Institut national de radioélectricité et cinématographie

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L'Institut national de radioélectricité et cinématographie (INRACI) est une école belge francophone de cinéma, photographie et électronique basée à Bruxelles. C'est la plus ancienne école de cinéma belge, fondée par le cinéaste documentariste belge Henri Storck.

Le terme "INRACI" désigne deux entités différentes qui partagent une partie de leurs bâtiments et installations : la section d'enseignement secondaire supérieur et la section d'enseignement supérieur au sein de la Haute École Libre de Bruxelles - Ilya Prigogine (HELB Ilya Prigogine). Cet article traite essentiellement cette deuxième entité.

Historique de l'école[modifier | modifier le code]

L'INRACI, dont les initiales rappellent celles de l'INR, fut fondé en 1938 sous le nom Institut national de radioélectricité et cinématographie et Nationaal Radio en Film Instituut (NARAFI) en néerlandais. Sa mission première était de former rapidement des techniciens et électroniciens pour l'INR.

Un an plus tard, en août 1939, l'ASBL "INRACI - NARAFI" est créée et le cinéaste belge Henri Storck en devient le premier administrateur. En septembre de la même année l'école accueille ses dix premiers élèves, répartis en deux options : la cinématographie et la radioélectricité.

L'INRACI-NARAFI est alors une seule et même école bilingue français-néerlandais regroupant enseignement secondaire supérieur, enseignement supérieur, mais aussi des cours du jour et des cours du soir.

Avec les années et la fédéralisation du pays, francophones et néerlandophones sont répartis en deux écoles différentes, les cours du soir disparaissent ainsi que la section d'enseignement secondaire supérieur néerlandophone. À la création des "Hautes Ecoles", les sections d'enseignement supérieur de l'INRACI et de la NARAFI furent intégrées respectivement à la HELB Ilya Prigogine et à la Hogeschool voor Wetenschap en Kunst. S'il est toujours d'usage courant, aujourd'hui, le terme INRACI n'est plus utilisé par la direction de l'HELB, qui lui préfère l'appellation de Catégorie Technique.

À la fin des années 1990, à cause de nombreux problèmes internes, la section cinématographie est menacée de disparition. La direction de l'INRACI charge alors le réalisateur et producteur de films belge Godfroid Courtmans d'un audit interne. Il sera chargé par la suite de réformer la section et assumera la charge de producteur de production jusqu'en 2007.

De 2007 à 2012, la direction de l'HELB-INRACI fut reprise par Godfroid Courtmans, qui continuera sa politique de réformes, alors également appliquée aux autres sections. Sous sa direction, les sections cinématographies et photographies seront profondément repensées. L'école verra aussi l'arrivée de très nombreux nouveaux professeurs, des professionnels issus essentiellement du cinéma et de la télévision.

Toujours sous l'impulsion de Godfroid Courtmans, une nouvelle filière est créée : un master en Gestion Globale du Numérique. La première rentrée académique eut lieu en septembre 2013.

Depuis octobre 2012, la haute école déménage progressivement vers les locaux de la RTBF au Boulevard Auguste Reyers. Elle est depuis divisée en deux campus, sur les communes de Forest et de Schaerbeek d'une part, aux alentours du parc de Forest et de la place Albert, d'autre part dans des locaux autrefois occupés par la RTBF. Elle a occupé le château du Parc Duden jusqu'en décembre 2012.

Cursus et diplômes[modifier | modifier le code]

Pour les trois formations (cinématographie, électronique et photographie), le cursus se déroule en trois ans.

Il débouche sur trois diplômes de bachelier :

  • Bachelier en techniques de l'image - finalité : cinématographie
  • Bachelier en techniques de l'image - finalité : photographie
  • Bachelier en électronique – finalité : électronique appliquée

Depuis la création des "Hautes Ecoles" et le souhait du monde politique de "clarifier l'offre de formation dans l'enseignement supérieur au niveau européen", les sections "Cinématographie" et "Photographie" n'existent plus d'un point de vue administratif; seule existe encore la section "Techniques de l'image", avec les deux "finalités" : "Cinématographie" et "Photographie".

Jusqu'en 2009, les deux "formations" que constituent la "Cinématographie" et la "Photographie" ont été sensiblement différentes, excepté pour les cours théoriques fondamentaux (mathématique, optique, sensitométrie, ...). Mais, depuis 2009, du fait de la disparition de l' "argentique" aussi bien en "formation Cinématographie" qu'en "formation Photographie", et l'apparition des techniques numériques aussi bien pour l'acquisition que la transmission des images, les deux "formations" se sont rapprochées et la première année est devenue commune pour les finalités "Cinématographie" et "Photographie", si ce n'est quelques petites différences dans les exercices pratiques.

En cinématographie[modifier | modifier le code]

Si le diplôme est le même pour tous les étudiants issus de la finalité cinématographie, il existe un choix de spécialisation dans certains métiers du cinéma :

  • Image (chef opérateur, caméraman, premier et deuxième assistant caméra, chef électro et électro)
  • Son (ingénieur son, mixeur, perchman)
  • Montage - script
  • Production - assistanat réalisation

La première année est marquée par une part très importante de cours théoriques, donnant les bases nécessaires en sciences, en mathématiques et en histoire et esthétique du Cinéma mais aussi dans la maîtrise technique des outils de base du cinéma (prise de vue, prise de son et montage) pour accéder aux années supérieures. Les étudiants ne sont pas amenés à choisir de spécialisation en première : les exercices pratiques sont axés sur la polyvalence et donnent l'occasion d'approcher plusieurs des spécialisations proposées en deuxième et troisième années.

La deuxième année est une année de transition. Le premier trimestre est marqué par de nombreux cours théoriques afin de parachever la formation commencée en première année. Les deux autres trimestres sont axés sur des exercices pratiques. À la fin de cette période théorique, vers novembre/décembre, les étudiants sont amenés à effectuer un premier choix de spécialisation.

Début janvier commence la préparation de l'exercice de mise en place, dit Standardisation, professeur responsable de cet exercice. Il s'agit du tournage d'un court métrage de fiction au cours duquel les étudiants sont amenés à occuper plusieurs fonctions principales et secondaires sur le plateau, changeant chaque jour de "casquette". Ils sont entourés par un ou plusieurs professeurs responsable(s) de chaque corps de métier. Seules les fonctions d'auteur-réalisateur, chef opérateur et chef script - chef monteuse sont assurées par les professeurs, afin de garantir la continuité artistique du film. Cet exercice a pour but de donner un aperçu concret aux étudiants des métiers du cinéma de fiction. À la fin du tournage, chaque étudiant est convoqué par chaque professeur pour un débriefing au cours duquel il peut confirmer ou infirmer son choix de spécialisation.

L'initiation au documentaire, ou Inidoc, est un exercice proposant une approche encadrée à la démarche documentaire. Par petites équipes, les étudiants sont amenés à tourner une série de petites séquences dans un lieu et sur un thème imposés. Le remontage de toute la matière en troisième année donnera lieu à un film documentaire d'une demi-heure à une heure.

Le reste de l'année est marqué par d'autres exercices pratiques laissant de plus en plus de libertés aux étudiants.

Un exercice de polyvalence en news est presté en collaboration avec des étudiants et professeurs en journalisme de l'ULB et est essentiellement centré autour de la foire du livre de Bruxelles. En fin d'année une régie TV est organisée : les étudiants en journalisme présentent les sujets réalisés lors de l'exercice alors que les étudiants de l'INRACI occupent les postes de techniciens en plateau et en régie. Le tout est organisé dans les anciens décors du journal télévisé de la RTBF, conservés à l'INRACI et remontés pour l'occasion. Au cours de l'année, les étudiants sont donc confrontés à l'ensemble des problématiques liées aux métiers techniques de l'information quotidienne en télévision.

Un dernier exercice évalué permet enfin aux étudiants de faire leurs preuves sur un film qu'ils seront amenés à réaliser eux-mêmes. Une dizaine de sujets de documentaires et une dizaine de scénarios de fiction écrits au cours de l'année sont sélectionnés et produits au sein de l'institut (dans un seul décor unique). C'est le film de fin de deuxième année.

La troisième année comporte peu de cours théorique et essentiellement des stages, des cours pratiques et des exercices pratiques. La post-production des exercices de Standardisation et Inidoc de deuxième année est assurée pendant la première moitié de l'année. On y retrouve aussi des exercices de régie TV dont des captations musicales, magazines... L'autre moitié est consacrée aux stages, aux tournages des films de fin d'étude et à la rédaction d'un mémoire.

En photographie[modifier | modifier le code]

En électronique[modifier | modifier le code]

Objectifs de la formation et moyens mis en œuvre[modifier | modifier le code]

Le programme d'études du graduat (bachelor) en électronique dispense une formation axée sur la polyvalence plutôt que sur la spécialisation : il s'agit d'apprendre à analyser, comprendre, traiter et utiliser l'information technologique pour résoudre des problèmes concrets. Cette formation vise à développer la faculté d'adaptation des étudiants pour leur permettre de faire face à l'évolution permanente des connaissances. Elle comporte des cours généraux, des cours techniques théoriques et des travaux en laboratoire. Un stage en milieu industriel, d'une durée de 14 semaines, assure aux étudiants un contact direct avec le monde professionnel ; il inclut un travail de fin d'études comprenant la réalisation d'un équipement électronique original. Cette formation polyvalente est réalisée grâce à un équipement de laboratoire de qualité répondant à des critères très stricts de valeur et de fiabilité.

Les débouchés[modifier | modifier le code]

  • Développement
  • Conception spécifique (Automation, transmissions de données, télémesures, ...)
  • Enseignement technique (Secondaire)
  • Maintenance
  • Entretien d'infrastructures industrielles
  • Recherche
  • Ingénieur du son

(liste non exhaustive)

Nouveauté 2009[modifier | modifier le code]

À partir de 2009, pour les nouveaux inscrits, l'INRACI (Haute école libre de Bruxelles Ilya Prigogine ; section électronique de la catégorie technique) et la Haute école Francisco Ferrer (même section) fusionnent ("codiplomation") pour les grilles de cours en section électronique (1-2-3). Les cours se donneront en alternance sur les deux sites.

Néanmoins, la dernière année proposera le choix aux étudiants de deux orientations :

  1. INRACI : Électronique/Informatique embarquée
  2. Francisco Ferrer : Informatique de gestion

Diplôme : Bachelor professionnalisant en électronique; finalité : électronique appliquée
Durée des études : 3 ans

Bâtiments, campus et studios[modifier | modifier le code]

L'INRACI dispose entre l'avenue Jupiter et l'avenue Besme de nombreux bâtiments reliés entre eux par des passages internes. Ils abritent notamment la section d'enseignement secondaire, la section photographie, des studios photos, des postes de montages et d'infographie, un studio de télévision haute définition et un studio dédié aux exercices de fiction, dénommé en interne studio film.

De l'autre côté de l'avenue Jupiter un nouveau bâtiment abrite la catégorie économique de la HELB (Informatique de gestion et Relations publiques), une bibliothèque et des salles de cours dont l'usage est réservé à ces dernières options.

L'INRACI dispose enfin de deux bâtiments dans le parc Duden, dont un ancien château de la Donation royale qui abrite une salle de projection, des salles de cours, une salle informatique (destinée notamment au traitement des images), et les équipements de la section électronique.

Une des particularités du campus est que l'INRACI et la NARAFI cohabitent dans les mêmes bâtiments, partageant notamment les studios télé, cinéma et photo.

L'annonce du déménagement et de l'abandon de l'appellation INRACI[modifier | modifier le code]

Cependant, le directeur actuel, Godfroid Courtmans, a annoncé au début du mois d'octobre 2011 l'acquisition imminente de bâtiments situés au boulevard de l'industrie, sur la commune d'Anderlecht. Les bâtiments actuels sont devenus trop petits et trop peu adaptés au développement de la section cinéma et à l'afflux croissant d'étudiants. De plus cela permettrait un rapprochement géographique avec le campus Erasme, où se situent l'essentiel des infrastructures de l'HELB. Cette piste a finalement été abandonnée au cours de l'année 2012.

La volonté de la direction de la catégorie technique de l'HELB était alors de marquer ce déménagement par l'abandon définitif de l'appellation INRACI, en raison de la rupture avec ses racines, des derniers liens qui unissent l'INRACI à la NARAFI et de marquer un nouveau départ dans l'histoire de l'école.

En juin 2012 la direction annonçait de façon officielle le déménagement progressif de la section cinématographie et photographie vers les anciens locaux et studios du Journal Télévisé de la RTBF (studio 14, 16 et 18) situés au premier étage de la cité de la radio-télévision, boulevard Auguste Reyers à Schaerbeek, siège central de la RTBF. Ce déménagement a été confirmé officiellement par le Conseil d'administration de la RTBF.

Dans un premier temps, à partir d'octobre 2012, ces nouveaux locaux libérés par la radio-télévision publique accueillent quelques salles de classes, un magasin de prêt de matériel et les infrastructures de montage de la finalité cinématographie pour les deuxièmes et troisièmes années.

Progressivement, au fur et à mesure que d'autres locaux seront libérés par la RTBF, d'autres années et sections de l'HELB-INRACI rejoindront à leur tour le boulevard Reyers.

À moyen terme, le studio de télévision haute définition de l'HELB-INRACI commun avec la NARAFI restera situé dans ses locaux actuels de l'avenue Jupiter à Forest. Aucune solution n'est envisagée à long terme à cause d'un problème d'impossibilité de répartition des infrastructures et du matériel entre les deux entités et l'asbl propriétaire des locaux actuels avenue Jupiter.

Aucune précision quant au changement de nom annoncé en 2011 n'a plus été apportée par la direction de l'HELB-INRACI.

Anciens étudiants[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Henri Storck, cinéaste documentariste belge et fondateur de l'INRACI-NARAFI.
  • Godfroid Courtmans, réalisateur et producteur de films belge, ancien professeur, coordinateur pédagogique et directeur.
  • NARAFI
  • Forest

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]