Indian Removal Act

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L'Indian Removal Act (en français : « Acte de déplacement des Indiens ») est une loi des États-Unis, proposée par le président Andrew Jackson, votée par le Congrès les 24 avril et 26 mai 1830, et signée par le président le , qui ordonne la déportation des Amérindiens vivant dans les territoires situés entre les treize États fondateurs et le Mississippi, vers un territoire situé au-delà de ce fleuve. Elle concernait 60 000 personnes.

Politique américaine à l'égard des Amérindiens[modifier | modifier le code]

Cette loi représente une rupture dans l'attitude officiellement adoptée par les colons américains à l'égard des premiers occupants du sol. Jusqu'en 1800, 98 % des Blancs vivent sur 7 % du territoire américain, à l'est des Appalaches, sans gêner les vingt millions d'Amérindiens qui vivent à l'ouest. De 1806 à 1830, 50 tribus seront déportées, sous la menace d'expéditions punitives[1]. À l'est, les États-Unis tolèrent les Amérindiens, jusqu'en 1830, pour autant qu'ils adoptent un mode de vie civilisé, c'est-à-dire l'abandon du nomadisme, la pratique de l'agriculture, l'abandon de la propriété collective des terres et l'adoption de la démocratie. Ces conditions, et la pression exercée autant par les colons que par les États, poussèrent des dizaines de tribus à émigrer vers l'ouest. En 1830, les cinq tribus vivant encore à l'est du Mississippi vivaient toutes selon les principes considérés aux États-Unis comme civilisés, et étaient désignées collectivement par le nom des Cinq tribus civilisées : Cherokees, Séminoles, Choctaws, Creeks et Chickasaws. Le déplacement de ces tribus des terres qu'elles occupaient est l'un des thèmes majeurs de la campagne présidentielle de 1828, qui porte Andrew Jackson au pouvoir. Il fait donc présenter la loi le devant le Sénat, qui l'approuve à 28 voix contre 19[2], puis le devant la Chambre des représentants[3] et, à la suite de son adoption à 103 voix contre 97[4], il la signe le [5]. L'un des opposants fut le trappeur Davy Crockett.

Résistance[modifier | modifier le code]

Elias Boudinot, un des dirigeants des Cherokees, s'est opposé à cette loi sur le plan politique, en s'adressant aux Blancs, et a créé pour cela le journal Cherokee Phoenix, qui est sorti 260 fois, de 1828 à 1834, avec 30 % de sa pagination en cherokee, afin de lutter contre l'assimilation culturelle de son peuple.

Application de la loi[modifier | modifier le code]

La Cour suprême des États-Unis considéra que les tribus amérindiennes étaient des nations souveraines (Cherokee Nation v. Georgia (en), 1831), et que les lois des États ne pouvaient s'appliquer à ces tribus (Worcester v. Georgia (en), 1832). Le président Jackson est réputé, sans doute à tort, pour avoir répondu, à la suite de ces condamnations : « Le juge Marshall a pris une décision, qu'il la fasse appliquer ». Mais il est clair qu'il ne défendit pas les tribus contre les décisions des différents États[6].

Le gouvernement mena d'abord des négociations, mais seule une faible partie des peuples concernés était prête à partir à des centaines de kilomètres pour s'établir dans une réserve. C'est l'armée américaine qui finalement mena une véritable déportation des Amérindiens, avec rassemblements préliminaires dans des forts, concentration dans des camps vastes et convoyage.

Cette déportation, particulièrement brutale, s'effectua à marches forcées. Des milliers d'Amérindiens sont morts tout au long du parcours, notamment chez les Cherokees. Ce déplacement est surnommé la Piste des Larmes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Déclin des Nations Indiennes aux États-Unis
  2. (en) Register of Debates, House of Representatives, A Century of Lawmaking for a New Nation: U.S. Congressional Documents and Debates, 1774 - 1875, 21st Congress, 1st Session, p. 383.
  3. (en) Register of Debates, House of Representatives, A Century of Lawmaking for a New Nation: U.S. Congressional Documents and Debates, 1774 - 1875, 21st Congress, 1st Session, p. 993.
  4. (en) Register of Debates, House of Representatives, A Century of Lawmaking for a New Nation: U.S. Congressional Documents and Debates, 1774 - 1875, 21st Congress, 1st Session, p. 1135.
  5. (en) The Library of Congress, Primary Indian Removal Act, Documents in American History.
  6. Remini 2001, p. 257.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ronald N. Satz, American Indian policy in the Jacksonian era, Norman, Red River Books, (1re éd. 1974), 343 p. (ISBN 978-0-8061-3432-1, OCLC 834468503, lire en ligne).
  • (en) Robert V. Remini, Andrew Jackson and his Indian Wars, .

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]