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Industrie du plastique

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Presses à injecter du PVC dans une usine du groupe Nicoll, à Cholet en 2006.
Bouteilles plastique en cours de fabrication.
Accumulation de déchets plastiques, rivière Starka (Kova, Russie).

L'industrie des plastiques regroupe toutes les activités de conception, de fabrication (plasturgie), de commercialisation et de recyclage de matériaux polymères, communément appelés « plastiques », utilisés dans un large éventail d'applications : emballage, construction, électronique, industrie aérospatiale, transport, agriculture, sylviculture, jouets, gadgets, ainsi que dans certains produits de consommation courante tels que les dentifrices et cosmétiques contenant des microplastiques.
La production amont de ce secteur relève principalement de l'industrie chimique et dépend encore largement des hydrocarbures fossiles (notamment naphta et gaz naturel), dont la consommation est considérable : environ 17,4 millions de barils de pétrole par jour en 2016, soit près de 20 % de la consommation mondiale, ce qui rattache en grande partie cette activité à l'industrie pétrochimique.

Outre la production de matières plastiques brutes, l'ingénierie des matières plastiques constitue un volet important du secteur : les polymères y sont transformés et formulés avec divers additifs, colorants et catalyseurs (souvent toxiques et/ou écotoxiques et/ou perturbateurs endocriniens) afin d'améliorer leurs propriétés mécaniques, thermiques ou esthétiques. Depuis la fin du XXe siècle, une attention croissante est portée au recyclage, avec la mise en place de filières de tri et de valorisation plus performantes, ainsi qu'au développement de plastiques dits « verts », élaborés à partir de ressources végétales ou renouvelables[1]. Ces évolutions répondent à des enjeux environnementaux majeurs liés à la pollution plastique et à la dépendance aux ressources fossiles.

Bien que des résines naturelles soient utilisées depuis la préhistoire sur plusieurs continents, les premiers plastiques synthétiques produits à échelle industrielle sont des produits de type bakélite puis essentiellement produits à partir de pétrole.

Peu de secteurs industriels ont connu une croissance aussi forte que celle du plastique en seulement soixante ans (tant en tonnage qu'en termes de variété des usages), mais avec comme effet une dépendance croissante et systémique de très nombreux secteurs de l'économie aux biens et matériaux plastiques, et avec comme effet connexe une pollution plastique omniprésente, retrouvée jusque dans les pluies et la neige, des sommets montagneux aux grands fonds marins. Les déchets de plastique sont omniprésents et très mal collectés et encore peu recyclés (en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire), ils s'accumulent dans l'environnement et les organismes vivants, humains y compris[2].

Une étude récente, basée sur les meilleures pratiques observées dans cinq pays (Roumanie, Canada, Égypte, Indonésie et Brésil) a fait le point sur les freins, progrès et défis de la gestion des déchets plastiques. Elle montre que dans le monde, les systèmes de gestion des déchets plastiques sont encore très fondés sur l'incinération[3] ou la mise en décharge, ce qui freine l'évolution vers l'économie circulaire[4],[5] et les approches « zéro déchet » dans cette industrie. Parmi les moyens d'y remédier figurent (outre une écoconception de produits plus facile à réutiliser et recycler, et outre une réduction de la production en amont) ; un meilleur taux de « capture » des plastiques à envoyer dans les boucles circulaires[6],[7] (systèmes de consigne, banques de déchets, réemploi[8],[9] et recyclage, technologies de recyclage, valorisation énergétique) ; avec des incitations financières et politiques (responsabilité élargie du producteur)[10], des obligations règlementaires (interdictions et restrictions sur les « plastiques à usage unique »[11],[12]). L'étude a aussi exploré les alternatives comme des matériaux d'emballage compostables d'origine végétale, les bouteilles en verre avec systèmes de recharge ou le carton monomatériau[13].

Ceci fait du plastique un objet de débat environnemental, sanitaire, éthique, philosophique[14] et sociétal, autrefois symbole du progrès industriel, il devient symbole de la crise de la société postmoderne[2].

Consommation de ressources

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Vers 2015, l'industrie du plastique est encore essentiellement pétrochimique. Elle a consommé en 2016 environ 17,4 millions de barils de pétrole par jour, soit près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole[2]. Ses fournisseurs historiques de matière première pétrogazière sont Shell, Aramco et d'autres grands groupes pétrogaziers), via des sociétés chimiques préparant les monomères[2].

Évolution de la production des plastiques entre 1950 et 2012. Noter la baisse de production liée à la pandémie de Covid-19)

Elle croit fortement et régulièrement depuis le milieu du XXe siècle, et à échelle mondiale.

Demande européenne de plastiques, par secteur, en 2012 (source PlasticsEurope.
En 2018, la demande a atteint 51,8 millions de tonnes par an.
Demande de résines plastiques en Europe, en 2017, en pourcentage de la demande plastique totale ; selon une étude menée par PlasticsEurope.

La production de plastiques augmente régulièrement dans le monde ; 1,5 Mt en 1950[15], 280 Mt en 2011[16], 311 millions de tonnes en 2014[17], 322 millions de tonnes en 2015[18].

En 2024, la production annuelle de plastique a plus que doublé en vingt ans pour atteindre 460 millions de tonnes[19].

La production mondiale de plastiques cumulée depuis 1950 se monte à 8,3 milliards de tonnes (6,3 sont des déchets, dont seuls 9 % ont été recyclés, 12 % ont été incinérés et 79 % accumulés dans des décharges ou dans la nature) et pourrait atteindre 25 milliards de tonnes d'ici à 2050, selon une étude publiée dans la revue Science Advances[20]. Avec une production mondiale de ~54 Mt en 2001, le polyéthylène [(-CH2-)n] est un polymère de synthèse très consommé[21]. Les plus répandus sont le polypropylène [(-CH2-CH(CH3)-)n], le polyéthylène, le poly(chlorure de vinyle) [(-CH2-CH(Cl)-)n], le polystyrène, le polyuréthane et le poly(téréphtalate d'éthylène) (PET, PETE).

Le PET et le poly(carbonate de bisphénol A) (PC, thermoplastique technique) connaissent une forte progression depuis les années 1990. La production totale du PET était de ~18 Mt en 2001.

En 2013, l'Union européenne était le 2e producteur (20 % de la production mondiale), juste derrière la Chine (24,8 %) mais loin derrière la totalité de l'Asie qui assure près de la moitié de la production mondiale[22]. En 2018, l'UE assurait 17 % de la production et la Chine 30 %[23]. La demande totale en 2013 en Europe a été de 46,3 millions de tonnes, dont la moitié pour l'Allemagne (25,4 % du total), l'Italie (14,3 %) et la France (9,7 %)[22]. Selon PlasticsEurope (citant Eurostat), en 2013, le secteur de la production de matière plastique comptait environ 134 000 employés, alors que les industriels transformant la résine en objets de plastique employaient 1 267 000 personnes[22]. La production a fortement chuté en 2008, à cause de la crise de 2008, pour repartir à la hausse en 2009. Concernant la part du plastique présent dans les déchets gérés ; en Europe en 2013, selon PlasticsEurope : 26 % étaient recyclés, 36 % étaient brûlés en incinérateur, généralement avec récupération de l'énergie, et 38 % étaient encore mis en décharge, cette dernière « solution » diminuant néanmoins lentement (tonnage enfoui passé de 12,9 millions de tonnes en 2006 à 9,6 millions de tonnes en 2012, les pays qui ont interdit la mise en décharge ayant le meilleur taux de recyclage)[24].

Dans ce pays la production de plastique augmente encore (ex. : +7,8 % en un an, de 2016 à 2017)[25].

Le taux de recyclage est encore faible ; selon le commissariat général au développement durable, d'après PlasticsEurope (en 2019), seuls 22 % des déchets plastiques du pays et 26 % des déchets d'emballages plastiques sont recyclés[26] ; chaque année une grande quantité de plastique est incinérée ou mise en décharge, et , 11 200 tonnes de déchets plastique français sont déversés dans la mer Méditerranée[27] et les rivières sont contaminées par des microplastiques[28].

Des mesures de réduction de l'utilisation du plastique sont intégrées dans le plan Biodiversité (2018), dans la loi pour la reconquête de la biodiversité (2016), dans la loi de transition énergétique pour la croissance verte (2015), etc. La feuille de route pour l'économie circulaire vise 100 % des déchets plastiques recyclés en 2025[26].

Les chiffres ci-dessous incluent les thermoplastiques et les polyuréthanes, ainsi que les thermodurcissables, les adhésifs, les revêtements et les produits d'étanchéité et les fibres plastiques (nylon, polypropylène...)[24]. Les données ont été recueillies par PlasticsEurope (PEMRG) et Consultic[29].

Production mondiale de plastique (Mt)[24]
Année Mégatonnes dont en Europe[24],[23],[30]
2002 204 56
2002 245
2007 250 65
2009 257 55
2011 279 58
2012 288 57
2013 299 58
2014 311 59
2015 322 58
2016 335 60
2017 348 64,4
2017 359 61,8

Producteurs

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En Europe, on trouve notamment :

Débouchés, marchés

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Selon PlasticsEurope, les trois principaux marchés des plastiques sont l'emballage, le bâtiment, la construction et l'automobile[24].

En 2016, l'emballage est le premier débouché (150 millions de tonnes dans le monde) devant le bâtiment et de la construction (60 millions de t/an, soit 40 % des usages dans l'Union européenne et jusqu'à 46 % en France), suivi du textile synthétique (55 millions de t/an), devant divers biens de consommation, le secteur automobile et l'électronique.

L'emballage plastique est souvent un usage éphémère ; selon l'ONU, 500 milliards de sacs en plastique sont utilisés par an, soit 10 millions par minute. Chaque Sud-coréen et chaque Canadien en utiliserait près de 100 kg/an (2015) ; contre 80 kg aux États-Unis, 60 kg en Europe occidentale, 45 kg en Chine, 10 kg en Inde et 5 kg en Afrique. Le plastique n'est généralement utilisé qu'une seule fois puis jeté, et souvent non recyclé.

Selon Roland Geyer (université de Californie), sur 8,3 milliards de tonnes fabriqués de 1950 à 2015, 5,8 milliards de tonnes ont été jetés (en partie recyclés ou incinérés) et 4,6 milliards de tonnes ont fini dans l'environnement, in fine souvent dans les océans.

L'industrie des plastiques comme lobby

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Cette industrie est notamment représentée par :

États-Unis

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Royaume-Uni

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  • Plexconcil - The Plastics Export Promotion Council, Government of India
  • Plastindia

International

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Pays et sites

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  • Beccles, ville anglaise considérée comme consacrée à l'industrie du plastique
  • Érié, centre de l'industrie du plastique aux États-Unis
  • Oyonnax, au cœur de la Plastics Vallée, en France
  • Stenungsund, ville considérée comme le centre de l'industrie du plastique en Suède

Initiatives

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Journaux et conférences

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Foires internationales

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  • NPE - National Plastics Expo (États-Unis)
  • Chinaplas (Chine)
  • K (Allemagne)
  • Plastimagen (Mexique)
  • Plastivision (Inde)
  • Plastpol (Pologne)
  • Interplas (Royaume-Uni)
  • Interplastica (Russie)
  • JEC (France)

Exemples de produits

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Articles connexes

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Bibliographie

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Vidéographie

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Liens externes

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Une catégorie est consacrée à ce sujet : Industrie du plastique.

Notes et références

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  1. Rabetafika, H. N., Paquot, M. et Dubois, P. (2006), Les polymères issus du végétal : matériaux à propriétés spécifiques pour des applications ciblées en industrie plastique, Biotechnologie, agronomie, société et environnement, 10(3).
  2. a b c et d Philippe Chalmin (2019), « The history of plastics: from the Capitol to the Tarpeian Rock », Field Actions Science Reports, Special Issue 19, .
  3. Eriksson, O., et Finnveden, G. (2009). Plastic waste as a fuel—CO2-neutral or not? Energy & Environmental Science, 2, 907–914.
  4. Balaji, A. B., & Liu, X. (2020). Plastics in circular economy: A sustainable progression. In An introduction to circular economy (pp. 159–178). Springer Singapore.
  5. (en) Anna Barford et Saffy Rose Ahmad, « Levers for a corporate transition to a plastics circular economy », Business Strategy and the Environment, vol. 32, no 4,‎ , p. 1203–1217 (ISSN 0964-4733 et 1099-0836, DOI 10.1002/bse.3182, lire en ligne, consulté le ).
  6. (en) EC. (2018). A European strategy for plastics in a circular economy. European Commission [lire en ligne].
  7. (en) Ellen MacArthur Foundation. (n.d.). Extended producer responsibility: A necessary part of the solution to packaging waste and pollution. Https://ellenmacarthurfoundation.org/extended-producer-responsibility/overview.
  8. (en) Albrecht, S., Bertling, J., Fischer, M., Gehring, F., Kabasci, S., Prescher, T., ... et Schulte, A. REUSABLE PLASTIC CRATES vs. SINGLE-USE CARDBOARD BOXES [lire en ligne].
  9. Rennesson, C. (2024). Réemployer le plastique, ou pas?. In Annales des Mines-Responsabilité & environnement (vol. 116, no 4, pp. 65-68). Institut Mines-Télécom [lire en ligne].
  10. (en) Dimitropoulos, A., Tijm, J., et Veld, D. (2021, juillet). Extended producer responsibility: Design, functioning, and effects [Background Document]. PBL Netherlands Environmental Assessment Agency. Https://www.cpb.nl/sites/default/files/omnidownload/PBL-CPB-2021-Extended-Producer-Responsibility-Design-Functioning-Effects.pdf.
  11. (en) Cornago, E., et Borkey, P. (13 octobre 2021). Preventing single-use plastic waste: Implications of different policy approaches (Environment Working Paper, 182). OECD Environment Directorate.
  12. Vernier, J. (2024). La REP (Responsabilité des producteurs en matière de déchets): une solution pour la diminution des plastiques. In Annales des Mines-Responsabilité & environnement (vol. 116, no 4, p. 86-89). Institut Mines-Télécom [lire en ligne].
  13. (en) Florin-Constantin Mihai, Christia Meidiana, Sherien Elagroudy et Simona-Roxana Ulman, « Plastic Waste Management for Zero Waste to Landfills: Potential, Challenges, and Opportunities », dans Zero Waste Management Technologies, Springer Nature Switzerland, 97–136 p. (ISBN 978-3-031-57274-6, DOI 10.1007/978-3-031-57275-3_6, lire en ligne).
  14. Claire Larroque (philosophie morale et politique et philosophie de l'environnement), Philosophie du déchet, Humensis - 400 pages, publié le 2 octobre 2024.
  15. (en) Michel Biron, Thermoplastics and Thermoplastic Composites, William Andrew, , p. 31.
  16. Roselyne Messal, « La valorisation des déchets plastiques en Europe et en France : encore des progrès à faire… », no 371-372, sur lactualitechimique.org, Actual Chim., (consulté le ), p. 12.
  17. (en) « Plastics - the facts 2015 : An analysis of European plastics production, demand and waste data », sur Issuu, PlasticsEurope, (consulté le )
  18. (en) Honkonen, Tuula et Khan, Sabaa A., Chemicals and Waste Governance Beyond 2020, Nordic Council of Ministers, , p. 37.
  19. « Les chercheurs pensent savoir où il se cache : 70% du plastique qui atteint l'océan «disparaît» », sur elwatan-dz.com, El Watan, .
  20. Clémentine Thiberge, « Depuis 1950, l'homme a fabriqué 8,3 milliards de tonnes de plastiques », lemonde.fr, (consulté le )
  21. Le PVC, le PP et le PE ont des prix très bas, voisins d'un millier d'€/t (gros volumes de production) ; à l'opposé, le PEEK ou certains polyimides coûtent environ cent fois plus cher (en 2008).
  22. a b et c https://www.plasticseurope.org/application/files/5515/1689/9220/2014plastics_the_facts_PubFeb2015.pdf
  23. a et b Plastics_the_facts2019
  24. a b c d et e « Plastics – the Facts 2014/2015; An analysis of European plastics production, demand and waste data », www.plasticseurope.org
  25. Pierre Gilbert, « « La production de plastique va augmenter de 40 % dans les 10 ans qui viennent » – Entretien avec Jacques Exbalin », Le vent se lève, .
  26. a et b Commissariat général au développement durable, « L'environnement en France : Rapport de synthèse voir » [PDF], , p. 149.
  27. Sylvie Burnouf, « Chaque année, 11 200 tonnes de déchets plastique français polluent la Méditerranée », Le Monde, .
  28. Raphaëlle Besançon, « Surfrider alerte sur la pollution aux microplastiques dans nos rivières », sur France 3 Normandie, .
  29. « consultic - consultic », sur consultic.de (consulté le )
  30. Compelling Facts 2006