Hypothèse silurienne

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L’hypothèse silurienne est une expérience de pensée qui évalue la capacité de la science moderne à détecter les preuves de l'existence passée d'une civilisation avancée ayant disparu il y a plusieurs millions d'années. Dans un article de 2018, Adam Frank, astrophysicien à l'Université de Rochester, et Gavin Schmidt, directeur du Goddard Institute for Space Studies, se sont intéressés à la possibilité de « détecter les traces d'une hypothétique civilisation industrielle ayant précédé les humains dans les couches géologiques. Ils décrivent leur démarche de la manière suivante : « Bien que nous doutions fortement que toute civilisation industrielle antérieure ait existé, poser la question d'une manière formelle en exprimant explicitement à quoi pourrait ressembler une telle civilisation soulève ses propres questions utiles liées à la fois à l'astrobiologie et aux études anthropocènes ». Le terme « hypothèse silurienne » a été inspiré par la série des années 1970 Doctor Who and the Silurians qui mettait en scène une espèce appelée les Siluriens, une sorte de reptiliens[1].

Selon Frank et Schmidt, comme le processus de fossilisation est relativement rare et que peu de la surface exposée (affleurante) de la Terre est antérieure à la période quaternaire, les chances de trouver des preuves directes d'une telle civilisation, comme des artefacts technologiques, sont faibles. Les chercheurs ont conclu qu'après une longue période de temps, il serait plus facile de trouver des preuves indirectes telles que des anomalies dans la composition chimique ou les rapports isotopiques de sédiments[2]. Les objets qui pourraient indiquer des preuves possibles de civilisations avancées disparues pourraient inclure des plastiques et des résidus de déchets nucléaires enfouis profondément sous terre ou au fond de l'océan[3].

Des civilisations antérieures auraient également pu voyager dans l'espace et laisser des artefacts sur d'autres corps célestes, tels que la Lune et Mars. Les preuves d'artefacts sur ces deux mondes seraient plus faciles à trouver que sur Terre, où l'érosion et l'activité tectonique les auraient fait probablement disparaître[4].

Selon les chercheurs, cette démarche peut être élargie et appliquée à la Terre et à l'humanité. Dans des millions d'années, en raison du fait que les humains étaient dans leur forme actuelle depuis 300 000 ans et ne disposent d'une technologie sophistiquée que depuis quelques siècles, il sera difficile de trouver des traces de notre civilisation[5].

Selon les chercheurs, il est probablement impossible de savoir si « les dinosaures conduisaient des voitures à travers des villes aux bâtiments de plusieurs kilomètres de haut ». Au cours de dizaines de millions d'années, toutes les preuves directes d'une civilisation — ses artefacts et ses vestiges — ayant été réduits en poussière[6],[7].

Voir également[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Whitwam, « Silurian Hypothesis: What If Humans Aren't the First Civilization on Earth? », Extreme Tech, .
  2. (en) Charles Q. Choi, « Could intelligent life have existed on Earth millions of years before humans? », Washington Post,‎ (lire en ligne).
  3. Gavin A. Schmidt et Adam Frank, « The Silurian Hypothesis: Would it be possible to detect an industrial civilization in the geological record? », sur université Cornell, (DOI 10.1017/S1473550418000095, consulté le 5 février 2020).
  4. (en) « If we weren't the first industrial civilization on Earth, would we ever know? », Technology Review, .
  5. (en) Frank, « Was There a Civilization On Earth Before Humans? », The Atlantic,  : « A look at the available evidence ».
  6. (en) « We think we're the first advanced earthlings -- but how do we really know? », sur ScienceDaily (consulté le 21 janvier 2020).
  7. (en) « An Advanced Civilization Could Have Ruled Earth Millions of Years Ago, Says the Silurian Hypothesis », sur Curiosity.com (consulté le 21 janvier 2020).

Lectures complémentaires[modifier | modifier le code]