Institut régional d'administration

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Instituts régionaux d'administration
Informations
Fondation 1970-1979
Type Établissement public à caractère administratif
Régime linguistique français
Budget 41,3 millions d'euros par an (2008)
Localisation
Ville Bastia, Lille, Lyon, Metz et Nantes
Pays Drapeau de la France France

Les Instituts régionaux d'administration (IRA) sont des établissements publics à caractère administratif français placés sous la tutelle du Premier ministre et rattachés à la direction générale de l'administration et de la fonction publique[1].

Créés entre 1970 et 1979, les cinq IRA (situés à Bastia, Lille, Lyon, Metz et Nantes) sont chargés de cinq missions principales : la formation initiale des attachés d'administration de l'Etat, la formation continue des fonctionnaires français ou étrangers, la participation à l'organisation des concours d'accès aux IRA, la tenue d'une classe préparatoire intégrée, ainsi que de la coopération internationale en matière d'administration publique[1].

Les cadres administratifs de la fonction publique d'État sont majoritairement recrutés par la voie des IRA, les concours spécifiques aux différentes administrations devenant de plus en plus rares.

Création des IRA[modifier | modifier le code]

Façade de l'IRA de Lille dans une ancienne filature à Moulins-Lille

C'est la loi n° 66-892 du 3 décembre 1966 d'orientation et de programme sur la formation professionnelle qui prévoit un inventaire des actions de formation professionnelle et de promotion sociale dans la fonction publique et la création des instituts régionaux d'administration qui pourront prêter leur concours pour la formation des agents des collectivités locales.

Le décret n° 70-401 du 13 mai 1970 définit leurs missions (abrogé par le décret n° 2007-1247 du 20 août 2007).

C'est dans un livre publié en 1967 « L'énarchie ou les mandarins de la société bourgeoise » de Jacques Mandrin (nom de plume de Jean-Pierre Chevènement, Didier Motchane et Alain Gomez) qu'apparaît l'idée des « Écoles régionales d'administration » destinées à pourvoir les postes d'attachés. Cette création est vue comme étant dans la logique de celle de l'ENA en 1945, avec un regroupement de différents corps dans un même creuset de formation et un même concours commun.

À ses débuts, l'IRA était d'ailleurs surnommée « la petite sœur régionale de l'ENA ».

Les instituts régionaux d'administration (IRA) sont créés entre 1970 et 1979. Un des objectifs initiaux de ces instituts était de rajeunir le recrutement des fonctionnaires, en permettant aux candidats de passer le concours dès la détention d'un niveau Bac+2 et de continuer leur formation à l'institut d'où ils sortaient avec une équivalence maîtrise.

Les concours d'accès[modifier | modifier le code]

Les trois concours[modifier | modifier le code]

Le concours externe[modifier | modifier le code]

Le recrutement externe se fait au niveau licence ou d'une qualification équivalente ; aucune limite d'âge n'est imposée. On constate toutefois que la majorité des admis au concours externe disposent d'un diplôme de niveau supérieur à la licence. Ce concours comprenait également un concours d'analyste en informatique, dont la promotion est rassemblée à l'IRA de Lille.

Le concours d’admissibilité se compose de deux épreuves de quatre heures chacune et de coefficient quatre. La première est une dissertation portant sur « un sujet d’ordre général portant sur la place de l’État et son rôle dans les grands domaines de l’intervention publique », l'autre est une série de six questions portant sur le droit public, les finances publiques, l'économie, le droit de l'Union européenne, la gestion des ressources humaines et les questions sociales[2].

Les deux épreuves orales sont un entretien avec le jury, visant à évaluer les qualités du candidats et son comportement face à une situation concrète. Elle dure 25 minutes pour un coefficient de quatre. La dernière épreuve est un oral portant sur un texte écrit dans une langue vivante étrangère (allemand, anglais, espagnol, italien et russe) durant quinze minutes pour un coefficient de un[3].

Le concours interne[modifier | modifier le code]

Le recrutement interne se fait parmi les agents titulaires ou non titulaires des catégories A, B et C de la fonction publique et justifiant de quatre années de services effectifs ; ils doivent se trouver en position d'activité, de détachement ou de congé parental à la date de clôture des inscriptions. Enfin, aucune limite d'âge n'est imposée.

Le troisième concours[modifier | modifier le code]

Un troisième concours est organisé pour ceux qui ont au moins cinq ans d'expérience dans le secteur privé, le milieu associatif ou qui ont exercé des mandats électifs. Cette dernière modalité de concours est la moins fréquente (environ une dizaine de stagiaires sur une promotion de 120 - 130).

Sélectivité du concours[modifier | modifier le code]

Quelque 7 000 candidats se présentent chaque année aux concours des IRA. Le taux de sélectivité aux trois concours d'entrée des IRA est de 1 pour 10 environ. En 2004, 7 109 personnes se sont inscrites au concours externe. Parmi elles, 3 434 se sont présentées à toutes les épreuves écrites et 952 ont été admissibles. 345 ont finalement été admises, le dernier admis étant classé 509e.

Origine des candidats admis[modifier | modifier le code]

51 % des candidats admis au concours en 2003 avaient suivi une formation universitaire en droit, 12 % en sciences humaines et sociales. La même année, 19 % des admis provenaient d'un Institut d'études politiques. Quelques établissements privés offrent également des préparations payantes aux concours d'accès aux IRA.

Des formations de préparation aux concours d'entrée sont également mises en place pour des fonctionnaires en activités (concours interne) ou pour des personnes issues du secteur privé (troisième concours) par l'Institut de la gestion publique et du développement économique (IGPDE). L'IGPDE prépare aussi bien le concours des IRA que celui de l'ENA, sur place ou par correspondance.

La formation[modifier | modifier le code]

La formation est d'une année depuis la réforme de 1984. Durant la formation, les stagiaires sont rémunérés (environ 1 300 /mois en net pour un stagiaire externe). Une obligation de services de cinq ans au moins leur est imposée, dans l'une des trois fonctions publiques ou au sein des services de la Communauté européenne ou dans l'administration d'un État membre de la Communauté européenne ou d'un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen.

Composition des promotions[modifier | modifier le code]

Par promotion, on entend l'ensemble des stagiaires qui passent une année de formation ensemble. Depuis quelques années (Bastia : 1988, Lille : 2002, Lyon : 2004, Metz : 1997 et Nantes : 1998), chaque promotion porte le nom d'un personnage célèbre (par exemple Victor Hugo ou Václav Havel) ou d'un évènement historique (par exemple Édit de Nantes).

Malgré des disparités, les promotions sont constituées sur une même base ; les deux tiers des stagiaires sont issus du concours externe. Le tiers restant est constitué de personnes issues du concours interne ou du troisième concours.

Enseignements[modifier | modifier le code]

L'organisation de l'année d'IRA est laissée à la libre appréciation de chaque direction, dans les limites fixées par l'autorité de tutelle (qui est exercée par le Ministère chargé de la Fonction Publique). Par ailleurs, les élèves ont deux stages à effectuer au cours de leur scolarité. Ils ont un coefficient huit et durent quinze semaines au total. Ils donnent lieu à la rédaction de rapports de stage. Ils sont effectués dans toute administration ayant accepté un stagiaire, y compris dans les collectivités territoriales. La formule retenue par les IRA est la même : sept semaines (novembre et décembre) et huit semaines (de fin avril à mi-juin).

Parallèlement à ce cursus dit « généraliste », l'IRA de Lille proposait une formation destinée aux attachés « chargés du traitement de l'information » (C.T.I.). Cette formation, accessible via un concours spécifique, s'étalait sur 18 mois et mettait l'accent sur les compétences et les métiers de l'informatique, notamment la gestion de projets. Ce concours n'est plus organisé depuis 2009.

Postes offerts à l'issue de la scolarité[modifier | modifier le code]

À l'issue de leur scolarité, les élèves se voient proposer un poste en administration centrale, en services déconcentrés ou dans l'administration scolaire et universitaire. Ils choisissent leur emploi et leur ministère d'affectation en fonction du classement de sortie.

Ils exercent leurs fonctions dans "les services de l'État, de ses établissements publics ou d'autorités administratives dotées de la personnalité morale" au sein des corps suivants :

Nombre de postes offerts et répartition par corps et institut :

Promotion IRA Attaché d'administration
de l'État
Attachés d'administration
de l'aviation civile
et de Météo-France
Secrétaire des
affaires étrangères
Total
2015-2016[4]
Bastia 127 1 1 129
Lille 129 129
Lyon 128 128
Metz 128 1 129
Nantes 127 1 1 129
Total 639 2 3 644
2016-2017[5]
Bastia 126 1 1 128
Lille 128 1 129
Lyon 127 1 1 129
Metz 127 1 1 129
Nantes 127 1 128
Total 635 3 5 643
2017-2018[6]
Bastia 144 1 1 146
Lille 145 1 146
Lyon 144 1 1 146
Metz 144 1 1 146
Nantes 143 1 2 146
Total 720 4 6 730

Rémunérations[modifier | modifier le code]

Lors de leur première affectation en administration, les fonctionnaires stagiaires accèdent au statut d'agent titulaire de la fonction publique de l'Etat. A ce titre, leur rémunération est composée d'un traitement indiciaire dont la grille est fixée par arrêté ministériel[7], et de diverses primes et indemnités qui ont vocation à être rationalisées au sein du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel, déployé progressivement jusqu'à la fin 2016[8].

Selon l'administration dans laquelle ils sont affectés, les élèves issus du concours externe gagnent entre 1900 et 2600 € net par mois primes incluses. En fin de carrière, la rémunération peut varier entre 3400 et 5200 € net mensuel.

Le budget des IRA[modifier | modifier le code]

Le budget des IRA est alimenté par des crédits votés sur le programme 148 du budget de l’État adopté chaque année en loi de finances initiales par l'Assemblée nationale et le Sénat. Depuis le rattachement de la direction générale de l'administration et de la fonction publique au ministère du budget, des comptes publics et de la fonction publique le programme 148 « Fonction publique » est rattaché à la mission « gestion des finances publiques et des ressources humaines ».

Les crédits des IRA côtoient, au sein du programme « Fonction publique » dont le montant est limitatif, les crédits consacrés au financement de l'École Nationale d'Administration, de la formation interministérielle et de l'action sociale interministérielle (plus de 80 % du total).

Dans le projet de loi de finances 2008, le budget indicatif des cinq IRA s'élevait à de 41 280 000 euros[9], les Instituts régionaux d'administration forment 500 à 700 élèves fonctionnaires annuellement sur cinq sites du territoire français (Bastia, Lille, Lyon, Metz et Nantes).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Décret n°84-588 du 10 juillet 1984 relatif aux instituts régionaux d'administration *IRA* | Legifrance », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le 18 août 2016)
  2. Concours d’accès aux Instituts régionaux d’administration (IRA)
  3. Instituts régionaux d'administration (I.R.A.) - Les concours d'accès 2010
  4. Arrêté du 20 janvier 2015 fixant le nombre de postes offerts aux concours d'accès aux instituts régionaux d'administration ouverts en 2014 et leur répartition par corps et institut
  5. Arrêté du 28 janvier 2016 fixant le nombre de postes offerts aux concours d'accès aux instituts régionaux d'administration ouverts en 2015 et leur répartition par corps et institut (formation du 1er septembre 2016 au 31 août 2017)
  6. Arrêté du 6 février 2017 fixant le nombre de postes offerts aux concours d'accès aux instituts régionaux d'administration ouverts en 2016 et leur répartition par corps et institut (formation du 1er septembre 2017 au 31 août 2018)
  7. « Décret n° 2016-908 du 1er juillet 2016 modifiant le décret n° 2008-836 du 22 août 2008 fixant l'échelonnement indiciaire des corps et des emplois communs aux administrations de l'Etat et de ses établissements publics ou afférent à plusieurs corps de fonctionnaires de l'Etat et de ses établissements publics | Legifrance », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le 18 août 2016)
  8. « Nouveau régime indemnitaire (RIFSEEP) | Portail de la Fonction publique », sur www.fonction-publique.gouv.fr (consulté le 18 août 2016)
  9. Projet de loi de finances pour 2009 : Fonction publique sur le site officiel du Sénat.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]