Ingolsheim

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Ingolsheim
Vue de la mairie d'Ingolsheim.
Vue de la mairie d'Ingolsheim.
Blason de Ingolsheim
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Bas-Rhin (Strasbourg)
Arrondissement Haguenau-Wissembourg
Canton Wissembourg
Intercommunalité C.C. du Pays de Wissembourg
Maire
Mandat
Richard Frey
2014-2020
Code postal 67250
Code commune 67221
Démographie
Gentilé Ingolsheimois(es)
Population
municipale
283 hab. (2014)
Densité 63 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 58′ 30″ nord, 7° 56′ 16″ est
Altitude Min. 146 m – Max. 205 m
Superficie 4,46 km2
Localisation

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Liens
Site web Le site non officiel de la commune

Ingolsheim est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace et fait partie du Parc naturel régional des Vosges du Nord.

Ses habitants sont appelés les Ingolsheimois, ou Ingelser en alsacien.

Géographie[modifier | modifier le code]

Ingolsheim est un petit village encore en grande partie agricole, situé entre Soultz-sous-Forêts et Wissembourg, dans le Nord de l'Alsace. Il est traversé par le cours d'eau Bremmelbach. Les communes limitrophes sont Cleebourg, Hunspach, Riedseltz et Seebach.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village d'Ingolsheim trouve ses origines très tôt, puisque le toponyme « Ingoldeshaha » se retrouve dès 967 dans la charte impériale d'Otton II.

Le nom muta ensuite plusieurs fois jusqu'à atteindre son nom définitif.

La Réforme est introduite en 1558 et un simultaneum est en vigueur jusqu'en 1900 (date de construction de l'église catholique).

La Seconde Guerre mondiale est une rude épreuve pour les habitants, due à la proximité de la ligne Maginot (moins d'1 km), et notamment l'ouvrage fortifié de Schœnenbourg.

Les habitants sont évacués à Bessines-sur-Gartempe, dans la Haute-Vienne.

Héraldique[modifier | modifier le code]


Blason d'Ingolsheim

Les armes d'Ingolsheim se blasonnent ainsi :
« D'argent parti de sable, chapé de l'un en l'autre. »[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Principalement agricole. Les habitants d'Ingolsheim travaillent dans les villes alentour.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 2001 Charles Pflug    
2001 2014 Jeannot Nussbaum    
2014 en cours Richard Frey    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[3],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 283 habitants, en diminution de -2,08 % par rapport à 2009 (Bas-Rhin : 1,65 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
222 190 237 325 312 284 254 243 240
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
228 232 237 240 216 217 199 213 206
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
208 201 197 184 212 210 205 183 196
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
204 204 198 199 250 269 290 289 283
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Ingolsheim, église protestante

Église protestante[modifier | modifier le code]

Bref historique[modifier | modifier le code]

La chapelle mentionnée en 1298, consolidée en 1598, est détruite lors de la guerre de Trente Ans (1618-1648). La nouvelle église, édifiée en 1783, sert d'abord au culte protestant, puis aux deux confessions jusqu'en 1901. Située non loin du pont du village, elle est soufflée lors de l'explosion d'une bombe en 1940[6]. Les habitants d'Ingolsheim n'ont pas été témoin du désastre, réfugiés qu'ils étaient alors en Haute-Vienne, autour de Bessines-sur-Gartempes. Seule l'une des deux cloches, pesant 200 kg, fut retrouvée intact sous les décombres. Par la suite, elle allait être hissée dans le clocher du nouveau sanctuaire construit en 1955 seulement, mais à un nouvel emplacement[7].

L'orgue de l'église protestante[modifier | modifier le code]

L'instrument a été construit en 1966 par Georges Emile Walther. C'est l'opus 55 de la maison Muhleisen. L'expert chargé du projet était Jean-Daniel Weber (ECAAL) ; l'harmonisation a été réalisée "à plein vent" par Emile Wolf. Il semble que ce soit le premier orgue d'Ingolsheim. Il n'y en avait pas dans l'ancienne église simultanée détruite en 1940.

C'est un orgue de la série appelée "SEKA". L'instrument "fondateur" avait été commandé par l’Église Luthérienne du Pays de Bade, et conçu pour les petites paroisses protestantes comme orgue d’accompagnement. Les SEKA comprenaient plusieurs modèles de 4 à 8 jeux. Le dernier fut posé à la Cité de l'Ill (Strasbourg) en 1979[8].

Église catholique Saint Michel[modifier | modifier le code]

La construction de l'église (1900-1901)[modifier | modifier le code]

Ingolsheim, église Saint Michel

L'église au bord de la route de Wissembourg à Soultz-sous-Forêts (construite entre 1783, détruite en 1940 par une explosion) servit aux deux confessions : c'était le simultaneum. Cette situation d'usage simultané de l'édifice cultuel n'était pas exempte de frictions malgré la bonne volonté réciproque. Elle réussit cependant à se maintenir jusqu'à la fin du XIXe siècle. À ce moment-là, le chanoine Kelhetter, incita l'abbé Bechthold, curé de Riedseltz, à faire construire une petite église dans son annexe d'Ingolsheim. Il accompagna sa proposition d'une avance de 300 RM pour engager le projet.

Lorsqu'en avril 1900, les bâtiments qui cachaient le chœur de l'abbatiale Saints-Pierre-et-Paul de Wissembourg furent démolis, le curé Joseph Bechthold y vit l'occasion unique d'acquérir à peu de frais des briques pour son chantier. Dès le 20 juin, elles commencèrent à s'entasser sur le terrain de construction à quelques pas de l'école. Dans un carnet de 16 pages intitulé "Verzeichnis der Riedseltzer Bürger, die zum Neubau einer katholischen Kirche in Ingolsheim Materialen angefahen haben, 1900" (archives de la paroisse de Riedseltz), sont répertoriés quelque 489 voyages avec les noms des bénévoles, leur attelage et leur chargement. Nous apprenons ainsi que du 27 juin au 5 juillet 1900, ils transportèrent 51 466 briques de Wissembourg à Ingolsheim et autres quantités de sable, tuiles et pierres de taille.

Ingolsheim, église Saint Michel (intérieur)

Le conseil de fabrique avait approuvé, le 10 juin, le projet de l'architecte Steller qui s'élevait à 5 500 RM avec la promesse d'une subvention de 1 500 RM. L'argent était disponible ; les travaux pouvaient commencer. Le maître d'œuvre Bogner de Keffenach débuta les travaux de fondations le 20 juillet 1900 ; furent achevés le 12 août et arrosés par 23 bouteilles de bière. Lorsque la construction s'engagea dans sa phase active, l'ambition des promoteurs s'accrut et l'on estima qu'un clocher donnerait plus de majesté à l'ensemble. Cette modification coûtera 3 500 RM supplémentaires dont 1 500 de subvention.

L'ouvrage avançait. Et déjà il fallait songer aux cérémonies d'inauguration. Elles eurent lieu le 5 décembre 1901 en présence du curé-doyen Jean-Baptiste Steffan de Wissembourg, du comte de Bissingen représentant le gouvernement, de 22 ecclésiastiques et de toute la population du village. La Weissenburger Zeitung du mardi 10 décembre 1901 se fit l'écho de la manifestation : "Am Donnerstag wurde die neue Kirche im Beisein von 20 Geistlichen und unter grossem Andrang der Gläubigen der Umgegend, besonders aus Riedseltz, feierlich eingeweiht. Nachdem der Weiheakt von Stadtpfarrer Steffan aus Weissenburg vorgenommen war, hielt Diözesanmissionnär Kelhetter die Festpredigt. Kantonnalpfarrer Ludwig von Sulz u. Wald sang hierauf das Hochamt für alle Diejenigen, welche zum Neubau der Kirche beigetragen haben. Dabei gab der Sängerchor von Riedseltz Proben seines Könnens zum Besten und verdiente für seine Leistungen Allgemeine Anerkennung".

Le 29 mai 1902, un arrêté ministériel constate officiellement la fin du simultaneum à Ingolsheim. Au cours de la seconde guerre mondiale, le clocher de l'église fut endommagé ; lors de sa reconstruction, son aspect initial fut modifié[9].

Les cloches de l'église Saint Michel (1902 et 2000)[modifier | modifier le code]

La construction de la nouvelle église d'Ingolsheim étant achevée, on procéda dès 1902 à l'installation de deux cloches ; elles ont été coulées par Johann Georg Pfeiffer de Kaiserslautern :

- la cloche "Sankt Michael" (env. 125 kg) ; parrain : Michael Horner de Schœnenbourg ; marraine : Katharina Kauff d'Ingolsheim.

- la cloche "Sankt Georg" (env. 105 kg, Fa 4) ; parrain : Philipp Kauff d'Ingolsheim ; marraine : Margaretha Waltz d'Ingolsheim.

La première guerre mondiale éclate en 1914. L'église d'Ingolsheim, comme beaucoup d'autres églises, se voit réquisitionner l'une de ses cloches, "Sankt Michael", le 27 juillet 1917. Une indemnité de 623 M a été versée à la fabrique de la paroisse de Riedseltz-Ingolsheim. La cloche réquisitionnée n'a pas été remplacée après la guerre : durant de longues décennies, la cloche "Sankt Georg" sera seule à accompagner les joies et les peines célébrées dans la petite église Saint Michel.

En août 1999, un paroissien d'Ingolsheim, avec l'aide du chanoine René Levresse, chancelier de l'archevêché de Strasbourg, consulta les archives relatives à l'église d'Ingolsheim. Ils découvrirent un écrit intéressant et oublié : la déclaration de la requisition des cloches des églises catholiques de Riedseltz et d'Ingolsheim en 1917. Très vite quelques paroissiens d'Ingolsheim ont l'idée de travailler au projet de remise en place d'une deuxième cloche dans leur église. La maison Voegelé de Strasbourg-Koenigshoffen propose un devis d'un montant de 6 318 € (septembre 1999) ; cette somme n'étant pas disponible, le projet est momentanément abandonné.

Lorsque le projet est à nouveau relancé (janvier 2003), la maison Voegelé est en possession d'une cloche neuve invendue qui pourrait convenir au clocher de l'église Saint Michel ; elle pourrait être cédée et installée pour la somme de 4 701 €. Cette cloche était initialement destinée à la paroisse de Matoury (Guyane). Le P. Joseph Plug, missionnaire spiritain originaire d'Alsace, projetait de construire une nouvelle église sur sa paroisse de Matoury ; il passa commande de quatre cloches auprès de la maison Voegelé, en 2000. Peu de temps après, le P. Plug quitta sa paroisse et son successeur renonça au projet de construction. Les cloches venant d'être coulées au Mont Sainte-Odile dans le cadre de l'opération "Cloches 2000", elles restèrent en Alsace et furent mises en vente. L'une d'entre-elles rejoindra le clocher de l'église d'Ingolsheim :

- la cloche "Saint Pierre" (226 kg, Ré 4). Elle a été coulée en août 2000 au Mont Sainte-Odile sous la direction de la maison Voegelé de Strasbourg-Koenigshoffen, avec la coopération des fondeurs Herrmann Schmitt (Brockscheid) et Frère Michaël (abbaye de Maria-Laach). Bénédiction le 12 septembre 2004 par l'abbé Patrick Koehler, curé de la paroisse de Riedseltz-Ingolsheim.

Grâce à la ténacité d'une poignée de paroissiens et à la générosité de nombreux donateurs, grâce à l'appui de la fabrique de l'église, de la paroisse protestante, de la commune d'Ingolsheim et du conseiller général Jean-Laurent Vonau, l'église Saint Michel a retrouvé une deuxième cloche .

Fermes[modifier | modifier le code]

Ferme, 5 rue de Bessines, 1815-1858[modifier | modifier le code]

Sur le pignon, les deux petits volets, à l'étage, permettent à la fois d'aérer et d'éclairer le grenier. Ce type d'aménagement est propre aux maisons à un seul étage, ne possédant qu'une fenêtre pour l'unique pièce aménagée en longueur, dans laquelle sont souvent installés, à l'origine, les lits des enfants, directement sous la pente du toit[6].

Ferme, 1 rue Eckhard, 1752[modifier | modifier le code]

La ferme porte la date d'édification sur le linteau de la cave. Contrairement aux traditionnelles maisons à colombage du XVIIIe siècle, la disposition des poutres est loin d'être symétrique. L'arrière de la maison, détruit par l'explosion d'une bombe en 1940, a été réparé, en maçonnerie[6].

Ingolsheim, vue sur le village (depuis la Ligne Maginot)

Ligne Maginot[modifier | modifier le code]

Figées sur les hauteurs à l'ouest du village, les tourelles métalliques en forme de cloches de l'ouvrage de Schœnenbourg, l'une des pièces maîtresses de la ligne Maginot, montent une garde désormais inutile, à l'heure de l'Europe. En réalité, le fort est propriété conjointe, depuis que l'Armée en 1999 a décidé sa cession, des communes de Hunspach (23 ha) et Ingolsheim (18 ha), sur le territoire desquelles se trouve l'ensemble patrimonial classé monument historique. La gestion reste confiée, par bail emphytéotique de 49 ans, à l'Association des Amis de la Ligne Maginot, laquelle œuvrant depuis 1983, a permis le sauvetage du fort de Schœnenbourg, alors que ses vestiges étaient forts convoités par les ferrailleurs. En lui rendant son aspect d'origine au prix d'un travail bénévole impressionnant, l'association a fait de cet ancien ouvrage de guerre, un site touristique exemplaire recevant quelque 40 000 visiteurs par an[7].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.labanquedublason2.com (consulté le 24 mai 2009)
  2. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  3. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  6. a, b et c Le patrimoine des communes du Bas-Rhin, Flohic, (ISBN 2-84234-055-8), p. 1271
  7. a et b Bernard Weigel, Le pays de Wissembourg, ID L’Édition, rue de Nomeny, Strasbourg, (ISBN 2-913302-90-4), p. 69
  8. « Orgues d'Alsace » (consulté le 15 août 2016)
  9. René Reiss, "Ingolsheim, discours des neiges d'antan" et "D'Ingelser, de 1800 à 1975"

Liens externes[modifier | modifier le code]