Aller au contenu

Incendie de Wang Fuk Court

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Incendie de Wang Fuk Court
Image illustrative de l’article Incendie de Wang Fuk Court
Une partie des bâtiments en feu le .

Type Incendie
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Localisation District de Tai Po, Nouveaux Territoires, Hong Kong
Coordonnées 22° 26′ 47″ nord, 114° 10′ 35″ est
Date
Bilan
Blessés Au moins 79 (dont 12 dans un état critique et 28 dans un état grave)
Morts 160 confirmés (au 09/12/2025)
Disparus + de 150 (dont 44 victimes non identifiées)

Géolocalisation sur la carte : Chine
(Voir situation sur carte : Chine)
Incendie de Wang Fuk Court
Géolocalisation sur la carte : Hong Kong
(Voir situation sur carte : Hong Kong)
Incendie de Wang Fuk Court

L’incendie de Wang Fuk Court débute le dans le district de Tai Po dans les Nouveaux Territoires à Hong Kong.

Il ravage cinq des sept tours de grande hauteur[1] du complexe résidentiel de Wang Fuk Court (en) alors en rénovation et n'est maitrisé que deux jours plus tard[2]. Cet incendie est le plus meurtrier à Hong Kong depuis 1947 avec au , un bilan provisoire de 160 morts[3]. Les premiers éléments de l'enquête montrent que les filets de protection, non conformes, sur les échafaudages ont permis la propagation de l'incendie[1].

Catégorie d'incendie

[modifier | modifier le code]

L'incendie de Wang Fuk Court est classé comme un incendie d'alarme no 5 (en)[pertinence contestée], selon une échelle de catégorisation des interventions des pompiers aux États-Unis. Il s'agit du deuxième de ce type depuis la rétrocession de Hong Kong en 1997 et le premier en 17 ans[4],[5].

C'est l'incendie d'immeuble le plus meurtrier au monde depuis 1980[6].

Wang Fuk Court

[modifier | modifier le code]

Wang Fuk Court (en) est un lotissement résidentiel de 8 tours de 31 étages hautes de 93 mètres[7], construit en 1983. Il abrite 2 000 logements habités par 4 643 résidents en 2021[8]. Il est situé dans le district de Tai Po, un des est 18 districts de Hong Kong, situé dans les Nouveaux Territoires et où une ville nouvelle a été érigée à partir des années 1970.

Chronologie

[modifier | modifier le code]

À l’occasion de travaux de rénovation par l’extérieur du lotissement Wang Fuk Court, un incendie s’est déclaré le dans le district de Tai Po, à Hong Kong. Bien que le gouvernement pointe les échafaudages en bambou comme cause principale[9], l’enquête policière initiale révèle de graves violations de sécurité incendie : panneaux en polystyrène (donc inflammables) couvrant les fenêtres près des halls d’ascenseurs, filets de protection et bâches imperméables non conformes aux normes d'ignifugation, ainsi qu’une négligence caractérisée du constructeur, la société Prestige Construction and Engineering Company[10].

Les flammes, parties d’un échafaudage, se sont propagées rapidement à sept des huit immeubles, engloutissant l’ensemble du domaine dans un brasier structurel[11].

Selon un des premiers bilans au , au moins 94 personnes sont mortes — dont un pompier —, plus de 70 sont gravement blessées et 279 portées disparus. Plusieurs habitants signalent des personnes piégées à l’intérieur des bâtiments. Le , le bilan humain s'élève à 128 morts — 124 dans les bâtiments et 4 à l'hôpital — et environ 200 disparus[12].

Quelques jours après l'incendie, un étudiant est arrêté après avoir lancé une pétition pour réclamer des comptes. La pétition a été supprimée après avoir recueilli plus de 10 000 signatures en ligne en une journée[13]. Deux autres personnes auraient été arrêtées et libérées sous caution.

Les familles se sont rendues à Wang Fuk Court pour commencer les rites funéraires traditionnels le . Des messages de soutien recouvrent le mobilier urbain à proximité des tours, un procédé déjà utilisé lors des manifestations prodémocratie de 2019[13].

Le principal syndicat étudiant de l'université baptiste de Hong Kong, qui demandait justice pour les victimes de l'incendie, est dissous par l'université en décembre 2025[14].

Trois responsables de l’entreprise sont arrêtés dans la soirée pour homicide involontaire par la police de Hong Kong. La Commission indépendante contre la corruption (ICAC) a ouvert une enquête sur une possible corruption dans les rénovations et arrête, au , 8 autres individus. Le gouvernement envisage d’accélérer l’abandon du bambou au profit d’échafaudages métalliques, ce qui pourrait favoriser l'importation de main-d’œuvre et matériaux depuis la Chine continentale, au détriment des entreprises locales[15].

John Lee Ka-chiu annonce le la création d'un « comité indépendant » pour enquêter sur les causes de l'incendie[13].

Le chef de l'exécutif de Hong Kong, John Lee Ka-chiu, déclare lors d'une première conférence de presse aux premières heures du que l'incendie est une « catastrophe majeure » et exprime sa tristesse, ses plus sincères condoléances et sa sympathie aux défunts et à leurs familles. Il remercie également Xi Jinping, le Secrétaire général du Parti communiste chinois pour son soutien[16].

La série de concerts de Shino Lin (en), et Miriam Yeung, qui est prévue du 28 au , est annulée[17]. La première de gala de Zootopie 2 organisée par Disney à Hong Kong Disneyland est également annulée[18].

Le pape Léon XIV exprime une profonde tristesse face à l'incident et envoie un télégramme à l'évêque de Hong Kong, Stephen Chow, pour offrir ses condoléances aux victimes ainsi que des prières pour les défunts et les secouristes[19].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. a et b Le Monde avec AFP, « Incendie de Hongkong : le bilan monte à 159 morts, 15 personnes arrêtées à ce jour », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. « L'incendie meurtrier à Hongkong est maîtrisé, les normes de construction et de rénovation en question », sur https://www.radiofrance.fr, (consulté le ).
  3. (en) « Hong Kong fire death toll rises to 160 », (consulté le )
  4. (en) Wang Zhan, « Fire in Tai Po », sur China Daily, (consulté le ).
  5. (en) Tiffany Wertheimer, Yvette Tanand et Gavin Butler, « What we know about the Hong Kong apartment fires », sur BBC News, (consulté le ).
  6. P Gratian, « Incendie à Hong Kong : le bilan monte à 151 morts, treize personnes arrêtées », Ouest France,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. [1]
  8. (zh-Hant) « 大埔火警未撲熄, 至今13死15傷消防員殉職, 香港主權移交後第二宗五級大火 » Accès libre, sur BBC News,‎ (consulté le ).
  9. Barbara Gabel, « Le bambou, symbole ancestral, a-t-il alimenté l'incendie dévastateur de Hong Kong ? » Accès libre, sur France 24, .
  10. « À Hong Kong, les échafaudages en bambou sont-ils en cause dans l’incendie ? » Accès payant, sur Courrier international, .
  11. Zhang Zhulin, « Incendie à Hong Kong : “Nous n’avons plus rien, tout ce que nous possédons a disparu” » Accès payant, sur Courrier international, .
  12. (en) Hans Tse et Kelly Ho, « Tai Po blaze death toll rises to 128, while 200 residents still missing », Hong Kong Free Press,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. a b et c Dorian Malovic, « Après l'incendie de Hong Kong, le deuil toléré mais pas la contestation », La Croix, no 43388,‎ , p. 11 (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  14. « Hong Kong: une université suspend un syndicat étudiant demandant justice après l'incendie de Tai Po », sur rfi.fr, .
  15. Guillaume Richaud, « 75 morts, 270 disparus, trois suspects arrêtés… Ce que l’on sait de l’incendie dévastateur à Hongkong », sur Le Figaro, (consulté le ).
  16. « 大埔宏福苑五級火.直播︱蔡若蓮、麥美娟及孫玉菡下午探望災民後會見記者 », 星島日報,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  17. (en) « Tai Po tragic fire prompts citywide event delays; Miriam Yeung to donate show earnings » Accès libre, sur The Standard, (consulté le ).
  18. (en) Joey Nolfi, « Disney cancels 'Zootopia 2' premiere amid deadly Hong Kong apartment fire » Accès libre, sur Entertainment Weekly, (consulté le ).
  19. (en) « Pope Leo XIV prays for victims of Hong Kong fire - Vatican News » Accès libre, sur Vatican News, (consulté le ).