Index de Singapour

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L'index de biodiversité urbaine, également dit Index de Singapour (« City Biodiversity Index » ou CBI pour les anglophones), est un indicateur spécialement construit pour évaluer la biodiversité urbaine[1].

Histoire et contexte[modifier | modifier le code]

Alors que la biodiversité a fortement régressé dans les zones naturelles et cultivées, pendant que les villes grandissaient, il est apparu que les zones urbaines pouvaient, avec une conception et gestion appropriée permettre l'épanouissement d'une certaine biodiversité[2], notamment sur les toitures végétalisées[3] et pour les oiseaux[4] (et en prenant garde à éviter les situations de piège écologique), mais pas uniquement. La biologie de conservation et l'écologie urbaine se sont intéressés aux écopotentialités de la ville, et cherchent à mieux hiérarchiser et évaluer les enjeux et les résultats des actions mises en œuvre par certaines villes ou projets[5]. Pour cela, des objectifs doivent être fixés, et des indicateurs doivent permettre d'évaluer le chemin à parcourir pour les atteindre.

Il n'existait pas d'indice de biodiversité adaptés aux particularités du milieu urbain. Un nouvel indice a donc été préparé et testé avec le centre national de la biodiversité de Singapour (National Biodiversity Centre (Singapore)), il a ensuite été formulé en février 2009, à Singapour même, sur proposition de la ville[1], puis à Nagoya par M. Tsuyoshi Ito en mai 2010 et enfin sous l'égide du Secrétariat de la CDB lors d’un premier atelier, avec l'aide de 17 experts de 10 pays et un groupe d'étude technique.

Il a notamment été présenté à la Conférence mondiale sur la biodiversité de Nagoya (2010) comme un indicateur de référence pour l'ONU.

Utilité[modifier | modifier le code]

Cet index est conçu pour être à la fois un outil d'évaluation environnementale d’état et de résultats ou éventuellement d'écopotentialités urbaines. C'est un outil qui se veut :

Il est vise à montrer – pour la biodiversité urbaine - à la fois les changements ou tendance en matière d’état, de pression et de réponse[6], (ce qui correspond aux types d’indicateurs recommandés et utilisés par l’OCDE[7] et l'Union européenne.

Il doit aussi pouvoir être aussi une aide à la gestion restauratoire de la biodiversité urbaine et plus largement aider les gouvernements nationaux et les autorités locales à incorporer conservation de la biodiversité considérations dans le contexte urbain Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques.

Indicateurs retenus pour l'Index[modifier | modifier le code]

Index indicateur biodiversité urbaine URBIO.jpg

(Voir aussi le schéma ci-contre)

  • indicateurs biodiversité urbaine native.
    1. Taux (%) de ressources naturelles et de zones semi-naturelles
    2. Diversité des écosystèmes
    3. Mesure de la fragmentation écologique
    4. Biodiversité indigène dans le bâti
    5 à 9. Espèces indigènes :.Plantes, Oiseaux, Papillons + 2 espèces à choisir .
    10. Taux (%) d'aires protégées
    11. Proportion d'espèces exotiques invasives
  • Services écosystémiques dépendants de la biodiversité
    12. Services liés aux eaux douces (Coût d'épuration)
    13. Puits de carbone (arbre en ville)
    14. Aménités (récréation et éducation ; nb visites / personne / an)
    15. Surf. et % de la ville en Parcs urbains et aires protégées, Surf par habitant de la ville
    16. Nb de de visites éducatives dans les parcs ou réserves naturelles par an (moins de 16 ans/an)
  • Gouvernance et management de la biodiversité urbaine
    17. Budget consacré à la biodiversité
    18. Nb. de projets & programmes organisés par la Ville / an
    19. Protection réglementaire, Plans d'action locaux pour la biodiversité
    20. Nb.d'établissements couvrant les fonctions essentielles de la biodiversité
    21. Nb. de coordinations inter-agences
    22. Processus de consultation
    23. Partenariats existants
    24. Biodiversité dans les programmes scolaires
    25. Nb. de programmes et événements de sensibilisation.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Glasson, J., Thérivel, R., Chadwick, A., 1999. Introduction to Environmental Impact Assessment: Principles and Procedures, Process, Practice and Prospects, 2nd ed. UCL Press, London
  • Harmon, David and Jonathan Loh, 2004), “A Global Index of Biocultural Diversity”, Discussion Paper for the International Congress on Ethnobiology, University of Kent, U.K., June 2004

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b City Biodiversity Index, URBIO 2010, 21 mai 2010, Nagoya
  2. Angermeier, P. L. 1994. Does biodiversity include artificial diversity. Conservation Biology 8:600–602.
  3. Brenneisen, S. 2006. Space for urban wildlife: designing green roofs as habitats in Switzerland. Urban Habitats 4:27–36.
  4. Blair, R. B. 1996. Land use and avian species diversity along an urban gradient. Ecological Applications 6:506–519.
  5. Donald C. Derborn, Salit Kark, Motivations for Conserving Urban Biodiversity  ; online: 2009/09/22 DOI:10.1111/j.1523-1739.2009.01328.x 2009 Society for Conservation Biology; IssueConservation BiologyConservation Biology, Volume 24, Issue 2, pages 432–440, April 2010. (Résumé, en anglais)
  6. Urban Biodiversity Indicators and DPSIR(Dr. Ryo Kohsaka [Nagoya City Univ.])
  7. Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), (1994), Indicateurs d’environnement ; Corps central de l’OCDE, Paris, OCDE.