Ibrahim Boubacar Keïta

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Ibrahim Boubacar Keïta
Illustration.
Ibrahim Boubacar Keïta en 2013.
Fonctions
Président de la République du Mali
En fonction depuis le
(5 ans, 1 mois et 18 jours)
Élection 11 août 2013
Réélection 12 août 2018
Premier ministre Diango Cissoko (intérim)
Oumar Tatam Ly
Moussa Mara
Modibo Keïta
Abdoulaye Idrissa Maïga
Soumeylou Boubèye Maïga
Prédécesseur Dioncounda Traoré (intérim)
Amadou Toumani Touré
Président de l'Assemblée nationale du Mali

(5 ans, 1 mois et 4 jours)
Prédécesseur Aly Nouhoum Diallo
Successeur Dioncounda Traoré
Premier ministre du Mali

(6 ans et 10 jours)
Président Alpha Oumar Konaré
Prédécesseur Abdoulaye Sékou Sow
Successeur Mandé Sidibé
Biographie
Nom de naissance Ibrahim Boubacar Keïta
Date de naissance (73 ans)
Lieu de naissance Koutiala (AOF)
Nationalité Malienne
Parti politique Rassemblement pour le Mali
Diplômé de Université de Dakar
Université Panthéon-Sorbonne
Profession Fonctionnaire
Religion Islam sunnite malékite[réf. nécessaire]
Résidence Palais de Koulouba
(Bamako)

Ibrahim Boubacar Keïta
Premiers ministres du Mali
Présidents de l'Assemblée nationale du Mali
Présidents de la République du Mali

Ibrahim Boubacar Keïta (souvent désigné par son acronyme, « IBK »), né le à Koutiala (AOF), est un homme d'État malien, président de la République depuis le .

Il occupe les fonctions de Premier ministre de 1994 à 2000 et de président de l’Assemblée nationale de 2002 à 2007. Il est élu à la présidence de la République du pays en 2013 et réélu en 2018.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Ibrahim Boubacar Keïta naît le 29 janvier 1945 à Koutiala. Son grand-père est mort lors de la bataille de Verdun[1].

Formation[modifier | modifier le code]

Il part en France à l'âge de 13 ans[2] faire ses études secondaires au lycée Janson-de-Sailly à Paris et au lycée Askia-Mohamed de Bamako. Il étudie à la faculté des lettres de l’université de Dakar puis à l’université Panthéon-Sorbonne et à l’Institut d'histoire des relations internationales contemporaines (IHRIC), rattaché auprès de la même université. Il est titulaire d’une maîtrise d’histoire et d’un diplôme d'études approfondies en politique et relations internationales.

Il fréquente dans le même temps des milieux politiques de gauche radicale et la Fédération des étudiants d'Afrique noire en France, où se lie d'amitié avec le Guinéen Alpha Condé[1].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Après ses études, il est chargé de recherche au CNRS et enseigne les systèmes politiques du tiers monde au centre Pierre-Mendès-France, annexe de l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne.

De retour au Mali, il devient conseiller technique principal du Fonds européen de développement (FED), chargé de la mise en œuvre du premier programme de micro-réalisations par la Communauté économique européenne au Mali. Il est ensuite directeur-représentant de Terre des Hommes France (TDHF), ONG française et internationale pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

De retour au Mali en 1986[2], il est militant de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma-PASJ). Après la chute du dictateur Moussa Traoré en 1991, il est le directeur adjoint de la campagne d’Alpha Oumar Konaré pour l'élection présidentielle qui se tient en avril et mai 1992. Après son élection, le nouveau président le nomme en conseiller diplomatique, porte-parole du président de la République du Mali. En , il est nommé ambassadeur du Mali auprès de la Côte d'Ivoire, du Gabon, du Burkina Faso et du Niger.

Ministre des Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

En , il devient ministre des Affaires étrangères, des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Quelques mois plus tard, le , le président Alpha Oumar Konaré le nomme Premier ministre. Il occupe cette fonction jusqu’en , et préside l’ADEMA-PASJ.

En 1999, il devient vice-président de l’Internationale socialiste.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2002, il ne parvient pas à imposer sa candidature pour succéder à Alpha Oumar Konaré et il démissionne du poste de Premier ministre le , puis de la présidence du parti en . Il quitte alors l’Adéma-PASJ avec ses partisans pour fonder le Rassemblement pour le Mali (RPM), formation qu’il préside depuis .

Élection présidentielle de 2002[modifier | modifier le code]

Candidat à l’élection présidentielle de 2002, Ibrahim Boubacar Keïta obtient 21,0 % des suffrages exprimés, au premier tour. Il arrive en troisième position, derrière Amadou Toumani Touré (28,7 %) et Soumaïla Cissé (21,3 %). Alors que seules quelque 4 000 voix le sépare de Soumaïla Cissé, il conteste les résultats tout en apportant son soutien à Amadou Toumani Touré, qui est élu lors du second tour.

À l'issue des élections législatives, sa coalition obtient le plus de sièges, ce qui lui permet d’être élu président de l’Assemblée nationale[2].

Élection présidentielle de 2007[modifier | modifier le code]

Ibrahim Boubacar Keïta est investi par son parti candidat à l’élection présidentielle le . Il axe sa campagne sur une opposition au président sortant, Amadou Toumani Touré, et récuse le consensus comme mode de gouvernement. Au cours de la campagne, il accuse les partisans d’Amadou Toumani Touré d’utiliser les moyens de l’État pour la campagne de celui-ci.

Au premier tour, il obtient 19,2 % des voix, se plaçant ainsi en deuxième position, derrière Amadou Toumani Touré, qui est réélu avec 71,2 %[3]. Il réalise son meilleur score dans le district de Bamako, avec 38,5 % des voix[4]. Ibrahim Boubacar Keïta conteste ces résultats, accusant les partisans du président sortant de fraudes. Il rejoint ainsi les autres candidats de l’opposition, regroupés au sein du Front pour la démocratie et la république (FDR)[N 1]. La Cour constitutionnelle rejette finalement les requêtes déposées par ces candidats. Ibrahim Boubacar Keïta, au nom du FDR qu’il préside, tout en maintenant ses accusations de fraudes, prend acte de la décision de la Cour constitutionnelle et reconnaît Amadou Toumani Touré comme le président du Mali[3],[5].

Élection présidentielle de 2013[modifier | modifier le code]

Le , Ibrahim Boubacar Keïta est désigné candidat du Rassemblement pour le Mali à l’élection présidentielle prévue l’année suivante[6]. Trois mois plus tard, neuf partis politiques rallient sa candidature, dont le Mouvement pour l'indépendance, la renaissance et l'intégration africaine (Miria) et l'Union des Maliens pour le progrès (UMP)[N 2],[7]. Dans le cadre du coup d'État de 2012, Ibrahim Boubacar Keït adopte une stratégie qui se révélera payante en rejetant le putsch tout en acceptant des concertations avec les militaires[2].

L'élection présidentielle se tient finalement en 2013, après une guerre contre les djihadistes. Ibrahim Boubacar Keïta arrive en tête du premier tour. Avant même la proclamation des résultats officiels, son adversaire, Soumaïla Cissé, reconnaît sa défaite. Les résultats lui accordent 77,6 % des voix contre 22,4 % pour Cissé[8].

Président de la République[modifier | modifier le code]

Ibrahim Boubacar Keïta et son épouse avec le couple Obama en 2014.

Il prête serment le 4 septembre 2013 devant la Cour suprême[9].

Le , pour la première fois depuis le début de son mandat, Ibrahim Boubacar Keïta se rend à Kidal, contrôlée par les ex-rebelles de la CMA[10].

Il annonce sa candidature à un second mandat le [11]. Son bilan est, pour Le Figaro « en demi-teinte ». Si en 2013, il bénéficiait de l'image de sauveur du Mali, en 2018, la paix qu'il avait promue n'est toujours pas arrivée, alors que des groupes armés et djihadistes continuent de sévir. La croissance économique est de 5 %, l'inflation basse, la situation budgétaire stable et la production de coton est repartie, mais le Mali souffre encore d'un chômage inquantifiable, d'une forte pauvreté et d'un système éducatif précaire, l'OCDE estimant qu'un tiers des jeunes sont illettrés. Sa présidence a également connu une importante instabilité gouvernementale (cinq Premiers ministres et sept remaniements en cinq ans) ainsi que des affaires de corruption et de népotisme[12],[1].

Au premier tour de l'élection présidentielle, Ibrahim Boubacar Keïta arrive en tête avec 41,4 % des voix, contre 17,8 % pour Soumaïla Cissé. Ces résultats officiels font l’objet d'une contestation pour fraudes de la part de 18 candidats du premier tour réunis lors d’une conférence de presse commune[13]. C'est la première fois qu'un président sortant se retrouve en ballotage pour un second tour dans l'histoire du Mali[14]. À l’issue du second tour, Ibrahim Boubacar Keïta est réélu avec 67,2 % des suffrages[15]. Si l'opposition conteste ces résultats, l’Union européenne, avec 90 observateurs dans 440 bureaux de vote, indique ne pas avoir constaté de fraude au second tour[16],[17].

Il prête de nouveau serment le 4 septembre 2018 devant la Cour suprême[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. À savoir Tiébilé Dramé, Mamadou Bakary Sangaré et Soumeylou Boubèye Maïga.
  2. Ainsi que le Front africain pour la mobilisation et l’action (Fama), le Rassemblement des démocrates républicains (RDR), le Rassemblement pour la justice au Mali (RJD), le Parti de la différence au Mali (PDM), le Parti socialiste et démocratique du Mali (PSDM), le Parti Sigikafo Oyédamouyé (PSO) et la Concertation démocratique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Tanguy Berthemet, « IBK, le lymphatique hôte du palais de Koulouba », Le Figaro, samedi 28 / dimanche 29 juillet 2018, p. 3.
  2. a b c et d Thierry Perret, Mali : Une crise au Sahel, Karthala, coll. « Les terrains du siècle », , 240 p. (ISBN 2811110631), p. 115.
  3. a et b « Résultats définitifs de l’élection présidentielle », L’Essor no 15950 du 14 mai 2007.
  4. « Cour constitutionnelle »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  5. « Le FDR prend acte », L’Indépendant du 14 mai 2007.
  6. Reuters, « Mali: L’ancien Premier ministre Keita candidat à la présidentielle de 2012 », (consulté le 9 août 2011)
  7. Modibo Fofana, « IBK plébiscité pour 2012 », Journaldumali.com,
  8. Mali: Ibrahim B. Keïta élu avec 77,61%, Le Figaro, 15-08-2013.
  9. Ibrahim Boubacar Keita a prêté serment comme nouveau président du Mali, La Libre Belgique, 4 août 2013
  10. Baba Ahmed, Mali : Ibrahim Boubacar Keïta à Kidal pour la première fois depuis cinq ans, Jeune Afrique, 20 juillet 2018.
  11. « Au Mali, Ibrahim Boubacar Keïta se lance dans la course à sa réélection », sur Le Monde.fr (consulté le 29 mai 2018)
  12. Tanguy Berthemet, « Mali : élection à l'heure de la guerre antidjihadiste », Le Figaro, samedi 28 / dimanche 29 juillet 2018, p. 2.
  13. RFI, « Présidentielle au Mali: l'opposition dénonce un «coup d'Etat électoral» », RFI Afrique,‎ (lire en ligne)
  14. « Présidentielle au Mali : second tour entre le sortant et le chef de l’opposition », sur Le Monde.fr (consulté le 4 août 2018)
  15. Mali: Ibrahim Boubacar Keïta réélu président, Le Figaro, 16 août 2018.
  16. http://www.france24.com/fr/20180814-mali-election-presidentielle-ibk-keita-cisse-resultats-accusations-fraude
  17. http://www.europe1.fr/international/mali-aucune-fraude-observee-par-lue-au-2eme-tour-de-la-presidentielle-3733193
  18. « Mali: le président Ibrahim Boubacar Keïta investi pour son deuxième mandat - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 5 septembre 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]