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Inquisition portugaise

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Sceau de l'Inqusition portugaise

L’Inquisition portugaise, officiellement Conseil général du Saint-Office de l'Inquisition au Portugal (en portugais : Conselho Geral do Santo Ofício da Inquisição) est l'institution portugaise créée par l'Église catholique romaine, dans le but de combattre l'« hérésie ». Elle est comparable à son homologue espagnole.

Gravure Die Inquisition in Portugall par Jean David Zunner d'après Description de L'Univers, Contenant les Differents Systemes de Monde, Les Cartes Generales & Particulieres de la Geographie Ancienne & Moderne par Manesson Mallet, Frankfurt, 1685 (collections privées du Dr Nuno Carvalho de Sousa, Lisbonne).
Juifs sur le bûcher portugais (d'autres portent le sambenito), XVIe siècle.

Manuel Ier, roi du Portugal, épouse l'infante d'Espagne Isabelle le . Le , un décret royal accorde 10 mois aux Juifs et aux musulmans pour quitter le pays. Le roi se ravise et, le vendredi , il ordonne le baptême de tous les enfants du royaume pour le dimanche suivant, ce qui donne lieu à de terribles scènes, d'autant qu'une partie de ces Juifs viennent de se réfugier au Portugal en 1492, après avoir été expulsés d'Espagne. Puis en 1499, Manuel comprenant que son royaume risque de perdre plus que ses Juifs en les expulsant, publie un décret interdisant aux conversos de quitter le pays.

L'Inquisition devient officielle avec la nomination de Diogo da Silva (pt), confesseur de Manuel, comme Inquisiteur général, en . Mais des conversos influents réussissent à la faire temporairement suspendre.

Charles Quint pèse de tout son poids pour le rétablissement d'une Inquisition à l'espagnole. La décision est prise le sous le pontificat de Paul III. Mais les conversos réussissent encore par de multiples tractations avec le pape à restreindre les pouvoirs du Saint-Office et même à le suspendre en 1544.

Malgré tout, en 1547, l'Inquisition est formellement établie par Jean III. Les conversos se battent une dernière fois sur la question du pouvoir de confiscation des biens. Cette arme est finalement concédée aux tribunaux, et le Portugal se dote ainsi d'une Inquisition indépendante plus terrible encore que son modèle espagnol. En effet, la conversion au catholicisme y est imposée à tous les Juifs et n'est pas assortie, contrairement à l'Espagne, de la possibilité d'émigrer. Par conséquent, les « nouveaux chrétiens » sont les descendants de ces conversos issus d'une conversion forcée, et leurs tentatives de fuite vers l'extérieur y sont proportionnellement plus importantes qu'en Espagne. Une importante partie de ceux qui restent sur place continue à « judaïser » en secret : méprisés sous le nom de marranes (« porcs »), ils sont persécutés par l'Inquisition.

L'Inquisition est si dure au Portugal qu'un certain nombre de « nouveaux chrétiens » portugais vont jusqu'à tenter de se réfugier en Espagne qui pourtant les a vomis.

Le Saint-Office jouit de puissants pouvoirs et ses fourches poursuivent les Juifs ou les marranes jusque dans les pays éloignés où ils se réfugient tels que les Provinces Unies ou les îles des empires coloniaux (Amérique centrale, Caraïbes) de l'époque.

La dernière victime est un prêtre jésuite, Gabriel Malagrida, brûlé à Lisbonne en . En 1771, les autodafés publics sont interdits. En 1773, toute différence entre « anciens » et « nouveaux chrétiens » est abolie. L'Inquisition s'arrête définitivement en 1778. Elle est abolie formellement par la constitution libérale de 1822.

L'Inquisition au Portugal a instruit 40 000 procès depuis sa fondation. Pour donner un exemple de ce harcèlement, la famille de la mère du philosophe Baruch Spinoza en a connu une centaine[1]. Plus de 30 000 procès se sont conclus par des condamnations. Les sentences ont été exécutées au cours de près de 750 autodafés ; 1 808 jugés coupables ont été brûlés sur le bûcher (633 en effigie et 1 175 en personne) et 29 590 ont été « réconciliés »[réf. nécessaire].

Entre 1543 et 1684, l’Inquisition portugaise a prononcé au moins 19 247 condamnations, dont 1 379 au bûcher[2].

Chronologie

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Notes et références

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  1. Les archives du St-Office inquisitorial du Portugal regorgent d'une centaine de procès inquisitoriaux contre la famille de la mère du philosophe Baruch Spinoza, Ana Debora Marques, au XVIe s. I. S. Revah, Des Marranes à Spinoza : Textes réunis par H. Méchoulan, P.-F. Moreau, C. L. Wilke, Paris, Vrin, coll. « Librairie philosophique », 1995, p. 136 vs 170.
  2. A.H. de Oliveira Marques et Joăo José Alves Dias, Histoire abrégée du Portugal, Lisbonne, Tinta-da-China, , 107-108 p. (ISBN 978-989-671-419-2)
  3. (en) Philip J. Havik, Silences and Soundbites: The Gendered Dynamics of Trade and Brokerage in the Pre-colonial Guinea Bissau Region, LIT Verlag Münster, (ISBN 978-3-8258-7709-5, lire en ligne Accès payant)

Articles connexes

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Bibliographie

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Liens externes

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