Iberolacerta aranica

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Lézard pyrénéen du Val d'Aran, Lézard du Val d'Aran

Iberolacerta aranica, le Lézard pyrénéen du Val d'Aran ou Lézard du Val d'Aran, est une espèce de sauriens de la famille des Lacertidae[1] endémique du Val d'Aran dans les Pyrénées. Ce petit lézard d'environ 6 cm a le dos brun-gris à grisâtre avec des flancs sombres. Il vit dans les formations rocheuses et les éboulis, et n'est actif que durant 4 mois de l'année, de la fonte des neiges (au mois de mai) au mois de septembre. Ce lézard s'accouple dès la fin de la période d'hibernation, pour donner une ponte de 3 à 4 œufs. La population de ce lézard régresse à cause du sur-pâturage et de la disparition de son habitat liée au développement des infrastructures humaines. C'est pourquoi ce lézard est classé comme « En danger » (EN) sur la liste rouge de l'UICN.

Description[modifier | modifier le code]

Ce lézard est terrestre et diurne, et a une taille de 6 cm environ. Il est brun-gris à grisâtre sur le dos avec généralement deux rangées de points sombres sur l'avant du corps de part et d'autre de la colonne vertébrale, ces rangées sont bordées sur les flancs d'une ligne plus claire avant des flancs sombres. Il présente souvent des taches bleues à la jonction entre le ventre et les flancs. Le ventre est blanc. On remarque également une écaille de grande taille sur la joue[2].

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Cette espèce est endémique de l'étage alpin des Pyrénées, et plus précisément du Val d'Aran. Elle se rencontre entre 1 640 et 2 668 m d'altitude[3] de la Sierra de Guarbes au massif du mont Valier[4] :

Elle pourrait même se rencontrer à 2 880 m d'altitude au sommet du pic de Maubermé situé en domaine alpin[5].

On a cru par le passé qu'il n'était présent que sur une zone d'environ 26 m² dans le Val d'Aran mais une population a été découverte autour du mont Valier en 2006[3], représentant près de 40 % de la population totale connue[5].

Il vit au-dessus des zones boisées dans les zones rocailleuses et rocheuses ainsi que dans les prairies.

Biologie, mœurs[modifier | modifier le code]

Ce lézard diurne et terrestre n'est actif que pendant une courte période de l'été, durant environ 4 mois pour les adultes, un peu plus pour les subadultes. La fonte des neiges est le déclencheur de sa sortie d'hibernation, qui varie donc selon l'altitude et l'exposition, en général durant la seconde moitié de mai. Il se retire fin septembre, bien que les individus subadultes puissent rester actifs début octobre. Bien que non connue avec certitude sa durée de vie dans la nature peut probablement atteindre 18 ans[6].

Il fréquente les formations rocheuses et éboulis calcaires, d'ardoises et de schiste, plus rarement les roches granitiques.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La reproduction a lieu rapidement après la sortie d'hibernation. Les femelles pondent entre fin juin et fin juillet, cette variation étant liée aux variations d'époque de la fonte des neiges selon les années et les sites.

Ovipares, les femelles pondent entre 3 et 4 œufs (plus rarement 2 ou 5 œufs) d'environ 12-13 par 7-8 mm pour une masse allant de 0,3 à 1,1 g. La taille des œufs ne dépend pas de la taille des femelles, mais leur nombre est par contre directement corrélé à celle-ci. Les œufs présentent dès la ponte des embryons très développés, indiquant que cette espèce approche de l'ovoviviparité, stratégie de survie fréquente dans les milieux à courte saison chaude. Les œufs sont déposés sous des roches de taille moyenne. Il existe des cas de sites de ponte communs à plusieurs femelles mais en général chacune pond à un endroit différent, même si un même site est souvent réutilisé d'années en années[6].

Jusqu'à 21 % des œufs peuvent être parasités par des larves de Sarcophaga protuberans, de grosses mouches se nourrissant généralement de viande.

Ils éclosent après 4 à 5 semaines (de 23 à 34 jours), donnant naissance à des petits de 2 à 2,5 cm de long. Ils sont de la même coloration que les adultes même si quelques spécimens peuvent présenter une queue bleue. Il nait en moyenne 1,8 fois plus de mâles que de femelles.

Les petits atteignent la maturité sexuelle à partir de 4 ans chez les mâles, et de 5 ans chez les femelles (peut-être plus)[6].

Menaces et protections[modifier | modifier le code]

Ce lézard est classé comme « En danger » (EN) sur la liste rouge de l'UICN. Sa population régresse et risque de continuer à régresser à cause du sur-pâturage et de la perte d'habitat liée au développement des infrastructures humaines (stations de ski, routes, et potentiellement l'exploitation minière et hydroélectrique)[3]. Par ailleurs le réchauffement climatique est également une menace pour cette espèce, comme pour tous les taxons strictement monticoles[5].

La Catalogne a mis en place un plan de protection pour cette espèce. En France son aire de répartition est largement incluse dans le réseau Natura 2000[5].

Confusion avec d'autres reptiles[modifier | modifier le code]

Assez semblable aux deux autres espèces de lézards présentes dans les Pyrénées à ces altitudes (Iberolacerta bonnali et Iberolacerta aurelioi), il s'en distingue par une répartition géographique différente[2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Son épithète spécifique, aranica, est la latinisation d'aranicien, d'Aran, dont l'espèce est endémique. Son nom vernaculaire, Lézard du Val d'Aran, reprend le nom de son lieu de vie[7].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Ce lézard a d'abord été décrit comme une sous-espèce de Lacerta bonnali (qui est également endémique des Pyrénées et vit non loin du Val d'Aran) sous le nom de Lacerta bonnali aranica par Oscar Arribas en 1993 avant d'être placé par ce même auteur dans le genre Iberolacerta et le sous-genre Iberolacerta (Pyrenesaura) sous le nom de Iberolacerta (Pyrenesaura) aranica en 1997[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Atlas des Amphibiens et Reptiles de France, Biotope Éditions, Publications scientifiques du Muséum, 2012
  • Le guide herpéto : 228 amphibiens et reptiles d'Europe. Les guides du naturaliste, Delachaux et Niestlé, 2010
  • L'étymologie des noms d'amphibiens et de reptiles. J. Lescure, B. Le Garff, Éditions Belin, 2006
  • O.J. Arribas & P. Galán : Reproductive characteristics of the Pyrenean high-mountain lizards: Iberolacerta aranica (Arribas, 1993), I. aurelioi (Arribas, 1994) and I. bonnali (Lantz, 1927). Animal Biology, vol. 55, no 2, p. 163-190, 2005. ((en) texte intégral)

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Arribas, 1993 : Estatus específico para Lacerta (Archaeolacerta) monticola bonnali Lantz, 1927 (Reptilia, Lacertidae). Boletin de la Real Sociedad Espanola de Historia Natural (Sec. Biol.) vol. 90, no 1/4, p. 101-112.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Reptarium Reptile Database, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  2. a et b Le guide herpéto : 228 amphibiens et reptiles d'Europe. Les guides du naturaliste, Delachaux et Niestlé, 2010
  3. a, b et c UICN, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  4. Les Lézards pyrénéens (Iberolacerta Pyrenesaura) (texte intégral)
  5. a, b, c et d Atlas des Amphibiens et Reptiles de France, Biotope Éditions, Publications scientifiques du Muséum, 2012
  6. a, b et c O.J. Arribas & P. Galán : Reproductive characteristics of the Pyrenean high-mountain lizards: Iberolacerta aranica (Arribas, 1993), I. aurelioi (Arribas, 1994) and I. bonnali (Lantz, 1927). Animal Biology, vol. 55, no 2, p. 163-190, 2005. ((en) texte intégral)
  7. L'étymologie des noms d'amphibiens et de reptiles. J. Lescure, B. Le Garff, Éditions Belin, 2006