Indiano

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Casa de los Ceas à Cordoue, connue comme maison de l'indiano pour avoir été achetée par Juan Cosme Paniagua[1].

Un Indiano est un colon espagnol qui partait en Amérique espagnole et en revenait riche. Le terme est devenu un personnage littéraire dès le siècle d'or espagnol, par exemple avec Lope de Vega. Le terme s'étend aux descendants de ces colons avec une connotation admirative ou péjorative selon le contexte.

Littérature[modifier | modifier le code]

Dès le XVIe siècle, Lope de Vega décrivit nombre de voyages aux « Indes ». Il introduisit l'« indiano » comme personnage littéraire. C'est un personnage à la fois en quête de richesse et un enrichi, le terme est souvent utilisé de façon péjorative dans ses nouvelles (La noche de San Juan, El premio del bien hablar, La moza de cántaro; Amar, servir y esperar, El desprecio agradecido, etc.)

Calderón de la Barca utilise également l'indiano, mais comme personnification de la richesse. Il le fit par exemple dans ces vers[2] :

Espagnol Français

Eugenia :
[...] Buenos son ; pero diez años
 de Indias son mucho mejores.
 Yo pensaba que el adagio
 de tener el padre alcalde
 era niño comparado
 con la suma dignidad
 de tener el padre indiano

Guárdate del agua mansa

Eugénie :
[...] ils sont bons ; mais dix années
aux Indes sont encore meilleures.
Je pensais que l'adage
d'avoir un père maire
était un enfant comparé
à l'immense dignité
d'avoir un père indiano.

Garde toi de l'eau qui dort
Vers 796-802.


L'expression « Indien de fil noir » (Indiano de hilo negro) est définie comme un homme riche, avare, détestable et mesquin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après l'indépendance des colonies espagnoles, entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, les « indianos » se convertirent en caciques. À cette époque, nombre de régions côtières espagnoles virent une émigration de leurs jeunes vers l’Amérique latine pour y faire fortune[3], soit pour rejoindre leur famille déjà installée sur place, soit pour établir un commerce avec l'Europe. Si certains en revinrent riches, la majeure partie ne fit pas fortune mais put fuir la misère de l'Espagne.

Certains purent rentrer plusieurs années plus tard, après avoir amassé de grandes fortunes qui leur valurent parfois des titres de noblesse. Leurs fonds furent réinvestis dans l'économie locale, notamment dans la construction et l'industrie[4]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cordobapedia.
  2. Felipe B. Pedraza Jiménez, Rafael González Cañal, Elena Marcello Calderón: Sistema dramático y técnicas escénicas: actas de las XXIII Jornadas de Teatro Clásico: Almagro, 11, 12 y 13 de julio de 2000, Universidad de Castilla La Mancha, 2001, (ISBN 8484271382).
  3. Ángel Bahamonde Magro, José Cayuela, José Gregorio Cayuela Fernández, Hacer las Américas: Las élites coloniales españolas en el siglo XIX, Alianza Editorial, 1992, (ISBN 8420642312).