Iberia (Albéniz)

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La partition de Corpus Christi en Sevilla, troisième pièce du livre I.

Iberia est une suite pour piano écrite par Isaac Albéniz entre 1905 et 1908.

Historique[modifier | modifier le code]

Composée alors que le musicien était malade, il s’agit essentiellement d’une évocation musicale de l’Andalousie. Les pièces furent créées, au fur et à mesure de leur composition, par la pianiste française Blanche Selva (le premier livre le à la salle Pleyel, le second livre le à Saint-Jean-de-Luz, le troisième livre le chez la princesse de Polignac à Paris, le dernier livre le à la Société nationale de musique, à Paris).

Iberia comporte quatre livres de trois pièces et son exécution intégrale dure un peu plus d'une heure trente.

Il s’agit de son œuvre la plus connue, encensée de son temps par Claude Debussy[1]. Après guerre, les enregistrements d'Alicia de Larrocha en 1962 (EMI), 1972 (Decca) et 1986 (Decca) réalisent une osmose parfaite entre la partition et son interprète et popularisent l'œuvre définitivement[2].

Composition[modifier | modifier le code]

Livre I[modifier | modifier le code]

Les trois pièces ont été dédicacées à l'épouse d'Ernest Chausson.

  • Evocation
  • El Puerto qui est Le Port de Sainte-Marie dans la province de Cadix
  • Corpus Christi en Sevilla décrivant une procession, rythmée par les tambours, puis s’éloignant progressivement.

Livre II[modifier | modifier le code]

  • Rondeña, possiblement une évocation de Ronda, dans la province de Malaga, ou encore une danse inspirée du flamenco
  • Almería
  • Triana reprenant une danse inspirée du flamenco sévillan.

Livre III[modifier | modifier le code]

  • El Albaicín : il s’agit du quartier gitan de Grenade
  • El Polo, quartier populaire de Madrid, mais aussi le nom d’une danse d’Andalousie.
  • Lavapiés, autre quartier populaire de Madrid, la seule pièce dont le titre ne s'inspire pas de l’Andalousie, mais reprenant tout de même une rythmique de tango andalou.

Livre IV[modifier | modifier le code]

Il s’agit du livre techniquement le plus difficile à jouer.

  • Málaga
  • Jerez
  • Eritaña qui est une auberge située hors les murs de Séville

Principaux interprètes[modifier | modifier le code]

La première interprète d'Iberia fut la pianiste Blanche Selva. Elle joua le premier Livre le 9 mai 1906 Salle Pleyel à Paris ; le deuxième Livre le 11 septembre 1907 à Saint-Jean-de-Luz ; le troisième le 2 janvier 1908 dans l'hôtel particulier de la princesse de Polignac avenue Georges Mandel à Paris; et enfin le dernier Livre le 9 février 1909 à la Société Nationale de Musique, Paris.

Depuis, Iberia est entré au répertoire de nombreux pianistes. Parmi les enregistrements intégraux on peut citer Esteban Sánchez, Alicia de Larrocha (à trois reprises : 1962, 1973, 1986), Ricardo Requejo, Aldo Ciccolini, Jean-François Heisser, Olivier Chauzu, Bernard Job, Hervé Billaut, Rafael Orozco, Aldo Ciccolini et Kotaro Fukuma. Claudio Arrau a enregistré les deux premiers Livres, comme Daniel Barenboïm ou Esteban Sánchez.

Transcriptions et arrangements[modifier | modifier le code]

Orchesterwerke Romantik Themen.pdf

Enrique Fernández Arbós et Carlos Surinach ont chacun réalisé une version d’Iberia pour orchestre symphonique. Francisco Guerrero a également orchestré cinq pièces d’Iberia. Il existe un enregistrement d'une version pour trois guitares d'El Polo, Triana et El Albaïcin avec Paco de Lucía. Une intégrale pour deux guitares, enregistrée en re-recording, a été réalisée par Jean-Marc Zvellenreuther

Ballet[modifier | modifier le code]

Jean Börlin utilisa la partition pour une chorégraphie qu'il présenta le avec les Ballets suédois de Rolf de Maré.

Discographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Debussy signe un article célèbre en 1913 après l'écoute d'Eritaña, concluant ainsi : les yeux se ferment comme éblouis d'avoir contemplé trop d'images
  2. Diapason d'octobre 2007