Institut français du Liban

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L'implantation des Instituts français au Liban

L’Institut français du Liban est un service de l'Ambassade de France au Liban, dirigé par un directeur qui est aussi le Conseiller de coopération et d’action culturelle (COCAC) de l'ambassade.

L’Institut français du Liban (IFL) dispose du réseau le plus dense dans le monde, avec neuf antennes régionales implantées sur un territoire de 10 452 km². On trouve deux sites dans la plaine de la Bekaa, à Baalbeck et à Zahlé, trois dans le Sud, à Tyr, Nabatieh et Saïda, une antenne dans le Chouf à Deir el Qamar, une dans le Nord du pays à Tripoli, une dans la région de Jounieh (qui couvre le Kesrouan et le Met-nord), et enfin l'Institut de Beyrouth, qui héberge la direction générale du réseau de l'IFL. À Beyrouth, l'Institut est situé dans l’Espace des Lettres, non loin du Musée national de Beyrouth, dans le quarter de Badaro. Ce dernier coordonne l’ensemble des opérations menées dans le pays.

La présence culturelle française au Liban a connu plusieurs formes : Centre culturel français (CCF), Mission culturelle française au Liban (MCFL), puis Institut français du Liban (IFL) depuis le 1eroctobre 2011.

Histoire[modifier | modifier le code]

Institut français à Beyrouth.

Dans les années 1980, la présence culturelle de la France au Liban revêt deux formes : d'une part, les actions menées par le Service de coopération et d'action culturelle (SCAC) de l'Ambassade de France, alors installée rue Clemenceau, à Beyrouth, dans les actuels locaux de l'ESA ; d'autre part, les actions menées par les centres culturels français, implantés en réseau à travers tout le pays. En 1983, les centres culturels français sont dotés de l'autonomie financière ; ils sont alors au nombre de quatre : le centre culturel de Tripoli, celui de Saïda, celui de Zahlé, et enfin, celui de Beyrouth, qui dispose d'une annexe à Jounieh.

En 1988, les quatre centres culturels fusionnent pour former une entité générale, le Centre culturel français du Liban (CCF), ancêtre de l'actuel réseau de l'Institut français du Liban. En pleine guerre civile libanaise, l'activité des centres culturels des années 1980 reste difficile et perturbée. Le centre culturel de Beyrouth, situé rue de Damas, sur la ligne de démarcation Beyrouth-est et Beyrouth-ouest, doit déménager à Jounieh, région épargnée par le conflit. Mais quelques mois plus tard, le centre culturel de Jounieh est à son tour contraint de cesser en grande partie ses activités, alors que l'ambassade de France, touchée par une attaque à la voiture piégée, doit quitter ses locaux de la rue Clemenceau, et avec elle le Consulat général, qui s'installe dans les locaux du centre culturel de Jounieh.

La période succédant à la guerre civile verra le réseau du CCF prendre un nouvel élan au Liban. Dès 1991, l'ambassade de France s'installe dans ce que l'on appelle l'Espace des Lettres, rue de Damas, c'est-à-dire l'ancien campus de l’École supérieure des lettres, à proximité des actuels bâtiments de l'Institut français du Proche-Orient. Le centre culturel de Beyrouth revient s'installer dans ses lieux d'origine ; dans un premier temps, il est hébergé par le SCAC de l'ambassade, en attendant de voir ses bâtiments, détruits pendant la guerre, reconstruits. En 1994, le centre culturel de Beyrouth peut se réinstaller dans des locaux neufs, au sein du campus diplomatique, tandis que sont créés les centres de Deir El-Qamar et de Tyr. Par arrêté ministériel de 1996, le CCF devient la Mission culturelle française au Liban (MCFL). Quelques années plus tard, en 1997 et 1999, sont créées les antennes de Nabatiyeh et de Baalbek. En 1999, le ministère prend la décision de faire fusionner le SCAC de l'ambassade de France et la MCFL, qui dispose alors de l'autonomie financière, en une entité unique appelée Centre de coopération culturelle (ou CCC). Cependant, l'entreprise n'aboutit pas, et le CCC est dissout deux ans plus tard, en 2001 : le SCAC et la MCFL recouvrent leur indépendance.

L'expérience de 1999 n'est pas oubliée. Elle est l'embryon de la nouvelle fusion lancée en 2011, celle de la réunion du SCAC et de la MCFL en un seul Institut français du Liban. Par arrêté ministériel du , l'ensemble du réseau de l'Institut français du Liban est placé sous l'autorité de son directeur installé à Beyrouth, qui est également le Conseiller de coopération et d'action culturelle de l'ambassade de France au Liban.

Organisation[modifier | modifier le code]

L’Institut français à Beyrouth dispose d’une médiathèque contenant un fonds de plus de 35 000 titres, un riche « coin presse » ainsi qu'un fonds thématique consacré à l'architecture et aux beaux-arts. Il dispose de postes permettant l’accès à Internet, la consultation de cédéroms éducatifs, de banques de données et de revues de presse. Enfin, la médiathèque offre un espace audiovisuel et musical accessible aux adhérents.

L'Institut français est également un centre d’apprentissage de la langue française important. Il propose des cours de préparation au TCF-DELF-DALF et héberge un centre d’examen qui réunit en moyenne 5 000 élèves par an à Beyrouth. On peut y suivre des cours de français professionnel et des stages de formation pédagogique adressés aux enseignants. L’Institut français du Liban délivre aux établissements privés de langue française au Liban le label linguistique CELF, certifiant le niveau des enseignants de français et garantissant la qualité des enseignement en français.

Haut lieu de culture à Beyrouth, l’Institut français du Liban propose tout au long de l'année des spectacles au sein de ses locaux, des expositions ou des ateliers. L'Institut français dispose de sa propre salle de théâtre, la salle Montaigne, qui accueille de nombreux spectacles, représentations et conférences chaque année et qui a été entièrement rénovée pendant l'été 2013. Partenaire de nombreuses structures culturelles à Beyrouth, il offre des soutiens ponctuels à certains événements de la scène culturelle libanaise et organise certaines grandes manifestations au Liban, comme le Salon du Livre francophone de Beyrouth, la Fête de la musique ou le Mois de la Francophonie.

L'Institut français du Liban héberge également à Beyrouth un attaché de coopération dont les équipes coordonnent, soutiennent et pilotent les actions de coopération universitaire et institutionnelle ; l'action extérieure des collectivités territoriales (de manière moins formelle, la « coopération décentralisée ») est également un aspect important de la coopération franco-libanaise.

Un conseiller-adjoint chargé de l’enseignement est chargé de gérer, aux côtés de l'Inspecteur de l'Éducation nationale et du représentant de l'Agence pour l'enseignement français à l’étranger, le réseau des 45 établissements français homologués et conventionnés au Liban.

L'Espace des Lettres[modifier | modifier le code]

L'Institut français du Liban est abrité avec l'Ambassade de France au Liban, le consulat général de France et les services économiques, au sein de l'« Espace des Lettres », rue de Damas, artère qui fut, durant la guerre civile, la ligne de démarcation entre les quartiers chrétien et musulman. Le nouveau bâtiment de la chancellerie diplomatique a été intégré aux nombreux pavillons de la « Cité Bounoure », ancien campus de l'École supérieure des Lettres de Beyrouth, université francophone fondée en 1945 et dont Georges Schehadé fut le premier secrétaire général.

L'Institut français est également responsable aujourd'hui du théâtre Montaigne, bâti au sein de l'Espace des Lettres et qui fut, dans les années 1960 et 1970, un des foyers de la vie culturelle et théâtrale du Liban. En 1961, Jacques Mettra, alors directeur de l’École des Lettres, fonde le Centre universitaire d’études dramatiques (CUED), qui fait de la salle Montaigne son lieu de répétition et de représentation. On compte, parmi les acteurs de la troupe du CUED, Jalal Khoury, Sharif Ghizandar, Joseph Tarrab, Roger Assaf, Paul Mattar ou encore Marie-Claude Eddé. Aux côtés de la troupe du festival de Baalbek, plutôt tournée vers les pièces classiques, le théâtre Montaigne accueille des œuvres contemporaines et francophones. Endommagée pendant la guerre civile, la salle Montaigne a pu être rebâtie, en 1991, grâce au concours de l'ambassade de France. Pendant l'été 2013, les installations intérieures de la salle ont été entièrement rénovées.

Aujourd'hui, l'Institut français partage l'Espace des Lettres avec de nombreux organismes français, dont l'Institut français du Proche-Orient, l'Agence universitaire de la Francophonie, ou l'Agence française de développement.

Construit en 2003 par les architectes Yves Lion[1] et Claire Piguet, le nouveau campus diplomatique intègre les colonnades créées dans les années 1950 par Charles Moreux et André Leconte, des murs en pierre de Ramleh et de grandes parois de verre en émalit éclairé afin de laisser entrer la lumière des cinq patios, au milieu desquels trônent des pins et des oliviers centenaires. L'édifice a été bâti dans le but de privilégier la sécurité tout en préservant l'esthétisme.

Directeurs[modifier | modifier le code]

Projets[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yves Lion avait déjà réalisé le jardin de l'ambassade en 1991 et le Centre culturel de Beyrouth en 1994.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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