Interstitium pulmonaire

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L'interstitium pulmonaire désigne le tissu conjonctif qui soutient les axes broncho-vasculaires, les cloisons inter-lobulaires, le tissu sous-pleural et les cloisons inter-alvéolaires des poumons.

Rôle[modifier | modifier le code]

L'interstitium, qui est le tissu de soutien du poumon est situé entre les parois des alvéoles pulmonaires. Ces dernières, siège de l'échange gazeux entre sang et air, forment le parenchyme qui est le tissu proprement fonctionnel du poumon. Interstitium et parenchyme coopèrent étroitement au fonctionnement du poumon et constituent une unité fonctionnelle. L'interstitium constitue l'armature de base du poumon et soutient l'architecture des alvéoles, c'est-à-dire de la barrière sang-air pendant le cycle de la respiration.

Composition[modifier | modifier le code]

Histologie du tissu pulmonairePB : Tissu de soutien péribronchial — BT : Bronchiole terminale — M : Couche musculaire circulaire de la bronchiole — P : Artériole pulmonaire — DA : Lumière alvéolaire — A : Alvéole — AS : Septum alvéolaire.
Coloration à l'hématoxyline-éosine (HE).

La majeure partie de l’interstitium est formé par des fibres de collagène, qui forment jusqu'à 20 % de la masse sèche des poumons, en majorité du collagène de type I dont le rôle principal est la conservation de la forme et l’élasticité des alvéoles[1]. Le collagène de type IV na se trouve que dans les membranes basales des alvéoles et des vaisseaux sanguins. Les collagènes de type III et de type V ne sont présents qu’en faible quantité dans le tissu pulmonaire (5 à 10 %)[2]. Les fibres élastiques forment un réseau à connexions multiples dans l'interstitium du poumon. Elles sont la force motrice de l'expiration.

Les protéoglycanes sont responsables de la géométrie du tissu pulmonaire. L'interstitium est aussi composé d'acide hyaluronique[3], de sulfate de chondroïtine A et C, de sulfate de dermatane[4], d'héparine et de sulfate d'héparine. En outre, parmi les glycoprotéines, se retrouvent de la fibronectine, de l'entactine (en) et de la laminine, qui apparaissent principalement dans les lames basales.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Il est divisé en trois secteurs, le secteur périphérique, le secteur axial et les parois alvéolaires. Cette division est utile puisqu'à chaque secteur correspond en cas d’atteinte un des signes radiologiques particuliers (lignes de Kerley)[5] :

  • Le secteur périphérique comprend le tissu conjonctif sous-pleural et les septa intralobulaires.
  • Le secteur axial est composé des cloisons conjonctives péribronchovasculaires.
  • Le troisième secteur est composé des cloisons conjonctives interlobulaires qui siègent dans les cloisons interalvéolaires[5].

Pathologies de l'interstitium[modifier | modifier le code]

L'interstitium pulmonaire est modifié lors des pneumopathies interstitielles diffuse idiopathiques qui font partie du grand groupe des pneumopathies interstitielles diffuses.

Photomicrographie de l’apparence histopathologique d’une pneumonie interstitielle usuelle. Le zoom avant (droite) montre une prolifération fibroblastique, près d’une fibrose dans laquelle on peut voir une cellule inflammatoire chronique, non spécifique infiltrée. On reconnaît un aspect en nid d’abeille caractéristique en sous-pleural.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) (en) Davidson J.M., « Biochemistry and turnover of lung interstitium », The European respiratory journal, vol. 3, no 9,‎ , p. 1048-1063 (PMID 2289553, lire en ligne [htlm]) modifier
  2. (en) Gadek J.E. et al., « Role of connective tissue proteases in the pathogenesis of chronic inflammatory lung disease. », Environ Health Perspect., vol. 55,‎ , p. 297-306 (PMID 6329673)
  3. (en) P.M. Sampson, C.L. Rochester, B. Freundlich et J.A. Elias, « Cytokine regulation of human lung fibroblast hyaluronan (hyaluronic acid) production. Evidence for cytokine-regulated hyaluronan (hyaluronic acid) degradation and human lung fibroblast-derived hyaluronidase », The Journal of Clinical Investigation, vol. 90, no 4,‎ , p. 1492–1503 (DOI 10.1172/JCI116017, lire en ligne).
  4. (en) Ingrid Sjöberg et Lars-Åke Fransson, « Synthesis of glycosaminoglycans by human embryonic lung fibroblasts. Different distribution of heparan sulphate, chondroitin sulphate and dermatan sulphate in various fractions of the cell culture », Biochemical Journal, vol. 167,‎ , p. 383–392 (lire en ligne).
  5. a et b « Le syndrome interstitiel », sur http://www.chups.jussieu.fr, Faculté de médecine Pierre et Marie Curie (consulté le 20 mars 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Anthoine, Jean-Claude Humbert, Atlas de pathologie thoracique, Springer Science & Business Media, , 668 p. (ISBN 9782287484926, lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]