Impérialisme occidental en Asie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Colonisation européenne en 1914

  •      Territoire allemand
  •      Territoire britannique
  •      Territoire français
  •      Territoire néerlandais
  •      Territoire portugais
  •      Territoire russe
  •      Territoire américain
  •      Territoire japonais

L'Impérialisme occidental en Asie, tel qu'il est présenté dans cet article concerne le long processus de colonisation effectué par les occidentaux dans ce qui a d'abord été appelé les Indes orientales. Celui-ci a débuté au début du XVe siècle par la recherche de routes commerciales menant à la Chine (Cathay) qui ont conduit directement aux Grandes découvertes, et l'introduction de des prémices de la guerre moderne dans ce qu'on appelait alors l'Extrême-Orient. En début du XVIe siècle les nombreuses expéditions commerciales ont considérablement élargi l'influence de l'Europe occidentale et le développement du commerce des épices. La présence de l'Europe occidentale à travers leurs empires coloniaux et de l'impérialisme en Asie dura plus de six siècles, et se termina officiellement avec l'indépendance du Timor oriental en 2002, dernière colonie de l'Empire colonial portugais. La colonisation introduisit les concepts occidentaux de Nation et de l'État plurinational.

L'expansion de l'influence politique, commerciale, et culturelle européennes en Asie permit de développer une économie qui allait devenir un économie de marché et de libre-échange moderne. Au XVIe siècle, les portugais brisent le monopole commercial terrestre des arabes et maritime des italiens entre l'Asie et l'Europe par la découverte de la route maritime passant par le Cap de Bonne-Espérance. La concurrence croissante et notamment celle de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, éclipsa progressivement l'influence des portugais en Asie. Les néerlandais furent les premiers à établir des bases indépendantes en Orient (dont la plus importante était Batavia, siège social de la Compagnie des Indes) puis entre 1640 et 1660 enlevèrent aux portugais Malacca, Ceylan, quelques ports indiens du sud, ainsi que le commerce lucratif du Japon. Quelques années plus tard, les anglais et les français établirent des comptoirs en Inde et un commerce avec la Chine, leurs acquisitions surplantant graduellement celles des néerlandais. À la fin de la guerre de Sept Ans en 1763, les anglais mirent fin à l'influence française en Inde et établirent la Compagnie britannique des Indes orientales comme la force politique la plus importante du sous-continent indien.

Avant la Révolution industrielle lors de la seconde moitié XIXe siècle, la demande en marchandises orientales (porcelaine, soie, épices et thé) est demeurée le moteur de l'impérialisme européen, et (à l'exception de la présence de Compagnie britannique des Indes orientales en Inde) les européens sont restés confinés dans les ports marchands et dans des avant-postes stratégiques nécessaires pour protéger les voies commerciales. L'industrialisation a cependant considérablement augmenté la demande européenne pour les matières premières asiatiques ; et la Longue Dépression des années 1870 provoqua une crise boursière sur les produits industriels européens et les services financiers en Afrique, Amériques, Europe de l'Est, et particulièrement en Asie. Cette crise coïncida avec une nouvelle ère dans l'expansion coloniale globale connue sous le nom de "Neo-impérialisme" qui a vu un changement de politique commerciale et le passage d'un contrôle de type Indirect rule à un contrôle colonial direct des vastes territoires d'outre-mer. Entre les années 1870 et le début de la Première Guerre mondiale en 1914, le Royaume-Uni, la France, et les Pays-Bas ont agrandit leurs possession au Moyen-Orient, dans le sous-continent indien, et en Asie du Sud-est. Durant la même période, l'empire du Japon, était dans la restauration de Meiji ; l'Empire allemand, sortait unifié de la Guerre franco-prussienne en 1871 ; la Russie tsariste étendait son influence sur ses territoires de Sibérie ; et les États-Unis, à la suite la Guerre hispano-américaine de 1898, émergeait comme une nouvelle puissance impérialiste en Asie de l'Est et dans la région de l'Océan Pacifique.

Lors de la Première Guerre Mondiale et la Seconde Guerre mondiale, les pays asiatiques furent impliqués dans les conflits par les puissances impérialistes européennes avec la Russie et l'ascension des puissances américaines et japonaises. À l'issue de ces deux conflits aucune des puissances coloniales ne disposaient de ressources suffisantes pour maintenir leur présence et leur domination en Asie. Les mouvements nationalistes se sont exacerbés à la suite de l'abandon des colonies à leur propre sort durant la guerre et menèrent à l'indépendance politique des colonies restantes dans presque toute l'Asie. Néanmoins ce mouvement de décolonisation fut stoppée par la Guerre froide ; l'Asie du Sud-Est, l'Asie du sud, le Moyen-Orient, et l'Asie de l'Est furent incorporés dans un système économique, financier, et militaire des grandes puissances. Malgré cela, le développement économique rapide d'après-guerre des quatre dragons asiatiques, de l'Inde et de la République populaire de Chine, avec l'effondrement de l'Union Soviétique, les ont détaché de l'influence européenne et nord-américaine en Asie, posant une interrogation aujourd'hui sur l'émergence de l'Inde et de la Chine en tant que superpuissance émergente.

Premières explorations européennes en Asie[modifier | modifier le code]

La première grande exploration européenne de l'Asie fut menée par Alexandre le Grand de par ses combats contre les Perses. Sa guerre conduisit son armée jusqu'à l'Indus, puis l'exploration continua au temps de la Rome antique. Les Romains avaient connaissance des terres lointaines comme la Chine. Le commerce entre l'Inde et les Romains d'Égypte par des bateaux qui naviguaient de port en port en mer Rouge, était significatif dans les premiers siècles de l'ère chrétienne.

Explorations médiévales[modifier | modifier le code]

Illustration de l'arrivée de Marco Polo dans une ville chinoise

Durant les XIIIe et XIVe siècles, un certain nombre d'Européens, dont de nombreux missionnaires chrétiens, ont cherché à atteindre la Chine. Le plus célèbre de ces voyageurs était Marco Polo. Mais ces voyages eurent peu d'effets sur le commerce Est-Ouest en raison d'une série de bouleversements politiques en Asie dans les dernières décennies du XIVe siècle, qui mirent fin à la poursuite de l'exploration européenne de l'Asie. La dynastie Yuan en Chine, qui avait bien accueilli les missionnaires et marchands européens, fut renversée et les nouveaux dirigeants Ming amorcèrent, suivant le courant du confucianisme, un repli de la Chine sur elle-même. Pendant ce temps, les turcs Seldjoukides puis Ottomans ont consolidé leur contrôle de la partie orientale de la Méditerranée, fermant les principales routes commerciales terrestres. Ainsi, jusqu'au XVe siècle, le commerce et des échanges culturels mineurs entre l'Europe et l'Asie étaient contrôlés par les commerçants musulmans.

Voyages maritimes portugais[modifier | modifier le code]

Les dirigeants d'Europe occidentale ont donc cherché de nouvelles routes commerciales. Les Portugais furent les premiers à tenter de trouver des routes commerciales océaniques. Henri le Navigateur fut l'un des principaux instigateurs de ces explorations. L'objectif de ces capitaines de marine était de rejoindre les Indes par la mer. Cela permit de franchir notamment le cap Bojador et de réfuter existences de montres mythiques.

En 1488, Bartolomeu Dias franchit le premier l'extrémité sud de l'Afrique (connue alors comme le Cap des tempêtes) lors du règne de Jean II de Portugal. Alors que l'équipage de Dias le contraint à rentrer, en 1497 le navigateur portugais Vasco de Gama accomplit le premier voyage maritime de l'Europe vers l'Inde. En 1520, Ferdinand Magellan, navigateur portugais au service de l'Espagne, trouva la route traversant le détroit qui porte son nom et l'océan Pacifique.

Le commerce et la colonisation portugaise et espagnole en Asie[modifier | modifier le code]

Monopole portugais sur le commerce dans l'océan Indien et l'Asie[modifier | modifier le code]

Au début du XVIe siècle, Afonso de Albuquerque alors Vice-roi des Indes, consolide les territoires conquis en Afrique et en Asie. Il comprend que seule une position dominante pourrait permettre au Portugal de ravir la suprématie commerciale sur les arabes, et conçoit donc un plan établissant des forts sur des sites stratégiques, protégeant les itinéraires commerciaux et également les intérêts portugais sur terre. En 1510, il s'empare de Goa en Inde, et consolide graduellement son contrôle sur la majeure partie du trafic commercial entre l'Europe et l'Asie, en grande partie par des moyens diplomatiques et commerciaux ; les européens commercent à partir des forts en ne s'éloignant pas des côtes, agissant plus en tant que négociants étrangers plutôt que comme colons. À l'inverse, l'expansion européenne dans les Indes occidentales (plus tard connues des européens comme faisant partie d'un continent distinct de l'Asie qu'ils appelleront les Amériques) qui fait suite au voyage de Christophe Colomb de 1492, impose des règles colonialistes et ces territoires sont considérés comme prolongements politiques des mères patries.

Par les bénéfices élevés d'autres expéditions, le Portugal établit un comptoire au sud du port commercial de Calcutta au début du XVe siècle. Avec la prise de Goa en 1510, le Portugal s'empare de toute la côte de l'Inde, lui fournissant le monopole sur les échanges commerciaux de l'Océan Indien, et de territoires qui resteront portugais jusqu'en 1961.

Le Vice-roi portugais Afonso de Albuquerque (1509-1515) consolide également le contrôle du commerce entre les Indes orientales et la Chine. Son premier objectif étant Malacca, et le détroit étroit par lequel le commerce avec l'Extrême-Orient devient plus rapide. Capturé en 1511, Malacca devient le tremplin pour davantage de pénétration vers l'est ; plusieurs ans plus tars les premiers comptoirs commerciaux sont établis aux Moluques, qui se trouve la région productrices de certaines des épices les plus chers du monde. En 1516, les premiers navires de portugais Canton et les côtes du sud de la Chine.

Expeditions portugaise (1415–1542) : dates et lieux d'arrivée; route portugaise du commerce des épices dans l'Océan indien ; territoires de Empire portugais durant le règne de Jean III de Portugal (en vert)

En 1513, après avoir échoué à conquérir Aden, Albuquerque entre avec son armada en mer Rouge, première fois pour des européens via l'océan ; et en 1515, Albuquerque consolide l'hégémonie portugaise à l'entrée du golfe Persique, le commerce existant déjà depuis 1507, dans les régions de Mascate et d'Ormuz.

En 1557, le Portugal établit une base permanente en Chine à Macao, qu'ils garderont jusqu'en 1999. Les portugais, basés à Goa et Malacca, avaient maintenant établis un empire maritime lucratif dans l'Océan Indien monopolisant le commerce des épices. Les portugais ont également créés un lien commercial avec les japonais, devenant les premiers occidentaux à visiter Japon. Ce contact permit d'importer le christianisme et les armes à feu dans l'archipel nippon.

L'Espagne, l'autre puissance coloniale principale du XVIe siècle, s'est principalement concentrées sur les Amériques, comme le prévoit le Traité de Tordesillas signé en 1494. Malgré tout, les espagnols s'établissent en Extrême-Orient aux Philippines. À partir de 1565, des cargaisons de marchandises chinoises sont transportées des Philippines vers la Nouvelle-Espagne (Mexique) puis vers l'Espagne. Par ce long itinéraire, l'Espagne récolte certains bénéfices du commerce en Extrême-Orient. Les fonctionnaires espagnols convertissent les multiples îles au christianisme établissant de manière permanente les Philippines comme étant une région de l'Asie de l'Est fortemant orientée vers l'Occident en termes de culture et commerce.

Déclin de l'empire asiatique du Portugal à partir du XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Les bénéfices augmentèrent lorsque le Portugal commença à exporter des esclaves d'Afrique en 1541 ; cependant, au fil du temps, grâce à la hausse du commerce des esclaves, les possesions du Portugal devenaient trop dispersées et vulnérables face à la concurrence d'autres puissances d'Europe occidentale (principalement les Provinces-Unies, la France, et l'Angleterre) qui commençaient à lancer des expéditions en Asie. En 1642, les néerlandais expulsèrent les portugais de la Côte-de-l'Or, dont une partie des esclaves portugais étaient originaires, laissant ce secteur à d'autres européens, particulièrement les néerlandais et les anglais.

Les puissances européennes rivales ont commencé à faire des incursions en Asie entrainant la diminution des échanges portugais et espagnols dans l'Océan Indien. Le territoire qu'ils détenaient était surétendu et les limites de leur capacité d'investissement et les technologies navales de l'époque étaient atteintes. Ces deux facteurs couplés, rendant le contrôle du commerce de l'Océan Indien extrêmement onéreux.

De plus les intérêts et les bénéfices portugais gagnés en Asie ont toujours eu pour objectifs de financer l'expansion et la colonisation dans les secteurs considérés de grande importance stratégique en Afrique et au Brésil. La suprématie maritime portugaise a été ravit par les néerlandais lors du XVIIe siècle, compliquant la situation pour les portugais. Malgré tout, ils s'accrochèrent à des territoires comme Macao, et leur une nouvelle colonie sur l'île de Timor. Elle subsista jusque lors des années 1970 lorsque que le Portugal amorça sa décolonisation en Asie. Goa, envahi par l'Inde en 1961, devint un État indien en 1987 ; le Timor portugais, abandonné en 1975, fut envahi par l'Indonésie. C'est devenu un pays indépendant en 2002 ; Macao (dernier témoin de la puissance portugaise en Asie) fut retrocédé à la Chine par un traité en 1999.

Le commerce et la colonisation néerlandaise en Asie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Empire colonial néerlandais.

Le contrôle néerlandais sur le commerce asiatique au XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Batavia (aujourd'hui Jakarta Java, vers 1665.

Le déclin du Portugal en Asie a été accélérée par la concurrence commerciale menée par les néerlandais et les anglais, qui a duré jusqu'à ce que la fin de la guerre de Sept Ans en 1763. La révolte néerlandaise contre la domination espagnole a permis aux néerlandais de développer leur commerce du sud et à l'est de l'Asie mettant fin au monopole portugais. Pendant de nombreuses années les néerlandais considéraient le Portugal comme un allié potentiel face aux espagnols avec qui ils étaient en guerre. Lorsque les deux monarchies de la péninsule ibérique furent réunis en 1581, les Province-Unies devenaient libres d'attaquer les territoires portugais en Asie.

À partir de 1590, un grand nombre de sociétés néerlandaises s'est créé et finançait des expéditions marchandes en Asie. Puisque la concurrence avait pour effet de faire diminuer les bénéfices, et en raison des doctrines de mercantilisme, en 1602 ces sociétés sont regroupées dans un cartel et qui prend le nom Compagnie néerlandaise des Indes orientales, et reçoit du gouvernement l'autorisation de commercer et coloniser le territoire s'étendant du Cap de Bonne-Espérance vers l'Océan Indien et l'Océan Pacifique jusqu'au détroit de Magellan.

En 1605, les négociants néerlandais s'emparent du fort portugais d'Ambon dans les Moluques, qui devient la première base sécurisée de la société hors des Pays-Bas. Au fil du temps, les néerlandais ont consolidé leur contrôle des grands ports de commerce des Indes orientales. Le contrôle des ports de commerce a permis à la société de monopoliser le commerce des épices pendant des décennies. Leur monopole sur le commerce d'épices est devenu total après les prises de Malacca en 1641 et de Ceylan en 1658.

La Compagnie néerlandaise des Indes orientales a ensuite établi des colonies ou les avant-postes dans tout l'espace maritime asiatique : Atjeh (Aceh) en 1667 ; Macassar en 1669 ; et Banten en 1682. La société a établi son siège social à Batavia (aujourd'hui Jakarta) sur l'île de Java. En dehors des Indes orientales, les colonies ou les avant-postes ont été également établis en Perse (Iran), dans le Bengale (aujourd'hui divisé entre le Bangladesh et l'Inde), l'île Maurice (1638-1658/1664-1710), le Siam (Thaïlande), Canton, Formose (1624-1662), et l'Inde du sud (1616-1795). En 1662, Zhèng Chénggōng (également connu sous le nom de Koxinga) expulsa les néerlandais de Formose. Un comptoir a également était établit sur Dejima (1641-1857), une île artificielle dans la baie de Nagasaki, qui est resté pendant longtemps le seul lieu où les européens pourraient commercer avec le Japon.

En 1652, Jan van Riebeeck établit un avant-poste au Cap de Bonne-Espérance (l'extrémité sud-ouest de l'Afrique, actuellement en Afrique du Sud) permettant aux bateaux de la société de faire une escale et de se réapprovisionner lors de leur voyage vers l'Asie. Ce comptoir est ensuite devenu une véritable colonie, la colonie du Cap (1652-1806). Avec l'arrivée et l'augmentation rapide de la population immigrante, les néerlandais fondèrent la ville de Kaapstad (Le Cap).

En 1669, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales est restée la société anonyme la plus riche de l'histoire, avec une flotte de centaines de navires marchands et de navires de guerre, des dizaines de milliers d'employés, de milliers de soldats formant une armée privée, et une réputation de la part de ses actionnaires pour des paiements aux dividendes élevés.

Néo-impérialisme néerlandais en Asie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Indes orientales néerlandaises.
Le Gouverneur-Général Bijleveld et le Sultan de Jogjakarta.

La Compagnie était en conflit permanent avec les Anglais ; les relations étaient particulièrement tendues à la suite du massacre d'Amboyna en 1623. Durant le XVIIIe siècle, les possessions de la Compagnie des Indes se sont de plus en plus concentrées sur les Indes orientales. Après la quatrième guerre entre les Provinces-Unies et l'Angleterre (1780-1784), la société a souffert de difficultés financières croissantes. En 1799, la société fut dissoute et la colonisation officielle des Indes orientales débuta. Pendant l'ère du néo-impérialisme les territoires réclamés par la Compagnie des Indes s'était étendus en une véritable colonie qui fut nommée les Indes orientales néerlandaises. Pour s'assurer du contrôle de ces territoires les néerlandais ont établi un contrôle direct de l'archipel maintenant connu sous le nom de l'Indonésie.

Six ans après la colonisation officielle des Indes orientales, la République batave fut occupée par les forces françaises napoléonnienne. Le gouvernement néerlandais s'exila en Angleterre et céda ses possessions coloniales à la Grande-Bretagne. Le Gouverneur-général Jan Willem Janssens, pro-français, résista à l'invasion de Java par une force britannique en 1811 jusqu'à ce qu'il soit forcé de se rendre. Le Gouverneur britannique Raffles, qui fonda plus tard la ville de Singapour, dirigea la colonie pendant les dix années de l'interrègne britannique (1806-1816).

Après la défaite de Napoléon, le traité anglo-hollandais de 1814 restitua aux néerlandais leurs possessions en Asie. La perte de l'Afrique du Sud et la course pour le partage de l'Afrique contraignent les néerlandais à se focaliser sur leur colonie des Indes orientales. Ils commencèrent par consolider leur zone d'influence par des campagnes militaires et des alliances diplomatiques avec les tribus indigènes assurant la domination néerlandais sur tout l'archipel. Ces campagnes militaires majeures furent : la guerre des Padri (1821-1837), la guerre de Java (1825-1830) et la guerre d'Aceh (1873-1904). Pour mener cette politique agressive l'Armée royale des Indes néerlandaises fut fondée. De partout en Europe des soldats furent recrutés avant d'embarquer à destination de l'Asie.

Les Pays-Bas ont concentré toutes leurs forces coloniale en Indes orientales néerlandaises tout au long du XIXe siècle. La prise des Indes par japonais lors de la Seconde Guerre mondiale fragilisa le pouvoir en place. En 1949 les Indes orientales néerlandaises deviennent la République indépendante de l'Indonésie. En 1962, la Nouvelle-Guinée néerlandaise est annexée par l'Indonésie mettant fin de facto à l'impérialisme néerlandais en Asie.

Les britanniques en Inde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Raj britannique.

La France en Indochine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Indochine française.
La conquête de Lạng Sơn en 1885.

La France, qui avait perdu son empire face aux britanniques vers la fin du XVIIIe siècle, possédaient encore une base commerciale en Asie du Sud-est. Après 1850, l'impérialisme français, poussé par le besoin nationaliste de rivaliser avec le Royaume-Uni, a été soutenu intellectuellement par la notion d'une culture française supérieure à celle des populations de l'Annam, et se devait d'accomplir sa mission civilisatrice envers les annamites par leur assimilation à la culture française et à la religion catholique. L'expansionnisme française en Indochine était également justifiée par le besoin de protection des missions religieuses françaises dans le secteur, ainsi que le désir de trouver un itinéraire vers le sud de la Chine traversant le Tonkin (région du nord du Vietnam).

Des établissements religieux et commerciaux français se sont établis en Indochine dès le XVIIe siècle, mais il restait impossible de stabiliser la position française, face à la puissance britannique dans l'Océan Indien et à la défaite française en Europe au début du XIXe siècle. Seul le mouvement religieux revitalisé de la seconde moitié du XIXe siècle sous le Second empire a permis de consolider un peu la présence de français en Indochine. Les persécutions antichrétiennes en Extrême-Orient ont fourni le prétexte pour le bombardement de Tourane (Da Nang) en 1847, suivit de son occupation en 1857 et celle de Saigon en 1858. Sous Napoléon III, la France changea de stratégie commerciale avec la Chine : les français étant surpassé par les britanniques, la France s'est jointe avec les britanniques contre la Chine dans la seconde guerre de l'opium de 1857 à 1860, permettant de récupérer les régions chinoises de sud se trouvant aujourd'hui au Vietnam.

Par le traité de Saigon en 1862, le 5 juin, l'empereur vietnamien cède à la France les trois provinces sud du Vietnam permettant de former la colonie française de Cochinchine ; la France a également établit un protectorat sur les autres régions du Vietnam. Graduellement la puissance française s'est affirmé par l'exploration, puis l'établissement de protectorats, et finalement des annexions absolues. La conquête de Hanoï a en 1882 mena directement à la guerre avec la Chine (1883-1885), et la victoire française confirma la suprématie française dans la région. La France dirigea la Cochinchine en tant que colonie, le Vietnam central et du nord sous les protectorats de l'Annam et du Tonkin, et le Cambodge comme protectorat avec un degré de gestion d'un degré moindre. Le Laos était placé sous la "protection française".

Au début du XXe siècle, la France disposait d'un empire en Indochine presque une fois et demi plus grande que la métropole. Un Gouverneur-général à Hanoï dirigeait Cochinchine directement et les autres régions en s'appuyant sur les institutions indigènes en place. Théoriquement, France a maintenu les règles pré-colonial et les structures administratives de l'Annam, du Tonkin, de la Cochinchine, au Cambodge, et au Laos, mais en réalité le poste de Gouverneur-général permettait un régime fiscal et administratif centralisé gouvernant la région entière. Bien que les établissements indigènes survivants aient été préservés afin d'établir une domination française plus acceptable, ils ont presque totalement été privés de tout indépendance d'action. Les administrateurs coloniaux français ethnocentriques ont cherché à assimiler les classes aristocratiques à la culture de la français. Tandis que les français amélioraient les services publics et la stabilité commerciale, le niveau de vie indigène diminua et les structures sociales precolonial s'effacèrent. L'Indochine, avec une population de plus de dix-huit millions d'habitants en 1914, était vitale pour la France grâce à son étain, au poivre, au charbon, au coton, et au riz. La colonie qui a perduré pendant quasiment un siècle a été rentable.

Russie et "Le Grand Jeu"[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grand Jeu (géostratégie).

Intrusions européennes en Chine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Concessions étrangères en Chine.
Partage du "Gâteau chinois" par reine Victoria (Royaume-Uni), Guillaume II (Allemagne), Nicolas II (Russie), Marianne (France), et Mutsuhito (Japon)

Au XVIe siècle de nombreux jésuites missionnaires arrivèrent en Chine, tel Matteo Ricci, qui établir des missions introduisant la science occidentale et réunissant des connaissance sur le fonctionnement de la société chinoise, l'histoire, la culture et la science. Au cours du XVIIIe siècle, les marchands d'Europe arrivèrent en Chine en nombre croissant. Cependant, les commerçants étaient toujours confinés à Canton et la colonie portugaise de Macao, comme s'était le cas depuis le XVIe siècle. Commerçants européens étaient de plus en plus irrités par des droits de douane qu'ils considéraient comme relativement élevées qu'ils devaient payer et freins imposés par les autorités chinoise sur le commerce l'opium. En 1800, son importation fut interdite par le gouvernement impérial, mais le commerce illégal continua malgré tout.

Au début du XIXe siècle, un affaiblissement de la dynastie Qing rendit la Chine vulnérable à l'impérialisme occidental, au Japon de l'ère Meiji et à la Russie. En 1839, la Chine s'oppose à la Grande-Bretagne lors de la première guerre de l'opium. Après sa défaite, la Chine signe en 1842 le Traité de Nankin qui est le premier des traités inégaux signés pendant la dynastie Qing. L'île de Hong Kong est cédée à la Grande-Bretagne, et certains ports, y compris Shanghaï et Canton, sont ouverts au commerce et à l'installation des britanniques. En 1856, la seconde guerre de l'opium éclate et les chinois sont de nouveau défaits, et forcés de ratifier le Traité de Tianjin en 1858. Le traité ouvre de nouveaux ports et la circulation des étrangers à l'intérieur du pays. En outre, les chrétiens sont autorisés à prétiquer leur religion. Le Traité de Wanghia pour les États-Unis et plus tard le Traité d'Aigun pour la Russie permet à ces deux pays d'obtenir les mêmes prérogatives.

L'impérialisme américain en Asie[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale: Les changements dans l'impérialisme[modifier | modifier le code]

Japon[modifier | modifier le code]

La période post-Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Décolonisation et montée du nationalisme en Asie[modifier | modifier le code]

Soldats français durant la guerre d'Indochine en 1954.

Colonies asiatiques par pays colonisateur[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Nouvelle-Guinée allemande
Kiaou-Tchéou

Danemark[modifier | modifier le code]

Inde danoise

Espagne[modifier | modifier le code]

Indes orientales espagnoles

États-Unis[modifier | modifier le code]

Commonwealth des Philippines

France[modifier | modifier le code]

Indochine française qui réunissait :
le Tonkin
l'Annam
la Cochinchine
le protectorat du Laos
le protectorat du Cambodge
Kouang-Tchéou-Wan
Établissements français dans l'Inde
Syrie mandataire (sous mandat de la Société des Nations après la Première Guerre mondiale)

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Formose néerlandaise
Inde néerlandaise
Indes orientales néerlandaises
Nouvelle-Guinée néerlandaise
Ceylan (1656–1796)

Portugal[modifier | modifier le code]

Inde portugaise
Timor portugais
Macao

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Indes britanniques
Raj britannique
Birmanie britannique
Ceylan (1815–1948)
Hong Kong
Weihai
Malaisie britannique
Bornéo du Nord
Territoire de Papouasie
Palestine mandataire (sous mandat de la Société des Nations après la Première Guerre mondiale)
Émirat de Transjordanie (sous mandat de la Société des Nations après la Première Guerre mondiale)
Mandat britannique de Mésopotamie (sous mandat de la Société des Nations après la Première Guerre mondiale)
Protectorat du Koweït
Protectorat de Mascate et Oman

Russie[modifier | modifier le code]

Port-Arthur

Zones partagées[modifier | modifier le code]

Concessions étrangères en Chine
Canton
Tientsin
Shanghai
Hankou
l'île de Gulangyu

États non colonisés[modifier | modifier le code]

Source de la traduction[modifier | modifier le code]