Inside (jeu vidéo)

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Inside
Logo du jeu titré Playdead's Inside écrit en rouge foncé.
Logo du jeu.

Développeur
Éditeur
Réalisateur
Amt Jensen
Compositeur
Martin Stig Andersen

Date de sortie
Xbox One
INT : 29 juin 2016

Windows
INT : 7 juillet 2016

PlayStation 4
INT : 23 août 2016
Genre
Mode de jeu
Plate-forme
Ordinateur(s) :
Console(s) :
Téléphone(s) mobile(s) :

Langue
Moteur

Évaluation
ESRB : M ?
PEGI : 18 ?
Site web

Inside est un jeu vidéo indépendant d’aventure, de plates-formes et de réflexion développé et édité par Playdead sur Xbox One, PlayStation 4 et Microsoft Windows, sorti en 2016. Une version pour MacOS sort en juin 2020.

Le joueur incarne un jeune garçon fuyant une société autoritaire. Dans une mise en scène sombre et sinistre, le jeu offre un panel de phases de plates-formes et d'énigmes, le tout en défilement horizontal.

Présenté pour la première fois à la conférence Microsoft de l'E3 2014 et d'abord prévu pour 2015, il sort finalement sur Xbox One le , sur Microsoft Windows le , et sur PlayStation 4 le . Il est acclamé par la critique, qui l'encense en lui décernant de multiples récompenses, et le qualifie de digne successeur de Limbo.

Trame[modifier | modifier le code]

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans Inside, le joueur incarne un garçon sans visage fuyant une société dystopique autoritaire qui effectue des expériences douteuses sur des corps humains. Le jeu évoque le scénario grâce à sa mise en scène, il ne dispose pas de narration directe explicite[1],[2],[3].

Interprétation[modifier | modifier le code]

Inside se positionne en critique d'une société atrophiée où l'esprit critique est contrôlé et soumis au pouvoir[3],[1],[2]. A ce titre, l'utilisation de corps contrôlés par la pensée (par le garçon ou par les autres personnages humains aperçus en jeu) en est très représentative. L'une des théories les plus couramment avancées suppose que le personnage est depuis le début attiré et contrôlé par la créature présente dans le laboratoire final, afin d'être assimilé pour l'aider à s'échapper[4].

La fin alternative du jeu (accessible lorsque les quatorze orbes cachées ont été déconnectées) conduit aussi le garçon dans un bunker secret. En retirant la prise qui alimente des ordinateurs et des casques de contrôle, la lumière s'éteint, le garçon prend la posture des corps contrôlés et le jeu s'arrête. Cette séquence peut laisser à penser que le personnage (le garçon) est contrôlé par une force extérieure (le joueur)[5]. Sa seule chance de se libérer ne serait donc pas de finir le jeu, mais de se déconnecter, une idée similaire au fait de quitter la matrice dans le film Matrix. Cette interprétation métafictive est celle qui est généralement reprise par la communauté des joueurs[6].

Pour Thomas Pillon, journaliste pour Gameblog, le jeu pourrait également représenter une vaste métaphore de la naissance d'une vie, de sa conception in utero à son accouchement. Il appuie son propos sur divers passages du jeu, à commencer par la fin, dans laquelle le protagoniste se mêle à un amas de chair humaine en suspension dans un aquarium, scène assimilable à la fin de course d'un spermatozoïde. Les dernières minutes de jeu correspondraient à l'accouchement en lui-même, avec différentes scènes symbolisant chacune des étapes, de la perte des eaux à la maternité[3].

Système de jeu[modifier | modifier le code]

Inside est un jeu d'aventure en 2,5D composé de phases de plates-formes et d'énigmes. Le gameplay est relativement linéaire et les interactions sont assez limitées : avancer, sauter, nager, tirer des objets ou des leviers, grimper à des cordes ou appuyer sur des boutons[2]. Ces actions permettent en revanche une variété de mécaniques de jeu garantissant un bon rythme de progression[2]. Chacune des énigmes utilisant ces mécaniques de bases est enrichie d'un nouvel élément permettant de renouveler l'intérêt[2]. Les énigmes font intervenir à la fois le sens du timing et la capacité du joueur à associer plusieurs actions pour aller au-delà des obstacles[2].

Développement[modifier | modifier le code]

En sort Limbo, le premier jeu développé par le studio Playdead au très bon succès critique et commercial (plus d'un million d'unités vendus[7]). Quelques mois plus tard démarre le développement de leur deuxième jeu dont le nom de projet est « Project 2 »[8],[9],[10],[11]. En tant que successeur spirituel de Limbo[12],[13],[14], Inside se base sur les atouts de son prédécesseur[7]. Selon Playdead, les deux jeux sont proches mais Inside contient plus de folie, d'étrangeté et joue plus sur la 3D[9].

Alors qu'il a utilisé son propre moteur pour Limbo, Playdead utilise cette fois Unity afin de réduire la charge de travail[15],[7]. Les développeurs mettent en place un filtre d'anti-aliasing temporel pour le moteur Unity, nommé « reprojection temporelle », afin de créer une patte graphique propre à Inside. En , le studio Playdead publie le filtre sous licence open source[16] (licence MIT[17]).

Le jeu est en partie financé par le Danish Film Institute[18],[19],[20].

Accueil[modifier | modifier le code]

D'abord prévu pour début 2015[21], le jeu est retardé et sort finalement le sur Xbox One, le sur Microsoft Windows et le sur PlayStation 4.

Critique[modifier | modifier le code]

Aperçu des notes reçues
Presse papier
Média Note
Canard PC (FR) 9/10[22]
Presse numérique
Média Note
Gameblog (FR) 10/10[23]
Gamekult (FR) 8/10[24]
GameSpot (US) 8/10[1]
IGN (US) 10/10[25]
Jeuxvideo.com (FR) 19/20[2]

Inside est extrêmement bien accueilli par la critique. Jeuxvideo.com considère en effet que le jeu « transcende le concept établi par son prédécesseur » et le qualifie de « petit bijou de noirceur » à la prise en main excellente[2]. Pour le journaliste qui a testé le jeu, le rythme y est parfaitement maîtrisé[2]. Gameblog parle de « mise en scène qui frôle le génie »[3].

La fin du jeu, inattendue, est généralement particulièrement appréciée. Matthieu Hurel (« boulapoire ») de Gamekult ou Jérémy Satin (« mrderiv ») de Jeuxvideo.com l'estiment grandiose, ce dernier avançant même qu'« elle restera probablement dans les an[n]ales du jeu vidéo »[2],[24]. Ce n'est en revanche pas le cas d'Alex Newhouse de GameSpot qui la juge trop abrupte[1]. Julien Hubert de Gameblog considère lui que le rythme du jeu est parfaitement maîtrisé et que le final, « dantesque », arrive tout juste au bon moment, « laissant l'impression d'avoir vécu un moment fantastique de jeu vidéo »[23].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Inside reçoit le prix du « meilleur jeu indépendant » aux Game Critics Awards 2016[26] et ceux de la « meilleure direction artistique » et du « meilleur jeu indépendant » à l'édition 2016 de The Game Awards[27],[28].

Fin 2016, le site Jeuxvideo.com le nomme pour les titres de « meilleur jeu indépendant », « meilleure direction artistique », « meilleure expérience solo », « prix de l'originalité », « révélation de l'année » ainsi que celui de « développeur de l'année » pour son développeur Playdead[29]. Il remporte celui du « meilleur jeu indépendant »[30].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) Alex Newhouse, « Inside Review », sur GameSpot,
  2. a b c d e f g h i et j Jérémy Satin (« mrderiv »), « Test du jeu Inside - Le chef-d'œuvre après Limbo », sur jeuxvideo.com,
  3. a b c et d Thomas Pillon, « INSIDE : Décryptage d'un accouchement dans la douleur... », sur gameblog.fr,
  4. « Inside's Ending Explained: Our Theory On the Limbo Sequel's Brain-Bending Conclusion - CraveOnline », sur web.archive.org, (consulté le )
  5. (en) Jeffrey Matulef, « What's going on at the end of Inside? », sur Eurogamer, (consulté le )
  6. (en-US) « The Wild Theories Behind Inside's Secret Ending », sur Kotaku (consulté le )
  7. a b et c (en) Andrew Goldfarb, « Limbo Follow-Up Project 2 is ‘At Least 2 Years Away’ », sur ign.com,
  8. (en) Samit Sarkar, « Inside, upcoming game from Limbo developer Playdead, delayed past 'early 2015' », Polygon
  9. a et b (en) Andrew Goldfarb, « Limbo Follow-Up Will be 'More Crazy' », IGN,
  10. (en) Mike Schramm, « Playdead's Project 2 uses Unity, may share 'ideas' with Limbo », sur engadget.com, (consulté le )
  11. (en) Andrew Goldfarb, « Limbo Follow-Up Project 2 is ‘At Least 2 Years Away’ », sur IGN, (consulté le )
  12. Jaz Rignall, « Inside Xbox One Review: Brilliant and Compelling », sur usgamer.net,
  13. (en) Steve Watts, « E3 2016: Inside Preview: Unsettling Feelings », sur shacknews.com, (consulté le )
  14. (da) ThomasVigild, « Her er fremtidens danske spil (Here is the future Danish games) », sur Politiken, (consulté le ) : « Den største samlede støtte kommer dog fra Det Danske Filminstitut, der i år har støttet syv større spil heriblandt den dystre sjælelige efterfølger med arbejdstitlen 'Project 2' til det prisbelønnede 'LIMBO' instrueret af Arnt Jensen fra udvikleren PLAYDEAD (« Le soutien le plus important provient du Danish Film Institute, qui a aidé cette année sept grands jeux dont Project 2, la suite spirituel du jeu primé Limbo, réalisé par Arnt Jensen. ») »
  15. (en) Mike Rose, « Limbo Developer Playdead Using Unity Engine For Next Title », Gamasutra, (consulté le )
  16. (en) Alex Wawro, « Limbo dev open-sources its Unity 5 anti-aliasing tech », Gamasutra, (consulté le ).
  17. LICENSE.txt
  18. Johnny Cullen, « Limbo devs working on new IP », sur VG247, (consulté le )
  19. (en) Mike Schramm, « Limbo creators working on new IP », sur Joystiq, (consulté le )
  20. (en) Phillip Kohlar, « Inside is the next game from Limbo creators Playdead Studios », sur Polygon, (consulté le )
  21. « Playdead (Limbo) décide de retarder Inside, son nouveau jeu », sur gameblog.com,
  22. (fr)Canard PC, n°343 du 15 juillet 2016, p 24 - 25, par Maria Kalash En ligne sur Canard PC « Copie archivée » (version du 1 novembre 2016 sur l'Internet Archive)
  23. a et b Julien Hubert, « Test de Inside (Xbox One, PC) », sur Gameblog,
  24. a et b Matthieu Hurel (« boulapoire »), « Test Inside sur XBO », sur Gamekult,
  25. (en) Ryan McCaffrey, « Test Inside », sur IGN,
  26. (en) Chris Pereira, « Here Are E3 2016's Game Critics Award Winners », GameSpot, (consulté le ).
  27. (en) Eddie Makuch, « All the 2016 Game Awards Nominees », GameSpot, (consulté le ).
  28. (en) Chelsea Stark, « The Game Awards: Here’s the full winners list », Vox Media, (consulté le ).
  29. Rivaol, « Jeuxvideo.com récompense les meilleurs jeux de 2016, découvrez les nominés », sur jeuxvideo.com,
  30. « Pixel d'Or : Meilleur jeu indépendant 2016 », sur jeuxvideo.com,

Lien externe[modifier | modifier le code]