. Les navires anglais n'emportaient pas de troupes, le choix étant porté sur l’artillerie. L'engagement par abordage attendu des Espagnols n'eut donc jamais lieu[13].

Déroulement des opérations[modifier | modifier le code]

Bataille de Gravelines[modifier | modifier le code]

L'Invincible Armada subit quelques premières pertes (non décisives) en remontant la Manche. Mais lorsqu'elle attend l'armée espagnole de Flandre dans la baie de Gravelines, elle est désorganisée et plus gravement incendiée par une attaque en force de la flotte anglaise à Gravelines.

Ayant échoué à débarquer une armée en Angleterre faute d'avoir pu l'embarquer, le duc de Medina Sidonia, harcelé par les attaques de Francis Drake, décide de rentrer en Espagne. Il est contraint par l'amiral ennemi et les vents d'ouest qui s'engouffraient dans la Manche de contourner toutes les îles Britanniques par la mer du Nord, l'Écosse et l'Irlande, périlleux détour qui peut durer un mois.

Les naufrages[modifier | modifier le code]

Ne disposant pas de cartes précises, et dans l'impossibilité de se positionner, faute de savoir mesurer la longitude, les capitaines restent au large et n'utilisent que leur compas et le relevé de leur latitude, selon un plan de route qui a été fourni au duc par un pilote français. Le début de ce plan de route permet bien de virer le cap Wrath (au nord de l'Écosse) en contournant les îles Shetland par le nord, et de rester ainsi au clair des rivages écossais. L'Armada, réduite à 120 bateaux, ne suit pas ce plan de route et passe au nord des Orcades le puis suit une route ouest, contrainte par le mauvais temps venant du sud[14]. On suppose que cette estimation est faussée par les effets du courant contraire (Gulf Stream). En virant direction sud-est, au près, vers les 6 ou et par temps variable, les Espagnols se croient 200 ou 300 milles à l'ouest mais leur route rase en fait l'Ouest de l'Irlande, zone très mal connue des marins espagnols. Le gros de la flotte passe au large de la presqu'île de Dingle mais un certain nombre de bateaux, moins performants, endommagés à la suite des combats et du mauvais temps, ou simplement malchanceux, subissent diverses fortunes de mer entre les 10 et . Transportant de nombreux soldats, certains navires ont besoin de s'arrêter pour renouveler les provisions d'eau et de vivres. Malgré leur méconnaissance des lieux, les marins espagnols sont assez habiles pour trouver des zones de mouillage, toutefois la présence de bancs de sable dans diverses baies provoque plusieurs échouements et naufrages même par beau temps. Plusieurs bateaux peuvent négocier avec les habitants leur ravitaillement ou sont capturés.

Le [Note 1], une queue d'ouragan passe sur l'Irlande. Plusieurs bateaux au mouillage ou en mer sont détruits mais certains en réchappent et parviennent à retourner en Espagne, avec souvent à bord les équipages de plusieurs bateaux naufragés les jours précédents. Vingt-quatre bateaux identifiés font donc naufrage sur la côte ou dans les eaux irlandaises, six autres ne peuvent être identifiés, deux se perdent ultérieurement sur les côtes écossaises et un en Cornouailles anglaise. Onze bateaux ayant touché l'Irlande survivent et retournent en Espagne pour la plupart.

L'amirauté britannique suit de près les péripéties de l'Armada et la peur passée d'une invasion espagnole par l'Irlande, se réjouit de ses déboires et des captures de certains équipages. Entre 5 500 et 6 000 marins et soldats mais aussi les misérables rameurs des galéasses ou la fine fleur de l'aristocratie espagnole meurent en Irlande. Beaucoup meurent noyés ou sont massacrés par les garnisons anglaises présentes à l'ouest et au sud (Galway, Tralee, Dingle) mais plusieurs chefs de tribus irlandaises hébergèrent et nourrirent les rescapés, surtout dans le nord-ouest (Donegal, Antrim) et plusieurs centaines de ces rescapés parvinrent à rejoindre l'Espagne ou les Flandres par différents chemins dont l’Écosse. Certains engendrèrent une descendance toujours implantée dans l'Ouest de l'Irlande.

Suites et conséquences[modifier | modifier le code]

L'Invincible Armada est à replacer dans le contexte de la Guerre anglo-espagnole qui débute en 1585 et se termine avec le Traité de Londres de 1604, et plus largement la Guerre de Quatre-Vingts Ans.

L'Armada ne réussit à atteindre aucun des objectifs fixés par Santa Cruz, Parme et Medina Sidonia dans leurs propositions de 1586, et par Philippe II dans ses instructions de 1587 et 1588[7]. Cette campagne navale est communément de nos jours présentée comme une défaite espagnole cuisante; la flotte espagnole aurait d'autre-part été détruite, et cet échec militaire surtout annoncerait le début déclin de l'Empire espagnol[15],[7]. Dans les faits, sur les 130 navires engagés dans la Manche, seuls six grands navires sont perdus à la bataille de Gravelines ; et sur le reste de la flotte, soit plus de 120 navires, 14 navires sont ensuite détruits par la tempête. En tout 24 navires sont perdus en Irlande détruits par la force de la tempête et le manque de connaissance des côtes irlandaises. Sur les 30 000 hommes engagés dans l'aventure 5 000 meurent sur le sol irlandais (dont 1 300 hommes dans le naufrage de La Girona). Un massacre de masse est conduit à Gallway sur 1000 prisonniers espagnols, la volonté d'un seul homme, Richard Bingham[14]. Mais la puissance espagnole n'est pas affaiblie, la Flotte des Indes n'a pas été empêchée cette année-là[16]et deux Armadas égales en puissances, souvent passée sous silence, sont ensuite menées en 1596 et 1597, aussi des échecs espagnols[17]. La guerre se conclut par le Traité de Londres de 1604 favorable aux intérêts espagnols.

La propagande anglaise joua pour beaucoup dans l'interprétation moderne de cette période[5]; de même que la légende noire espagnole diffusée dès le début de la guerre de Quatre-Vingts Ans par les nombreux adversaires des Habsbourgs[18],[7].

Tous les projets espagnols d'invasion de l'Angleterre échouèrent de même que ceux de détrôner Élisabeth.

Contre-Armada[modifier | modifier le code]

Quelques mois après l'expédition espagnole, en 1589, l'Angleterre créa sa propre flotte appelée la « Contre-Armada » (Counter Armada) constituée de 150 à 200 navires et 23 575 hommes sous le commandement de Sir Francis Drake. La tentative de soulever le Portugal contre Philippe II échoua. Quarante vaisseaux furent coulés ou capturés. Des milliers d'hommes furent tués, blessés ou moururent de maladie. Les finances de l'Angleterre furent également mises à mal par l'expédition.

Armadas de 1596 et 1597[modifier | modifier le code]

Les pertes subies par l'Invincible Armada, tant en hommes qu'en navires, étaient graves, mais elles ne sont pas fatales à l'Espagne[17]. L'historien Lucien Febvre montre d'autre-part que les destructions subies par l'Armada, en 1588, n'ont pas eu de conséquences nuisibles pour le trafic des galions de la Flotte des Indes ; pour les années 1591-1595 les recettes de la Couronne espagnole atteignent un nouveau montant record : 962 millions de maravédis[16]. Entre 1595 et 1600, les recettes de la couronne atteignent leur plus haut chiffre à presque un milliard de maravédis.

En une décennie, la puissance navale espagnole se rétablit suffisamment pour permettre de lancer une autre Armada presque aussi puissante contre l'Angleterre en 1596 et en 1597. À chaque occasion, l'Armada est dispersée par des tempêtes. Malgré ces catastrophes maritimes et d’autres, comme la destruction d’une flotte espagnole dans la baie de Gibraltar par les Hollandais en 1607, l’Espagne demeure encore l’une des principales puissances navales de l’Europe jusqu’en 1639 au moins. La résilience de la marine espagnole est redevable à l'organisation de l'escadre de Dunkerque, qui porte des coups dévastateurs à la navigation néerlandaise jusqu'à la chute du bastion en 1646, ainsi qu'à la ténacité et aux compétences maritimes des habitants des provinces basques de Biscaye et de Guipuscoa[17].

Traité de Londres de 1604[modifier | modifier le code]

Le Traité de Londres, signé le , met fin à la guerre anglo-espagnole, qui a duré 19 ans; à des conditions de paix mieux accueillies en Espagne qu'en Angleterre, dans la mesure où l'Angleterre voit le traité laisser tomber un allié, les Pays-Bas. Après la signature du traité, l'Angleterre et l'Espagne demeureront en paix jusqu'en 1625.

Héritage et historiographie[modifier | modifier le code]

À la suite de la défaite espagnole, l'Angleterre entreprit une importante campagne de propagande et, avec le reste du monde protestant, fut inondée de brochures, de chansons populaires, de poèmes, de gravures, de peintures, de pièces de monnaie, de médailles, etc. En Angleterre pas moins de 24 chansons populaires contemporaines sur l'Armada ont survécu[7]. Dans les réjouissances publiques de la défaite de l'Armada en 1689, un barde déversa ses effusions patriotiques dans ce qu'il appela une Skeltonical Salutation or Condign Congratulation and just vexation of the Spanishe Nation, dont la thématique rejoint la légende noire espagnole[18],[Note 2], création protestante anti-hispanique[7].

En septembre, le conseiller de la reine, Lord Burghley, publia une brochure (The Copie of a Letter Sent out of England to Don Bernardin Mendoza[19]) , copie d'un supposé rapport d'un jésuite anglais à l'ambassadeur d'Espagne en France, fournissant une discussion détaillée des raisons injustes de l'Espagne d'attaquer l'Angleterre, et qui se terminait par : « So ends this account of the misfortunes of the Spanish Armada which they used to call INVINCIBLE » : « Ainsi se termine ce récit des malheurs de l'Armada espagnole qu'ils appelaient INVINCIBLE », le mot « invinvible  » mis en majuscules par Burghley pour le souligner . Des traductions en français, allemand, néerlandais et italien immédiatement apparurent, ridiculisant l'expression « Invincible Armada »; mais c'était une invention car aucun Espagnol n'aurait utilisé l'expression pour désigner l'Armada espagnole. Burghley de cette manière remporta un coup de propagande durable puisque l'expédition est toujours appelée de cette manière de nos jours[5].

Pour sa part, Charles Howard, premier comte de Nottingham, commanda une série de tapisseries représentant une grande bataille navale tous azimuts menée de près qui n'eut jamais lieu de cette manière. L'impact de la propagande de Howard dura aussi longtemps que celle de Burghley. Le grand corpus de propagande créa une réalité alternative qui se transforma au fil des siècles en « la défaite de l'Invincible Armada », le grand moment déterminant du nationalisme anglais, avec sa litanie de clichés connexes[5].

Septième jour de la bataille avec l'Armada, 7 août 1588, par Hendrick Cornelisz Vroom, 1601.
The Spanish Barn plaque, Torquay.jpg

En Angleterre, le regain de fierté nationale à la suite de la défaite de la tentative d'invasion espagnole dura des années, et la légende d'Élisabeth persista et se développa longtemps après sa mort. Repousser la force navale espagnole a peut-être donné du cœur à la cause protestante à travers l'Europe, et à la conviction que Dieu était avec les protestants[20]. Le vent qui dispersa l'Armada fut appelé « Protestant Wind (en) »[21], une expression également utilisée pour les attaques navales ultérieures favorables à la cause protestante qui furent aussi aidées par le vent. Cela fut démontré par la frappe de médailles commémoratives qui portaient des variations de l'inscription : « 1588. Flavit יהוה et Dissipati Sunt » - avec « YHWHh » représenté selon le tétragramme en lettres hébraïques ( « Dieu a soufflé, et ils ont été dispersés »)[22]. Il y avait aussi des médailles plus légères frappées, comme celle avec la digression basée sur les paroles de Jules César « Veni, vidi, vici » : Venit, Vidit, Fugit (Il est venu, il a vu, il s'est enfui).

Armada Medal portant l'inscription « Flavit Jehovah et Dissipati Sunt »

Le souvenir de la victoire sur l'Armada fut évoqué à la fois pendant les guerres napoléoniennes et pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque la Grande-Bretagne fit de nouveau face à un danger important d'invasion étrangère. L'Armada Memorial (en) à Plymouth fut construit en 1888 pour célébrer le tricentenaire de la défaite de l'Armada espagnole[23].

L'historien Knerr a passé en revue les principales tendances de l'historiographie sur cinq siècles[24]. Pendant 150 ans, les écrivains fortement s'appuyèrent sur A Discourse Concernye the Spanish Fleete Invadinye Englande (1590) de Petruccio Ubaldini, qui soutenait que Dieu avait favorisé de manière décisive la cause protestante. Au XVIIe siècle, William Camden souligna en plus des éléments du nationalisme anglais et de l'entreprise privée des Chiens de Mer. Il souligna également que le duc de Medina Sidonia était un marin incompétent. Au XVIIIe siècle, David Hume fit l'éloge du leadership de la reine Élisabeth. Cependant, les historiens Whig, dirigés par James A. Froude, rejetèrent l'interprétation de Hume et firent valoir qu'Élisabeth hésitait et avait presque perdu le conflit en raison de son refus de dépenser suffisamment pour entretenir et approvisionner la flotte de la Royal Navy.

L'historiographie scientifique moderne est arrivée à maturité avec la publication de deux volumes de documents primaires par John K. Laughton en 1894. Cela permit au principal savant naval de l'époque, Julian Corbett, de rejeter les vues whig et d'attirer l'attention sur la professionnalisation de la Royal Navy comme un facteur critique. Les historiens du XXe siècle se sont concentrés sur des problèmes techniques, tels que la puissance comparée des canons navals anglais et espagnols et le degré de crédit des tactiques de combat naval dues à Francis Drake et Charles Howard. Les conditions météorologiques défavorables dans la Manche et sur les océans à l'époque ont toujours été citées comme un facteur majeur du résultat.

Une émission de la BBC « Royal History's Biggest Fibs with Lucy Worsley » démonte la propagande construite autour de l'Armada espagnole, d’abord anglaise puis victorienne, qui montre la Grande-Bretagne comme une nation insulaire destinée à la grandeur[4].

Élisabeth I et l'Armada espagnole ; peinture de la Worshipful Society of Apothecaries (en)[25] parfois attribuée à Nicholas Hilliard[26],[27].

Annexe : liste des bateaux engagés[modifier | modifier le code]

Empire espagnol[modifier | modifier le code]

Escadron portugais[modifier | modifier le code]

« The squadra of the gallions of Portingal »: 10 navires, 2 barques, 7 476 tonnes[9].

Escadron de Biscaye[modifier | modifier le code]

« The squadra of John Martin Ricaldi, of the province of Biscaye »: 10 navires, 4 barques, 6 566 tonnes[9].

Escadron andalou[modifier | modifier le code]

« The squadra of Pedro Baldez, of Andalozia »: 10 navire, 1 barques, 8 302 tonnes[9]

Commandé par Pedro de Valdés, comprenant onze navires (780 marins ; 2 325 soldats).

  • Nuestra Señora del Rosario — 46 canons. Navire amiral de Don Pedro de Valdés (capturé par Drake, envoyé à Torbay, retourne en Espagne en 1593 après versement d'une rançon).
  • San Francisco — 21 canons. Vice-amiral.
  • San Juan Bautista — 31 canons.
  • San Juan de Gargarin — 16 canons.
  • La Concepción — 20 canons.
  • Urca Duquesa Santa Ana — 23 canons. Échoué à Loughros More, Comté de Donegal, Irlande.
  • Santa Catalina — 23 canons.
  • La Trinidad — 13 canons.
  • Santa Maria del Juncal — 20 canons.
  • San Bartolomé — 20 canons.
  • Patache El Espíritu Santo — 32 canons.

Escadron de Guipúzcoa[modifier | modifier le code]

« The squadra of Michel de Oquenda, of Biscaye »: 10 navire, 4 barques, 6 891 tonnes[9].

Commandé par Miguel de Oquendo, comprenant 14 navires (616 marins, 1 192 soldats).

  • Santa Ana — 47 canons. Navire amiral de Miguel de Oquendo.
  • Santa Maria de la Rosa (ou Nuestra Señora de la Rosa) — 47 canons. Vice-amiral. Échoue sur le Stromboli Reef à Blasket Sound, Irlande, le .
  • San Salvador — 25 canons. Capturé, pris à Weymouth.
  • San Esteban — 26 canons. Naufrage près de Doonbeg River, comté de Clare, Irlande.
  • Santa María (ou Santa Marta) — 20 canons.
  • Santa Barbara — 12 canons.
  • San Buenaventura — 21 canons.
  • La Maria San Juan — 12 canons.
  • Santa Cruz — 18 canons.
  • Urca Doncella — 16 canons. La hourque a sombré en arrivant à Santander, en Espagne.
  • Patache La Asunción — 9 canons.
  • Patache San Bernabé — 9 canons.
  • Pinasse Nuestra Señora de Guadalupe — 1 canon.
  • Pinasse Magdalena — 1 canon.

Escadron du levant ou italien[modifier | modifier le code]

« The squadra of Martin de Bertendona, ships of Italy »: 10 navire, 7 756 tonnes[9].

Commandé par Martín de Bertendona, dix navires marchands méditerranéens embarqués en Sicile et à Lisbonne (767 marins ; 2 780 soldats), la plupart échoués en Irlande.

  • La Regazona — 30 canons. Navire marchand vénitien. Navire amiral de Martín de Bertendona. Rentré en Espagne très endommagé et a coulé au large de La Corogne.
  • La Lavia — 25 canons. Navire marchand vénitien. Vice-amiral. Échoue à Streedagh Strand, comté de Sligo, Irlande[30].
  • La Rata Santa María Encoronada — 35 canons. Navire marchand génois. Échoué et incendié, fin en baie de Blacksod, comté de Mayo, Irlande.
  • San Juan de Sicilia — 26 canons. Navire marchand de Raguse. D'abord échoué puis détruit après un possible sabotage anglais sur l'île de Mull, Écosse.
  • La Trinidad Valencera — 42 canons. Navire marchand vénitien. Échoué le à Glenagivney, Kinnagoe Bay, Inishowen, comté de Donegal, Irlande.
  • La Anunciada — 24 canons. Navire marchand de Raguse. Ancré à l'embouchure de la rivière Shannon, Scattery Roads, Irlande, brûlé et abandonné par son équipage secouru par d'autres navires de l'Armada.
  • San Nicolás Prodaneli — 26 canons. Navire marchand de Raguse.
  • Juliana — 32 canons. Navire marchand catalan. Échoué près de Streedagh Strand, dix miles au nord de la ville de Sligo, en Irlande[30].
  • Santa Maria de Vison (de Biscione) — 18 canons. Navire marchand de Raguse. Échoué près de Streedagh Strand, dix miles au nord de la ville de Sligo, en Irlande[30].
  • La Trinidad de Scala — 22 canons. Navire marchand génois. Rentré à Santander, Espagne, très endommagé et démâté.

Escadron d'Urcas (hourque)[modifier | modifier le code]

« The squadra of hulkes in the charge of John di Medina »: 22 navire, 9 960 tonnes[9]

Commandé par Juan López de Medina, composé de 23 unités[31] (608 marins ; 3 121 soldats).

  • El Gran Grifón — 38 canons. Navire amiral de Juan Gómez de Medina. Fait naufrage, le à Stroms Hellier, Fair Isle, Orcades, Écosse. Ses trois cents marins ont passé six semaines sur l'île.
  • San Salvador — 24 canons. Vice-amiral.
  • Perro Marino — 7 canons.
  • Falcon Blanco Mayor — 16 canons.
  • Castillo Negro (27 canons). Échoué à Donegal, Irlande.
  • Barca de Amburgo (ou Barca de Hamburg) — 23 canons. Le navire sombre au sud-est de Fair Isle, Écosse, l'équipage est pris à bord du Gran Grifon et de la Trinidad Valencera ; les deux font naufrage par la suite.
  • Casa de Paz Grande — 26 canons.
  • San Pedro Mayor — 29 canons.
  • El Sansón — 18 canons.
  • San Pedro Menor — 18 canons.
  • Barca de Anzique (ou Barca de Danzig) — 26 canons.
  • Falcon Blanco Mediano — 16 canons. Perdu au large des côtes du Connemara, comté de Galway, probablement près d'Inish Boffin, sur le Freaghillaun Rock, Irlande.
  • San Andrés — 14 canons.
  • Casa de Paz Chica — 15 canons.
  • Ciervo Volante — 18 canons. Échoué au large des côtes irlandaises.
  • Paloma Blanca — 12 canons.
  • La Ventura — 4 canons.
  • Santa Bárbara — 10 canons.
  • Santiago — 19 canons. Échoué près de Mosterhamn, Hardangerfjord, sud de Bergen, Norvège.
  • David — 7 canons.
  • El Gato — 9 canons.
  • Esayas — 4 canons.
  • San Gabriel — 4 canons.

Escadron des tenders[modifier | modifier le code]

« The squadra of Don Ant. Hurtado de Mendoza »: 4 navire, 19 barques, 1 545 tonnes[9].

Sous les ordres de Antonio Hurtado de Mendoza

Escadron castellana[modifier | modifier le code]

« The squadra of Diego Florès de Baldés, of the gallions that came from san Lucar »: 11 navire, 4 barques, 8 564 tonnes[9].

Galéasse napolitaine[modifier | modifier le code]

Quatre bateaux :

  • San Lorenzo — 50 canons. Navire amiral de Hugo de Moncada i Gralla. Accoste à Calais après la bataille de Gravelines. Capturé par les Français, après un dur combat avec les Anglais, qui coûta la vie à Don Hugo de Moncada.
  • Zúñiga — 50 canons. Forcé de se réfugier au Havre après avoir subi des avaries à son gouvernail, sur le chemin du retour. Il est difficile de savoir si le Zúñiga est jamais rentré en Espagne.
  • La Girona — 50 canons, fait naufrage le au large du comté d'Antrim, Irlande, avec les équipages de la Santa Maria Rata Encoronada et la Duquesa Santa Ana.
  • Napolitana — 50 canons. Rentré intacte, accoste à Laredo, Espagne.

Autre[modifier | modifier le code]

« The squadra of Alonso Flores, that came from S.Maria »: 13 barques, 150 tonnes[9].

Sous les ordres de 'Alonso Flores de Quiñones

Angleterre et Provinces-Unies[modifier | modifier le code]

Les brûlots perdus entre les 7 et 8 d'août :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les dates des événements varient selon les sources. L'Angleterre et les Pays-Bas protestants adhéraient toujours au calendrier julien tandis que les pays catholiques tels que l'Espagne, la France et les Pays-Bas espagnols suivaient depuis 1582 le calendrier grégorien.
  2. qui assurait notamment à ses lecteurs que les poissons qui s'étaient régalés du sang espagnol ne pouvaient pas transmettre, par leur propre chair, les maladies vénériennes ainsi acquises

Références[modifier | modifier le code]

  1. Richard Holmes 2001, p. 855 : « The 1588 campaign was a major English propaganda victory, but in strategic terms it was essentially indecisive » (« La campagne de 1588 fut une importante victoire de propagande anglaise, mais, en termes stratégiques, elle fut essentiellement indécise »).
  2. Warfare and Armed Conflicts: A Statistical Encyclopedia of Casualty and Other Figures, 1492-2015, 4th ed., Micheal Clodfelter, p. 20.
  3. Christopher Klein, « Spanish Armada Cannons Recovered Off Irish Coast ». 4 août 2015. Consulter en ligne.
  4. a b c et d (en-GB) « BBC Two - Royal History’s Biggest Fibs with Lucy Worsley, Series 1, The Spanish Armada », sur BBC (consulté le )
  5. a b c d e et f (en) « Introduction », dans The English Armada : The Greatest Naval Disaster in English History, Bloomsbury Academic (ISBN 978-1-350-01697-2, DOI 10.5040/9781350017009-009, lire en ligne)
  6. Oxford English Dictionary, 'armada'
  7. a b c d e et f (en) Colin Martin et Geoffrey Parker, The Spanish Armada: Revised Edition, Manchester University Press, (ISBN 978-1-901341-14-0, lire en ligne)
  8. (en) « The Spanish Armada: history, causes and timeline », sur www.rmg.co.uk (consulté le )
  9. a b c d e f g h i et j Ernest Van Bruyssel. Quelques notes sur l'invincible Armada (1588.). In: Compte-rendu des séances de la commission royale d'histoire. Deuxième Série, Tome 4, 1863. pp. 183-186. https://doi.org/10.3406/bcrh.1863.2748 Lire en ligne
  10. John Lothrop Motley, History of the United Netherlands: From the Death of William the Silent to the Synod of Dort, volume 1. Robbers, 1872. Consulter en ligne.
  11. « Feu sur l'armada espagnole » sur le site Le Fabuleux Destin des inventions.
  12. (en) Personnel de rédaction, « 'Superguns' of Elizabeth I's navy », BBC,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. Dans Douglas.
  14. a et b (en) Ken Douglas, The Downfall of the Spanish Armada in Ireland, Éditions Gill&Macmillan, 2009-2010, (ISBN 9780717148127). Le détail des péripéties de chaque bateau concerné, le contexte historique et le point sur les recherches menées de nos jours tant dans les archives irlandaises, anglaises et espagnoles que sur le terrain.
  15. Options méditerranéennes, Centre international de hautes études agronomiques méditerranéen., (lire en ligne)
  16. a et b Febvre Lucien. « L'afflux des métaux d'Amérique et les prix à Seville : un article fait, une enquête à faire » dans Annales d'histoire économique et sociale. 2e année, N. 5, 1930. pp. 68-80. Consulté le 27 juin 2015
  17. a b et c Charles Ralph Boxer. The papers of Martin de Bertendona, a basque admiral of spain's golden age, 1586-1604. Lire en ligne
  18. a et b Benjamin Waldraff, "A Skeltonical Salutation". Ein Gedicht über den Spott der Niederlage der Spanischen Armada mit Blick auf die Schwarze Legende, (ISBN 978-3-668-07523-8 et 3-668-07523-9, OCLC 1185991661, lire en ligne)
  19. « The copie of a letter sent out of England to Don Bernardin Mendoza ambassadour in France for the King of Spaine declaring the state of England, contrary to the opinion of Don Bernardin, and of all his partizans Spaniardes and others. This letter, although it was sent to Don Bernardin Mendoza, yet, by good hap, the copies therof aswell in English as in French, were found in the chamber of one Richard Leigh a seminarie priest, who was lately executed for high treason committed in the time that the Spanish Armada was on the seas. Whereunto are adioyned certaine late aduertisements, concerning the losses and distresses happened to the Spanish nauie, aswell in fight with the English nauie in the narrow seas of England, as also by tempests, and contrarie winds, vpon the west, and north coasts of Ireland, in their returne from the northerne isles beyond Scotland. », sur quod.lib.umich.edu (consulté le )
  20. Richard Holmes 2001, p. 855 : « The 1588 campaign was a major English propaganda victory, but in strategic terms it was essentially indecisive » (« La campagne de 1588 fut une importante victoire de propagande anglaise, mais, en termes stratégiques, elle fut essentiellement indécise »).
  21. « Europe - MSN Encarta » [archive du ]
  22. En anglais : « He blew with His winds, and they were scattered ».
  23. Richard Worth, History of Plymouth: From the Earliest Period to the Present Time, Plymouth, W. Brenden, , 51–54 p. (lire en ligne)
  24. Douglas Knerr, "Through the "Golden Mist": a Brief Overview of Armada Historiography."
  25. Aled Jones, Transactions of the Royal Historical Society: Sixth Series, Cambridge University Press, , 129– p. (ISBN 978-0-521-84995-1, lire en ligne)
  26. The Battle of Gravelines by Nicholas Hilliard at bbc.co.uk
  27. Aled Jones, Transactions of the Royal Historical Society: Sixth Series, Cambridge University Press, , 129– p. (ISBN 978-0-521-84995-1, lire en ligne)
  28. a b et c Lewis, Michael Arthur, 1890. (trad. de l'anglais), L invincible armada., Paris, Payot, , 214 p. (ISBN 2-228-70070-3 et 9782228700702, OCLC 300947655, lire en ligne)
  29. « Navío San Marcos ».
  30. a b et c « Irlanda halla los restos de uno de los navíos de la Armada Invencible », El País.
  31. Carlos Martínez Velarde, « Consideraciones sobre la jornada de Inglaterra 1588 », Revista General de Marina, Madrid,‎ , p. 26 (lire en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ken Douglas, The downfall of the Spanish Armada in Ireland, Gil & Macmillan, , 320 p. (ISBN 978-0-7171-4812-7).
  • Hanson, Neil. The Confident Hope of a Miracle. The True History of the Spanish Armada. Knopf (2003), (ISBN 1-4000-4294-1).
  • Holmes, Richard. The Oxford Companion to Military History. Oxford University Press. 2001. (ISBN 978-0-19-860696-3)
  • McKee, Alexander. From Merciless Invaders: The Defeat of the Spanish Armada. Souvenir Press, London, 1963. Second edition, Grafton Books, London, 1988.
  • Graham, Winston. The Spanish Armadas (1972; reprint 2001) (ISBN 0-14-139020-4)
  • Parker, Geoffrey Mariner's Mirror. 'The Dreadnought Revolution of Tudor England', 82 (1996): pp. 269–300.
  • Lewis, Michael The Spanish Armada First published Batsford, 1960 – republished Pan, 1966
  • Padfield, Peter. Armada: A Celebration of the Four Hundredth Anniversary of the Defeat of the Spanish Armada, 1588–1988. Gollancz (1988). (ISBN 0-575-03729-6)
  • McDermott, James. England & the Spanish Armada: The Necessary Quarrel (1990) (ISBN 0-7317-0127-5)
  • Whiting J. R. S. The Enterprise of England: The Spanish Armada (1988) Sutton Publishing (1995) (ISBN 0-86299-476-4)
  • Wernham A. B.. The Return of the Armadas: the Later Years of the Elizabethan War against Spain, 1595–1603, (ISBN 0-19-820443-4)
  • Howarth, David The Voyage of the Armada: The Spanish Story (1981). (ISBN 0-00-211575-1)
  • Kilfeather T. P. Ireland: Graveyard of the Spanish Armada (Anvil Books, 1967)
  • Graham, Winston. The Spanish Armadas (1972; reprint 2001) (ISBN 0-14-139020-4)
  • Davies J. J. (1909) Historic Bourne, etc.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]