Iakoutes

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le peuple iakoute ou sakha. Pour leur langue, voir Iakoute.
Iakoutes
Sakha
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Femme Sakha avec parure traditionnelle
Populations significatives par région
Sibérie (Drapeau de la Russie Russie) 478 085 (2010)[1]
Drapeau des États-Unis États-Unis 10 000 (2010)[réf. souhaitée]
Drapeau du Canada Canada 8 000 (2010)[réf. souhaitée]
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 304 (2001)[2]
Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan 119 (2009)[3]
Autres
Régions d’origine région du lac Baïkal
Langues Iakoute
Religions Principalement orthodoxe russe, avec une fraction significative d'adeptes du chamanisme
Ethnies liées Évènes, Toungouzes
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte de répartition

Les Iakoutes (ou Yakoutes), qui se nomment eux-mêmes Sakha[4], sont un peuple sibérien de la Fédération de Russie, majoritaire dans la république de Sakha (Iakoutie) au nord-est de la Sibérie, d'origine turque et de langue turque sibérienne.

Culture[modifier | modifier le code]

Langues[modifier | modifier le code]

La langue iakoute ou sakha appartient à la branche septentrionale des langues turques sibériennes. Elle compte environ 456 000 locuteurs (recensement russe de 2002) surtout dans la République de Iakoutie qui appartient à la Fédération de Russie, avec quelques représentants dans les régions de l'Amour, de Magadan et de Sakhaline, et dans les districts autonomes de Taïmyr et d'Evenki. La population de Iakoutie est d'environ 980 000 dont environ 382 000 sont iakoutes, soit environ 39 % de la population dans la Iakoutie ; cette proportion avait diminué pendant la domination soviétique en raison de l'immigration massive et de politiques de déplacement de population, mais elle a depuis légèrement augmenté. Étant donné le grand nombre de locuteurs, on considère que la langue iakoute est un peu moins en danger que la plupart des autres langues régionales dans la Fédération de Russie.

La géographie et l'économie divisent les Iakoutes en deux groupes principaux. Les Iakoutes du Nord sont historiquement des chasseurs semi-nomades, des pêcheurs, et des éleveurs de yacks et de rennes, pendant que les Iakoutes du Sud, qui s'adonnent aussi à l'élevage, s'occupent surtout de chevaux et de bétail. Les deux groupes vivaient dans des yourtes et menaient une vie semi-nomade déplaçant leur camp chaque année selon l'hiver et selon l'été.

Musique[modifier | modifier le code]

La musique iakoute est, entre autres connue pour ses Olonkho, des poèmes épiques chantés a cappella.

Comme la majorité des musiques folkloriques turques, la gamme musicale n'utilise pas le système pentatonique, mais utilise le maqâm.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

A l’origine, les Iakoutes seraient, d’après Eric Crubezy, des cavaliers mongols occupant la région du Baïkal qui auraient émigré vers le 14ème -15ème siècle aux alentours des terres glaciales de Sibérie remontants la Lena,[5] où ils se sont mêlés à d'autres populations indigènes du Nord de la Russie comme les Évènes et les Evenks. Selon Eric Crubezy - spécialiste du sujet -, les raisons de leur départ seraient politiques. En effet, ce dernier affirme : « L’empire de Gengis Khan éclate et beaucoup de tribus migrent vers l’Ouest mais il y’en a certainement qui ont dû migrer vers le Nord. Politiquement ils n’étaient plus les bien venu dans le Sud."[6].

Au cours des années 1620 les Russes ont commencé à s'installer dans leur territoire, ont annexé la Iakoutie, ont imposé une taxe sur les fourrures et ont réussi à réprimer plusieurs rébellions de Iakoutes entre 1634 et 1642. Au début du 18ème siècle les Russes font de la Iakoutie une plaque tournante du commerce international, en se basant sur les chefs de clans Iakoutes pour organiser les échanges entre la Chine et l’Europe. Assumant leur rôle de cavaliers, les Iakoutes se chargent de ces échanges terrestres en faisant des voyages pouvant aller jusqu’à plusieurs mois. Cette position stratégique leur permet de s’enrichir.[7] La découverte d'or, et plus tard la construction du Transsibérien, a amené dans la région un nombre de Russes toujours croissant. Avant les années 1820 presque tous les Iakoutes avaient été convertis à l'Église orthodoxe russe bien qu'ils eussent conservé, et conservent toujours, un certain nombre de pratiques chamanistes.

En 1922, le nouveau gouvernement soviétique a appelé la région République Socialiste soviétique Autonome de Iakoutie.

La politique de Staline de collectivisation, qui a commencé en 1928, a causé des milliers de morts si bien que la société iakoute n'a vraiment commencé à se rétablir qu'à partir des années 1960.[réf. nécessaire]

Une République iakoute indépendante a été proclamée par le Soviet suprême de Iakoutie le , mais, comme dans la région les Russes l'emportent nettement en nombre sur les Iakoutes, la chose ne s'est pas réalisée.

Les Iakoutes consacrent des moyens substantiels à l'éducation et à l'entretien de leur culture. L'épopée iakoute est inscrite depuis 2005 sur la liste du patrimoine immatériel établie par l'Unesco.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Crubézy et Anatoly Alexeev (dir.), Chamane : Kyys, jeune fille des glaces, Éd. Errance, Paris, 2007, 167 p. (ISBN 978-2-87772-355-8)
  • Carole Ferret, Une civilisation du cheval : les usages de l'équidé, de la steppe à la taïga, Belin, Paris, 2010, 350 p. (ISBN 978-2-7011-4819-9)
  • Jacques Karro (et al.), Sibérie légendaire, Niourgoun le Yakoute, guerrier céleste, Conseil international de la langue française, Paris, 1990, 118 p. (ISBN 2-85319-223-7)
  • Émilie Maj et Marine Leberre-Semenov, Parlons sakha : langue et culture iakoutes, l'Harmattan, Paris, 2010, 183 p. (ISBN 978-2-296-12781-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Stepanida Borissova - est une chanteuse chamaniste et une actrice de théâtre qui a travaillé sur un développement moderne de la culture iakoute et s'est produite dans le monde entier.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

¹https://www.dailymotion.com/video/x5p2v95

L'adaptation[modifier | modifier le code]

Quand les ancêtres des Iakoutes se sont établis sur le territoire Iakoute, ils ont apporté avec eux leurs outils et leur culture, qui est devenue une partie constituante de leur culture actuelle. Ils ont dû s’adapter au climat du Nord et changer certaines de leurs méthodes. Comme lorsque, arrivés dans la région du lac Baïkal, le fer déjà travaillé qu’ils avaient l’habitude d’utiliser cassait à cause du froid et qu’ils ont dû trouver d’autres techniques. Ils ont également évolué physiquement ; étant plus petits et trapus que leur ancêtres, les ethnologues attribuent ce changement aux alliances des Iakoutes avec d’autres tribus de la région.[1]