Initiative Yasuní-ITT

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Initiative Yasuní-ITT
Image illustrative de l'article Initiative Yasuní-ITT
Situation du parc Yasuní (vert foncé)
et du territoire Huaorani (vert clair)
Catégorie UICN II (parc national)
Pays Drapeau de l'Équateur Équateur
Provinces Orellana et Pastaza
Coordonnées 1° 05′ 00″ S 75° 55′ 00″ O / -1.083333, -75.9166671° 05′ 00″ Sud 75° 55′ 00″ Ouest / -1.083333, -75.916667
Superficie 9 823 km²
Création
Administration Ministerio del Ambiente (ministère de l'Environnement)
Site web Unesco

Géolocalisation sur la carte : Équateur

(Voir situation sur carte : Équateur)
Initiative Yasuní-ITT

L'initiative Yasuní-ITT fut un projet officiel du gouvernement équatorien entre 2007 et 2013, proposant aux autres gouvernements ainsi qu'à la société civile de s'impliquer financièrement afin d'éviter que soit exploité un important gisement de pétrole, découvert en 1990 au cœur d’un des milieux les plus riches de la planète en biodiversité, le Parc national Yasuni, et qu'ainsi la biodiversité de ce milieu exceptionnel soit préservée.

Objectif de l'initiative[modifier | modifier le code]

En 2007 le gouvernement équatorien rendait publique la proposition suivante : pour préserver la biodiversité et les populations indigènes vivant dans le parc naturel de Yasuni se situant à l’est du pays, celui-ci renonce à l’exploitation des réserves pétrolières estimées entre 846 et 920 millions de barils[1], le nom donné à cette initiative fut Yasuni-Ishpingo-Tambococha-Tiputini (ITT). La condition à ce renoncement fut un dédommagement financier de la part de la communauté internationale à hauteur de 50% de la valeur du pétrole potentiellement exploitable. Après avoir reçu avant fin 2011 plus de 100 millions de dollars le gouvernement de Rafael Correa décida de poursuivre cet engagement. En fin de compte, la communauté internationale s’était engagée à débourser 3600 millions de dollars (3,6milliards) pour protéger le parc Yasuni, ce paiement devant s'étaler sur une période de 13 ans sous l'administration du PNUD (Programme des nations unies pour le développement ). Cependant un défaut dans l’apport des capitaux escomptés pouvait mettre en péril le maintien du projet.

Les besoins du pays[modifier | modifier le code]

Malgré l’attention qu’a su attirer le projet sur la scène mondiale, la contribution économique[2] par la communauté internationale ne s’est pas manifestée avec la force attendue. Fin 2011 «les contributions ont atteint 100 millions de dollars (80 millions d'euros, le minimum fixé par Correa pour la poursuite du projet)» Si la somme nécessaire au maintien du projet n’était pas recueillie durant le temps imparti (12 ans actuellement) le gouvernement équatorien devrait renoncer à la conservation de ses réserves de pétrole et procéder à l’exploitation, notamment pour financer les projets sociaux pour lesquels il s’était engagé. Par ailleurs, le progrès souhaité dans la diversification du marché énergétique équatorien n’a pas encore eu lieu. La recherche d’alternatives à l’économie extractive équatorienne, notamment par le biais d’autres sources d'énergies, n’est restée qu’à un stade initial voire préliminaire.

Durabilité du projet Yasuni-ITT[modifier | modifier le code]

D'un point de vue économique il semblerait que la pression à laquelle devrait faire face un tel gisement non exploité soit très forte dans un futur proche car la raréfaction du brut et sa demande en constante évolution ne cessera de faire augmenter son prix et les possibles bénéfices issus de son exploitation. La durabilité du projet était intrinsèquement liée à la politique interne du pays. De ce fait rien ne garantissait qu'un futur gouvernement ne voie pas dans l'exploitation de ce site un plus grand bénéfice que celui apporté par le projet Yasuni-ITT[3]. Il était néanmoins stipulé dans la constitution que tout forage était interdit sans l'accord au préalable de l'assemblée nationale. Cela provoquerait le remboursement immédiat et intégral des fonds apportés par les multiples donateurs et de fortes réactions émanant de la société civile nationale et internationale, ce qui pourrait interrompre ces forages. Cependant, plusieurs points de l’initiative devraient être modifiés pour augmenter sa crédibilité. Celui-ci ne prévoit pas le remboursement des investissements inférieurs à 50 000 USD, les petits donateurs se voient donc découragés, car ils ne sont pas assurés en cas de forage. De plus la modification de l'autorisation faite au gouvernement équatorien impliquant l'utilisation du fond pour ses propres besoins serait nécessaire pour éviter tout conflit d’intérêt. Une grande précaution quant à la bonne gestion des fonds serait nécessaire pour voir ce projet atteindre son but. Néanmoins, cette innovation pouvait devenir un exemple pour beaucoup de pays concernés par la destruction environnementale que causent les exploitations pétrolières.

Un processus d’évaluation fut mis en place annuellement par le gouvernement de façon à faire le bilan annuel du projet et générer de nouvelles initiatives pour l’améliorer. À travers cette démarche, le gouvernement envisageait de mettre en route les modifications nécessaires pour favoriser l’investissement de la part de la communauté internationale (pays, ONG, entreprises, institutions…). Ces modifications passaient entre autres par des processus de recherche et développement centrés sur ce projet et une meilleure coordination entre les différents ministères nationaux impliqués. «Le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud a décerné au gouvernement de l’Équateur le prix «visionnaire leadership et triangulaire 2012» pour supporter l’initiative écologique Yasuní-ITT, qui cherchait à laisser un énorme champ pétrolifère dans le sous-sol de la jungle amazonienne[4].

Mais, le 15 août 2013, le président Raphaël Correa annonça la fin de l'initiative Yasuni-ITT faute d'apports internationaux significatifs[5] et le début de l'exploitation pétrolière de la zone. Cependant le décret exécutif N.74 qui officialise cette exploitation stipule que 1% seulement de la superficie du parc Yasuni pourra être exploité, soit 10 kilomètres carrés ou 1000 hectares[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fontaine Guillaume, « Le mouvement écologiste contre l'exploitation d'hydrocarbures en Équateur »,

Problèmes d'Amérique latine, 2008/4 no 70, p. 41-60.

- (fr)portail du projet Yasuni ITT - (en) Yasuni Campaign by New Internationalist

Référence[modifier | modifier le code]

  1. http://www.liberation.fr/terre/2012/10/23/l-equateur-laissera-dans-son-sous-sol-850-millions-de-barils_855379
  2. http://poldev.revues.org/703
  3. http://www.americaeconomia.com/negocios-industrias/ecuador-decepcionado-por-poco-interes-y-cooperacion-de-los-paises-desarrollados-
  4. http://www.el-nacional.com/mundo/ONU-iniciativa-ambientalista-Ecuador-Yasuni-ITT_0_103192073.html
  5. http://www.andes.info.ec/es/actualidad/presidente-ecuatoriano-declara-fin-iniciativa-yasuni-itt-falta-aportes-internacionales
  6. http://www.telegrafo.com.ec/images/eltelegrafo/Economia/2013/15-08-13-economia-ITT.pdf