Ingénieur de l'industrie et des mines

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Ingénieur de l'industrie et des mines désigne à la fois un métier et un titre (obtenu à la suite de divers examens professionnels). Dans les cadres industriel et minier, il participe à deux grandes catégories d'activité : l'inspection des installations industrielles et le développement économique des entreprises.

Les ingénieurs de l’industrie et des mines[modifier | modifier le code]

En France, les ingénieurs de l’industrie et des mines (IIM) constitue un corps de la fonction publique d'État. Ce corps a vocation[1] à veiller au fonctionnement des activités industrielles au travers d'une part de missions de contrôle (inspection de la sûreté nucléaire, contrôle des barrages, contrôle des poids et mesures, inspection des installations classées pour la protection de l'environnement, contrôle des véhicules lourds, inspection du travail des mines et carrières, etc.) et de missions d'accompagnement de projet industriel (financement de pôles de compétitivité, aide aux projets collaboratifs d'entreprises, analyse sectorielle de l'industrie, veille technologique, normalisation, etc.).

Les IIM exercent leurs missions au sein des différentes structures qui ont besoin de leur compétence, en particulier : l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), les Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE), les Directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL), ainsi que dans les administrations centrales correspondantes du Ministère en charge de l'Industrie et du Ministère en charge de l'Environnement.

Ils ont donc une vocation interministérielle forte dans l’exercice de leur métier, bien que rattachés statutairement au Ministère de l’Économie et des Finances..

Le recrutement se fait par concours après CPGE à l'école des mines de Douai - pour une quinzaine d'élèves-ingénieur par an, ainsi que dans une plus grande proportion - une trentaine d'IIM par an - par concours externe sur titre : ainsi, de nombreux IIM sont issus des écoles des mines autres que celle de Douai, mais également de manière plus générale d’écoles d’ingénieurs ou universitaires, ou enfin, du corps des techniciens supérieurs de l'économie et de l'industrie (TSEI) par la voie de la promotion interne professionnelle.

Aujourd’hui, le recrutement est élargi de manière à faire face à la complexité et multiplicité des situations industrielles, aux mutations technologiques rapides et à l’évolution des organisations, il importe d’avoir des professionnels d’horizons variés et d’expériences diverses.

En 2017, ils sont plus de 1700.

Les métiers des IIM[modifier | modifier le code]

De par leur vocation interministérielle et pluridisciplinaire pour le compte de plusieurs ministères, les IIM sont présents sur de multiples activités regroupées en 2 grandes catégories.

Missions de police[modifier | modifier le code]

Les missions de police sont une action régalienne indispensable ; il est inutile d’édicter des règlements si on ne vérifie pas leur application.

Dans ce chapitre on trouve bien sûr la mission principale assurée pour le compte du ministère de l’écologie et du développement durable que constitue l’inspection des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE).

Une installation classée est une activité à caractère industriel susceptible d’entraîner des impacts ou des risques pour son environnement, notamment pour la sécurité et la santé des riverains. La législation des installations classées confère à l’État des pouvoirs d’autorisation ou refus d’autorisation de fonctionnement d’une installation, de réglementation, de contrôle et de sanction. Ces opérations sont confiées à des services techniques qualifiés au sein des DREAL pour les activités industrielles, ces services formant l’inspection des installations classées.

Dans le même ordre d’idées mais avec un encadrement par des textes très spécifiques en évolution depuis la création d’une autorité indépendante de contrôle, l'ASN, l’industrie nucléaire est contrôlée par un corps d’inspecteurs des installations nucléaires au rang desquels figurent une majorité d’ingénieurs de l’industrie et des mines.

Les contrôles techniques des véhicules, des équipements sous pression, de la métrologie, autrefois exercées par les DRIRE, sont également à inscrire dans ce premier chapitre des missions de police.

Il faut néanmoins souligner dans l’exercice de ces missions très techniques une évolution importante dans la façon de faire au cours de ces dernières années. Ces contrôles qui antérieurement privilégiait les contrôles au premier niveau par l’administration a évolué vers des contrôles au second niveau. L’externalisation du contrôle des véhicules, mission traditionnelle des services des mines, en est la dernière illustration.

En clair, cela signifie qu’il est de plus en plus demandé aux détenteurs de ce type de matériels de se responsabiliser en disposant des compétences internes ou de prestataires ad-hoc.

Missions liées au développement économique et à l’accompagnement des entreprises[modifier | modifier le code]

À ce niveau, les DIRECCTE agissent comme les représentants sur le terrain du ministère de l’industrie dont ils assurent en quelque sorte le relais auprès des acteurs locaux.

Leurs interlocuteurs sont principalement les petites et moyennes entreprises (PME) ou petites et moyennes industries (PMI) que les DIRECCTE accompagnent dans leur développement, mutation technologique et acquisition de compétences nouvelles. Ces interlocuteurs peuvent être également les représentations locales de grandes entreprises : les ingénieurs des DIRECCTE suivront alors avec vigilance l’évolution et la durabilité de ces entreprises par rapport à leurs marchés dans un contexte mondial de plus en plus concurrencé. Dans bien des cas il s’agira de faire de la veille et d’anticiper les mutations technologiques ou économiques éventuelles.

Avec la décentralisation, les IIM dans leur métier de « développeur économique » notent de plus en plus une évolution de l’accompagnement des PME ou PMI et le transfert d’une partie des compétences de l’État vers les régions : les aides collectives sur des programmes intéressant des catégories d’entreprises d’un secteur donné ou sur une thématique commune à plusieurs entreprises de secteurs différents sont désormais privilégiées au détriment des aides individuelles transférées aux régions.

Dans les actions collectives de développement industriel, on peut noter également toutes celles visant à la mise en place de nouvelles formes de gouvernance locale orientées vers le développement durable. (Il s’agissait là pour les DRIRE de jouer un rôle pivot de garant environnemental en contribuant à la construction de communautés d’intérêt autour des enjeux écologiques et des enjeux de développement durable, avant leur partition entre DIRECCTE et DREAL).

Citons enfin la mise en place des pôles de compétitivité dans lesquels les DIRECCTE sont la plupart du temps très impliqués comme facilitateur et courroie de transmission entre le monde industriel et le monde de la recherche.

Le Syndicat national des ingénieurs de l’industrie et des mines[modifier | modifier le code]

Le Syndicat national des ingénieurs de l’industrie et des mines (SNIIM), syndicat professionnel, regroupe plus de 85 % du corps des ingénieurs de l’industrie et des mines qui compte environ 1700 ingénieurs. Il est affilié à Force ouvrière, via la Fédération FO des Finances ainsi que via la Fédération Générales des Fonctionnaires (FGF-FO).

Le SNIIM organise tous les deux ans depuis 1996 les « Défis de l’Industrie », un colloque biennal de réflexion et de travail sur l’industrie et l’environnement. L’édition 2006 qui a eu lieu le 14 novembre à la Cité des Sciences et de l’Industrie de la Villette à Paris était intitulé « Réglementation et compétitivité : quelle industrie demain ? ».

Sous l’égide de leur syndicat national, les Ingénieurs de l’Industrie et des Mines participent également en qualité de coorganisateurs aux Assises nationales des Déchets de la Baule qui réunissent tous les 2 ans depuis 1991 les principaux acteurs de la filière déchets, ainsi qu'aux Assises Nationales des Risques Technologiques de Douai.

Ils publient également des guides pour aider les industriels à mener leur activité dans le respect de la réglementation environnementale:

  • Guide de l'Inspection des Installations classées,
  • Guide de l'exploitant de carrière,
  • Guide du traitement des déchets,
  • Guide de la radioprotection.

Le SNIIM publie par ailleurs la revue « Print Industrie » qui traitent des principaux enjeux industriels régionaux, nationaux et internationaux en direction des industriels, des élus et des associations.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Décret n° 88-507 du 29 avril 1988 portant création et statut particulier du corps des ingénieurs de l'industrie et des mines.

2. Décret n° 2012-984 du 22 août 2012 portant statut particulier du corps des techniciens supérieurs de l'économie et de l'industrie

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]