Institution libre de Combrée

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Institution libre de Combrée
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Localisation
Localisation Combrée, France
Coordonnées
géographiques
47° 42′ 14″ nord, 1° 01′ 45″ ouest
Informations
Fondation 1810
par François Drouet
Type Établissement d'enseignement privé
Niveau Baccalauréat
Site web www.amicalecombree.fr

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Institution libre de Combrée

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Institution libre de Combrée

L'Institution libre de Combrée fut un établissement scolaire majeur du grand Ouest accueillant des élèves issus de toute la France. En 2005, des contraintes financières et une baisse durable de la fréquentation, en partie due au repli général de la démographie scolaire, contraignirent l'établissement à fermer ses portes.

Au cours de ses presque deux cents ans d’existence, cet établissement privé catholique dispensa à des milliers d'élèves immergés dans un environnement majestueux et propice à l’étude, une éducation marquée par des valeurs humanistes, dans le cadre d'une discipline respectueuse de l’épanouissement de chacun et d'une ouverture constante sur le monde.

Depuis 2007, une partie des bâtiments accueille un centre EPIDE (Etablissement d'insertion dans l'emploi) .

Situation[modifier | modifier le code]

Institution libre de Combrée, la façade surmontée de la Vierge dorée

Les bâtiments s'élèvent sur la colline de la Primaudière, dans un paysage vallonné et verdoyant. Visibles de loin, en particulier depuis la D775 reliant Angers à Pouancé, ils sont implantés sur la commune de Combrée, dans le Haut-Anjou.

Architecture[modifier | modifier le code]

Les bâtiments actuels les plus anciens sont l’œuvre de l’architecte Louis Duvêtre[1]. D’allure monastique, ils ont été structurés selon les principes de l’hygiénisme et dominent un vaste parc arboré de pins parasols, de chênes et d’une allée de tilleuls.

Les principaux matériaux utilisés pour leur construction sont le tuffeau, pierre typique de la vallée de la Loire, et l'ardoise dont l'Anjou abrite les principales réserves françaises.

La chapelle néogothique s’inspire du style angevin du XIIIe siècle. Ses vitraux sont l’œuvre du maître verrier tourangeau Lucien-Léopold Lobin[2].

En 1959 et 1969, furent respectivement construits les bâtiments Esnault et Vigneron qui abriteront en particulier les laboratoires de sciences, d'une grande modernité pour l'époque. Puis en 1987, une salle de sport vint compléter la salle des agrès installée au rez-de-chaussée du bâtiment Esnault.

Histoire[modifier | modifier le code]

La création du pensionnat (1810-1823)[modifier | modifier le code]

Abbé François Drouet (1775-1837)

L'établissement naît en 1810 à l’initiative de l'abbé François Drouet qui vient d'être nommé desservant de la paroisse de Combrée. Rapidement, il agrège autour de lui quelques dizaines de jeunes gens et décide de fonder une maison d'éducation[3].

Les débuts sont difficiles. Les autorités ecclésiastiques ne voient pas l'utilité d'un tel établissement alors que le Petit séminaire de Beaupréau, situé à une soixantaine de kilomètres au sud, connaît un grand succès. En outre, le Grand maître de l'Université impériale refuse à Drouet le titre de maître de pension qui lui aurait permis la reconnaissance officielle de son travail.

Mais à partir de 1818, soutenu par monseigneur Montault-Désilles, évêque du diocèse d'Angers, l'établissement s'impose par son sérieux au sein de son académie. En décembre de la même année, il obtient de l'Université la collation[4] du baccalauréat ès-lettres.

En 1823, le titre de Petit séminaire lui est accordé par ordonnance royale de Louis XVIII.

Le petit séminaire (1823-1849)[modifier | modifier le code]

En 1824 et 1825, des prêtres de l'établissement établissent deux congrégations, celle du Sacré-Cœur de Jésus pour les plus grands et celle de la Très Sainte Vierge pour les plus petits. Congrégations qui seront le foyer de nombreuses vocations et qui continueront d'exister jusqu'au milieu du XXe siècle.

En 1835, l'Académie combréenne est créée. Seuls peuvent prétendre à suivre ses cours les meilleurs élèves des classes de Philosophie, de Rhétorique et de Seconde.

La même année, épuisé par les luttes permanentes qu'il doit mener pour maintenir l'existence de son établissement, en particulier contre les assauts anticléricaux du régime issu de la Révolution de 1830, l'abbé Drouet donne sa démission, mais reste présent jusqu'à sa mort qui survient le 7 mars 1837[3].

Grandeur et turbulences (1849-1897)[modifier | modifier le code]

La chapelle néogothique

L'instauration de la République en 1848 aura sur l'établissement des effets bénéfiques. En 1849, une décision du comte Alfred de Falloux, originaire d'Angers et ministre de l'Instruction et des Cultes, habilite l'établissement scolaire de Combrée à dispenser l'enseignement secondaire complet et à présenter ses élèves à l'examen du baccalauréat ès-lettres. C'est à partir de ce moment que le nom d'Institution libre lui est officiellement attribué.

L'abbé Levoyer, père supérieur de 1835 à 1865, et monseigneur Guillaume Angebault, nouvel évêque d'Angers et ancien élève de François Drouet à Beaupréau, militent pour la construction de nouveaux bâtiments car les anciens souffrent d'insalubrité et ne permettent plus de faire face à l'afflux croissant d'élèves.

Alors considéré comme le fer de lance de l’enseignement catholique de l’ouest de la France, l’établissement bénéficie du puissant soutien de monseigneur Félix Dupanloup[5]. Le 19 avril 1854, monseigneur Angebault pose la première pierre du nouvel édifice dont la construction s'achève quatre ans plus tard. Il s'agit d'un corps de bâtiments parfaitement fonctionnel formé de quatre ailes, d'un cloître et d'une chapelle, qui peut désormais accueillir les 250 internes inscrits. Le 27 juillet 1858, en présence de 12 archevêques et évêques et de cinq cents prêtres et religieux, une cérémonie grandiose est organisée pour la consécration de l'édifice. Entre-temps, le , une statue dorée de la Vierge, sculptée dans l’attitude de l’Immaculée conception, est établie sur son piédestal au sommet de la façade.

En 1865, l'abbé Claude succède à l'abbé Levoyer qui va nouer avec les autorités civiles d'excellentes relations. L'établissement semble à l'abri des dangers qui l'ont autrefois menacé. Même la guerre de 1870 n'a que peu d'incidence sur son fonctionnement. Mais le 23 décembre 1891, la mort de monseigneur Freppel, évêque d'Angers, menace directement l'établissement. Conformément au décret du 6 novembre 1813, la gestion du diocèse vacant revient à l'État, lequel met aussitôt en vente la totalité des biens diocésains appartenant à la mense[6], et dont fait partie l'établissement de Combrée. Le 9 novembre 1892, lors de la quatrième adjudication, monsieur Hyacinthe Pasquier, percepteur segréen à la retraite, emporte l'enchère. Et alors que le notaire lui demande à quel nom il doit porter la vente, Hyacinthe Pasquier répond : « Veuillez inscrire monsieur Claude comme propriétaire du collège ». L'établissement est sauvé[3].

L'abbé Claude transférera son droit de propriété à une société d'actionnaires en mars 1893. Et pendant toute la fin de son mandat, notamment lorsqu'il s'agira de récolter les fonds nécessaires à l'entretien des bâtiments, il s'appuiera sur l'association de l'Amicale des anciens élèves, créée le 6 décembre 1890. Cette association, aujourd'hui renommée Amicale des anciens élèves et amis de l’Institution libre de Combrée, a poursuivi ses activités après la fermeture de l’établissement. Elle œuvre en particulier pour la sauvegarde du patrimoine immobilier que représentent les bâtiments de l’ex-institution.

Guerres et paix (1897-1945)[modifier | modifier le code]

La cour intérieure en 1944

En 1897, l'abbé Bernier succède à l'abbé Claude, décédé brutalement. Les 7 et 8 juin 1910, à l'occasion du centenaire de l'établissement, la façade est entièrement pavoisée pour accueillir les deux ou trois mille anciens élèves et amis de l'institution libre. En même temps, on inaugure la salle Saint-Augustin, salle de spectacle et de théâtre récemment construite et due à la générosité de monseigneur Jouin, ancien élève de Combrée.

Les deux guerres mondiales vinrent endeuiller le corps professoral et les anciens élèves sans toutefois jamais interrompre totalement les activités scolaires. En 1939, la moitié des professeurs est mobilisée et une aile des bâtiments est réquisitionnée par le service de santé des armées. Des plaques encadrant le portail de la chapelle portent les noms de 148 professeurs et anciens élèves emportés par ces deux conflits[3].

Vers les temps modernes (1945-1960)[modifier | modifier le code]

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la période de prospérité qui s'installe en France touche également la vie de l'établissement. L'effectif des élèves scolarisés augmente et les conditions de vie s'améliorent.

De la loi Debré à la fermeture (1960-2005)[modifier | modifier le code]

L'établissement en 1984

La loi Debré de 1959 avait institué une étroite association entre l’Éducation nationale et l’Enseignement libre. L'État prenait à sa charge certains frais de fonctionnement mais exerçait en contrepartie un contrôle pédagogique.

À partir des années 60, la remise en cause de l'éducation traditionnelle qui vit son aboutissement dans les événements de mai 1968, eut une incidence profonde sur le mode de fonctionnement de Combrée. Le nombre d'externes augmenta en même temps que le nombre de jeunes filles, modifiant ainsi la physionomie de l'établissement. Dans cette période, les prêtres qui détenaient jusque-là la plupart des postes d'enseignement furent peu à peu remplacés par des laïcs. L'abbé Antoine Pateau, dernier père supérieur de l'établissement, quitta ses fonctions en septembre 1979. Une vingtaine de sœurs appartenant à la congrégation de Torfou quittèrent aussi les bâtiments. Elles y étaient logées au pair et assuraient bénévolement les services de maison. Un personnel civil rémunéré les remplaça.

Cependant, le collège sut s'adapter à ces bouleversements. Au milieu des années 80, il vit même s'accroître son effectif qui dépassa les 700 élèves en 1987, dont une proportion non négligeable de Parisiens que les réseaux de transport mettaient à environ trois heures du collège. En 1990, l'établissement s'ouvrit avec succès à l'enseignement technique.

Malgré cette embellie, plusieurs facteurs tels que la décroissance nationale de la démographie scolaire et la concurrence entraînèrent une baisse conséquente et durable du nombre d'élèves inscrits. L'internat surtout fut touché. Parallèlement, les travaux d'entretien des bâtiments restaient une préoccupation permanente. L'ancienneté des infrastructures et leur étendue obligeaient à des dépenses que la baisse de fréquentation du collège et du lycée ne pouvait plus couvrir.

En 2005, brusquement confrontée à des obligations immédiates de mises aux normes techniques et sécuritaires très coûteuses, l'Institution libre de Combrée dut fermer ses portes[3].

Après 2005[modifier | modifier le code]

Depuis 2007, l’aile Ouest du corps de bâtiments est occupée par un centre EPIDE qui peut accueillir jusqu’à 75 jeunes volontaires. L’emprise dans son ensemble est gérée par la société Immobilier insertion Défense emploi (2IDE), société foncière au capital réparti entre la Caisse des dépôts et consignations (51 %) et l’EPIDE (49 %).

La majeure partie des bâtiments construits entre 1854 et 1858, qui constituent le cœur de l’ouvrage et incluent la chapelle, ainsi que le bâtiment Esnault, restent aujourd'hui inoccupés.

Autour de l'établissement[modifier | modifier le code]

Le futur vicaire apostolique au Tonkin-Méridional, Louis-Marie Pineau (1842-1921), y étudia sous le Second Empire. L'acteur Jacques Spiesser fut élève au collège.

L’auteur-compositeur-interprète Pascal Obispo étudia à l'Institution libre de Combrée en 1984, l'année de son baccalauréat.

Le journaliste et écrivain Jacques-Marie Bourget fut élève de 1957 à 1961.

En 1990, l'établissement servit de lieu principal de tournage du téléfilm de Jean-Louis Benoît, Les Disparus de Saint-Agil, avec Micheline Presle (Mme Donnadieu), Michel Galabru (M. Lemel), Claude Melki (M. Planet) et Damien Rosinha (Baume).

Liste des pères supérieurs et des directeurs de l'Institution libre de Combrée[modifier | modifier le code]

  1. Abbé François Drouet (1810-1835)
  2. Abbé Louis Levoyer (1835-1865)
  3. Abbé François Claude (1865-1897)
  4. Abbé Jean Bernier (1897-1926)
  5. Abbé Louis Mérit (1926-1930)
  6. Abbé Marcel Boumier (1930-1931)
  7. Abbé Joseph Pinier (1931-1956)
  8. Abbé Joseph Esnault (1956-1966)
  9. Abbé Maurice Vigneron (1966-1973)
  10. Abbé Antoine Pateau (1973-1979)
  11. Monsieur Gérard Gendry (1979-1996)
  12. Monsieur Jean-Paul Rozier (1996-1999)
  13. Monsieur Benoît Castillon du Perron (1999-2004)
  14. Monsieur Jean-Roger Salmon (2004-2005)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Duvêtre (1816-1881), architecte de nombreux édifices religieux et publics de la région angevine.
  2. Lucien-Léopold Lobin (1837-1892), notamment créateur des vitraux de l’église Sainte-Élisabeth de Hongrie, à Paris.
  3. a, b, c, d et e L'historique s'inspire du fascicule Deux siècles d'histoire rédigé par Jean-Pierre Ariaux, professeur d'histoire et de géographie et ancien élève de l'Institution libre de Combrée, et Gérard Gendry, directeur de l'Institution de 1979 à 1996 et également ancien élève, et de l’ouvrageCombrée, ma maison, aux éditions Nicolas, d’Henri Gazeau, maire de Combrée de 1977 à 1982, professeur d’Histoire et ancien élève de l’Institution libre de Combrée
  4. Droit d'attribuer un titre universitaire
  5. Théologien, homme politique et académicien français (1802-1878)
  6. Ensemble des biens attribués à un religieux.

Liens externes[modifier | modifier le code]