Institut historique allemand

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Institut historique allemand
Image illustrative de l'article Institut historique allemand

Création
Siège Paris
Pays France
Coordonnées 48° 51′ 31″ Nord 2° 21′ 48″ Est / 48.8585, 2.3633
Directeur Thomas Maissen
Site web http://www.dhi-paris.fr
Institut historique allemand, Hôtel Duret-de-Chevry

Le Deutsches Historisches Institut Paris (DHIP) ou Institut historique allemand (IHA) est un centre de recherche international en histoire. Il est l’un des dix instituts historiques allemands à l’étranger du ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche de la République fédérale d’Allemagne, se veut le médiateur des sciences humaines et joue un rôle prééminent entre la France et l’Allemagne sur des grandes questions de politique sociale et scientifique. Les projets de recherche de l'IHA portent essentiellement sur l'histoire franco-allemande, l'Europe occidentale, l'Afrique et les Digital Humanities. Depuis 2002 l’IHA est placé sous la tutelle de la Max Weber Stiftung – Deutsche Geisteswissenschaftliche Institute im Ausland (Fondation Max Weber – instituts allemands en sciences humaines à l’étranger), qui est rattachée à l’État fédéral et dont le siège se trouve à Bonn. Depuis 1994, les chercheurs de l’IHA travaillent à l’hôtel Duret-de-Chevry, un hôtel particulier situé dans le Marais, en plein cœur de Paris.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1902, Paul Fridolin Kehr, médiéviste et futur président du Monumenta Germaniae Historica, chérit déjà l’idée de fonder un IHA à Paris, mais son initiative en reste au stade embryonnaire. En 1941, la proposition est reprise par un autre médiéviste allemand, Theodor Mayer. Il souhaite notamment que le travail mené à Paris légitime historiquement les « prétentions allemandes d’hégémonie » sur l’Europe. Des querelles de compétences retardent ce projet que la suite de la guerre finit d’enterrer.

Ce n’est plus la domination, mais l’échange et la médiation entre historiens français et allemands qui président à l’ouverture du « Centre allemand de recherche historique » (Deutsche Historische Forschungsstelle in Paris - DHFS) le 21 novembre 1958. Il est financé par l’État fédéral et géré par la « Commission scientifique de recherche sur l’histoire des relations franco-allemandes », basée à Mayence. Son président, le médiéviste Eugen Ewig, est le père fondateur de l’institut. Les objectifs scientifiques de la fondation du centre sont intimement mêlés au processus de réconciliation franco-allemande consécutif à la Seconde Guerre mondiale. À l’issue de plusieurs années de négociations, l’institut parvient le 1er juillet 1964, soit un an après la signature du Traité de l’Élysée, à s’institutionnaliser dans la durée. Il prend alors le nom d’Institut historique allemand et est désormais un organisme fédéral placé sous la tutelle du ministre fédéral de la Recherche scientifique. En 1966, Alois Wachtel, médiéviste bonnois, devient son premier directeur.

Karl Ferdinand Werner prend sa succession et marque durablement l’institut qu’il dirige de 1968 à 1989. Il fonde la revue Francia et diverses manifestations, dont les « Jeudis de l’Institut historique allemand », et organise le déménagement de la rue du Havre dans un immeuble de la rue Maspéro, siège actuel de la Mission permanente de la République fédérale auprès de l’OCDE. Jusqu’à cette date, les travaux de l’institut se partageaient équitablement entre Moyen Âge et Époque moderne. Werner opère une tripartition : Moyen Âge, Temps modernes et XIXe-XXe siècle. Le personnel comme les fonds de la bibliothèque s’accroissent constamment et l’IHA doit à nouveau déménager. Peu avant l’entrée en fonction du successeur de Werner, Horst Möller, futur directeur de l’Institut für Zeitgeschichte (Institut d’histoire contemporaine) à Munich, la République fédérale acquiert l’hôtel Duret de Chevry, un hôtel particulier situé non loin de la Place des Vosges, que Charles Duret de Chevry, haut fonctionnaire du roi, fit bâtir en 1620. L’inauguration officielle du nouveau siège de l’institut, désormais dirigé par Werner Paravicini, se déroule le 19 mai 1994 en présence du président de la République fédérale d’Allemagne, Richard von Weizsäcker.

En 2002, l’IHA passe sous l’égide de la fondation d’utilité publique Max Weber Stiftung, qui fédère à ce jour plus de dix instituts dans le monde. Sous la direction de Gudrun Gersmann, les Digital Humanities deviennent une priorité à partir de 2007. Avec de vastes projets de (rétro) numérisation, l’IHA s’engage activement pour l’accès libre, via des initiatives comme perspectivia.net. Depuis 2013, l’IHA est dirigé par l’historien suisse Thomas Maissen, qui élargit l’horizon géographique de l’institut et crée en 2015 un groupe de recherche sur l’Afrique subsaharienne en partenariat avec l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar au Sénégal.

Directeurs[modifier | modifier le code]

Mission et objets[modifier | modifier le code]

Recherche[modifier | modifier le code]

L’IHA possède ses propres équipes de recherche, travaillant la plupart du temps en coopération avec des partenaires français, et propose divers soutiens à des chercheurs extérieurs venant du monde entier, qui s’intéressent à l’histoire de l’Europe de l’Ouest et mènent à cet effet des recherches en France ou en Allemagne. Les sources des bibliothèques et archives parisiennes et françaises jouent un rôle de premier plan. Dans les premiers temps de l’institut, les projets de recherche en histoire médiévale et moderne prédominaient, notamment le recensement des documents mérovingiens. À partir de 1970, les recherches sur l’histoire contemporaine et du temps présent prennent de l’ampleur. L’IHA explore de nouveaux territoires avec son département des Digital Humanities et le groupe de recherche international sur l’Afrique subsaharienne, créé en 2015 en partenariat avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Médiation[modifier | modifier le code]

Pour promouvoir la coopération entre historiens français, allemands et du monde entier, l’IHA organise régulièrement des colloques internationaux, des séminaires et des conférences, tels que les Jeudis de l’Institut historique allemand. Il s’investit également comme partenaire de colloques d’historiens franco-allemands ou internationaux portant sur l’histoire médiévale, moderne ou contemporaine, qu’ils se déroulent en France ou en Allemagne.

Qualification[modifier | modifier le code]

L’IHA possède ses propres programmes d’aide aux jeunes chercheurs qui travaillent sur l’histoire française, franco-allemande ou ouest-européenne. Il propose à intervalles réguliers des universités d’été, des excursions thématiques, des cours linguistiques spécialisés et des ateliers de paléographie. Les doctorants et postdoctorants peuvent bénéficier de bourses de mobilité, d’allocations de thèse ou du programme Karl-Ferdinand-Werner. L’IHA offre également des bourses de mobilité ou de résidence aux étudiants ainsi que la possibilité d’effectuer des stages scientifiques.

Organisation et projets de recherche[modifier | modifier le code]

L’IHA emploie environ 40 collaboratrices et collaborateurs dans ses départements scientifiques et ses services périscientifiques (bibliothèque, rédactions, service événementiel, relations publiques et presse). Un conseil scientifique composé de neuf professeurs d’université français et allemands, toutes périodes confondues, soutient et conseille l’IHA dans son travail. Les projets de recherche sont répartis en six départements :

  • Moyen Âge
  • Histoire moderne
  • XIXe siècle
  • Histoire contemporaine
  • Digital Humanities
  • Afrique subsaharienne

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

La bibliothèque de l’IHA est accessible gratuitement à tous les chercheurs munis d’une carte de lecteur. Elle offre 46 places de lecture et son catalogue en ligne peut être consulté sur quatre terminaux de recherche avec accès Internet. La bibliothèque de l’institut est une bibliothèque de consultation sur place, ses ouvrages ne peuvent donc pas être empruntés. Elle est rattachée au service allemand de prêt interbibliothèques. Son fonds comprend à ce jour 110 000 volumes et 350 périodiques vivants sur l’histoire française et allemande, l’histoire des relations franco-allemandes, l’histoire de l’Europe de l’Ouest de l’Antiquité tardive à nos jours et l’histoire régionale de l’Allemagne. La collection des périodiques comprend essentiellement des revues régionales allemandes. Le fonds est inventorié dans un catalogue de bibliothèque.

Publications[modifier | modifier le code]

L’IHA publie sa propre revue spécialisée et plusieurs collections scientifiques. Il poursuit une stratégie d’accès libre, qui permet d’accéder à toutes les publications en ligne. Les nouvelles parutions sont consultables sur Internet avec un délai différé (Moving Wall) de trois ans. La revue Francia paraît depuis 1973. Elle est l’unique revue historique allemande consacrée à l’histoire de l’Europe de l’Ouest. Son éventail thématique et chronologique va de l’archéologie du IVe siècle aux relations franco-allemandes après la Seconde Guerre mondiale, de l’histoire économique, constitutionnelle et sociale à celle des relations internationales ou de la culture et aux débats épistémologiques et méthodologiques en histoire. Francia est devenue une tribune internationale du débat scientifique entre historiens, en premier lieu francophones, anglophones et germanophones, et est consultable en ligne. La revue Francia est doublée d’une collection, les Beihefte der Francia. Les volumes publiés ont pris aujourd’hui l’allure d’une bibliothèque sur l’histoire de l’Europe de l’Ouest, de la France et des relations franco-allemandes. Fidèles à l’esprit de la revue, les monographies paraissent en français, allemand ou anglais. La collection des Pariser Historischen Studien (PHS), éditée depuis 1962, est la plus ancienne publication de l’IHA. Elle accueille des monographies et des actes de colloque, essentiellement en français et en allemand, parfois aussi en anglais. En 2015, la collection comprenait plus de 100 volumes.[1] La série « Studien und Dokumente zur Gallia Pontificia » (Études et documents pour une Gallia Pontificia) publie des essais et des éditions de sources des travaux de recherche sur les documents et actes des papes et de leurs légats en France. Enfin, la collection « Deutsch-französische Geschichte » (Histoire franco-allemand) comprend 11 monographies sur l’histoire franco-allemande de 800 à nos jours et paraît en allemand et en français.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karl Ferdinand Werner: Deutsches Historisches Institut 1958–1983. Institut Historique Allemand 1958–1983, Paris 1983.
  • Gerd Krumeich: Das Deutsche Historische Institut in Paris (DHIP), dans: Geschichte und Gesellschaft 13 (1987), p. 267–271.
  • Werner Paravicini (dir.): Das Deutsche Historische Institut Paris. Festgabe aus Anlaß der Eröffnung seines neuen Gebäudes, des Hôtel Duret de Chevry, Thorbecke, Sigmaringen 1994.
    • Id.: Du franco-allemand à l’histoire européenne. L’Institut historique allemand de Paris depuis 1964, dans: Allemagne d’aujourd’hui 162 (2002), p. 150–156.
    • Id.: L’Institut historique allemand. Un lieu de recherche européenne à Paris, dans: Précis analytique des travaux de l‘Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen 2003 (paru decembre 2006), p. 225–234.
    • Id.: Wie ist es eigentlich gewesen? Das Deutsche Historische Institut Paris, dans: Revue des Deux Mondes, Paris 2005, p. 223–227. – L’Institut historique allemand de Paris: ce qui s’est réellement passé. dans: Revue des Deux Mondes, Paris 2005, p. 206–210.
  • Ulrich Pfeil: Das Deutsche Historische Institut Paris. Eine Neugründung »sur base universitaire«, dans id. (dir.): Deutsch-französische Kultur- und Wissenschaftsbeziehungen im 20. Jahrhundert. Ein institutionengeschichtlicher Ansatz, Oldenbourg, Munich 2007, p. 281–308. en ligne sur perspectivia.net
    • Id.: Vorgeschichte und Gründung des „Deutschen Historischen Instituts“ Paris. Darstellung und Dokumentation, Instrumenta 17, Thorbecke, Ostfildern 2007. en ligne sur perspectivia.net
    • Id. (dir.): Das „Deutsche Historische Institut“ Paris und seine Gründungsväter. Ein personengeschichtlicher Ansatz., Pariser Historische Studien 86, Oldenbourg, München 2007. perspectivia.net
    • Id., Die Gründung des Deutschen Historischen Instituts in Paris im Jahre 1958, dans: Axel C. Hüntelmann, Michael C. Schneider (dir.), Jenseits von Humboldt. Wissenschaft im Staat 1850–1990, Francfort/M. 2010, p. 49–60.
  • Rainer Babel, Rolf Große (dir.): Das Deutsche Historische Institut Paris / Institut historique allemand 1958–2008, Thorbecke, Ostfildern, 2008. en ligne sur perspectivia.net
  • Rolf Große, Frankreichforschung am Deutschen Historischen Institut Paris, dans: Jahrbuch der historischen Forschung in der Bundesrepublik Deutschland, Berichtsjahr 2012, Munich 2013, p. 21–27. en ligne sur hypotheses.org
  • Matthias Werner, Die Anfänge des Deutschen Historischen Instituts in Paris und die Rückkehr der deutschen Geschichtswissenschaft in die „Ökumene der Historiker“, dans: Rheinische Vierteljahrsblätter 79 (2015), p. 212-245.
  • Rolf Große, Die Entstehungsgeschichte des DHI Paris, dans: Jürgen Elvert (dir.), Geschichte jenseits der Universität. Netzwerke und Organisationen der frühen Bundesrepublik, Stuttgart 2016 (Historische Mitteilungen, Beiheft, 94), p. 141‒153.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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