Inge Lehmann

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Inge Lehmann
Naissance
Copenhague, Danemark (Danemark)
Décès (à 104 ans)
Copenhague, Danemark (Danemark)
Nationalité danoise
Champs sismologie
Formation université de Copenhague
Renommée pour discontinuité de Lehmann
Distinctions médaille William Bowie

Inge Lehmann est une sismologue danoise née le à Copenhague au Danemark et morte le dans la même ville.

Biographie[modifier | modifier le code]

Inge Lehmann est née en 1888 à Copenhague au Danemark. Son père Alfred Georg Ludvik Lehmann (1858-1921) était un psychologue expérimental à l'université de Copenhague. Chose rare, elle bénéficie d'un enseignement qui ne fait pas de différence entre les garçons et les filles, donné dans un établissement secondaire danois fondé par la tante de Niels Bohr, Hanna Adler[1].

Au bout de trois années à l’université de Copenhague, où elle étudie aussi les mathématiques, la chimie, la physique et l’astronomie, elle passe haut la main tous ses examens, ce qui la conduit en 1910 au Newnham College de l'université de Cambridge au Royaume-Uni[2]. Mal préparée pour passer l'épreuve du Mathematical Tripos, elle va jusqu'au surmenage dans ses tentatives pour se mettre rapidement à niveau, ce qui la conduit à retourner à Copenhague en décembre 1911 et y devenir employée dans un bureau d'actuaire où elle acquiert de grandes compétences en calcul[3]. En 1918, elle reprend ses études supérieures à l’université de Copenhague. Après quelques années à travailler dans le commerce des assurances, elle devient l'assistante du géodésiste Niels Erik Nörlund qui lui donne comme mission d'installer des observatoires sismologiques au Danemark et au Groenland. Intéressée par ce domaine scientifique, elle décroche un doctorat en géodésie, avec une partie consacrée à la sismologie en 1928[1].

Suite à ce doctorat, elle est nommée directeur du département de sismologie de l’Institut royal danois de géodésie (en). Elle part à la retraite en 1953 mais continue d'effectuer des recherches, participant notamment au Vela Uniform (en), programme militaire américain d'installation d'un réseau de sismomètres pour surveiller et localiser d’éventuels essais nucléaires en sous-sol. Indirectement, ce projet contribue à l’essor de la théorie de la tectonique des plaques[4].

Travaux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discontinuité de Lehmann.

En 1936, elle montre que le noyau liquide à l'intérieur de la Terre, mis en évidence par Beno Gutenberg en 1912, doit contenir une « graine » solide pour expliquer l'arrivée de certaines phases sur les sismogrammes[5]. Le nom de la sismologue a été donné à la discontinuité de Lehmann qui marque cette interface entre noyaux externe et interne.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Lehmann a reçu de nombreuses distinctions pour ses réalisations scientifiques exceptionnelles, parmi eux le Prix Gordon Wood (1960), la Médaille Emil Wiechert (1964), la Médaille d'or de la Société royale danoise des Sciences et des Lettres (1965), le Tagea Brandt Rejselegat (1938 et 1967), l'élection à titre de Fellow de la Royal Society en 1969, la médaille William Bowie en 1971 de l'American Geophysical Union (AGU)[6] et la Médaille de la Société sismologique d'Amérique en 1977. Elle a reçu des doctorats honorifiques de l'Université de Columbia en 1964 et de l'Université de Copenhague en 1968 et une médaille de l'AGU, créée pour distinguer une contribution exceptionnelle à la compréhension de la structure, la composition et la dynamique du manteau et le noyau de la Terre, porte son nom[7].

Par ailleurs, l’astéroïde 5632 Lehmann porte son nom.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Catharine M. C. Haines, International Women in Science, ABC-CLIO,‎ 2001, p. 173.
  2. « Inge Lehmann », sur Physics at UCLA.
  3. (en) Anne Commire, Deborah Klezmer, Women in World History: A Biographical Encyclopedia, Yorkin Publications,‎ 1999, p. 320.
  4. Laurent Sacco, « Inge Lehmann, la découvreuse de la graine de la Terre », sur futura-sciences.com,‎ .
  5. Lehmann I. (1936). P'. Publications du Bureau Central Séismologique International, série A, Travaux Scientifiques 14, 87-115.
  6. « William Bowie Medal », sur American Geophysical Union.
  7. « Inge Lehman Medal », sur American Geophysical Union

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Stephen G. Brush, « Discovery of the Earth's core. », American Journal of Physics, vol. 48, no 9,‎ , p. 705-724 (DOI 10.1119/1.12026).
  • Kölbl-Ebert M. (2001). Inge Lehmann's paper: P' (1936). Épisodes, 24, 262-267.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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