Institut national d'histoire de l'art

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Institut national d'histoire de l'art
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Membre associé de Sorbonne Universités et membre fondateur de heSam Université
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L’Institut national d’histoire de l’art (INHA) est un établissement d’enseignement supérieur et de recherche français, reconnu comme grand établissement, créé et régi par le décret no 2001-621 du 12 juillet 2001.

L'Institut a pour mission de « développer l’activité scientifique et de contribuer à la coopération scientifique internationale dans le domaine de l’histoire de l’art et du patrimoine » en exerçant des « activités de recherche, de formation et de diffusion des connaissances »[1]. Il est situé à Paris, dans la galerie Colbert, qui abrite le département des Études et de la Recherche et dans le quadrilatère Richelieu, salle Labrouste[2],[3], qui abrite le département de la bibliothèque et de la documentation, bénéficiaire en 2003 des collections de la Bibliothèque d'art et d'archéologie créée en 1897 et initialement offerte en 1917 par Jacques Doucet à l'Université de Paris.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’INHA vient combler une certaine lacune dans le monde de la recherche française, dans la mesure où il existait assez peu d’universités dans le domaine et où les équipes étaient dispersées. C’est pour remédier à cette situation que, dès 1973, Jacques Thuillier suggérait à Georges Pompidou la création de ce type d’institut. Toutefois, à ce moment, la suggestion n’a eu aucune suite. En 1983, l’idée est reprise, avec plus de succès, puisque André Chastel est mandaté par le Premier ministre Pierre Mauroy pour formuler des propositions en ce sens. Son rapport est publié la même année.

En 1986, une association portant déjà le nom d’Institut national d’histoire de l’art est créée sous la présidence de l’historien d’art Antoine Schnapper. Un rapport est commandé à Marc Fornacciari, qui voit plutôt un institut comme prestataire de services pour la recherche. En marge d’un congrès international d’histoire de l’art qui se tenait à Strasbourg, Jack Lang annonça la naissance d’un Institut international d’histoire de l’art à Paris.

À partir de 1990, la perspective d’un déménagement de la Bibliothèque nationale permet d’envisager la réutilisation de ses espaces pour installer l’institut, qui serait couplé à une Bibliothèque nationale des arts. Un rapport, confié à Michel Melot, va dans ce sens. Fin 1991, le gouvernement s’oriente vers la constitution de deux entités distinctes, l’Institut international d’histoire des arts d’une part, dont la préfiguration est confiée à Pierre Encrevé, et la Bibliothèque nationale des arts, d’autre part.

À la fin de l’année 1992, on s’oriente vers la création d’un centre international d’histoire des arts constitué de l’Institut et de la Bibliothèque mentionnés plus haut, auxquels s’adjoindrait l’École nationale du patrimoine. Dans les mêmes temps, François Fossier et Françoise Benhamou publient aussi des rapports précisant le fonctionnement de la future bibliothèque, qui regrouperait différentes bibliothèques préexistantes (qui ont finalement été intégrées), mais aussi les départements spécialisés de la Bibliothèque nationale.

En 1992-1993, tandis que la Bibliothèque d'art et d'archéologie Jacques Doucet déménage matériellement de l'Institut Michelet d'histoire de l'art de l'Université de Paris vers le quadrilatère Richelieu de la Bibliothèque nationale, son futur site, tout en conservant provisoirement son statut interuniversitaire, Jack Lang préconise la création d’un établissement public à caractère administratif sous le nom d’Institut international d’histoire des arts. Mais le Conseil d’État émet un avis défavorable, soulignant qu’une loi est indispensable pour créer ce type d’établissement, ce qui conduit Jack Lang à renoncer.

En 1994, le gouvernement d’Édouard Balladur charge Michel Laclotte de publier un nouveau rapport sur la situation. Une convention est signée avec le Musée du Louvre pour aider à la constitution définitive de l’institut, dont le nom définitif est adopté.

L’association de préfiguration est créée en 1995. Les années 1995 et 1996 sont marquées par les différentes missions confiées à Michel Laclotte, qui permettent de préciser certains éléments du projet. Les derniers arbitrages ministériels et interministériels sont rendus en 1997 et 1998, alors même que l’institut, qui n’existe encore qu’à l’état d’« association de préfiguration », commence déjà ses activités. En effet, le site Internet est ouvert en janvier 1998, et les premiers projets de recherche sont lancés au mois d’avril. Le professeur Alain Schnapp est nommé à la tête de l’association.

En 1999, l’institut organise les premières manifestations scientifiques. Le décret portant création de l'INHA est signé le 12 juillet 2001[4] et son statut confirmé par décret du 29 octobre 2001[5].

L’Institut national d’histoire de l’art se trouve dans la galerie Colbert à Paris.

Sites[modifier | modifier le code]

L'INHA occupe deux sites. D'une part, l'ancien hôtel Bautru construit par l'architecte Louis Le Vau et le maître maçon Michel Villedo en 1634, devenu plus tard l'hôtel Colbert. Sous la Monarchie de Juillet, une galerie est créée, appelée aujourd'hui Galerie Colbert. La gestion de ce site est confiée à l’INHA et certains espaces sont alloués à l'Institut national du patrimoine et aux facultés d'histoire de l'art parisiennes qui y disposent de bureaux et de salles de cours. D'autre part, la bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art et sa salle de lecture, au sein du quadrilatère Richelieu formé par les rues de Richelieu, Colbert, Vivienne et des Petits-Champs. La gestion de ce dernier site est confiée à la Bibliothèque nationale de France. Le 15 décembre 2016, la bibliothèque de l’INHA a déménagé de la salle Ovale vers la salle Labrouste, sur ce même site.

Missions[modifier | modifier le code]

L’Institut national d’histoire de l’art possède trois axes de travail : la recherche, la valorisation de l'histoire de l'art et la gestion de la bibliothèque d’histoire de l'art (ex-bibliothèque d'art et d'archéologie Jacques Doucet).

L'INHA participe à la formation des chercheurs — doctorants, post-doctorants, assistants ou attachés de conservation. Il cherche à développer différents programmes de recherche autour de l’histoire de l’art, en veillant à favoriser l’interdisciplinarité. La recherche s'orientait autour de trois thèmes dans le cadre du contrat d'objectifs 2007-2009 : l'histoire de l'archéologie, de l'art antique et de l'art médiéval ; l'histoire de l'histoire de l'art et du goût ; enfin l'histoire des arts et de l'architecture, de l'époque moderne à l'époque contemporaine. Sa cellule d'ingénierie documentaire a pour vocation de constituer et diffuser des bases de données documentaires, regroupées sous le portail AGORHA (Accès global et organisé aux ressources en histoire de l'art) depuis mars 2011[6],[7].

L’INHA organise également des congrès, des colloques et manifestations scientifiques et présente des expositions dans la galerie Colbert. Il participe à plusieurs rencontres, comme les Dialogues d'art contemporain et produit le festival de l'histoire de l'art avec le ministère de la Culture[8]. L'Institut est éditeur de la revue Perspective, consacrée à l'actualité de la recherche en histoire de l'art, coédite des ouvrages avec le Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS), le Collège de France ou l'École du Louvre et collabore avec des maisons d'édition comme les éditions InFolio, Picard, Philippe Picquier, Thames & Hudson ou Somogy. Il assure également une mission de promotion du mécénat.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

L'INHA est dirigé par un directeur général nommé pour cinq ans : Alain Schnapp (2001-2005), Jean-Pierre Cuzin, administrateur provisoire (2005-2006), Antoinette Le Normand-Romain (2006-2016)[9],[10] et Éric de Chassey[11]. Il est administré par un conseil d'administration dont la présidente, en 2014, était Laurence Engel, conseillère maître à la Cour des comptes, puis directrice de la BnF, et le vice-président Philippe Boutry, président de l'Université Panthéon-Sorbonne[12].

L'INHA se compose de deux départements, le département des Études et de la Recherche (DER) et le département de la bibliothèque et de la documentation (DBD), assistés par des services communs. En 2008, ses effectifs physiques variaient entre 220 et 230 personnes, y compris les boursiers et les chercheurs invités et associés.

Ressources documentaires[modifier | modifier le code]

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

Les collections de la bibliothèque de l’INHA sont consultables dans la salle Labrouste du quadrilatère Richelieu depuis le 15 décembre 2016, après l'avoir été dans la salle Ovale depuis 1999. La bibliothèque a accueilli 4 600 lecteurs en 2012, des étudiants pour près des deux tiers. Une grande partie des collections (environ 160 000 documents) est proposée en libre accès autour de la salle Labrouste et sur trois niveaux du magasin central, dont 35 000 volumes de périodiques. En janvier 2016, elle a absorbé la Bibliothèque centrale des musées nationaux (BCMN)[13] et en avril 2017, certaines collections de la bibliothèque de l’École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA). Son catalogue commun intègre également les collections de la bibliothèque Gernet-Glotz de l'EHESS. L’ensemble, qui représente un total de plus de 1 700 000 documents, est l'un des plus importants au monde dans son domaine. La bibliothèque de l’INHA est considérée comme CollEx (ex-CADIST) pour l’histoire de l’art, fonction qu’elle hérite de la bibliothèque d'art et d'archéologie Jacques Doucet.

Bases de données[modifier | modifier le code]

L’INHA produit des données relatives à l’histoire de l’art, aux artistes, œuvres, sources, etc, utilisables par les chercheurs via une application de gestion de contenus mutualisés, la base AGORHA[14], qui comprend plusieurs dizaines de bases de données appartenant aux différents domaines de recherche de l'INHA. La mutualisation de ces bases de données implique que lorsqu'un même objet de recherche intéresse plusieurs programmes, cela se traduit par la production d'une notice unique, partagée et enrichie par ces différents programmes. La même notice « personne » de Léonard de Vinci appartient ainsi à cinq bases différentes.

Le 14 mai 2018, une refonte de la base AGORHA a permis d'améliorer l'utilisation de son moteur de recherche, décliné sous plusieurs formes :

  • recherche générale avec « Lancer la recherche » ou, à l'aide de l'onglet supérieur « Rechercher », par type de notices (œuvres - personnes et organismes - collections d’œuvres - évènements - fonds d'archives - références bibliographiques - manuscrits) ;
  • recherche simple (tutoriel) ;
  • recherche experte ;
  • recherche par liens.

La seconde permet un pré-filtrage notamment par bases de données et les deux dernières donnent accès à une recherche booléenne à l'aide de 15 critères plus précis qui peuvent être croisés simultanément, tels que rôle (de, attribué à, d'après...), titre, lieu d'exécution, lieu de conservation, date d'exécution, technique, format, etc.

Ces recherches font apparaître les résultats triés sous 10 filtres dans la colonne de gauche, à savoir :

  • Filtres :
    • Base de données (RETIF, REPFALL, etc.)
    • Type d'œuvres
    • Personne liée à l’œuvre
    • Sujet
    • Date d'exécution
    • Lieu de conservation
    • Lieu d'exécution
    • Lieu de découverte
    • Matière et technique
    • Nombre de documents liés

Les lignes de résultats donnés sous ces filtres peuvent être déroulées en cliquant sur les trois petits points finaux « ... », combinées avec l'opérateur « et » en cochant plusieurs lignes ou masquées en cliquant sur la flèche figurée à droite de leur titre.

Les principales bases de données d'AGORHA sont les « documents graphiques de la bibliothèque de l'INHA », avec 47 622 documents en ligne au 1er septembre 2018 et le RETIF (répertoire des tableaux italiens dans les collections publiques françaises (XIIIe-XIXe siècles)), avec 13 761 peintures, qui incluent environ 150 copies par des artistes non italiens (la région Hauts de France en a tiré un site de géolocalisation des œuvres sur son territoire). Le critère de recherche « Rôle » ne figurant pas parmi les filtres privilégiés de la colonne de gauche, pour trouver les œuvres autographes, il y a lieu, soit de faire une recherche par mot dans la page de résultats avec « - de - », soit d'utiliser la « Recherche experte » puis les index « Création-Exécution, Rôle » (et) « de ». En cas d'attributions multiples, le résultat de la recherche fait d'abord apparaître celle qui est privilégiée dans la notice.


Presse[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « INHA » (consulté le 1er février 2013)
  2. Calendrier d'ouverture de la bibliothèque en salle Labrouste, blog de l'INHA.
  3. La salle Ovale accueillit la salle de lecture de la bibliothèque de 1999 au 2 septembre 2016.
  4. Décret n°2001-621 du 12 juillet 2001 portant création de l'Institut national d'histoire de l'art.
  5. Décret n°2001-1010 du 29 octobre 2001 modifiant le décret n° 2000-250 du 15 mars 2000 portant classification d'établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel.
  6. Les nouvelles de l'INHA, n°37, avril 2010, pp. 4-5, site inha.fr
  7. Les nouvelles de l'INHA, n°40, novembre 2011, pp. 7-9, site inha.fr
  8. « Festival de l’histoire de l’art (1ère édition) », INHA,
  9. Décret du 21 juin 2006 portant nomination de la directrice générale de l'Institut national d'histoire de l'art (enseignements supérieurs) - Mme Le Normand-Romain (Antoinette)
  10. Décret du 21 juin 2011 portant nomination de la directrice générale de l'Institut national d'histoire de l'art (enseignements supérieurs) - Mme Le Normand-Romain (Antoinette)
  11. Décret du 5 juillet 2016 portant nomination du directeur général de l'Institut national d'histoire de l'art - M. de CHASSEY (Eric)
  12. [1]
  13. La bibliothèque centrale des musées nationaux intégrée à la bibliothèque de l'Inha, site de l'École nationale des chartes, 28 janvier 2016.
  14. INHA, base AGORHA
  15. Guide d'utilisation de la base de données RETIF, site inha.fr
  16. Fiche de la base de données RETIF, site inha.fr

Liens externes[modifier | modifier le code]

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