Zaouïa d'Illigh

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La zaouia d'Iligh, zaouia de Tazeroualt ou Zaouia semlaliya était une confrérie soufie du Souss, au Maroc, fondée par Abou Hassoun Semlali au début du XVIIe siècle[1].

Apparue pendant une période marquée par la faiblesse du pouvoir central Saadien, la zaouia deviendra très vite un acteur incontournable et puissant du sud marocain et du Souss.

La zaouia d'Iligh a été detruite par sultan Rachid en 1671 puis rebâtie quelques 30 ans plus tard ; elle continuera d'avoir une influence politique et économique locale au sein de la tribu des Lakhsass, maintenant des rapports tendus avec le Makhzen alaouite, et ce jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle[1],[2].

Localisation[modifier | modifier le code]

La zaouïa d'Illigh était située dans le Tazeroualt (Souss actuel) avec comme villes principales Taroudant, Agadir, Illigh.

Histoire[modifier | modifier le code]

Suite à l'accession au trône de Moulay Zidane au début du XVIIe siècle, le Makhzen Saadien, affaibli, ne jouissait que d'un pouvoir limité. Plusieurs forces apparaissent alors, dont la zaouia de Tazeroualt ainsi que les Alaouites, future dynastie régnante[3]:

Abou Hassoun, arrière-petit-fils du grand mystique Sidi Ahmed ou Moussa et fondateur de la zaouia, installa sa capitale à Illigh, réussit à obtenir des enclaves maritimes à Agadir et à Massa et s'assura un succès commercial (après l'éviction d'Abou Mahalli) grâce à la diminution des droits de douane aux commerçants étrangers (en l'occurrence français et anglais). Le territoire sous son contrôle, le "royaume de Tazeroualt", représentait alors le passage obligé du trafic transsaharien de l'or sur l'axe Gao-Tombouctou -Taroudant.

Cet essor économique fulgurant s'accompagna du maintien d'un équilibre avec les Dilaïtes, en influence avec ces derniers sur le maintien d'une influence sur l'embouchure du Bouregreg et plus tard d'un soutien temporaire au chérif alaouite Moulay Mohammed (?).

Sidi Ali de Tazeroualt assiégea le Tafilalt avec son armée pendant dix ans, Moulay ech-Cherif est alors emprisonné durant un an.

A la seconde moitié du XVIIe siècle la zaouia de Tazeroualt perd du terrain devant les alaouites, qui finiront par étendre leur pouvoir sur tout le Maroc. Cependant, la zaouia conservera une influence locale jusqu'au XIXe siècle, quand le sultan Hassan Ier parvint à soumettre Illigh en 1882.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Un petit Royaume Berbère: "Le Tazeroualt, un saint berbère Sidi Ahmed Ou Moussa", par le Colonel Justinard. Librairie orientale et américaine (1954)
  2. Études anthropologiques en Anti-Atlas occidental: Lakhsass, par Mohamed Alhyane, IRCAM (2004) [1]
  3. Brahim Harakat, Le makhzen sa'adien, dans: Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, N°15-16, 1973. pp. 43-60

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • D. Jacques-Meunié, Le Maroc saharien des origines à 1670, Klincksieck, Paris, 1982, 2 vol.
  • J. Brignon, A. Amine, B. Boutaleb, G. Martinet, B. Rosenberger, M. Terrasse, Histoire du Maroc, Hatier, Paris, Librairie Nationale, Casablanca, 1967
  • Hespéris: archives berbères et bulletin de l'Institut des hautes-études marocaines, Volumes 37 à 38, Emile Larose, 1950

Articles connexes[modifier | modifier le code]