Incident de Pétritch

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L’incident de Pétritch est un différend gréco-bulgare qui se déroule à la frontière des deux pays en octobre 1925. Ce fut l’intervention de la Société des Nations (SDN) qui mit fin à l’affaire de manière pacifique.

La crise[modifier | modifier le code]

Le 19 octobre 1925, une sentinelle bulgare, en poste sur la frontière, abat un soldat grec qui aurait tenté de rattraper son chien. Le 22, en représailles, l’armée grecque franchit la frontière sur ordre de Theodoros Pangalos et occupe la ville limitrophe de Pétritch, justifiant son intervention par la traque de terroristes macédoniens présents dans la région[1]. Ne rencontrant qu’une résistance symbolique de l’armée bulgare, la Grèce réclame des dédommagements pour la mort de son garde-frontière.

Le 23 octobre, la Bulgarie fait appel à la Société des Nations, invoquant l’article 11§1 de son Pacte. Immédiatement, Aristide Briand, alors président du Conseil de la Société des Nations, envoie un télégramme aux gouvernements bulgare et grec. Dans ce message, il précise que la Société des Nations ne prendra l’affaire en charge que si les deux pays arrêtent leurs opérations militaires et s’assurent que leurs troupes quittent le territoire adverse. L’effet est immédiat : l’offensive grecque du 24 est annulée, tandis que l’armée se retire du territoire bulgare [2].

Intervention de la Société des Nations[modifier | modifier le code]

Le 24 octobre, le Conseil de la Société des Nations est réuni d’urgence et approuve son président. Il envoie sur place des attachés militaires français, britanniques et italiens, qui confirment que la décision du Conseil est respectée[3]. Suite à cela est envoyée une commission d’enquête, qui remet son rapport trois semaines plus tard[4] dans lequel elle affirme la responsabilité de la Grèce dans l’affaire, suggérant que l’État hellène verse 45 000 £ de réparations à la Bulgarie . De plus, pour éviter que des incidents similaires ne se reproduisent, la commission préconise la réorganisation des gardes-frontières de la région ainsi que le versement d’une aide économique aux deux États[2]. Le rapport est pris en compte par le Conseil, et accepté par les deux États impliqués.

Néanmoins, le succès de l’opération de la Société des Nations n’est pas total. En effet, la Bulgarie déplore 50 morts durant la crise. De plus, peu de temps après, la Grèce se plaint, auprès de la SDN, de l’inégalité de traitement qu’elle reçut par rapport à celui de l'Italie dans l'incident de Corfou en 1923 ; les forces armées italiennes avaient occupé l'île grecque de Corfou après le meurtre du général italien Enrico Tellini qui surveillait la frontière grecque depuis l’Albanie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Maurice Bertrand, Vers une stratégie de prévention des conflits ?, in Politique étrangère, Volume 62, n°1, 1997

Section d’information et de coopération intellectuelle du Secrétariat de la Société des Nations, La Société des Nations, ses fins, ses moyens, son œuvre, Secrétariat de la Société des Nations, 1935

Michel Marbeau, La Société des Nations, Que sais-je ?, Puf, 2001

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Bertrand, Vers une stratégie de prévention des conflits ?, in Politique étrangère, Volume 62, n°1, 1997, p. 112
  2. a et b Section d’information et de coopération intellectuelle du Secrétariat de la Société des Nations, La Société des Nations, ses fins, ses moyens, son œuvre, Secrétariat de la Société des Nations, 1935, p.104
  3. Ibid.
  4. Michel Marbeau, La Société des Nations, Que sais-je ?, Puf, 2001, p. 67