Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques

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Fondation iFRAP
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Cadre
Forme juridique Fondation reconnue d’utilité publique
Représentant d'intérêts auprès de l'Assemblée nationale
But Études et recherches sur l'efficacité des politiques publiques
Zone d’influence France
Fondation
Fondation 1985
Fondateurs Philippe Baccou
Gérard-François Dumont
Jean-Yves Le Gallou
Bernard Zimmern
Identité
Siège 32-34 rue des Jeûneurs
75002 Paris
Directrice Agnès Verdier-Molinié
Financement 1 343 161 en 2014[1]
Employés 6[2]
Site web ifrap.org

La Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (Fondation iFRAP) est un think tank français créé en 1985 par Bernard Zimmern, fondation reconnue d’utilité publique depuis 2009, et inscrite comme représentant d'intérêts auprès de l'Assemblée nationale. La fondation iFRAP se déclare sans affiliation politique mais est réputée proche de la droite libérale[3].

Historique[modifier | modifier le code]

La Fondation pour la recherche sur les administrations publiques (FRAP) est fondée en 1985[4], par Philippe Baccou, Gérard-François Dumont, Jean-Yves Le Gallou et Bernard Zimmern. Elle est aussi nommée « Institut français pour la recherche sur les administrations publiques » (iFRAP)[4]. L’iFRAP est financée dans un premier temps par Bernard Zimmern[5].

Les débuts de l’iFRAP sont difficiles. Les idées libérales sont perçues comme politiquement extrêmes durant les années Mitterrand, et ce n’est qu’à la fin des années 1990 que l’iFRAP gagne en visibilité dans les médias[6].

En 1998, l’iFRAP publie une enquête sur le Conseil national des arts culinaires (CNAC), et révèle ses dépenses élevées, des subventions déguisées, et le financement de projets restés inachevés[7]. En septembre 2003, l’iFRAP fuite un document interne à la Direction générale des Impôts qui révèle un système de primes toujours en cours malgré les irrégularités constatées entre 1999 et 2001[8]. En 2005, l’iFRAP publie le hors-série Le dossier noir de l’ENA qui dresse un bilan morose sur la formation des élites en France face aux nouvelles réalités économiques[9]. En 2008, l’iFRAP publie Niches fiscales : une solution d'avenir, une étude qui plaide en défaveur du plafonnement global des niches fiscales[10],[11].

La fondation est reconnue d'utilité publique le 19 novembre 2009[12].

En 2014, l'iFRAP travaille avec Le Figaro dans les colonnes duquel elle publie une tribune quotidienne intitulée « 50 idées pour économiser 50 milliards d'euros »[13]. En décembre 2015, en partenariat avec Le Figaro et RTL, l'iFRAP lance le projet « 12 travaux pour relancer l'économie française »[14]. L’iFRAP participe aussi au projet « 2017-2027 » de France Stratégie[15].

En 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, lance une consultation auprès d'une douzaine de think tanks pour évaluer son projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, consultation à laquelle participe la fondation iFRAP[16].

En 2016, la fondation iFRAP lance en partenariat avec le magazine Le Point un comparateur des programmes des candidats déclarés et supposés aux primaires 2016[17]. En décembre 2017, la fondation iFRAP lance le Macronomètre, un point hebdomadaire sur l’impact macroéconomique des mesures gouvernementales opérées par le gouvernement Macron[18].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Objectifs[modifier | modifier le code]

La fondation iFRAP « effectue des études et des recherches scientifiques sur l’efficacité des politiques publiques, notamment celles visant la recherche du plein emploi et le développement économique, de faire connaître le fruit de ces études à l’opinion publique, de proposer des mesures d’amélioration et de mener toutes les actions en vue de la mise en œuvre par le Gouvernement et le Parlement des mesures proposées[19]. »

Organisation[modifier | modifier le code]

Le conseil d'administration de la fondation (neuf membres sur onze sont des hommes d'affaires ou des chefs de grandes entreprises en 2018[20]) se compose de trois collèges, chacun composé de quatre représentants du monde de l'entreprise, de l'administration et de l'associatif. Il est assisté par un conseil scientifique composé de quatre membres (professeurs d’université et hauts fonctionnaires)[21]. La direction détermine la politique générale de l'iFRAP et prend les décisions nécessaires à sa mise en œuvre.

Depuis 1985, les personnes suivantes ont occupé la présidence de la fondation :

Depuis 2007, Agnès Verdier-Molinié est directrice de la fondation[22],[23]. Sandrine Gorreri est directeur de rédaction de la revue Société Civile[24]. La fondation revendique en outre une équipe de 6 employés permanents, membres d'un réseau de 150 chercheurs, contributeurs et experts participant à la conception de ses études et travaux[24]. Toutefois, en 2017, par exemple, seulement 20 signatures apparaissent sur l'ensemble des travaux diffusés par l'iFRAP. Parmi les auteurs déclarés, aucun n'est diplômé en économie, et n'a publié d'article scientifique[20].

En tant que représentant d'intérêts[25], la fondation a pour but la promotion des intérêts de ses financeurs privés et de politiques d'inspiration néo-libérales dans les médias et vis-à-vis des institutions politiques[20].

Financement[modifier | modifier le code]

Le financement en 2017 provient à 90 % des dons déductibles de l'imposition, de la part de particuliers et d'entreprises PME et sans subventions publiques[2]. La liste des donateurs n'est pas rendue publique.

Année Dons (en euros)
2012[26] 813 619
2013[27] 1 131 318
2014[27] 1 180 941
2015[28] 1349 091
2016[28] 1 340 407
2017[20] 1 340 000

Activités[modifier | modifier le code]

Axes de travaux[modifier | modifier le code]

3e forum des think tanks (2012).

Les travaux de la fondation iFRAP se concentrent principalement sur l'économie, le marché du travail, la gestion publique et la dépense publique. Selon son site internet, les huit thématiques principalement abordées sont : la fonction publique et l'administration (1), l'État et les collectivités (2), le budget et la fiscalité (3), l'emploi et les politiques sociales (4), le système de retraite (5), l'éducation et la politique culturelle (6), l'agriculture et l'énergie (7), l'Europe et l'international (8). La fondation publie aussi une étude mensuelle approfondie sur une thématique précise par sa revue Société Civile[29].

L'iFRAP argumente notamment en faveur des mesures suivantes :

L’iFRAP conçoit et diffuse également des comparateurs de programmes (Primaires 2016, Présidentielle 2017, Macronomètre).

Canaux de diffusion[modifier | modifier le code]

La fondation iFRAP adopte plusieurs canaux pour diffuser le fruit de ses études :

  • présence dans les médias (assurée en particulier par sa directrice[20]) ;
  • la fondation iFRAP est inscrite comme « représentant d'intérêts » auprès de l'Assemblée nationale[25],[37]. Ses coûts annuels liés aux activités directes de représentation d'intérêts auprès du Parlement sont inférieurs à 10 000 euros[38]. La fondation a l'obligation de publier ses comptes annuels au Journal Officiel[39] ;
  • diffusion gratuite de ses publications sur son site web ;
  • abonnement à sa revue Société Civile en version papier.

Critiques[modifier | modifier le code]

En 2009, La Lettre du secteur public présente la Fondation iFRAP comme « un réseau très militant très engagé pour la réduction de la sphère publique et des interventions de l'État »[40]. Selon l'Observatoire européen des think tanks, la fondation iFRAP suit une orientation libérale : « Si le positionnement de l’IFRAP est initialement apolitique, l’association ne se soustrait pas à un positionnement idéologique fort : prônant la responsabilisation de l’individu ou le moins d’État… Le terme idéologie désigne étymologiquement la science des idées. Ne recevant aucune subvention de l’État ni d’aucune autre organisation, le think tank développe une unité de pensée basée sur une véritable indépendance et une certaine expertise. Si l’IFRAP est libéral, il n’est pas nécessairement de droite. D’ailleurs l’organisation ne s’est officiellement positionnée en faveur d’aucun candidat pour les élections présidentielles de 2012[41]. »

En 2010, le site web satirique Bakchich qualifie l'iFRAP d'« ultralibéral » et de « club de gens de bonne compagnie », s'appuyant sur un appel au don ciblant explicitement les personnes assujetties à l'ISF. Le site remet également en cause l'indépendance de la fondation en faisant état du licenciement d'un collaborateur de l'iFRAP pour avoir critiqué Nicolas Sarkozy[42].

Franck Ramus, directeur de recherche au CNRS, écrit en 2011 que qualifier l'ifrap « d'institut de recherche » est inadéquat puisqu'« aucun des "chercheurs" de l’Ifrap examinés [...] n’a jamais publié le moindre article dans une revue internationale d’économie. Aucun n’a même effectué une formation à la recherche attestée par un doctorat. […] j'hésiterais à dire que l’IFRAP est un institut de recherche, et que ses membres sont des chercheurs au sens usuel du terme. Lobbyistes serait sans doute un terme plus juste. Notez qu'il n'est pas honteux d'être lobbyiste. En revanche il est plus discutable de le dissimuler derrière une étiquette fallacieuse de « chercheur », et de faire passer ses opinions pour des connaissances scientifiquement établies[43]. »

En 2011, Weronika Zarachowicz de Télérama classe les thinks tanks et souligne l'orientation politique de droite de l'iFRAP : « Les think tankers font prospérer la pensée dominante et préfèrent mettre en avant des « valeurs » abstraites, souvent les mêmes à gauche et à droite – le progressisme, la solidarité sociale… À quelques exceptions près comme l'iFrap, dont le libéralisme affirmé porté par la jeune Agnès Verdier-Molinié décoiffe[44]. » En 2014, Loys Bonod, auteur du blog laviemoderne.net, relève que la liste des donateurs n’est pas rendue publique, ce qui alimente un soupçon sur l'indépendance de la fondation[45], d'autant que l'on retrouve au sein du comité de gouvernance de la fondation plusieurs chefs de grandes entreprise très impliqués politiquement[20]. En 2015, Samuel Gontier du blog Ma vie au poste sur Télérama qualifie l'iFRAP de « lobby ultralibéral paré d’atours scientifiques »[46].

En 2018, Étienne Girard fait la synthèse sur Marianne des critiques formulées envers l'iFRAP, « une fondation ultra-libérale très éloignée de toute rigueur scientifique, experte du lobbying au Parlement, arrosée par de mystérieux mécènes et noyautée par des chefs d'entreprise ». Il dénonce la volonté de la fondation d'essayer de se faire passer pour « une institution objective, aux méthodes scientifiques, qui produirait un contenu de référence », alors qu'il s'agit d'un lobby politique attaché à « défendre une idéologie ultra-libérale »[20].

Bernard Zimmern refuse lui-même l'utilisation de l'étiquette « lobby » car ce terme d’origine anglo-saxonne décrit l'activité qu'une agence fournit à un client en particulier, alors que l'iFRAP œuvre pour l’intérêt de la communauté des affaires de manière générale[47].

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 2014 : 2e trophée en stratégie de communication et 3e trophée en recherche lors de la 3e édition des « Trophées des think tanks français »[48]
  • 2016 : 3e dans le classement de performance globale des think tanks français de l’Observatoire européen des think tanks[49]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comptes annuels de la Fondation iFRAP - édition 2014/ Cabinet d'experts comptables, Léo Jagard & associés.
  2. a et b La vérité sur le financement des think tanks, Challenges, Thierry Fabre (20/09/2015).
  3. « Les laboratoires d’idées (ou think tanks ) », sur Mission-universelle.catholique.fr,
  4. a et b notice BnF no FRBNF12370076.
  5. « Fiche Fondation iFRAP », sur www.oft.eu, (consulté le 20 septembre 2015).
  6. François Krug, « Agnès Verdier-Molinié, égérie de la diète publique », sur Lemonde.fr,
  7. Christophe Deloire, « Une drôle de cuisine », sur Lepoint.fr,
  8. Vincent Nouzille, « Pas touche à mes avantages! », sur Lexpress.fr,
  9. Jean Nouailhac, « Nouailhac : le dossier noir de l'ENA », sur Lepoint.fr,
  10. Ghislain de Montalambert, « Faut-il vraiment brûler les niches fiscales ? », sur Lefigaro.fr,
  11. Patrick Roger, « Les chiens de garde des niches fiscales », sur Lemonde.fr,
  12. http://www.ifrap.org/copyright-et-conditions
  13. « Comment économiser 50 milliards, Le Figaro interroge la Fondation iFRAP », sur Ifrap.org,
  14. Anne-Marie Rocco, « Agnès Verdier-Molinié, l'ambassadrice de la nouvelle vague libérale », sur Challenges.fr,
  15. « France Stratégie : 2017/2027 | Voir plus loin, voir plus clair », sur francestrategie1727.fr (consulté le 22 décembre 2016).
  16. Christian Hartmann, « La loi Macron, un texte indéchiffrable », Paris Match,‎ (lire en ligne)
  17. Carine Tocatti, « Présidentielles 2017 : un comparateur de programmes des candidats est en ligne », sur Comptes-publics.fr,
  18. « L'iFRAP lance le "Macronomètre", l'observatoire des réformes du gouvernement »,
  19. IFRAP 2016, p. 1.
  20. a, b, c, d, e, f et g Etienne Girard, « L'Ifrap d'Agnès Verdier-Molinié : faux institut de recherche et vrai lobby ultra-libéral », Marianne, (consulté le 12 février 2018)
  21. IFRAP 2016, p. 1-2
  22. « 3 questions à Agnès Verdier-Molinié », Who's Who France, février 2015.
  23. Dominique Albertini, « Agnès Verdier-Molinié. Impôts au feu », Libération, (consulté le 12 février 2018).
  24. a et b Fondation iFRAP, « L'équipe de la Fondation iFRAP », sur www.ifrap.org, (consulté le 12 février 2018).
  25. a et b Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, « IFRAP », sur www.hatvp.fr, (consulté le 12 février 2018).
  26. Camille Polloni, « Institut Montaigne, Terra Nova, Iris... Qui finance les think tanks ? », sur Nouvelobs.com,
  27. a et b « Comptes annuels 31 décembre 2014 », sur Journal-officiel.gouv.fr,
  28. a et b « Comptes annuels 31 décembre 2016 », sur Journal-officiel.gouv.fr,
  29. « Publications | Fondation IFRAP », sur www.ifrap.org (consulté le 13 janvier 2016).
  30. « Sous-préfectures : au moins 64 à supprimer », sur www.ifrap.org (consulté le 13 janvier 2016).
  31. « Fusion des communes : Exemples étrangers », sur www.ifrap.org (consulté le 13 janvier 2016).
  32. « Réforme de la Fonction publique » sur le site de l'IFRAP.
  33. « Financement des entreprises » sur le site de l'iFRAP.
  34. « Supprimer l’ISF », sur Ifrap.org, .
  35. Agnes Verdier -Molinié, « Au secours, la France étouffe ! », sur Lefigaro.fr,
  36. « Supprimer le Smic universel et confier la négociation des bas salaires aux seuls partenaires sociaux », sur Ifrap.org, .
  37. Robin A., « Est-il normal que l'IFRAP, reconnu comme un lobby auprès de l'Assemblée nationale, puisse bénéficier d'une réduction d'impôts à hauteur de 70% ? », sur Liberation.checknews.fr,
  38. « Tableau des représentants d'intérêts », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le 19 octobre 2016).
  39. « Comptes de la Fondation iFRAP », annuel,‎ (lire en ligne).
  40. « iFRAP », La Lettre du secteur public, (consulté le 4 février 2011)
  41. Selim Allili, « iFRAP - Institut français pour la recherche sur les administrations publiques », Observatoire français des think tanks, (consulté le 4 février 2011)
  42. Louis Cabanes, « Donnez, l'État vous le rendra », Bakchich, (consulté le 4 février 2011).
  43. Franck Ramus, « L'iFRAP fait-elle de la recherche scientifique? », sur Scilogs.fr,
  44. Weronika Zarachowicz, « L’influence des think tanks, cerveaux des politiques », Télérama, (consulté le 20 septembre 2015).
  45. Loys, « L'iFRAP : Reconnue d’inutilité publique », sur La vie moderne (consulté le 22 décembre 2016).
  46. « Fonctionnaires : des feignants trop payés, confirme France 2 », sur television.telerama.fr, (consulté le 20 septembre 2015)
  47. (en) John L. Campbell et Ove K. Pedersen, « The National Origins of Policy Ideas: Knowledge Regimes in the United States, France, Germany, and Denmark », sur Books.google.com,
  48. « Classement : Trophées des think tanks 2015 », sur oft.eu, (consulté le 20 septembre 2015)
  49. « La France des think tanks 2016 - Observatoire européen des think tanks », sur oftt.eu (consulté le 22 décembre 2016).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fondation iFRAP, « Statuts » [PDF], sur www.ifrap.org, (consulté le 12 février 2018).

Liens externes[modifier | modifier le code]