IHU Méditerranée Infection

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IHU Méditerranée Infection
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Histoire
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Présidente
Yolande Obadia
Directeur
Dépend de
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L'institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU Méditerranée Infection) ou « IHU MI » est un institut hospitalo-universitaire créé en 2011 sous la forme d'une fondation de coopération scientifique, et inauguré en .

L'institut, dirigé par le professeur Didier Raoult, a comme membres fondateurs l'université d'Aix-Marseille, l'AP-HM, l'Institut de recherche pour le développement (IRD), le Service de santé des armées, BioMérieux, et l'Établissement français du sang (EFS). L'Inserm et le CNRS s'en sont dissociés après l'évaluation scientifique du centre en 2018. L'IRD envisage de se désengager de l'IHU à la suite de la révélation de financements versés dans un contexte de conflit d'intérêts.

En 2021, l'IHU faisait l'objet de plusieurs enquêtes sur les conditions de travail et sur la méthodologie des recherches menées par les équipes du professeur Raoult.

Présentation[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Lauréat des investissements d'avenir en 2011, le projet d’IHU de Marseille en maladies infectieuses (POLMIT) consistait en 2011 à concentrer sur le site de la Timone à Marseille les moyens de lutte contre les maladies infectieuses[1]. La création de l'institut est financée grâce à la subvention la plus élevée accordée en France pour la recherche médicale : 72,3 M€ (dont 48,8 M€ consacrés à la construction du bâtiment)[1]. Le coût total est de « plus de 150 millions d'euros »[2],[3]. Il est ouvert aux patients en [2],[4]. Un nouveau bâtiment de 27 000 mètres carrés est inauguré en [5],[6],[7],[8].

Gouvernance de l'institut[modifier | modifier le code]

Depuis sa création, l'IHU est présidé par le docteur Yolande Obadia et dirigé par le professeur Didier Raoult[9].

L'IHU est administré par la fondation Méditerranée Infection, une fondation de coopération scientifique qui regroupe sept membres fondateurs, dont l'Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille et Aix-Marseille Université, et des membres partenaires. Philippe Douste-Blazy, ancien ministre de la Santé est membre du conseil d’administration, ainsi que Geneviève Fioraso, ancienne ministre de la recherche. En 2015, le professeur Didier Raoult est le directeur de la fondation et la Dr Yolande Obadia préside son conseil d’administration. Celle-ci était précédemment directrice de la fondation Infectiopôle Sud présidée par Didier Raoult.

La mission de l'IGAS regrette en 2015 que « le management de la fondation et de l’ensemble du projet est tout entier dominé par le professeur Didier Raoult qui l’exerce selon un mode vertical fondé sur l’autorité et non sur la coopération et l’inclusion et selon un mode très centralisé, sans délégation ou presque. Toutes les décisions, scientifiques et non-scientifiques, remontent en pratique au professeur Didier Raoult qui décide selon des critères qui ne sont pas transparents pour un bon nombre des interlocuteurs de la mission. »[1].

Le 18 août 2021, François Crémieux, nommé à la tête de l'AP-HM en juin 2021, et Eric Berton, président de l'Université Aix-Marseille, annoncent que Didier Raoult prendra sa retraite de professeur-praticien des hôpitaux le 31 août, et qu'ils souhaitent qu'il abandonne aussi la direction de l’IHU. Cela dans un contexte où les prises de positions de Didier Raoult sur les variants et la vaccination sont présentées dans la presse comme étant problématiques, et l'image de l'IHU auprès de ses partenaires comme dégradée[10],[11]. Le le conseil d'administration met en route une procédure de recrutement, qui « aboutira à la désignation de la nouvelle directrice ou du nouveau directeur au plus tard le 30 juin 2022, pour une prise de poste au plus tard le 30 septembre 2022 »[12],[13]. Le processus de remplacement est piloté par Louis Schweitzer, un membre du conseil stratégique d’Aix-Marseille Université[14],[15],[16]. Le comité sélectionne l'ancien doctorant de Didier Raoult et professeur de l’IHU Pierre-Edouard Fournier, en annonçant que son projet devrait conduire « à un changement profond de l’IHU »[17].

Infrastructure et organisation[modifier | modifier le code]

Situé sur le site de la Timone, il s'étend sur 27 000 m2, dont 5 000 m2 destinés aux soins du pôle maladies infectieuses et tropicales avec près de 75 lits d’hospitalisation complète et 25 lits d’hôpital de jour[2],[18]. L'IHU n'a aucune structure de réanimation[19],[20], mais peut traiter des malades dont l'état ne nécessite pas de prise en charge lourde ; l'unité comporte 75 lits[21],[22]. Les patients qui ont besoin de réanimation sont transférés à l’hôpital de la Timone[23]. Cela explique notamment pourquoi le taux de mortalité lié au Covid-19 à l'IHU Méditerranée entre janvier et juin 2020 était quatre fois plus faible que dans le reste de l'AP-HM[20],[24],[25].

L'IHU emploie 800 personnes dont un tiers affecté à la recherche[26]. En 2016, l'IHU comporte quatre unités de recherche : l’URMITE (UMR 7278) dirigée par le professeur Didier Raoult, l’EPV (UMR 190), dirigée par le professeur Xavier de Lamballerie, renommée UVE en 2018, le SESSTIM (UMR 912) dirigée par le professeur Jean-Paul Moatti et l’UMR MD-3 du professeur Renaud Piarroux[1]. En , l'une des UMR, l'URMITE, est scindée en deux : VITROME (Vecteurs – Infections Tropicales et Méditerranéennes) et MEPHI (Microbes Evolution Phylogeny and Infections). Il dispose d'un budget annuel de 3 millions d'euros[27].

Thèmes de recherche[modifier | modifier le code]

Les thèmes de recherche sont la lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, ainsi que la recherche dans le domaine des maladies émergentes (infections respiratoires et infections diarrhéiques)[28] et l'étude de la contagion de ces maladies. Une de ses missions est « une fonction d'alerte primordiale.» Selon Didier Raoult, le « laboratoire surveille déjà 80 % des microbes isolés par les acteurs de la santé dans la région Paca, soit près de 100.000 bactéries par an »[29].

L'institut fait beaucoup parler de lui, notamment par la la voix de Didier Raoult, lors de la controverse sur le traitement de la maladie à coronavirus 2019 par l'hydroxychloroquine.

Le projet Vitrome[modifier | modifier le code]

VITROME est une Unité mixte de recherche (UMR) « créée en janvier 2018 sous les labels d'Aix-Marseille Université (AMU), l'Institut de recherche pour le développement (IRD), le Service de santé des Armées (SSA), et un partenariat avec l’Assistance publique–Hôpitaux de Marseille (AP-HM). Avec 5 équipes situées dans l'IHU Méditerranée Infection à Marseille, France, 1 équipe au Sénégal, 1 en Algérie (Laboratoire mixte international Remédier) et des équipes partenaires au sud ».

Le projet MEPHI[modifier | modifier le code]

Le projet MEPHI étudie les microbes, leur évolution, leur phylogénie et les infections.

L'IHU a établi des relations avec les réseaux Remédier (Recherche méditerranéenne dans les infections émergentes et réémergentes)[30] et Girafe (Groupement international de recherche en Afrique sur l'émergence), « qui appuient les transferts de technologies anti-infectieuses issues de la recherche française »[29].

Controverses[modifier | modifier le code]

Affaires de harcèlement et d’agressions sexuelles[modifier | modifier le code]

En , 12 personnes de l’unité de recherche médicale sur les maladies infectieuses (Urmite) dirigée par le professeur Didier Raoult dénoncent auprès des tutelles de l'Urmite (Université d'Aix-Marseille, CNRS, IRD et Inserm) « les conditions dégradées de travail des agents et étudiants, des manquements aux règles éthiques, des problèmes de matériels, d’hygiène et de sécurité et des comportements inappropriés de certains membres du personnel et directeurs de recherche »[31],[32]. Les CHSCT réunis en juillet[33] rendent un rapport très sévère[34],[35].

Quatre plaintes pour harcèlement ou agression sexuels sont déposées à l'encontre de chercheurs ou d'enseignants de l'Urmite[36],[37].

Pour Didier Raoult, qui a ignoré les signalements[38], il s'agit d' « une histoire d’amour qui a mal tourné »[36],[39], mais un chercheur de l’Urmite est révoqué de la fonction publique par la commission disciplinaire du CNRS[31],[38],[40],[41]. Cette décision de révocation est suspendue dans un premier temps en référé par le tribunal administratif, mais le conseil d'État maintient la révocation, et un recours sur le fond est toujours pendant devant le tribunal administratif[7],[42],[43],[44].

Le chercheur concerné, Éric Ghigo, devient membre d’une start-up hébergée à l'IHU[45]. En , le conseil de laboratoire de l'unité de recherche Vitrome discute sa demande de réintégration en tant que chercheur associé ; il l' « approuve » selon une première version du compte rendu et l'« enregistre » selon la version corrigée[45]. Après avoir consulté la direction d'AMU, le directeur de l'Unité annonce finalement qu'il refusera[45]. En 2021, l'affaire est jugée devant le tribunal correctionnel de Marseille. L’université Aix-Marseille figure parmi les parties civiles[46],[47],[48],[49].

Qualité des recherches menées à l'IHU[modifier | modifier le code]

À la suite de l'évaluation « pas très bonne »[50] par l'HCERES des unités VITROME et MEPHI en 2017 [51],[52],[53] (« volume de publications plutôt que leur qualité », « manque d'expertise dans des domaines clefs », « compilation de nouvelles bactéries […] sans réel bénéfice scientifique », et revue New Microbes and New Infections citée comme une tentative désespérée servant à « publier des articles refusés par les autres revues »), le CNRS et l'Inserm se retirent de l'institut[6],[7],[50],[35],[54],[55],[56]. Publier dans ce journal médiocre contrôlé par les chercheurs de l'institut est stratégique: un système national de calcul appelé Sigaps conditionne une partie du financement des CHU au nombre d'articles publiés, quelle que soit leur qualité[57],[58]. En 2017 par exemple, l'IHU a publié un article dans New Microbes and New Infections tous les cinq jours en moyenne, ce qui a rapporté 800 000  à l’institution[58].

Conflits d'intérêt[modifier | modifier le code]

Après la défection du CNRS et de l'INSERM consécutive à la mauvaise évaluation de l'institut, le président de l'IRD Jean-Paul Moatti renouvelle en 2017 son soutien à l'IHU, en signant une convention avec sa propre épouse Yolande Obadia, qui est présidente de la fondation de l’IHU, et sans consultation du service des affaires juridiques de l’IRD[59]. Après enquête, l'agence française anti-corruption estime que « le PDG aurait dû se déporter et faire approuver cette convention par le conseil d’administration », et que le million d'euros versé depuis 2017 pour l'accueil de 5 chercheurs IRD est « disproportionné »[60]. Les bureaux de l'IHU et de l'IRD à Marseille sont perquisitionnés le , dans le cadre d'une enquête sur ces flux d'argent[61],[62]. La nouvelle PDG de l’IRD, Valérie Verdier, envisage de se désengager de l'IHU[63].

Soupçons d'essais illégaux sur des patients tuberculeux et atteinte au droit des patients[modifier | modifier le code]

Des études sur des traitements de la tuberculose auraient aussi été menées à l'IHU depuis 2017 selon des protocoles explicitement non autorisés par l'ANSM, utilisant un antibiotique, la sulfadiazine, connu pour entraîner de graves complications rénales. Un médecin explique anonymement que « deux patients [ont fini] en urgence au bloc opératoire pour des complications rénales qu’on aurait pu éviter. Ils sont roumains et ne porteront jamais plainte. Ils ne se doutent même pas qu’ils ont été utilisés pour des essais interdits »[64],[65],[66]. L'AP-HM diligente une enquête en interne[67],[68], qui confirme les informations de Mediapart[69]. L’ANSM saisit la justice[70],[71]. Didier Raoult estime que cette polémique est une « tempête dans un verre d’eau »[72] et défend l'utilisation d'un traitement « compassionnel » pour des patients résistants aux traitements classiques, ou adapté à « l’histoire clinique et [au] statut social » des patients[73],[74].

Mediapart dévoile en février 2022 que le rapport préliminaire de l'ANSM est accablant[75]. En avril 2022, après une procédure d’échanges contradictoires, l'ANSM rend ses conclusions publiques et saisit pour la seconde fois la procureure de la République de Marseille au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Certains faits seraient « pénalement répréhensibles », notamment la mise en œuvre de recherches médicales en l’absence d’autorisation d’un comité de protection des personnes et la falsification par l’IHU d’un avis du comité d’éthique de l’institut. Au sujet des tuberculoses soignées à l’IHU, l'ANSM constate et déplore « l’utilisation [en 2019] de combinaisons d’antibiotiques différentes des recommandations internationales et potentiellement dangereuses pour les patients » avec comme conséquence des effets indésirables graves et fréquents, et élargit ses investigations sur la période 2016-2021[76],[77],[78],[79],[80].

L'ANSM met en oeuvre le 13 juin une série de sanctions sévères, notamment la suspension d'une étude qui n'avait pas obtenu l'autorisation d'un Comité de protection de personnes, dans laquelle l'IHU demandait à ses propres étudiants d'effectuer des auto-prélèvements vaginaux et rectaux, et en demandant la rétractation des articles correspondants. L'ANSM impose à l'IHU de justifier, avant de commencer toute nouvelle recherche impliquant des êtres humains, qu'il a obtenu les autorisations nécessaires, et exige un bilan intégral des recherches en cours et publiées les cinq dernières années[81],[82].

L'IHU lors de la pandémie de Covid-19[modifier | modifier le code]

Harcèlement sur les réseaux sociaux et menaces de poursuites contre Damien Barraud et Elisabeth Bik[modifier | modifier le code]

Le , pendant la pandémie de Covid-19, sur twitter, l'IHU menace de poursuites judiciaires le docteur Damien Barraud, médecin réanimateur du Centre hospitalier régional de Metz-Thionville, et vif opposant à ce qu'il appelle la « médecine spectacle » pratiquée par le Pr Raoult[83]. L'IHU l'accuse d'être derrière le compte Twitter « @fluidloading HydroxyChloroQueen », qui critique vivement, et de façon quasi-quotidienne, l'institut et son directeur. Damien Barraud reconnait être le propriétaire de ce compte, et dénonce une tentative d'intimidation[84],[85],[86]. Finalement, début novembre, le compte du Dr Damien Barraud alias Fluidloading est suspendu par Twitter France[87].

En , la spécialiste d'intégrité scientifique Elisabeth Bik signale de nombreux problèmes concernant des articles de l'IHU[88],[89],[90]. En réponse, Didier Raoult explique être « traqué » par cette « fille », qu'il qualifie de « cinglée » devant le Sénat français le [88]. Un autre professeur de l'IHU, Éric Chabrière publie des données personnelles de la chercheuse néerlandaise sur les réseaux sociaux[91],[92],[93]. Raoult et Chabrière portent plainte le contre elle pour « harcèlement, tentative de chantage et d’extorsion »[94],[95]. Elisabeth Bik reçoit le soutien de dizaines de sociétés savantes et de milliers de scientifiques[96],[97], avec une lettre ouverte de Lonni Besançon, co-écrite avec 10 chercheurs[98]. Elisabeth Bik reçoit par la suite le soutien du CNRS[99] et de son comité d'éthique[100] qui condamnent cette stratégie d'intimidation[101]. Le , Libération confirme le dépôt d'une plainte contre Elisabeth Bik auprès du procureur de la République de Marseille en date du pour « harcèlement moral aggravé », « tentative de chantage », « tentative d’extorsion », mais elle confie au journal ne pas avoir été contactée par la justice à ce jour[102].

Éric Chabrière[modifier | modifier le code]

Plusieurs autres médecins opposés à Didier Raoult témoignent du harcèlement dont ils sont victimes sur les réseaux sociaux. Éric Chabrière, décrit dans Le Monde comme le « porte-flingue attitré de l’institut », publie et relaie sur twitter des dizaines de messages par jour, dans lesquels, selon ses mots il prend « plaisir à ridiculiser » ceux qui s'opposent à l'IHU. Il multiplie en effet les messages insultants, dont plus de 250 à Elisabeth Bik. L'AP-HM l'écarte à compter du 31 août 2021, ce qui ne l’empêche pas nécessairement de continuer à travailler pour l’IHU[29].

Entorses aux règles sur les recherches impliquant des êtres humains[modifier | modifier le code]

Des travaux publiés par les équipes de l'IHU sur le traitement de la Covid-19 sont suspectés de relever de la recherche impliquant la personne humaine, sans pour autant avoir reçu l'aval obligatoire d'un comité de protection des personnes. Le sujet est débattu par plusieurs chercheurs[103] avant d'être portée par les médias. Le , le quotidien Libération révèle qu'une demande d'autorisation pour une étude a bien été sollicitée, mais annulée par l'IHU Méditerranée Infection, quelques jours avant la publication d'une étude analogue[104],[105]. L'enquête précise que l'examen de la demande, finalisée, s'est révélée négative. Quelques jours plus tard, Le Canard Enchaîné révèle à son tour qu'une instruction judiciaire est en cours sur ce dossier[106]. L'Agence nationale de sécurité du médicament, qui a diligenté sa propre enquête[107], confie la suite des investigations au Conseil national de l'Ordre des médecins, qui n'avait pas encore rendu son verdict en juillet 2021[108].

En juillet 2021, L'Express dénonce de possibles entorses aux règles sur les recherches impliquant des êtres humains dans des études menées à l'IHU par le professeur Raoult. Selon le magazine, l'étude sur l'hydroxychloroquine publiée le 20 mars 2020 n'aurait pas suivi le protocole autorisé, et celle du 11 avril 2020 serait une étude interventionnelle menée sans autorisation. L'ANSM réagit en annonçant qu’elle « prendra des mesures sanitaires pour garantir la sécurité des participants et, le cas échéant, saisira de nouveau la justice »[108],[109]. L'Express évoque de nombreuses autres études de l'IHU avant l'épidémie de Covid-19, qui se seraient affranchies des règles légales[109], notamment des essais cliniques sur des sans-abri dont le consentement n'aurait pas été recueilli[108]. L'Express estime en octobre 2021 à plusieurs centaines le nombre d'articles de l'IHU qui bafouent l'éthique scientifique[110]. Plusieurs centaines d'entre elles, dont 238 signées par Didier Raoult, sont associées au même numéro d'autorisation de l'ANSM (l’absence d’autorisation peut faire l’objet de poursuites pénales[111]) ; la plupart sont très courtes et portent sur un tout petit nombre de patients ; certaines sont auto-plagiées jusqu'à 75 %[110].

Facturation en hospitalisation de jour[modifier | modifier le code]

D'après Libération, lors de la pandémie de Covid-19 en 2020, l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille a facturé des patients de l'IHU en hospitalisation de jour afin qu'il puisse utiliser l'hydroxychloroquine, le décret du n'autorisant l'hydroxychloroquine que pour les patients hospitalisés[112]. Selon France Info, l'hospitalisation de jour est un forfait de 1 264 euros, alors que la facturation à l'acte réalisée pendant des consultations dites « externes » est estimée à environ 200 à 300 euros par un ancien médecin contrôleur de la Sécu, qui comptabilise une consultation de spécialité, un électrocardiogramme et un prélèvement de laboratoire[113]. L'IHU explique que c'est l'AP-HM qui a reçu les montants facturés au titre de ces soins[114][réf. souhaitée].

Cluster de Covid-19 au sein de l'IHU au printemps 2021[modifier | modifier le code]

Selon plusieurs témoignages, les règles sanitaires imposées n'étaient pas respectées dans l'IHU, et un cluster de covid-19 aurait été détecté entre la mi-mars et début au sein de l'IHU, et un technicien aurait été placé temporairement en réanimation dans un état grave[115]. L'IHU aurait cherché à étouffer l'affaire[115]. Contacté par 20 Minutes, l’entourage de Didier Raoult s’inscrit en faux: « si on prend comme définition d’un cluster une contamination de plusieurs personnes par un même génome au même endroit au même moment, alors il n’y a eu de cluster au sein de l’IHU »[116] .

Congrès antivax en 2022[modifier | modifier le code]

Un congrès intitulé « Covid-19, premier bilan des connaissances et controverses scientifiques », rassemblant des personnalités du mouvement antivax sélectionnées par Laurent Mucchielli (Robert Malone, Pierre Kory, Laurent Toubiana), est prévu en mars 2022[117]. Cinq des six membres fondateurs de l'IHU (AMU, l'AP-HM, l’IRD, l’EFS et le service de santé des armées) s'y opposent[117],[118],[119], en vain[120],[121].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Herve Vaudoit, L'IHU méditérranée infection - Le défi de la recherche et de la médecine intégrée, Michel Lafon, , 267 p. (ISBN 9782749933832, lire en ligne)

Documents[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]