Ian Hancock
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Honorary doctor of the Constantine the Philosopher University in Nitra (d) () Officier de l'ordre de l'Empire britannique |
Ian Hancock (en romani : Yanko le Redžosko), né le à Londres, est un professeur universitaire et un linguiste rom, spécialiste des langues parlées par les populations roms et des langues créoles.
Biographie
[modifier | modifier le code]Enfance et jeunesse
[modifier | modifier le code]Ian Hancock est né à Londres en 1942. Son père est Reginald Hancock (dit Redžo), arrière-petit-fils du bashalde (en) romungre Imre Benczi, qui avait quitté la Hongrie depuis la région entre Mosonmagyaróvár et la frontière autrichienne, dans la seconde moitié du XIXe siècle, et qui était un locuteur du romani du centre-nord. Reginald a hérité du nom de famille Hancock de sa grand-mère, une fille d'Imre, Maria, qui a épousé un membre d'une famille d'artistes forains du sud-ouest de l'Angleterre, et a eu trois enfants, dont Marko Hancock (le père de Reginald) qui a épousé Gertrude, une fille de la famille du Roi des Romanichels. La mère de Ian est Kitty, une fille d'Arthur (« Jack ») Palmer, ferrailleur rom et boxeur réputé dans le sud-est de l'Angleterre dans les années 1920[1].
À la fin des années 1950, Ian part pour le Canada, mais revient en Angleterre en 1961. Sans avoir terminé ses études secondaires, il travaille comme peintre dans des usines de l'ouest de Londres[1].
À la fin des années 1960, il devient militant pour les droits des Roms après avoir lu des rapports sur la discrimination anti-rom en Grande-Bretagne. Il s'engage dans la cause des droits des Roms après avoir pris connaissance d'un incident au cours duquel trois enfants roms ont été tués dans un incendie provoqué par une lampe après que des policiers, qui avaient arrêté leurs parents, aient tenté d'utiliser un bulldozer pour démolir de force leur caravane alors qu'ils se trouvaient encore à l'intérieur.
Il vit à l'époque dans une pension principalement occupée par des étudiants de Sierra Leone et en leur compagnie, il apprend à parler le krio. Grâce à ses relations au sein de la communauté étudiante et ses connaissances en plusieurs langues, il attire l'attention du professeur David Dalby de l'université de Londres (futur fondateur de l'Observatoire linguistique en 1983), qui lui permet de s'inscrire directement en doctorat[1] en linguistique africaine, avec une spécialisation en langues créoles, qu'il obtient en 1971[2].
Carrière universitaire
[modifier | modifier le code]Ian Hancock effectue des recherches sur les langues et dialectes des Roms et leurs origines indiennes issues de migrations remontant à minima au XIIIe siècle en Europe[3],[4]. Il s'intéresse aussi à l'identité des Noirs africains qui furent déracinés de l'Afrique pour être réduits en esclavage dans les colonies européennes. Il observe que la perte d'identité de ces esclaves, mélangés à d'autres esclaves, issus d'autres groupes ethniques, va contribuer à la naissance de divers créoles, langues hybrides, mélanges de langues européennes et de langues africaines. Hancock recherche particulièrement la trace des langues africaines, surtout du golfe de Guinée, dans ces créoles, dont particulièrement le créole haïtien et les créoles des autres îles des Caraïbes, et des Mascareignes.
Ambassadeur des Roms
[modifier | modifier le code]Il a été ambassadeur au sein des Nations unies pour représenter les Roms de 1972 à 1978, et représentant à l'UNICEF de 1986 à 1999 puis de 2005 à 2009[5],[6]. Il a été nommé membre du conseil de l'US holocaust memorial en 1997 sous la présidence de Bill Clinton[7].
Récompenses
[modifier | modifier le code]En 1997, il a reçu le prix pour les droits humains de la "Rafto Foundation" en Norvège[8].
Le 29 décembre 2018 au Royaume-Uni, la Reine Elizabeth II, le nomme Officier de l'ordre de l'empire britannique[9].
Bibliographie sommaire
[modifier | modifier le code]- Grammatical Sketch of Louisiana Creole French, Austin, monograph,
- « A Preliminary Classification of the Anglophone Atlantic Creoles, with Syntactic Data from 33 Representative Dialects », dans Pidgins and Creoles: Essays in Memory of John E. Reinecke, Honolulu, Hawaii University Press, , 264-333 p.
- A Grammar of Carpathian-American (Bašaldo) Romani, Manchaca, International Romani Union,
- « Creolization and Language Change », dans Research Guide on Language Change, Berlin, Mouton de Gruyter, , 507-526 p.
- « Creole Language Provenance and the African Component », dans Africanisms in African American Language Varieties, Athens & London, University of Georgia Press, , 182-192 p.
- A Handbook of Vlax Romani, Columbus, Slavica,
- « The Emergence of Romani as a Koïné Outside of India », dans Scholarship and the Gypsy Struggle: Commitment in Romani Studies, Hertfordshire, University of Hertfordshire Press,
- We are the Romani People, University of Hertfordshire Press,
- « The Historiography of the Holocaust », dans A Re-evaluation of the Romani Holocaust,
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Ken Lee, «Foreword», préambule de l'ouvrage We are the Romani People, de Ian Hancock, p. XII.
- ↑ https://liberalarts.utexas.edu/linguistics/faculty/ianh
- ↑ (en) Ian Hancock, « ON ROMANI ORIGINS AND IDENTITY », University of Texas at Austin - The Romani Archives and Documentation Center (Radoc.net), (lire en ligne)
- ↑ (en) Ian Hancock, « On Romani Origins and Identity », ResearchGate / RADOC.net, (lire en ligne)
- ↑ (en) University Of Texas at Austin, « Curriculum Vitae - Ian Hancock », UNIVERSITY OF TEXAS AT AUSTIN, (lire en ligne [PDF])
- ↑ « UT Experts : University Communications : The University of Texas at Austin », sur www.experts.utexas.edu (consulté le )
- ↑ (en) clintonwhitehouse6.archives.gov, « Archives web 1997 : ian hancock named to us holocaust memorial council », sur clintonwhitehouse6.archives.gov, (consulté le )
- ↑ (en) « Rafto », sur The Rafto Foundation (consulté le )
- ↑ « Ian HANCOCK | Order of the British Empire | The Gazette », sur www.thegazette.co.uk (consulté le )