Identité numérique

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L'identité numérique (« IDN ») peut être définie comme un lien technologique entre une entité réelle (personne, organisme ou entreprise) et des entités virtuelles (sa ou ses représentation(s) numériques).

Le développement et l'évolution des moyens de communication, au travers notamment de la multiplication des blogs et des réseaux sociaux, changent le rapport de l'individu à autrui. Ainsi, l'identité numérique permet l'identification de l'individu en ligne et la mise en relation de celui-ci avec l'ensemble des communautés virtuelles présentes sur le Web.

Composantes de l'identité numérique[modifier | modifier le code]

La construction de l'identité numérique[modifier | modifier le code]

Pour Erving Goffman, l’identité d’un individu se construit dans les interactions[1]. Deux identités se créent : l’identité définie par autrui qu’il appelle l’identité « pour autrui » et l’identité pour soi. L’identité pour autrui est constituée de « l’identité personnelle et de l’identité sociale d’un individu [qui] ressortissent au souci qu’ont les autres de les définir »[réf. souhaitée]. Il souligne cependant que ces deux types d’identité ne sont pas en opposition totale : « L’individu se sert pour édifier son image de lui-même des mêmes matériaux que les autres ont déjà utilisés pour lui bâtir une identification sociale et personnelle. Il n’en reste pas moins une grande liberté quant au style de la construction »[réf. souhaitée]. Les signes extérieurs que l’individu rejette ou adopte prennent la forme de stigmates sur lesquels se construit l'identité. Un stigmate représente tout attribut social dévalorisant. D’après Corinne Rostaing[2], ce n’est pas un attribut en soi et il se définit dans le regard d’autrui. Il définit un certain écart par rapport à la norme sociale : toute personne qui ne correspond pas à ce qu’on attend d’une personne considérée comme « normale » est susceptible d’être stigmatisée et s’analyse en termes relationnels.

Le Modèle de l’identité numérique[3] de Fanny Georges définit trois composantes de l'identité numérique[4] : l’identité déclarative, l’identité agissante et l’identité calculée.

  • L'identité déclarative se réfère aux données saisies par l'utilisateur comme son nom, sa date de naissance, ou autres informations personnelles directement renseignées par l'individu.
  • L'identité agissante est indirectement renseignée par les activités de l'utilisateur sur la toile.
  • L'identité calculée, qui résulte d'une analyse de l'identité agissante par le système, comme le nombre de « likes », le nombre de communautés virtuelles dans lesquelles l'individu évolue, ou encore ses fréquentations sur les réseaux sociaux.

Ce modèle permet une approche qualitative quantifiée ("quali-quanti"[réf. souhaitée]) de l'identité numérique et des visualisations par graphes égocentrés. L'application quantifiée à Facebook (2008) montre qu'au cours du passage du web 1.0 au web 2.0, l'utilisateur délègue de plus en plus sa présentation identitaire au système informatique et aux autres utilisateurs[3].

L'identité numérique et Facebook[modifier | modifier le code]

La question de l’identité en ligne est intimement liée à celle de la présentation de soi[5] et du cyberself[6].

Les travaux d'Antonio Casilli se sont penchés sur l'étude des comportements en société, selon la perspective des aller-retours entre réseau et vie hors-ligne. Avant l’arrivée d’Internet, la sociologie interactionniste avait analysé les comportements en société comme des processus dialectiques, des allers et retours incessants entre une scène (espace de la monstration de soi) et des coulisses (lieux en principe inaccessibles au public, où l’acteur peut ne pas être ce qu’il dit être quand il est sur la scène). Si l’on remplace les notions de « scène » et de « coulisses » par celles de « réseau » et de « vie hors ligne », le cadre théorique tient toujours[7].

C’est pourquoi depuis l'automne 2014[réf. nécessaire], Facebook demande aux utilisateurs d'utiliser leur « identité authentique », soit « le nom que chaque personne utilise dans la vraie vie ». Une politique moins rigide qui permet de mieux s'adapter aux cas particuliers. Cette volonté trouve sa source dans l’ADN du réseau social. En effet, Facebook a été créé en 2004 comme « trombinoscope virtuel » pour les étudiants de l'université Harvard[8]. Ainsi, le but était de retrouver en ligne les personnes côtoyées dans la « vraie vie ». L’usage du vrai nom était alors de mise.

L’utilisation de vrais noms s’explique aussi par le fait que « les internautes restent plus mesurés dans leurs propos lorsque leur véritable identité est mise en jeu. Ainsi, les débats peuvent alors être plus constructifs »[réf. nécessaire], affirme l’ancienne directrice marketing de Facebook, Randi Zuckerberg[9].

Cette volonté est d’ailleurs rappelée dans les conditions d’utilisation du réseau social[10] « L’exigence de Facebook concernant l’utilisation d’un nom réel crée un environnement plus sûr. (...) Lorsque les personnes expriment leur avis et agissent en utilisant leur véritable identité et leur réputation, notre communauté devient plus responsable. »[réf. nécessaire]

Depuis 2015, Facebook a toutefois nuancé sa politique en matière de vrai nom. Alors qu’il était jusqu’alors obligatoire de se révéler sous son vrai nom, les utilisateurs du réseau social peuvent désormais, sous certaines conditions, recourir à un pseudonyme.

Une lettre ouverte[11] de Facebook a permis d’éclairer cette prise de position : ceux qui doivent « confirmer » leur nom sur Facebook auront maintenant la possibilité d'ajouter un contexte et des détails. Ils étaient auparavant incapables de le faire. Alex Schultz, responsable du développement, déclare : « Cela devrait aider notre équipe des opérations communautaires à mieux comprendre la situation ». Il explique également : « Cela nous aidera également à mieux comprendre les raisons pour lesquelles les gens ne peuvent actuellement pas confirmer leur nom ».

Facebook maintient ses positions en matière d’utilisation du vrai nom de l'utilisateur sur la plateforme. Alex Schultz, affirme que « lorsque les gens utilisent le nom que les autres connaissent, ils sont plus responsables de ce qu'ils disent, ce qui rend plus difficile de se cacher derrière un nom anonyme pour harceler, intimider, spammer ou arnaquer quelqu'un. »

Exemple de l'usage des emojis[modifier | modifier le code]

L'usage des émojis sur les réseaux sociaux est un exemple des différents dispositifs de production de soi en ligne qui permettent à l'individu de structurer son identité.

D’après une étude publiée dans la revue Computers in Human Behaviour, conduite par des chercheurs de l’université d’Edge Hill[12], l’usage des émojis renseignerait la personnalité de leurs usagers ou du moins sur l’identité numérique qu’ils se forgent[13]. Les personnes qui utilisent un plus large spectre d’émojis comprenant même les émojis tristes accorderaient moins d’importance au jugement des autres. En revanche, des personnes qui s’estiment sympathiques utiliseraient plutôt des émojis tels que les happy, pour refléter leur personnalité.

En bref, ceux qui utilisent des Emoji cherchent à aider leurs interlocuteurs à mieux cerner leur personnalité. L’étude montre en effet que la « stratégie du sourire virtuel », usé pour se donner des airs de sympathie, fonctionne. L’interaction en ligne via des émoticônes, utilisés pour communiquer ses émotions, contribue donc à la construction de l’identité en ligne.

Une étude, publiée par l’Université du Minnesota, met en avant la variabilité de l’interprétation des émojis selon les plateformes de communication[14]. Des utilisateurs de Samsung ou d’Apple ne partagent pas les mêmes émojis. Si un même émoji peut avoir un design différent selon le smartphone, s’affichant différemment, des personnes différentes donnent aussi des significations différentes à un même émoji. L’interprétation varie selon les personnes et le support de communication, ce qui va de pair avec la construction de sa propre identité numérique[15].

Les différentes facettes de l'identité numérique[modifier | modifier le code]

La schématisation du concept de l'identité numérique a été abordée par plusieurs auteurs comme Fred Cavazza, Anthony Babkine[16] ou encore Leafar[17]. L'objectif était de définir toutes les composantes de l'identité numérique à travers une représentation simplifiée. L'identité numérique est ainsi représentée par une cartographie à plusieurs facettes[18].

  • Les certificats, permettant d'authentifier un utilisateur de manière certaine, unique et sécurisée, pour transmettre ou recevoir des informations numériques[19] à travers, par exemple, des outils informatiques comme CardSpace, OpenID, ClaimID, Naimz, Thawte, Certinomis ou encore ChamberSign France.
  • L'expression (ce que je dis) prenant en compte tous les contenus mis en ligne à partir des logiciels, des plateformes, et des services reconnus comme outils de parole (ex : Wordpress, Blogging, Overblog).
  • Les avis (ce que j'apprécie), qui peuvent concerner un produit (ex : Beaute-test, Ciao, Looneo, Amazon, etc.), un service (ex : Vacanceo, Trip Advisor), un site Internet (ex : Digg) ou même un contenu rédactionnel.
  • Les hobbies (ce qui me passionne), qui se focalisant sur des thèmes divers comme la cuisine, l'automobile, les jeux en ligne, les animaux, etc. Il s'agit souvent des communautés de niche échangeant sur un sujet qui est leur passion.
  • La connaissance (ce que je sais) qui est transmise à travers les encyclopédies communautaires (ex : Wikipédia), les foires aux questions collaboratives (ex : Google Answer), les tutoriels, les blogs spécialisés, etc.
Un avatar est une forme d'identité numérique.
  • Les avatars (ce qui me représente) dans un univers virtuel comme dans les jeux en ligne (ex : Second Life, World of Warcraft) ou encore dans les comptes numériques (ex : Gravatar).
  • L'audience (qui je connais), qui peut s'étendre à des groupes d'individus (ex : Facebook, Myspace) et des sites de rencontre (ex : Meetic).
  • La consommation (ce que j'achète) reflétant les achats réalisés, le moyen de paiement utilisé, les pages consultées, les produits les plus visités, la fréquence d'achat, la création de profils marchands, l'accumulation des points de fidélité, etc.
  • La réputation (ce qui est dit sur moi) englobant la notoriété et la fiabilité de l'individu ou de la personne morale sur Internet (ex : Ebay). Des services se sont également spécialisés dans la gestion de la notoriété et de la réputation en ligne (ex : Outspoken media).
  • Enfin, la publication (ce que je partage), qui recense tous les contenus partagés par les utilisateurs, tels que les vidéos (ex : Dailymotion, Youtube), les photos (ex : Instagram, Flickr), la musique (ex : SoundCloud), les liens (ex : Easylinkr), etc.

L'identité numérique sur les médias sociaux[modifier | modifier le code]

Les travaux de Strenger et Coutant (2011)[20] placent l'individu au sein d'une cartographie centrée sur les médias sociaux. L'objectif est de comparer les actions qui sont orientées vers un intérêt précis (professionnel, notamment, avec l'utilisation des plateformes comme Viadéo, par exemple), de celles orientées vers des rapports amicaux (ex : Facebook, Skyrock, Msn, etc.). De plus, il s'agit de déterminer les pratiques des utilisateurs selon ce qu'ils partagent, soit la publication de soi (ex : MySpace), soit la publication de contenu tiers (ex : Wikipedia, Pinterest, etc.). L'identité numérique est ainsi observable à travers le niveau de participation de l'individu sur les différents médias sociaux.

Les travaux de Dominique Cardon (2008)[21] spécifient deux modèles de visibilité dans les réseaux sociaux : d'une part, les utilisateurs « tout montrer tout voir », d'autre part les utilisateurs « se cacher se voir ». Fanny Georges (2009)[22] s'appuie sur ces notions, en qualifiant les premiers d'« hyper visibles » et les seconds de « cachés », pour étudier les divergences des pratiques de ces types d'utilisateurs. Ses recherches montrent que l'impact de l'identité déclarative sur l'identité numérique globale est de moins en moins déterminant.

Identité virtuelle et identité réelle[modifier | modifier le code]

Extériorisation de soi et simulation de soi[modifier | modifier le code]

L'identité numérique se mesure également par la distorsion entre le virtuel et le réel. En partant du postulat d'une «  pluralité [chez l'individu] à facettes multiples »[21], Dominique Cardon, sociologue au laboratoire Orange Labs, explique que l'identité numérique se développe selon deux dynamiques : l'extériorisation de soi et la simulation de soir[21].

L'extériorisation de soi renvoie au caractère fixe, de l'individu, à des informations durables et incorporées : son sexe, son âge, son statut matrimonial, etc., (son être) mais renvoie aussi à des faits moins clairs et tangibles, plus subjectifs, c'est-à-dire à ses goûts, ses activités, ses opinions affirmés, ses œuvres, ses projets, ou encore ses productions (son faire). Il s'agit ici d'étudier comment l'individu se présente.

La simulation de soi, pour sa part, renvoie aux modifications que l'individu apporte à son identité lorsqu'il entre dans l'univers numérique, dans les mondes virtuels. Cet axe d'étude s'intéresse aux relations entre les informations avancées dans l'identité numérique forgée : il s'agit d'étudier si elles se rapprochent ou plutôt s'éloignent de l'identité réelle. Il s'agit ici d'étudier comment l'individu se fait fiction.

De ces deux axes ressortent quatre processus de figuration de l’identité numérique :

  • L'identité civile, qui renvoie aux « propriétés génériques et statutaires[21] » fixes de l'individu dans sa vie réelle (nom propre, sexe, âge, localisation, photographies personnelles, etc.).
  • L'identité agissante, qui caractérise ce que fait la personne dans l'univers numérique, ce qu'elle est à travers ses « oeuvres[21] » (réseaux professionnels, passions, goûts, etc.).
  • L'identité narrative, qui caractérise le récit personnel fait virtuellement, mais se basant sur le « vrai » moi (journal intime, surnom, pseudo, etc.).
  • L'identité virtuelle, qui caractérise les « projections de soi [qui] prennent des formes ludiques, imaginatives ou fantasmatiques [et] qui n’entretiennent que des correspondances improbables avec l’identité réelle des personnes[21] » (avatar, personnage, jeux en ligne, etc.).

Les cinq formats de visibilité[modifier | modifier le code]

Dominique Cardon propose ainsi cinq formats de visibilité pour faire le lien entre le monde réel et le monde virtuel :

Le Paravent
Les individus se rencontrent dans la sphère numérique et vérifient leur affinité dans la vie réelle à travers des critères seulement connus par ceux que l'on vise rencontré. En s'appuyant sur l'« opacité[21] » des plateformes, l'objectif est d'être peu visible, ou uniquement découvert dans certaines interactions sélectionnées notamment à travers des moteurs de recherche.
Le Clair-Obscur
Les individus renforcent leur relation par des échanges virtuels et rentrent ainsi en contact avec des personnes interposées (les amis des amis). Les personnes partagent leur vie privée mais en ciblant avant tout un cercle de contacts proches.
Le Phare
Les personnes élargissent le réseau de contacts réels à un large répertoire de contacts issus du virtuel. Le but est de se rendre visible et accessible à tous. L'individu est ainsi dynamique dans le partage de contenu et est à la recherche d'une audience, d'une réputation et d'une connectivité maximale.
Le Post-it
Le monde réel est indissociable du monde virtuel. Les individus multiplient leur présence par des indices contextuels tout en réservant l'information à un réseau relationnel limité. Les notions de temporalité et de géolocalisation y sont fortement représentées.
La Lanterna Magica
Les individus sont liés par une relation virtuelle qui n'aboutit que rarement à une relation réelle. Il s'agit généralement d'avatars personnalisés reflétant l'identité réelle du participant notamment dans les jeux en ligne où le joueur est maître de son scénario et de son identité.

Le concept du masque[modifier | modifier le code]

Une relation entre le masque et l'identité numérique est proposée dans l'ouvrage de Wiszniewski et Coyne (2002)[23]. Partant du postulat qui est que les individus, quelle que soit l'interaction individuelle dans un groupe social, portent un masque pour cacher leur identité, ils expliquent que ce comportement n'est pas différent sur Internet, que ce phénomène se renforce même derrière un écran. L'individu est lui-même contributeur de ce qui est écrit sur son profil : le masque est donc renforcé par un style d'écriture, un vocabulaire spécifique et la sélection de sujets traités. Le masque ne révèle pas l'identité réelle de la personne, mais peut transposer des informations qui peuvent être quant à elles réelles. Par exemple, si une personne choisit de jouer le rôle d'une rock star, cette métaphore révèle un intérêt probablement réel pour la musique.

Le fait de porter un masque a aussi pour objectif de créer une certaine sécurité sur la scène virtuelle, pour ne pas voir ses informations privées être volées, par exemple. Le masque permet ainsi d'interagir en ligne tout en gardant un degré de confidentialité.

Serge Tisseron, docteur en psychologie, psychiatre, et psychanalyste français, évoque également le rôle du masque dans la société, et notamment dans la société virtuelle. Il explique que dans les sociétés traditionnelles, les fêtes masquées étaient très importantes en ce qu’elles permettaient de faire de nouvelles rencontres. Pour lui, les mondes virtuels renouent en quelque sorte avec cette tradition carnavalesque. Les internautes peuvent en effet s’autoriser certains propos dès lors qu’ils sont masqués[24].

Représentation de soi[modifier | modifier le code]

La représentation de soi[25] se définit comme les signes observables de l'utilisateur par les autres individus[5]. Ce n'est cependant qu'une partie de l'identité numérique puisqu'elle est généralement associée à l'identité déclarative. L'individu fait ainsi abstraction de certains critères pour apparaître tel qu'il le désire. Il effectue un arbitrage entre "les informations qu'il juge non pertinentes et celles qu'il juge plus adéquates pour définir sa personne, c'est-à-dire plus conformes à l'idée générale qu'il se fait de lui-même"[3]. Cependant, les interactions avec les autres individus sur la toile et les informations demandées sur certains sites invitant l'utilisateur à définir son profil peuvent modifier son schéma de pensée initial. Par ailleurs, l'individu est amené à exister sur Internet et à se représenter pour communiquer puisqu'il ne peut pas être identifié par sa seule présence physique comme cela serait le cas dans le monde réel.

Fabien Granjon, sociologue et professeur des universités en sciences de l'information et de la communication, développe une réflexion sur l'usage des réseaux sociaux en fonction de l'évolution des normes sociales relatives à la pudeur[26]. Selon lui, les règles de pudeur qui prévalaient jusqu'alors font place à une pudeur intersubjective dépendant du contexte. Aussi, l'exposition de soi procède aujourd'hui d'une logique de "contrôle du dé-contrôle" de la part d'un public plus réflexif et distancié

Ce que montrent différentes recherches[réf. nécessaire] c'est que l'exposition de soi en ligne demande une certaine maîtrise des outils de sécurité et de confidentialité pour contrôler ses données personnelles. Or, il semblerait, toujours selon Fabien Granjon, que plus de la moitié des utilisateurs des sites de réseaux sociaux pensent détenir les compétences nécessaires pour garder la main sur leurs données informationnelles, ce qui n'est pas le cas.[réf. nécessaire]

L'exposition de soi sur Internet s'explique de différentes façons. Dans un premier temps à un besoin humain d'exister aux yeux des autres, mais aussi de se connaître : ce n'est pas si anodin que l'évolution technologique soit accusée de renforcer l'individualisme et la solitude comme le démontre une étude américaine[27]. Les internautes mettent l'accent sur leur personne en premier lieu, parce qu'ils cherchent naturellement à se connaître. Ils cherchent également à explorer leur identité[28]. De plus la structure numérique est agencée de façon que les utilisateurs se dévoilent (personnalisation toujours plus poussée, publications facilitées, visibilité développée...). Dernièrement, le public influence le contenu des publications qui sont ainsi plus nombreuses et plus personnelles[29].

Usage de faux noms et pseudonymes[modifier | modifier le code]

Les réseaux sociaux, Facebook notamment, sont nombreux à vouloir empêcher l’usage de faux noms et pseudonymes sur leurs plateformes. Pour éviter le recours aux pseudonymes, Facebook met en avant sa volonté de supprimer les trolls et d'empêcher des propos déplacés[30].

Une enquête menée par Disqus, une entreprise qui dirige un service de commentaire en ligne, prouve que l’usage de pseudonyme est souvent lié à la préservation de la vie privée des personnes et le but n’est pas le trolling. Le pseudonymat est utilisé dans le but de ne pas être retrouvé si une personne a déjà fait face à des cas de violence ou de jugement ; le pseudonyme permet de s’exprimer sans crainte de possibles conséquences. Les questions de harcèlement reviennent fréquemment. Enfin, les utilisateurs utilisent souvent un pseudonyme car leurs proches sont habitués à ce dernier, le pseudonyme vient alors prendre part à l’identité même de la personne[31].

Outre la dissimulation de l'identité, l'utilisation d'un pseudonyme peut être un moyen d’identification fort. Pour François Perea, maître de conférence en sciences du langage, l’identité en ligne n’est donc pas liée à l’identité civile mais elle se manifeste par le choix d’un avatar, d’une photographie ou encore d’une citation. Pour Antonio Casilli, dans la vie quotidienne, les noms jouent un rôle pour deviner les caractéristiques des individus que l'on rencontre. Sur le net, les représentations numériques (avatars, photographie, citations), permettent également de se faire une idée des caractéristiques physiques des internautes avec qui il est possible d'échanger[32]. Les choix des internautes pour se montrer aux autres en ligne ont donc un sens et ne sont donc pas anodins[33]. Par exemple, « En choisissant un nom d'animal ou de personnage célèbre, les internautes veulent suggérer qu'ils partagent quelques détails avec ces derniers »[34].

Sur les réseaux sociaux, les internautes se construisent ainsi une identité narrative ou virtuelle. Le pseudonyme n’a alors pas uniquement vocation à cacher, il peut être un moyen de montrer d’autres aspects de sa personnalité. En cela, il peut être considéré comme un « espace de projection identitaire ». Utiliser un pseudonyme peut également servir à se protéger, à protéger son identité mais également celle de son entourage. De plus, les pseudonymes permettent une expression plus accrue de la part des utilisateurs. En effet, l’expression est d’autant plus facile sur le net grâce d'une part à l’absence de rencontre directe, d'autre part au fait que la relation avec les autres internautes peut être immédiatement suspendue : « il suffit à l’internaute de se désinscrire du groupe ou, plus simplement encore, de changer de pseudonyme. »

Selon Danah Boyd, chercheuse américaine en sciences humaines et sociales, contraindre à utiliser son vrai nom sur internet relève d'un abus de pouvoir. Elle affirme dans un article que « les individus qui se fient le plus aux pseudonymes dans les espaces virtuels sont ceux qui sont le plus marginalisés par les systèmes de pouvoir. » Il en découlerait selon elle que « les règlements de type «vrais noms» ne sont pas émancipateurs ; ils constituent une affirmation du pouvoir sur les individus vulnérables ». Elle ajoute « Si les gens font le nécessaire pour s’adapter à différents contextes afin de protéger leur sécurité, et pour s’assurer de ne pas être jugés en dehors d’un contexte précis, cela ne veut pas dire qu’ils sont tous des escrocs. Il s'agit au contraire d’une réponse responsable et raisonnable aux conditions structurelles de ces nouveaux médias »[35]. De plus, pour Casilli, cette « politique de vrais noms » est à l’origine de l'apparition de faux noms qui relèvent moins de l’usurpation d’identité que de la quête d’autonomie de leurs usagers.

Selon Julia Velkovska, sociologue, et Valérie Beaudouin, chercheuse en sciences sociales, « la représentation à l’écran d’un utilisateur ne doit alors pas être envisagée comme un outil d’identification, [...] permettant ou non de le reconnaître si on le croise dans un espace du quotidien hors ligne, mais avant tout comme un outil de positionnement et de recherche de reconnaissance au sein de la communauté en ligne où il est employé »[36]. Les identités hors ligne et en ligne sont distinctes puisque l’objectif poursuivi dans ces deux espaces n’est pas forcément le même et que ces espaces ne s'entremêlent pas.

Projets gouvernementaux[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Deux initiatives concurrentes semblent se dégager en faveur d'une signature numérique sécurisée pour les citoyens français[37] :

L'adoption par le sénat d'un projet de loi sur la carte d'identité biométrique devant proposer ce service : le titulaire de la carte peut installer sur celle-ci une deuxième puce support de sa signature numérique, pouvant jouer le rôle d'authentificateur sur les sites administratifs puis à terme sur les sites de commerce électronique. Suite aux navettes parlementaires et à la saisine du Conseil constitutionnel, la Loi no 2012-410 du 27 mars 2012 relative à la protection de l'identité a considérablement réduit les services offerts par ce document d'identité en matière numérique.

La relance par Le Ministère de l'Industrie et de l'Économie numérique d'un autre dispositif — baptisé Idénum — supporté par une mini-clé USB ou par la puce d'un mobile, capable d'identifier automatiquement l'utilisateur sur les sites partenaires d'Idénum. Moyennant la confirmation d'un mot de passe, l'identité de l'internaute est immédiatement vérifiée. Ce projet est toujours dans l'attente de la publication de l'étude de préfiguration d'un consortium Idénum[38].

La carte d'identité numérique[modifier | modifier le code]

La CNI n'est pas obligatoire et chaque Français est libre d'en disposer d'une ou non. L'article 78-2 du Code de procédure pénale[39] permet de justifier son identité auprès de la police « par tout moyen ». Cela signifie que le témoignage ou encore un titre de réduction SNCF avec photographie sont considérés comme des justificatifs acceptables auprès de la police.

En 2005, la France s'est engagée dans un projet de mise en place d'une carte d'identité INES (identité nationale électronique sécurisée) contenant des données biométriques (empreintes digitales, photographie, iris de l'œil, etc.). Ce projet a lancé un grand débat autour de la question de l'identité biométrique[40][réf. insuffisante].

L'intérêt majeur de cette carte INES est la lutte contre la fraude documentaire ainsi que la possibilité de l'utiliser dans des téléprocédures administratives ou des transactions commerciales.

Les réticences et objections exprimées à propos de ce projet concernent les risques qui pèsent sur les libertés. Cependant, selon un sondage réalisé les 20 et 21 mai 2005 par le Forum des droits sur l'Internet, les Français seraient prêts à sacrifier « un peu » de leurs libertés pour « plus de sécurité »[40].

Aujourd'hui, ce projet n'est toujours pas mis en œuvre mais les spécialistes prédisent[réf. nécessaire] l'introduction d'un titre d'identité utilisant des technologies numériques actuelles.

Aujourd'hui, l'État est la seule entité légitime pouvant délivrer des titres d'identités officiels. Ceci s'impose également dans le monde des réseaux numériques. Si l'éventualité de laisser une société privée gérer les identités numériques, l'échec du projet Passport de Microsoft montre le refus de la population[réf. souhaitée] de confier son identité à un seul acteur.

Institutions et autres projets[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

La CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) autorité de contrôle française en matière de protection des données personnelles. Ensuite, Internet Sans Crainte[41], est une initiative financée par la commission européenne, vise pour sa part à informer le citoyen des risques associés à l'identité en ligne, en particulier pour les enfants et les adolescents.L'Association Présaje[42] ravaux menés sur les aspects juridiques de l'identité numérique, dont un ouvrage collectif : L'identité à l'ère numérique[43]. Finalement, l'Association francophone des spécialistes de l'investigation numérique l'AFSIN, est une association francophone de spécialistes sur l'investigation numérique est une association loi de 1901 fondée en octobre 2006 par des magistrats, des enquêteurs et des experts judiciaires pour favoriser les échanges en langue française sur les sujets relatifs à l'investigation numérique.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Une nouvelle rubrique facultative a été ajoutée en 2016 au questionnaire du système électronique d'autorisation de voyages américain (ESTA) pour les courts séjours. Celle-ci nous invite à renseigner les noms des réseaux sociaux que nous utilisons au quotidien, tels que Facebook, Twitter, Instagram ou encore YouTube, ainsi que les noms d’utilisateurs ou pseudonymes associés à notre présence en ligne lors de toute entrée en Amérique[44].

Proposition de loi contre l'anonymat sur les réseaux sociaux[modifier | modifier le code]

En 2016, le député Éric Ciotti du parti politique Les Républicains, propose comme projet de loi l’obligation de présenter une pièce d’identité pour s’inscrire sur les médias sociaux[45], en particulier sur Facebook, Snapchat et Twitter. Il propose de cette manière de « mettre fin à l’impunité qui règne sur internet », en rendant vérifiable l’identité de tout utilisateur du réseau, et de pouvoir prévenir les délits sur Internet, tels que la diffamation, l’apologie du terrorisme, l’usurpation d’identité, et avec en toile de fond la lutte contre les réseaux djihadistes présents sur Internet. L’objectif principal est de donner aux autorités « la possibilité de savoir qui se cache derrière ce compte en quelques minutes », sans pour autant interdire le recours à un pseudonyme, et prévoyant de garder confidentielles ces informations, pour les utilisateurs souhaitant préserver leur anonymat auprès des membres du réseau.

À travers cette proposition, Éric Ciotti exprime le point de vue qu’il faudrait établir une forme de contrôle sur Internet, un moyen d’empêcher les comportements illégaux sur les réseaux sociaux, de rationaliser en somme les comportements.

Ce dispositif comporte plusieurs dangers. Tout d’abord, il peut constituer une atteinte à la protection des données personnelles, si les sites concernés n’ont pas les moyens d’assurer la sécurité d’une énorme base de données contenant des documents officiels. De plus, il existe un risque que ces données soient détournées de leur but à des fins commerciales, comme il se fait avec les données saisies librement par les utilisateurs. Enfin, le dispositif impose une forme de surveillance nuisant à la liberté d’expression, les utilisateurs subissant une pression des autorités pour éviter toute subversion.

Vivement critiquée par les médias[46], et finalement rejetée à l’Assemblée Nationale, la proposition n’est en fait pas nouvelle, puisque Facebook inscrit déjà dans ses conditions générales d’utilisation l’obligation de rendre exactes toutes les informations que l’on met en ligne sur le réseau[47], sous peine de fermeture du compte. Ainsi, sauf justification pour l’utilisation d’un pseudonyme, un utilisateur est tenu d’utiliser son vrai nom sur Facebook, et en cas de doute, il peut lui être exigé de soumettre un document d’identité officiel auprès des administrateurs du réseau[48].

Dimension légale[modifier | modifier le code]

Informatique et libertés[modifier | modifier le code]

La loi « Informatique et Libertés » du 6 janvier 1978, modifiée par la loi du 6 août 2004, définit les principes à respecter lors de la collecte, du traitement et de la conservation des données personnelles.

Celle-ci précise que « L'informatique doit être au service de chaque citoyen. Son développement doit s'opérer dans le cadre de la coopération internationale. Elle ne doit porter atteinte ni à l'identité humaine, ni aux droits de l'homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques. »[49]

La loi informatique et libertés du 6 janvier 1978 définit également les éléments suivants :

  • Elle renforce les droits des personnes sur leurs données
  • Elle prévoit une simplification des formalités administratives déclaratives
  • Cette loi est applicable dès lors qu'il existe un traitement automatisé ou un fichier manuel, c'est-à-dire un fichier informatique ou un fichier « papier » contenant des informations personnelles relatives à des personnes physiques.
  • Ne sont pas soumis à la loi : les « traitements mis en œuvre pour l'exercice d'activités exclusivement personnelles » tels que les agendas électroniques, les répertoires d’adresses, les sites internet familiaux en accès restreint ; les personnes morales (ex. : fichier de noms de sociétés). Cependant, si ce fichier d’entreprises contient des noms de personnes physiques (ex : nom du responsable commercial), la loi informatique et libertés est applicable.

Respect de la vie privée sur internet[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de réelle définition juridique de la « vie privée » à l’heure actuelle.

L'article 9 du Code civil prévoit que « Chacun a droit au respect de sa vie privée. Les juges peuvent, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que séquestre, saisie et autres, propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l'intimité de la vie privée ; ces mesures peuvent, s'il y a urgence, être ordonnées en référé. »[51].

Le non-respect de la loi peut faire l'objet de sanctions pénales pouvant aller jusqu'à 450 000 euros d'amende et 5 ans d'emprisonnement.

Le droit à l'image sur internet[modifier | modifier le code]

Si l'identité numérique peut être définie comme les identifiants que l'on se donne ou que les tiers donnent à leurs pairs (pseudo, mot de passe, nom de famille, numéro de Sécurité Sociale), elle s'étend surtout à ce que les autres perçoivent de soi : c'est-à-dire son image.

Étant donné que l'identité numérique fait partie du monde multimédia, qui inclut l'image, l'identifiant est indissociable de l'image. Avec la montée des réseaux sociaux, il est très difficile aujourd'hui de contrôler son image sur Internet.

La loi comporte aujourd'hui plusieurs textes pour protéger l’image des personnes ou des entreprises.

Premièrement, l'article 9 du Code civil concerne l’atteinte à la vie privée en établissant que « chacun a droit au respect de sa vie privée ».

L'article 226-1 du Code pénal prévoit ensuite une peine d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d’amende « le fait, au moyen d'un procédé quelconque, volontairement de porter atteinte à l'intimité de la vie privée d'autrui ». Cependant, le dernier alinéa du texte prévoit également que cette violation d’image ne doit pas avoir été accomplie accomplis « au vu et au su des intéressés sans qu'ils s'y soient opposés, alors qu'ils étaient en mesure de le faire » sinon le tribunal estime que le consentement a été exprimé. Cela signifie donc qu’une photo prise en soirée dans un lieu privé et déposée sur les réseaux sociaux le lendemain sans l’accord des personnes sera considérée comme avoir été prise avec un consentement implicite puisque les personnes ne s’y sont pas opposées. Le texte sera donc difficilement applicable ici.

Enfin, l’article 228-8 du Code pénal prévoit également une peine « d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende le fait de publier, par quelque voie que ce soit, le montage réalisé avec les paroles ou l’image d’une personne sans son consentement, s’il n’apparaît pas à l’évidence qu’il s’agit d’un montage ou s’il n’en est pas expressément fait mention ».

Il est donc nécessaire d'être attentif avant de poster un message ou de diffuser une vidéo ou une photo en se demandant si le contenu a un caractère privé ou s’il peut être lu par toute personne sur Internet. Ainsi, il est obligatoire d'avoir l’autorisation de la personne photographiée ou payer des droits d’auteur au photographe avant de diffuser en tout liberté une photographie[52].

Droit à l'oubli numérique[modifier | modifier le code]

Il existe aujourd'hui un paradoxe quant à l'utilisation d'Internet. Les internautes expriment de plus en plus leur inquiétude d’être fichés mais, en même temps, diffusent de plus en plus d’informations à leur propos (parfois intimes).

Le droit à l'oubli est donc un enjeu qui concerne Internet puisqu'il s'agit d’un droit à ce que les éléments relatifs au passé d'une personne, qu'ils soient exacts, inexacts ou devenus obsolètes puissent être retirés des contenus en ligne, ou rendus difficilement accessibles, afin de pouvoir sortir de la mémoire collective et tomber dans l'oubli.

Il n'existe pas actuellement de droit à l'oubli tel quel mais des moyens existent dans le cadre juridique actuel, qui permettent l'oubli : par exemple, la prescription, la suppression de condamnation du casier judiciaire, la réhabilitation, etc.

L'article 6 de la loi informatique et libertés relatif aux conditions de licéité des traitements de données à caractère personnel précise que la durée de conservation des données ne doit pas excéder la durée nécessaire aux finalités pour lesquelles les données sont collectées et traitées[53].

Par ailleurs, l'article 40, inséré dans la section relative aux droits des personnes à l'égard des traitements de données à caractère personnel dispose, notamment, que toute personne peut exiger l'effacement de données la concernant qui sont inexactes, incomplètes, équivoques, périmées, ou dont la collecte, l'utilisation, la communication ou la conservation est interdite[54].

Il existe aujourd'hui un projet de règlement européen qui devrait consacrer le principe d’un « droit à l'oubli » numérique pour permettre aux internautes de mieux maîtriser leur vie en ligne. Ce nouveau droit devra s’exercer tout en respectant la liberté d’expression, du droit de la presse et du devoir de mémoire. La CNIL a d’ailleurs lancé en mai 2013 une consultation publique sur la question du droit à l’oubli, c'est la « possibilité offerte à chacun de maîtriser ses traces numériques et sa vie - privée comme publique - en ligne ».

Pour Alex Türk, président de la CNIL, ce premier pas est historique, mais demeure insuffisant tant que la valeur juridique contraignante de ces principes n'est pas définie[55].

L’usurpation d’identité[modifier | modifier le code]

L'usurpation d'identité a, pendant longtemps été ignorée en tant que telle par le législateur. Aucune loi ne punissait directement l'usurpation d'identité sur Internet. L'OCDE a publié fin mars 2009 un rapport intitulé Online Identity Theft montrant que la plupart des pays occidentaux ne disposent pas d'une législation spécifique réprimant le vol d'identité.

En France[modifier | modifier le code]

En France, ce n'est que très récemment[Quand ?] que l'infraction d'usurpation d'identité a été sanctionnée en tant que telle[réf. souhaitée], depuis l'adoption de la Loi no 2002-1094 du 29 août 2002 d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, dite LOPSI, dont la dernière réforme a été opérée par la loi no 2011-267 du 14 mars 2011 d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, donnant naissance à la LOPSI 2.

Cette dernière modification vient sanctionner pénalement l'usurpation d'identité sur internet[56] inséré dans le code pénal à l'article 226-4-1.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, une loi sur le vol d'identité numérique nommé : « Identity theft penalty enhancement act » qui vise à augmenter la durée d'emprisonnement des voleurs d'identité numérique qui commettent une infraction, a été adoptée le 16 juin 2005. Plus récemment depuis le début de l'année 2011 en Californie, une loi a été promulguée par le Gouverneur de Californie pour une nouvelle fois punir l'usurpation d'identité.

Sanctions pénales[modifier | modifier le code]

En France, le délit d'usurpation d'identité n'était directement sanctionné que dans un cas : le fait de prendre le nom d'un tiers. En effet, l’article 434-23 du Code pénal punit « le fait de prendre le nom d’un tiers, dans des circonstances qui ont déterminé ou auraient pu déterminer contre celui-ci des poursuites pénales […]. Dans ce cas, elle est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. » L’application de cet article est subordonnée à l’existence de conséquences pénales à l’égard de la personne usurpée, ce qui est très restrictif.

L'usurpation d'identité n'était pas un délit pénal en elle-même. Ainsi, envoyer un courriel en se faisant passer pour quelqu’un d’autre n’est pas en tant que tel punissable. En revanche, dans d’autres cas très particuliers, comme le fait d'utiliser une fausse identité dans un acte authentique ou un document administratif destiné à l'autorité publique (article 433-19 du Code pénal), prendre un faux nom pour se faire délivrer un extrait de casier judiciaire (article 433-19 du Code pénal), ou récupérer des identifiants et des mots de passe afin de vider le compte d’un client d’une banque, seront considérés comme répréhensibles.

Ainsi, le 27 aout 2005, le Tribunal de grande instance de Paris avait jugé Robin B. coupable de contrefaçon pour avoir réalisé un site internet personnel imitant la page d’enregistrement à MSN Messenger invitant les internautes à lui fournir leurs données personnelles à une adresse électronique qu’il avait créée.

L'article 434-23 du Code pénal joue dans le seul cas où la constitution du délit tient à ce qu'ait été pris « le nom d'un tiers ». Le droit pénal est d'interprétation stricte : aussi, les juges pourraient refuser cette assimilation.

L'usurpation d'identité est sanctionnée indirectement, au travers de l'atteinte à des données personnelles, de l'escroquerie, de la contrefaçon de marque, de l'atteinte à un système automatisé de traitement de données. En d’autres termes, l’usurpation d’identité est une composante d’infraction et non une infraction en tant que telle. Ainsi, l'article 434-23 du Code pénal vient prendre sa place aux côtés de l’escroquerie et de la contrefaçon dans l’arsenal répressif de ce comportement. Les textes répressifs étant par principe d’interprétation stricte, il est toujours possible que dans un cas précis les agissements analysés échappent à toute sanction. Néanmoins, le droit français paraît donc aujourd'hui doté de trois outils distincts au moins : les textes prévoyant et réprimant la contrefaçon, l’usurpation d’identité et l’escroquerie, pour lutter contre l'hameçonnage.

La qualification d’escroquerie paraît répondre également assez nettement au souci de répression : l’article 313-1 du Code pénal la définit en effet notamment comme l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité dans le but de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer à son préjudice ou au préjudice d’un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, ou encore à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou décharge. Dans d’autres cas, l’usurpateur se fera passer pour quelqu'un d’autre dans un espace public. La loi de 1881 sur la presse sera applicable. Enfin, on peut imaginer le dévoilement de données à caractère personnel dans le cadre d’une usurpation d’identité. Dans ce cas là, la loi du 6 janvier 1978 s’appliquera.

Désormais, « Le fait d’usurper l’identité d’un tiers ou une ou plusieurs données de toute nature permettant de l’identifier en vue de troubler sa tranquillité ou celle d’autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération ou ses intérêts, est puni d'un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Cette infraction est punie des mêmes peines lorsqu'elle est commise sur un réseau de communication électronique ouverte au public. »[57].

Sanctions de droit commun[modifier | modifier le code]

Au-delà de l’aspect pénal, l’usurpation d’identité présente également un aspect civil.

Chacun peut aussi faire sanctionner l'atteinte à son nom ou à d'autres éléments de sa personnalité, ou encore obtenir le remboursement des sommes dépensées par celui qui a utilisé les données de sa carte bancaire frauduleusement. Une femme a été indemnisée de son préjudice causé par une collègue qui utilisait son identité et ses coordonnées téléphoniques sur Meetic, où elle la faisait passer pour « une femme facile, désireuse de relations sexuelles »[58].

Tant le nom que le pseudonyme sont civilement protégés contre les usurpations. L’article 1382 du Code civil qui fonde la responsabilité civile est particulièrement applicable à ces cas.

Pour ce faire, l’usurpation d’identité doit être caractérisée par une réponse positive aux trois critères suivants :

l'existence d'une faute (l’utilisation d’un pseudonyme de manière trompeuse par exemple, en se faisant passer pour quelqu'un de connu) ;

l'existence d'un préjudice (le titulaire de l’identité doit subir un préjudice du fait de la faute commise par l’usurpateur) ;

la preuve du lien de causalité entre la faute et le préjudice évoqués.

L'article 1382 du Code civil peut jouer également si l’usurpateur dévoile des aspects de la vie privée de la personne dont il a pris l’identité.

Les sanctions existantes sont considérées comme insuffisantes au regard du développement considérable de l'usurpation d'identité. La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a annoncé, le 24 mars 2009, que l'usurpation d'identité sur Internet serait mieux sanctionnée : « Usurper l’identité d’autrui par courrier est interdit par la loi. Ce n’est pas le cas pour l’usurpation d’identité sur Internet. Et pourtant, la diffusion sur Internet est plus large que celle que peut connaître le courrier. »

La nouvelle incrimination figure dans le projet de loi de programmation et de performance pour la sécurité intérieure (LOPSI). Des sénateurs avaient auparavant proposé, en 2005 puis en 2008, que soit créée une infraction pénale spécifique sans que leur proposition ne soit débattue, estimant que l’arsenal existant, principalement l’article 434-23 du Code pénal, était suffisant[59],[60],[61][réf. insuffisante],[62].

Gestion de l'identité numérique[modifier | modifier le code]

L'importance de bien gérer son identité numérique[modifier | modifier le code]

L’intégrité, le risque, la sécurité, la confiance, la confidentialité, sont des enjeux majeurs propres à l’identité numérique. Cependant le niveau d’implication de l’utilisateur dans la gestion de son identité numérique diffère selon l’importance du sujet à ses yeux. En effet, ceci s’explique par exemple par les conséquences majeures que peut provoquer le vol des identifiants bancaires d’un individu par rapport au piratage de son profil sur un jeu en ligne. Dès lors il est primordial pour un individu de gérer son identité numérique, le risque étant que si l’identité numérique n’est pas gérée directement par l’individu, il laisse le soin aux autres de la confectionner et s’expose ainsi à certaines dérives comme peuvent l’être une mauvaise réputation, le piratage de certaines informations, ou bien tout simplement se retrouver face à des situations indésirables[63].

Gérer son identité numérique est important, car il est conseillé à l’utilisateur de ne pas partager toutes les informations relatives à sa vie privée. Cette nécessité implique des savoir-faire liés à la translittératie, savoir-faire qui peuvent être appris et enseignés[64].

Manipulation ou correction de l’identité numérique[modifier | modifier le code]

Afin d'améliorer une notoriété en ligne, des agences proposent désormais à leurs clients d'examiner leur cyber-réputation et de la corriger. Leur travail consiste à reléguer le plus loin possible dans les pages recherchées les informations pouvant nuire, et positionner des informations de nature beaucoup plus positive partout sur internet grâce à des techniques de baronnage sur les réseaux sociaux, c'est-à-dire, un procédé pour améliorer son image sur internet en diffusant des informations positives sur différents supports de qualité [1].

L'identité affichée en ligne n'est pas forcément l'identité réelle ou une identité qui serait constante, toujours la même. Au contraire, la capacité à assumer des identités différentes est l'un des principaux attraits de l'identité numérique. Par exemple, des études ont montré que les participants dans les sites de rencontres déformaient souvent la réalité à leur avantage[65],[66].

La vente de l'image, d’une partie de la personnalité que les individus souhaitent mettre en exergue, ne représente pas toujours la réalité. En effet, les contenus publiés sur les réseaux, de plus en plus scénarisés, peuvent questionner quant à la véracité de ceux-ci. Souvent dans l'excès et la surenchère les individus peuvent se perdre dans l'image qu'ils souhaitent donner d'eux et ce qu'ils sont hors réseaux. Il est primordial d’adopter une attitude réflexive et un recul vis-à-vis des posts d’autrui en prenant garde de ne pas faire de raccourcis.

Certaines sociétés proposent même de vendre des 'amis' à ajouter aux accointances de manière à augmenter sa visibilité[67].

Le recours à l’anonymat[modifier | modifier le code]

Du fait de la pluralité des moyens procurés par Internet en termes de traçabilité, l'anonymat peut dès lors être considéré comme un recours possible contre les abus du traçage mais également favoriser la protection des données personnelles. Sans pour autant être dénué d’identité, l’utilisateur va chercher à la masquer par exemple en utilisant seulement les accès publics à internet, les serveurs mandataires (proxy) ou plus simplement par l’utilisation d'un pseudonyme ou d'un nom de domaine sans rapport avec l’identité réelle.

De plus, certains utilisateurs utilisent l'anonymat pour faire la distinction entre la personnalité publique numérique et la personne privée, dans un phénomène proche de l'utilisation des noms de plumes dans le monde de la littérature. Ainsi, un certain nombre de blogueurs ou de producteurs de contenu en ligne ne signent pas leurs productions de leur nom. On peut donner Maître Eolas et ses billets[68] sur le sujet à titre d'exemple.

Cependant, l’anonymat peut également permettre à certains utilisateurs de recourir à des actes (par exemple des injures) portant atteinte à d’autres individus voire à l’ordre public. Ainsi, même si l’anonymat reste pour l’utilisateur un moyen de défense contre la marchandisation et le contrôle de la vie privée, la loi impose aux opérateurs et organisations donnant accès au réseau ou stockant des données de surveiller, tracer et conserver toutes les données d’identification, sous peine de sanctions pénales. Par conséquent, les acteurs professionnels luttent contre l’anonymat.

Cependant, le fait de recourir à l’anonymat n’empêche pas d’éventuelles poursuites. Ainsi, l’avocat qui s’exprime sur Twitter à travers le pseudonyme “Maître Eolas” a été condamné en février 2017 pour injure publique à l'encontre de l'association "Institut pour la justice" par la Cour d'appel de Versailles. Il lui était notamment reproché l’un de ses tweets. Cet exemple est donc la preuve que le pseudo n’empêche pas les poursuites judiciaires. La liberté d’expression n’est donc pas totale sur internet, même sous pseudonyme[69].

À fortiori, ces acteurs ont souvent un intérêt économique à lutter contre l'anonymat, puisqu'un certain nombre d'entre eux utilisent les données de leurs utilisateurs dans un but commercial avec par exemple de la publicité ciblée. Et donc un utilisateur anonyme peut représenter un manque à gagner important pour ces plateformes qui vont donc chercher à limiter ce phénomène. Cela pousse donc certains sites ou services à interdire l'utilisation de pseudonyme ou l’offuscation d'identité, comme Facebook qui ne permet les surnoms que si l'utilisateur possède une justification[70].

Mort numérique[modifier | modifier le code]

L’identité numérique ne doit pas être confondue avec l’identité physique de la personne qui représente sa personnalité juridique, qu’elle acquiert à sa naissance par l’établissement d’un certificat de naissance dressé par un officier d’état-civil. Ainsi, l’identité physique d’une personne se traduit par son nom, son prénom, son adresse etc. L’identité numérique quant à elle, regroupe un nom d’utilisateur, un mot de passe et une adresse électronique. Ces noms d’utilisateur renferment des comptes qui eux-mêmes renferment des centaines de milliers de données, souvent à caractère personnel. L’identité numérique n’est donc pas une composante de la personnalité juridique et sa définition fait débat. En mai 2014, la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a, dans un rapport sur le développement de l’économie numérique française tenté de définir cette notion comme « regroupant l’ensemble des traces laissées par un individu (adresses IP, cookies…), ses coordonnées d’identification, les contenus qu’il publie ou partage en ligne (blogs, avis, discussions, jeux), ses habitudes de consommation sur internet ou son e-réputation[71].

Le décès d'une personne n'entraîne pas l'effacement de son identité numérique entre autres sur les réseaux sociaux[72],[73].

Travaux et recherches conduites sur l'identité numérique[modifier | modifier le code]

Les thèmes de recherche[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de travaux et recherches sont conduits sur l'identité numérique qui couvrent une variété de disciplines telles que :

Les initiatives de recherche[modifier | modifier le code]

  • FIDIS (Future of Identity in the Information Society) : FIDIS est un réseau d'excellence de la commission européenne. FIDIS a une approche pluridisciplinaire et couvre l'ensemble des aspects relatifs à l'identité numérique.
  • Prodoper (PROtection des DOnnées PERsonnelles) : Prodoper est un projet du CNRS qui aborde les questions renvoyant à la protection des libertés individuelles, des données personnelles, ou encore à l’impact des NTIC sur les libertés civiles
  • ENEID[74] (Eternités numériques Les identités numériques post mortem et les usages innovants du web), financé par l'appel Sociétés Innovantes, Intégrantes et Adaptatives de l'Agence Nationale de la Recherche) (2014-2018), porte sur la rémanence des traces de l'identité numérique après le décès de l'usager.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. Corinne Rostaing, « Stigmate », in Paugam Serge (dir.), Les 100 mots de la sociologie, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que Sais-Je ? », p.100
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  4. Fanny Georges, L'identité numérique dans le web 2.0, Le mensuel de l'université no 27, juin 2008. (lire en ligne)
  5. a et b Fanny Georges, Sémiotique de la Représentation de soi dans les dispositifs interactifs. L'Hexis numérique., Thèse de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne., (lire en ligne)
  6. Julie Denouël, "Identité, Communications", vol. 88, n. 1, p. 75-82, 2011, http://www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_2011_num_88_1_2587
  7. Antonio Casilli, Être présent en ligne : culture et structure des réseaux sociaux d’Internet. Idées économiques et sociales, Réseau Canopé, , pp. 16-29
  8. Antonio Casilli, Être présent en ligne : culture et structure des réseaux sociaux d’Internet. Idées économiques et sociales, Réseau Canopé, , pp.16-29.
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  10. « Facebook vous autorise enfin à avoir un pseudo à certaines conditions », sur lci.fr (consulté le 28 septembre 2017)
  11. (en) « Facebook Responds To Open Letter Criticizing 'Real Names' Policy », sur buzzfeed.com
  12. Helen J. Wall, Linda K. Kaye, Stephanie A. Malone, "An exploration of psychological factors on emoticon usage and implications for judgement accuracy", publié dans Computer in Human Behavior, volume 62, September 2016, p. 70-78, 2016, http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0747563216302072
  13. « Les émojis que vous utilisez révèlent (en partie) votre personnalité », L’Express, High-Tech, 16/04/2016
  14. https://grouplens.org/blog/investigating-the-potential-for-miscommunication-using-emoji/ on human-computer interaction (HCI) and social computing by a PhD student in the GroupLens research lab at the University of Minnesota
  15. « L’interprétation des emojis n’est pas universelle », Mathilde Loire, Le Monde, 12/04/2016
  16. Anthony Babkine, Mounira Hamdi et Nabila Moumen, Bien gérer sa réputation sur Internet: E-réputation personnelle : mode d'emploi, Dunod, (ISBN 9782100571635, lire en ligne)
  17. « leafar: U.[lik] unleash Identity 0.2 », sur ulik.typepad.com (consulté le 19 novembre 2016)
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  19. Agence nationale des titres sécurisés, Certificats numériques, p. 2, 22 décembre 2011.
  20. Thomas Strenger et Stéphane Bourliataux-Lajoinie, E-Marketing & E-commerce, Chap.3, Web 2.0 et médias sociaux, p. 83-85, 2011.
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  22. Fanny Georges, « Représentation de soi et identité numérique : une approche sémiotique et quantitative du web 2.0 », Réseaux, no 154,‎
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  24. Serge Tisseron, Entretien avec Philippe Quéau,
  25. Le mensuel de l'université no 27, juin 2008, L'identité numérique dans le web 2.0, Fanny Georges
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  27. Sriram Chellappan et Raghavendra Kotikalapudi, « How Depressed People Use the Internet », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]