Fondation iFRAP

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Fondation iFRAP
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Cadre
Forme juridique Fondation
But Études et recherches sur l'efficacité des politiques publiques
Zone d’influence France
Fondation
Fondation 1985
Fondateur Bernard Zimmern
Identité
Siège 32-34 rue des Jeûneurs
75002 Paris
Directeur Agnès Verdier-Molinié
Financement 1 343 161 € en 2014[1]
Employés 6[2]
Site web http://www.ifrap.org

La Fondation iFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) est un think tank français libéral. Il succède à une association créée en 1985 par Bernard Zimmern.

Objectifs[modifier | modifier le code]

La fondation iFRAP affirme avoir pour but

« [d']effectuer des études et des recherches scientifiques sur l’efficacité des politiques publiques, notamment celles visant la recherche du plein emploi et le développement économique, de faire connaître le fruit de ces études à l’opinion publique, de proposer des mesures d’amélioration et de mener toutes les actions en vue de la mise en œuvre par le Gouvernement et le Parlement des mesures proposées. »

Elle est gérée par un conseil d'administration et s'appuie sur un conseil scientifique.

Depuis 2009, elle est dirigée par Agnès Verdier-Molinié[3],[4]. Sandrine Gorreri est directeur de rédaction de la revue Société civile[5]. En plus, la fondation revendique une équipe de 6 employés soutenue par un réseau de 150 chercheurs et experts contribuant à la conception de ses études et travaux[6]. Parmi les rédacteurs de la fondation, on trouve : Samuel-Frédéric Servière, Philippe François, Bertrand Nouel, Manon Meistermann, Christian Arnault et Jean-François Bauer[5].

Direction[modifier | modifier le code]

Le conseil d'administration est composé de trois collèges, composés chacun de quatre représentants du monde de l'entreprise, de l'administration et de l'associatif. La direction détermine la politique générale de l'iFRAP et prend les décisions nécessaires à sa mise en œuvre.

  • Fondateur : Bernard Zimmern, premier président du CA
  • Présidence du conseil d'administration : Jean-Claude Rouzaud
  • Directeur : Agnès Verdier-Molinié
  • Vice-président et trésorier : Olivier Allez
  • Secrétaire : Jacques de Trentinian

Financement[modifier | modifier le code]

L’iFRAP a été créé et financé dans un premier temps par Bernard Zimmern[7]. Le financement actuel est à 90 % dû des dons déductibles de l'imposition, de la part de particuliers et d'entreprises PME[8] et sans subventions publiques[9].

En 2012, la fondation a récolté 813 619 € de dons[10]. En 2014, la fondation a récolté 1 180 942 € de dons[11].

La liste des donateurs n'est pas rendue publique, ce qui alimente, selon Loys[12], un enseignant auteur du blog laviemoderne.net, un soupçon sur l'indépendance de la fondation[13].

Activités et réceptions[modifier | modifier le code]

Axes de recherches[modifier | modifier le code]

Les travaux de la Fondation iFRAP se concentrent principalement sur l'économie, le marché du travail, la gestion publique et la dépense publique. Selon son site internet, les huit thématiques principalement abordés sont : la fonction publique et l'administration (1), l'État et les collectivités (2), le budget et la fiscalité (3), l'emploi et les politiques sociales (4), le système de retraite (5), l'éducation et la politique culturelle (6), l'agriculture et l'énergie (7), l'Europe et l'international (8). La Fondation publie aussi une étude mensuelle approfondie sur une thématique précise[14].

L'iFRAP argumente notamment en faveur des mesures suivantes :

Diffusions des idées[modifier | modifier le code]

La diffusion des idées de la Fondation iFRAP passe par un contact direct, le lobbying en direction des responsables politiques et par une présence active dans les médias. Elle passe également par une diffusion gratuite de ses publications sur son site web. Ainsi, en 2014, l'iFRAP travaillait avec Le Figaro, dans les colonnes duquel elle publiait une tribune quotifienne intitulée "50 idées pour économiser 50 milliards d'euros"[22],[23]. En 2016, le projet "12 travaux pour relancer l'économie française" est lancé avec un partenariat entre le Figaro, la radio RTL et l'iFRAP[24],[25] , inauguré par un colloque à la salle Gaveau avec Agnès Verdier-Molinié[26]. En 2016, le comparateur des programmes de la Fondation iFRAP était aussi hébergée sur le site web du Point[27] et la Fondation iFRAP participe au projet "2017-2027" de France Stratégie "visant à éclairer les enjeux de la prochaine élection présidentielle. En adoptant une perspective décennale, une approche thématique et une démarche transparente, il s’agira d’éclairer le choix collectif en publiant, pour une série de thèmes qui nous ont paru essentiels, un diagnostic étayé et l’inventaire des options possibles"[28].

Activité de lobbying auprès de l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

La Fondation iFRAP est inscrite depuis plusieurs années comme « représentant d'intérêts » auprès de l'Assemblée nationale[29]. Sa fiche précise que pour la Fondation, les coûts annuels liés aux activités directes de représentation d'intérêts auprès du Parlement sont inférieurs à 10 000 euros[30] et que la Fondation a "l'obligation de publier ses comptes annuels au Journal Officiel" : les comptes sont ainsi obligatoirement publiés sur leur site[31].

Reconnaissances et critiques[modifier | modifier le code]

En 2009, La Lettre du secteur public présente la Fondation iFRAP comme « un réseau très militant très engagé pour la réduction de la sphère publique et des interventions de l'État »[32].

En 2010, le site web satirique Bakchich le qualifie d'« ultralibéral » et de « club de gens de bonne compagnie », s'appuyant sur un appel au don ciblant explicitement les personnes assujetties à l'ISF[33]. Le site remet également en cause l'indépendance de la Fondation en faisant état du licenciement d'un collaborateur de l'iFRAP pour avoir critiqué Nicolas Sarkozy[33].

En 2011, Weronika Zarachowicz de Télérama classe les thinks tanks et souligne l'orientation politique de droite de l'iFRAP : « Les think tankers font prospérer la pensée dominante et préfèrent mettre en avant des « valeurs » abstraites, souvent les mêmes à gauche et à droite – le progressisme, la solidarité sociale... À quelques exceptions près comme l'iFrap, dont le libéralisme affirmé porté par la jeune Agnès Verdier-Molinié décoiffe »[34]. En 2015, le blog "Ma vie au poste, le blog télé de Samuel Gontier" hébergé chez Télérama reprend le qualification de « lobby ultralibéral paré d’atours scientifiques »[35].

En 2011, Franck Ramus, directeur de recherche au CNRS indique sur son blog : « aucun des "chercheurs" de l’IFRAP examinés ci-dessus n’a jamais publié le moindre article dans une revue internationale d’économie […] j'hésiterais à dire que l’IFRAP est un institut de recherche, et que ses membres sont des chercheurs au sens usuel du terme. Lobbyistes serait sans doute un terme plus juste. Notez qu’il n’est pas honteux d’être lobbyiste. En revanche il est plus discutable de le dissimuler derrière une étiquette fallacieuse de "chercheur", et de faire passer ses opinions pour des connaissances scientifiquement établies »[36].

2012 France 3e forum des Think tanks

Selon l'Observatoire français des Think Tanks, la Fondation iFRAP suit une orientation libérale, cherchant à limiter le rôle de l'État là où le marché et la responsabilité individuelle peuvent mieux s'appliquer[37]. Selon la même source, l'IFRAP n'est cependant pas opposée par principe à toute forme de service public : « Si le positionnement de l’IFRAP est initialement apolitique, l’association ne se soustrait pas à un positionnement idéologique fort : prônant la responsabilisation de l’individu ou le moins d’État… Le terme idéologie désigne étymologiquement la science des idées. Ne recevant aucune subvention de l’État ni d’aucune autre organisation, le think tank développe une unité de pensée basée sur une véritable indépendance et une certaine expertise. Si l’IFRAP est libéral, il n’est pas nécessairement de droite. D’ailleurs l’organisation ne s’est officiellement positionnée en faveur d’aucun candidat pour les élections présidentielles de 2012 »[7].

Depuis 2011, l'Observatoire français des Think Tanks organise des "Trophées des Think Tanks français". Cette même année, le directeur de la Fondation iFRAP était lauréat du "Trophée de la personnalité de l’année"[38]. En 2014, lors de la 3e édition, la Fondation iFRAP obtenait la 3e place dans la catégorie de recherche "Trophée de la Santé" et la 2e place dans la catégorie "Trophée de la meilleure stratégie de communication média"[39].En 2014, un baromètre image des think tanks classait les sites web des think tanks français : l'IFRAP est le 5e du Top 10 des think tanks en termes de notoriété globale (p.10) et occupe la première place sur cinq sites, en ce qui concerne son site internet (p.24)[40],[41]. En 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, lance une consultation auprès d'une douzaine de think tanks pour évaluer son projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques dont la Fondation iFRAP[42].

En 2016, l’Observatoire Européen des Think Tanks produisant un label "Think Tank & Transparent 2016"[43] qui classait les think tanks français selon 4 critères (production, communication, gouvernance, transparence)[44] : avec la note de 81 sur 100, la Fondation iFRAP se classait 3ème dans le classement de Performance Globale[45].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comptes annuels de la Fondation iFRAP - édition 2014/ Cabinet d'experts comptables, Léo Jagard & associés
  2. La vérité sur le financement des think tanks, Challenges, Thierry Fabre (20/09/2015)
  3. « 3 questions à Agnès Verdier-Molinié » - Who's Who France (février 2015).
  4. Dominique Albertini, « Agnès Verdier-Molinié : impôt au feu », Libération,‎ (lire en ligne)
  5. a et b Site internet de la Fondation, consulté le 16 mars 2015.
  6. Infographie de la page "Soutenir la Fondation iFRAP" - consultée en septembre 2015
  7. a et b « Fiche Fondation iFRAP », sur www.oft.eu, (consulté le 20 septembre 2015).
  8. Thierry Fabre, « La vérité sur le financement des think tanks », Challenges, no 445,‎ , p. 86 (lire en ligne).
  9. Infographie p. 86 sur no 445 de Challenges sur le financement des thinks tanks.
  10. « Institut Montaigne, Terra Nova, Iris… Qui finance les think tanks ? », sur L'Obs/Rue89, (consulté le 20 septembre 2015)
  11. Bulletin de la Fondation iFRAP, mai 2015 (à télécharger sur le site de la Fondation.)
  12. « Professeur certifié de lettres classiques dans un lycée parisien » d'après son site (consulté le 19 mars 2017).
  13. Loys, « L'iFRAP : Reconnue d’inutilité publique », sur La vie moderne (consulté le 22 décembre 2016).
  14. « Publications | Fondation IFRAP », sur www.ifrap.org (consulté le 13 janvier 2016)
  15. « Sous-préfectures : au moins 64 à supprimer », sur www.ifrap.org (consulté le 13 janvier 2016)
  16. « Fusion des communes : Exemples étrangers », sur www.ifrap.org (consulté le 13 janvier 2016)
  17. « Réforme de la Fonction publique » sur le site de l'IFRAP.
  18. « Financement des entreprises » sur le site de l'iFRAP.
  19. « Supprimer l’ISF », sur Ifrap.org,
  20. « Au secours, la France étouffe ! », Le Figaro Magazine, semaine du 6 mars 2015, pages 40-49.
  21. « Supprimer le Smic universel et confier la négociation des bas salaires aux seuls partenaires sociaux », sur Ifrap.org,
  22. « Les 5 idées d'économies de la semaine Fondation iFRAP - Le Figaro », sur www.ifrap.org (consulté le 13 janvier 2016)
  23. « Comment économiser 50 milliards Le Figaro interroge la Fondation iFRAP », sur www.ifrap.org (consulté le 13 janvier 2016)
  24. « La réduction des dépenses publiques : un moyen et non une fin ! », sur Le Figaro (consulté le 13 janvier 2016)
  25. « Agnès Verdier-Molinié : «Rien n'a été fait pour freiner la dérive des déficits» », sur Le Figaro (consulté le 13 janvier 2016)
  26. « Grandes rencontres du Figaro : le constat choc d'Agnès Verdier-Molinié sur l'économie française », sur Le Figaro (consulté le 13 janvier 2016)
  27. Le Point, magazine, « Le Point - Comparateur IFRAP », sur www.lepoint.fr (consulté le 22 décembre 2016)
  28. « France Stratégie : 2017/2027 | Voir plus loin, voir plus clair », sur francestrategie1727.fr (consulté le 22 décembre 2016)
  29. « Assemblée nationale ~ Liste des représentants d'intérêts », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le 22 décembre 2016)
  30. « Tableau des représentants d'intérêts », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le 19 octobre 2016)
  31. « Comptes de la Fondation iFRAP », annuel,‎ (lire en ligne)
  32. « iFRAP », La Lettre du secteur public, (consulté le 4 février 2011).
  33. a et b Louis Cabanes, « Donnez, l'État vous le rendra », Bakchich, (consulté le 4 février 2011).
  34. Weronika Zarachowicz, « L’influence des think tanks, cerveaux des politiques », sur www.télérama.fr, (consulté le 20 septembre 2015)
  35. « Fonctionnaires : des feignants trop payés, confirme France 2 », sur television.telerama.fr, (consulté le 20 septembre 2015)
  36. Franck Ramus, « L’iFRAP fait-elle de la recherche scientifique? »
  37. Selim Allili, « iFRAP - Institut français pour la recherche sur les administrations publiques », Observatoire français des think tanks, (consulté le 4 février 2011).
  38. « Lauréat des premiers Trophées des Think Tanks (2011) », sur www.oft.eu, (consulté le 20 septembre 2015)
  39. « Classement : Trophées des Think Tanks 2015 », sur www.oft.eu, (consulté le 20 septembre 2015)
  40. Frédéric Albert, « Baromètre Image des Think Tanks », Institut Think,‎ (lire en ligne)
  41. Laurent Fargues, « Comment les think tanks veulent influencer Sarkozy, Juppé, Hollande et les autres », Challenges,‎ (lire en ligne)
  42. Christian Hartmann, « La loi Macron, un texte indéchiffrable », Paris Match,‎ (lire en ligne)
  43. « La France des think tanks 2016 - Observatoire européen des think tanks », sur www.oftt.eu (consulté le 22 décembre 2016)
  44. « La France des Think Tanks 2016 • OBSERVATOIRE EURO DES THINK TANKS », sur La France des Think Tanks 2016 • OBSERVATOIRE EURO DES THINK TANKS (consulté le 22 décembre 2016)
  45. « LA FRANCE DES THINK TANKS 2016 », annuel,‎ ([file:///C:/Users/MANON/Desktop/Downloads/LA%20FRANCE%20DES%20THINK%20TANKS%202016%20final%20public.pdf lire en ligne])

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]