Inji Efflatoun

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Inji Aflatoun
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Naissance
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Le Caire ou Shoubra (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 65 ans)
Le CaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Peintre, militante pour les droits des femmes, militanteVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Mouvement
Influencée par
Kamel el-Telmissany (en), David Alfaro Siqueiros, Margo Veillon (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Père
Hassan C. Efflatoun (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Gulpérie Efflatoun Abdalla (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Inji Efflatoun (1924-1989) est une peintre égyptienne, et une militante marxiste et féministe. Elle est considérée comme une pionnière et une des artistes importantes en Égypte au XXe siècle[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Inji Efflatoun est née au Caire en 1924 dans une famille traditionnelle musulmane[3]. Son père est un entomologiste[4] et un propriétaire foncier[5] et sa mère est une conceptrice de vêtements qui sert également dans le comité des femmes du Croissant Rouge Égyptien[6]. Pendant son cursus scolaire, elle s'intéresse déjà à la peinture et ses parents l'encouragent. Elle suit notamment des cours privés auprès de l’artiste Kamâl al-Tilmissâni[7]. Il lui fait découvrir les mouvements surréaliste et cubiste[8] et elle intègre « Art et Liberté », un groupe d’artistes et d’intellectuels d’orientation communiste[9].

Elle découvre également le marxisme au lycée français du Caire[10]. En 1944, elle rejoint l'Iskra, un parti de la jeunesse communiste[11]

Après avoir obtenu son diplôme de l'Université du Caire, elle est, avec Latifa al-Zayyat, l'une des membres fondatrices, en 1945, de la Rabitat Fatayat à jami'wa al ma' ahid (Ligue des jeunes femmes de l'Université et des Instituts). La même année, elle représente la Ligue lors de la première conférence de la Fédération démocratique internationale des femmes à Paris. Se consacrant aux droits des femmes et à la politique, elle privilégie ce militantisme à la peinture durant ces années 1946-1948. Elle publie les pamphlets politiques : Thamanun milyun imraa ma anna (Quatre-vingts millions de femmes avec nous) en 1948 et Nahnu al-nisâ ' al-misriyyat (Nous les femmes égyptiennes) l'année suivante[12],[13]. En 1949, elle devient membres fondateurs du premier congrès du Premier Conseil de la Paix de l'Égypte. Elle rejoint Harakat ansar al salam (Mouvement des amis de la paix) dans les années 1950[11]. Elle est arrêtée et secrètement emprisonnée pendant la répression par Nasser des communistes en 1959[14]. Après sa libération, en 1963, elle consacre la plupart de son temps à la peinture[15].

Peinture[modifier | modifier le code]

Son intérêt pour la peinture est ravivé à la fin des années 1940, après une visite de Louxor, de la Nubie, et d'oasis égyptiennes. Lors de ces voyages, elle a l'occasion de pénétrer dans les maisons et d'esquisser les hommes et les femmes au travail. Elle étudie pendant un an avec l'artiste suisse, Margo Veillon, qui est né en Égypte[16]. Au cours de cette période, elle organise des expositions personnelles au Caire et à Alexandrie, et est exposée à la Biennale de Venise en 1952, et à la Biennale de São Paulo en 1956[9]. À partir de 1956, influencée par la peinture d'un de ses amis, le peintre mexicain David Alfaro Siqueiros, elle se penche vers le réalisme socialisme. Ses « coups de pinceau colorés » rappellent à  certains observateurs la manière d'un Vincent van Gogh ou d'un Pierre Bonnard[17].

À la suite de sa libération, elle se consacre davantage à son art, son style devient plus léger et plus joyeux, notamment par l'utilisation des couleurs vives pour représenter la campagne et la vie quotidienne[18]. Elle expose à Rome et à Paris en 1967, Dresde, Berlin, Varsovie et Moscou en 1970, Sofia en 1974, Prague en 1975, New Delhi en 1979. En 1975, elle organise et expose dans l'exposition Ten Egyptian Women Paintersover Half a Century, au Caire[18].

Elle meurt en 1989, sans avoir pu mener à bien son dernier projet, écrire ses mémoires[12].

Œuvres majeures[modifier | modifier le code]

Mathbahat Dinshaway (Le Massacre de Dinshaway), années 1950

Old Sailor, 1958

Portrait of a Prisoner, 1960

Soldier (Fedayeen), 1970

Collections[modifier | modifier le code]

Plusieurs œuvres d'Inji Efflatoun sont présentées dans les collections permanentes du Palais de Taz du Caire[2]. Son travail fait aussi partie des collections du Mathaf Arab Museum of Modern Art à Doha et au Gezira Center for Modern Art au Caire.

Distinction[modifier | modifier le code]

Elle est décorée de la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres par le ministre de la culture française en 1985[18].

En 2019, pour le 95ème anniversaire de sa naissance un Google Doodle lui a été dédié[19].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Philip Mattar, Encyclopedia of the Modern Middle East & North Africa : D-K, Macmillan Reference USA, , 2936 p. (ISBN 978-0-02-865771-4), p. 762
  2. a et b (en) « Permanent art exhibition of activist Inji Aflatoun opens at Amir Taz Palace », Ahram Online,‎ (lire en ligne)
  3. (en) Betty LaDuke, « Inji Efflatoun: Art, Feminism, and Politics in Egypt », Art Education, vol. 45, no 2,‎ , p. 33–41 (ISSN 0004-3125, lire en ligne)
  4. (en) Betty LaDuke, « Egyptian Painter Inji Efflatoun: The Merging of Art, Feminism, and Politics », National Women's Studies Association Journal, vol. 1, no 3,‎ , p. 474–493 (ISSN 1040-0656, lire en ligne)
  5. (en) Bonnie G. Smith, Global feminisms since 1945, Psychology Press, , 319 p. (ISBN 978-0-415-18491-5, lire en ligne), p. 25
  6. (en) Arthur Goldschmidt, Biographical dictionary of modern Egypt, Lynne Rienner Publishers, , 299 p. (ISBN 978-1-55587-229-8, lire en ligne), p. 17
  7. Didier Monciaud, « Les engagements d’Injî Aflâtûn dans l’Égypte des années quarante : la radicalisation d’une jeune éduquée au croisement des questions nationale, femme et sociale », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, no 126,‎ , p. 73–95 (ISSN 1271-6669, lire en ligne, consulté le )
  8. (en) Helen Stuhe-Romerein, « Egypt’s Museums: Amir Taz Palace relates story of artist and activist Inji Aflatoun », Almasry Alyoum,‎ (lire en ligne)
  9. a et b Sophie Gayerie, « Inji Efflatoun », AWARE : Archives of Women Artists, Research and Exhibitions,‎ (lire en ligne)
  10. (en) Sherifa Zuhur, Images of Enchantment : Visual and Performing Arts of the Middle East, American University in Cairo Press, , 324 p. (ISBN 978-977-424-467-4, lire en ligne), p. 167
  11. a et b « Efflatoun, la rebelle au grand cœur - Ahram Hebdo », sur hebdo.ahram.org.eg (consulté le )
  12. a et b (en) Ghada Hashem Talhami, Historical Dictionary of Women in the Middle East and North Africa, Rowman & Littlefield, (lire en ligne), « Aflatoun Injie », p. 16-17
  13. (en) Margot Badran et Miriam Cooke, Opening the gates : an anthology of Arab feminist writing, Indiana University Press, , 461 p. (ISBN 978-0-253-34441-0)
  14. Cynthia Nelson, Doria Shafik, Egyptian feminist : a woman apart, American University in Cairo Press, , 322 p. (ISBN 978-977-424-413-1, lire en ligne), p. 292
  15. « Le legs éparpillé d’Efflatoun - Ahram Hebdo », sur hebdo.ahram.org.eg (consulté le )
  16. (en) Niger Ryan, « Obituary:Margo Veillon (1907–2003) », Al-Ahram Weekly,‎ (lire en ligne)
  17. Images, Dav-al-hilal, (lire en ligne)
  18. a b et c « Inji Efflatoun », sur www.encyclopedia.mathaf.org.qa (consulté le )
  19. (en) « Google Doodle Celebrates Egyptian Painter Inji Aflatoun's 95th Birthday », sur Harper's BAZAAR Arabia (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]