Hypatie

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Hypatie
Alfred Seifert Hypatia.jpg

Représentation imaginaire d'Hypatie d'Alexandrie.

Naissance
Entre 355 et 370
AlexandrieVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
École/tradition
Principaux intérêts
Influencée par
Père

Hypatia[note 1] (née entre 355 et 370 selon les sources et assassinée par des chrétiens en 415)[1] était une philosophe néoplatonicienne, astronome et mathématicienne grecque d'Alexandrie[2],[3]. Grande femme de lettres et de sciences, elle était à la tête de l'école néoplatonicienne d'Alexandrie, au sein de laquelle elle enseignait la philosophie et l'astronomie[4],[5]. Elle est la première femme mathématicienne dont la vie est bien documentée[6].

Hypatie était reconnue de son vivant pour être une professeure de renom et une sage conseillère. Bien qu'aucun écrit directement rédigé de sa main n'ait pu être retrouvé, il est probable qu'elle ait été à l'origine de l'édition et de la diffusion des textes d'Euclide, notamment des Éléments, et de l'Almageste de Ptolémée. Elle aurait par ailleurs co-rédigé les textes de son père, Théon d'Alexandrie, mais aussi rédigé une revue documentée de 13 volumes sur l'Arithmétique de Diophante d'Alexandrie, qui aurait partiellement survécu en se mélangeant au texte original de Diophante étant parvenu jusqu'à nous, et rédigé un ouvrage de vulgarisation scientifique de huit volumes sur le traité d'Apollonios de Perga portant sur les sections coniques. Elle est aussi célèbre pour avoir construit des astrolabes et des hydromètres. Bien que de religion hellénistique, elle était connue pour sa tolérance à l'égard des premiers chrétiens, et a enseigné à de nombreux étudiants chrétiens, dont Synésios de Cyrène, futur évêque de Ptolémaïs. Jusqu'à la fin de sa vie, Hypatie conseille le préfet Oreste, alors préfet d'Égypte, qui était en conflit ouvert avec Cyrille d'Alexandrie, évêque d'Alexandrie. Des rumeurs indiquant qu'elle entretiendrait le conflit entre Oreste et Cyrille pousse une foule de moines chrétiens, en mars 415, à l'assassiner sauvagement, à la démembrer et à la brûler. Ces moines chrétiens parabolani ont notamment été incités à tuer Hypatie par un meneur spirituel nommé Pierre[7],[8].

La mort d'Hypatie sous les coups des chrétiens choque l'Empire et fait d'elle une martyre de la philosophie, menant les futurs néoplatoniciens comme Damascios à devenir de fervents opposants au christianisme. Pendant le Moyen-âge, le symbole d'Hypatie est récupéré et déformé pour en faire une incarnation des vertus chrétiennes ; elle pourrait être à l'origine de la légende de Catherine d'Alexandrie. Pendant le Siècle des Lumières, elle redevient un symbole de l'opposition au catholicisme. Elle intègre la littérature européenne sous l'impulsion de Charles Kingsley en 1853, qui rédige un ouvrage romancé sur la vie de la mathématicienne, puis, au XXe siècle, devient une icône du mouvement pour les droits des femmes et du féminisme. Bien que plusieurs descriptions aient associé son histoire avec l'incendie volontaire de la grande Bibliothèque d'Alexandrie par les premiers chrétiens, les faits historiques démontrent que les deux attaques sont distinctes[9].

Biographie[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

D'après la Souda, Hypatie connaît la célébrité durant le règne de l'empereur Flavius Arcadius[10] (représenté sur ce solidus)

Hypatie était la fille du mathématicien Théon d'Alexandrie (env. 335 - env. 405)[11]. Rien n'est actuellement connu au sujet de la mère d'Hypatie, qui n'est jamais mentionnée dans les sources existantes[12],[13],[14]. Concernant l'existence éventuelle de frères ou de sœurs à Hypatie, Théon a écrit sur son commentaire de l'Almageste de Ptolémée, au livre IV, que son travail était dédié à un individu nommé Epiphanius, auquel il s'adresse par la formule « mon cher fils »[14], laissant supposer que ce dernier pourrait être le frère d'Hypatie[14]. Toutefois, le mot grec qu'utilise Théon (teknon) ne signifie pas uniquement « fils » au sens biologique du terme, mais peu aussi s'utiliser dans le cadre d'une relation intime, semblable à une relation père-fils[14].

La date exacte de la naissance d'Hypatie est encore débattue, mais les sources s'accordent sur la possibilité qu'elle soit née entre 350 et 370[15],[14]. De nombreux universitaires se rangent à l'avis de Richard Hoche, qui suggère qu'Hypatie est née aux alentours de 370. D'après la Souda, elle vécut sous le règle de l'empereur Flavius Arcadius. Richard Hoche précise que la description faite par Damascios, qui souligne sa beauté physique, correspond à celle d'une femme d'une trentaine d'années, et arrive de ce fait à remonter à la date de naissance approximative d'Hypatie[10],[16]. À contrario, les théories qui privilégient une naissance au début des années 350 s'appuient sur les écrits de Jean Malalas, qui indique qu'elle était âgée lors de sa mort en 415[17],[18]. Robert Penella indique que les théories sur sa date de naissance ne reposent que sur des indices faibles, et que sa date de naissance devrait être considérée comme inconnue[10].

Théon, son père, était à la tête d'une école dénommée « Mouseion », dont le nom est un hommage à l'ancien Mouseîon d'Alexandrie de l'époque hellénistique[19]. L'école dirigée par Théon était jugée sélective, de haute renommée, et de doctrine conservatrice[19]. Ainsi, Théon rejetait les enseignements de Jamblique[19] et s'attachait à enseigner un néoplatonisme plotinien pur[19]. Il souhaitait faire de sa fille « un être humain parfait »[20],[21] et à ce titre lui enseigna les mathématiques, la philosophie, l'astronomie[20],[21], l'entraîna aux arts de la rhétorique[21], à la lecture de la littérature grecque antique[21], et l'entraina à divers sports et activités physiques parmi lesquels la course à pied, la randonnée, l'équitation, la natation et les sports d'eau afin de développer sa forme physique[21]. Pour ses études, il l'envoya en Italie et à Athènes[20], où elle étudia auprès de Plutarque d'Athènes et de sa sœur Asclépigénie[22].

Carrière[modifier | modifier le code]

Texte original grec d'une des sept lettres existantes de Synésios à Hypatie (photo d'une édition imprimée de 1553 par Adrian Turnèbe, Archives du MIT).

À son retour à Alexandrie, Hypatie s'adonna à la lecture et commença à rédiger des écrits sur des sujets variés tels que les mathématiques, l'astronomie, la philosophie ou la mécanique. Néoplatonicienne comme son père[19], elle décida de rejeter elle aussi les enseignements de Jamblique et privilégia le néoplatonisme original formulé par Plotin[19]. Elle enseigna d'abord en tant que professeure de mathématiques et de philosophie au sein de l'école néoplatonicienne d'Alexandrie, puis, aux environs de l'an 400, assuma les fonctions de directrice de l'école[23],[24]. L'école néoplatonicienne d'Alexandrie était alors renommée, à cette époque, pour sa qualité d'enseignement en philosophie[15] et Alexandrie était perçue comme la deuxième capitale philosophique mondiale du monde gréco-romain après Athènes[15]. Hypatie enseigna à des étudiants de toute la zone méditerranéenne[25], dont des païens, des chrétiens et des étrangers, pour lesquels elle conçoit notamment des manuels à but pédagogique[26]. D'après l'historien et néoplatonicien Damascios (né vers l'an 460 et mort après 537), elle donna des conférences sur les écrits de Platon et d'Aristote[27],[28]. Il précise par ailleurs qu'elle arpentait les rues d'Alexandrie vêtue d'un himation, et donnait des conférences publiques improvisées[23],[29].

Deux formes principales du néoplatonisme étaient enseignées à Alexandrie à la fin du quatrième siècle[19]. La première était le néoplatonisme religieux enseigné au Sérapéum d'Alexandrie, qui a été fortement influencé par les enseignements de Jamblique[19]. La seconde forme de néoplatonisme était plus modérée et moins polémique, et reposait sur les écrits de Plotin ; c'est ce type d'enseignement qui avait les préférences d'Hypatie et de son père Théon[19],[19]. Bien qu'Hypatie ne soit pas de religion chrétienne, elle montrait un grand esprit de tolérance envers ces derniers[27],[28]. Ses étudiants les plus célèbres étaient d'ailleurs chrétiens[28], à l'image de Synésios de Cyrène[13],[15],[30],[31], qui devint par la suite évêque de Ptolémaïs (actuellement situé dans l'est de la Lybie) en 410[13],[31]. Après avoir suivi les enseignements d'Hypatie, il continue à échanger des lettres avec son ancienne professeure[32],[30],[31]. Ces lettres sont les principales sources d'informations concernant la carrière d'Hypatie[30],[33],[13],[31],[21]. Sept lettres d'échange entre Synésios et Hypatie ont survécu[31], mais toutes sont des lettres adressées par l'évêque à Hypatie[31].

Personnalité[modifier | modifier le code]

Damascios décrit Hypatie comme une femme « excessivement belle et gracieuse »[12],[14] mais rien de plus n'est connu de son apparence physique[12] et aucune description de la philosophe n'a survécu[12]. L'historien chrétien Socrate le Scolastique, contemporain d'Hypatie, ne s'intéresse pas à ses traits physiques mais offre une description de sa personnalité dans son Histoire Ecclésiastique[12] :

« Il y avait dans Alexandrie une femme nommée Hypatie, fille du Philosophe Théon, qui avait fait un si grand progrès dans les sciences qu'elle surpassait tous les Philosophes de son temps, et enseignait dans l'école de Platon et de Plotin, un nombre presque infini de personnes, qui accouraient en foule pour l'écouter. Grâce à son contrôle d'elle-même et à la facilité avec laquelle elle avait développé la culture de son esprit, elle n'hésitait pas à fréquemment apparaître en public, en présence des magistrats. Elle ne se sentait pas non plus décontenancée à l'idée de se rendre à une assemblée d'hommes, ce qu'elle faisait toujours, sans perdre sa pudeur, ni sa modestie, qui lui attiraient le respect de tout le monde. »

Damascios note qu'Hypatie est restée vierge toute sa vie[12],[13] et que, lorsque l'un des hommes venu pour entendre ses enseignements tentait de la séduire, elle s'efforçait d'apaiser sa convoitise en lui jouant de la lyre[12],[13],[14]. L'usage de la musique pour soulager les pulsions sexuelles était un « remède » décrit par Pythagore[13], ce dernier affirmant que, lorsqu'il rencontrait des jeunes hommes ivres essayant de pénétrer dans la maison d'une femme vertueuse, il chantait une mélodie solennelle avec de longues spondées et qu'alors la rage virile des garçons était réprimée[34]. Quand l'homme continuait malgré tout ses avances, elle le rejetait catégoriquement[12],[13],[14], lui montrant du sang qu'elle disait venir de ses règles menstruelles et déclarait « « Voilà ce que tu aimes, ce n'est pas beau » (trad. Christian Lacombrade[35])[12],[13],[14] ». Damascios relate ensuite que les jeunes hommes étaient alors si traumatisés par cette expérience qu'ils abandonnaient leurs avances immédiatement[12],[13],[14]. Michael A. B. Deakin émet l'hypothèse que les règles d'Hypatie était une preuve de son célibat[14], puisqu'à cette époque, la ménarche arrivait généralement à l'âge où les femmes se mariaient[14] et qu'en l'absence de méthode fiable de contrôle des naissances[14], les menstruations étaient rares chez les femmes qui n'avaient pas fait du célibat une règle de vie[14].

Assassinat[modifier | modifier le code]

Hypatia, Charles William Mitchell, 1885, Laing Art Gallery (Newcastle-upon-Tyne).
Illustration de Louis Figuier dans Vies des savants illustres, depuis l'antiquité jusqu'au dix-neuvième siècle en 1866, représentant l'image que l'auteur se fait de l'assaut subi par Hypatie.

En 415, elle est assassinée par les hommes de main de Cyrille, infirmiers-fossoyeurs d'Alexandrie, les parabalani[36] (membres d'une confrérie chrétienne).

Sa mort est symbolique pour certains historiens. Par exemple, Kathleen Wider soutient que le meurtre d'Hypatie signifie la fin de l'antiquité classique[37], et Stephen Greenblatt note que son meurtre « a définitivement marqué la déchéance de la vie intellectuelle d'Alexandrie »[38]. En revanche, Christian Wildberg note que la philosophie hellénique a continué de se développer au Ve et VIe siècle, voire jusqu'à l'âge de Justinien[39].

La victime d'un conflit politique et religieux

  • Selon la thèse de Socrate le Scolastique (vers 440), les chrétiens lui reprochaient d'empêcher la réconciliation entre le patriarche Cyrille d'Alexandrie et le préfet romain Oreste à la suite de conflits sanglants entre diverses communautés religieuses d'Alexandrie.

« Contre elle alors s’arma la jalousie ; comme en effet elle commençait à rencontrer assez souvent Oreste, cela déclencha contre elle une calomnie chez le peuple des chrétiens, selon laquelle elle était bien celle qui empêchait des relations amicales entre Oreste et l’évêque. Et donc des hommes excités, à la tête desquels se trouvait un certain Pierre le lecteur, montent un complot contre elle et guettent Hypatie qui rentrait chez elle : la jetant hors de son siège, ils la traînent à l’église qu’on appelait le Césareum, et l’ayant dépouillée de son vêtement, ils la frappèrent à coups de tessons ; l’ayant systématiquement mise en pièces, ils chargèrent ses membres jusqu’en haut du Cinarôn et les anéantirent par le feu. Ce qui ne fut pas sans porter atteinte à l’image de Cyrille d'Alexandrie et de l’Église d’Alexandrie ; car c’était tout à fait gênant, de la part de ceux qui se réclamaient du Christ que des meurtres, des bagarres et autres actes semblables soient cautionnés par le patriarche. Et cela eut lieu la quatrième année de l’épiscopat de Cyrille, la dixième année du règne d’Honorius, la sixième du règne de Théodose, au mois de mars, pendant le Carême[40]. »

  • Selon Voltaire, elle serait morte lapidée dans l'église la césarée d'Alexandrie par une foule fanatisée de moines chrétiens sur ordre de Cyrille, évêque d'Alexandrie[41].

Travaux[modifier | modifier le code]

Écrits[modifier | modifier le code]

Hypatie a été décrite comme un génie universel [42], mais elle était probablement davantage une enseignante et une commentatrice qu'une innovatrice. Aucune preuve n'a été trouvée qu'Hypatie aie jamais publié de travaux indépendants sur la philosophie et elle n'apparaît pas comme ayant apporté de découverte mathématique importante . À l'époque d'Hypatie, les érudits préservaient les œuvres mathématiques classiques et les commentaient pour développer leurs arguments, plutôt que de publier des travaux originaux . Il a également été suggéré que la fermeture du Mouseion et la destruction du Serapeum aient pu conduire Hypatie et son père à focaliser leurs efforts à préserver les livres mathématiques fondateurs et les rendre accessibles à leurs étudiants La Souda affirme de façon erronée que tous les écrits d'Hypatie ont été perdus mais des recherches modernes ont identifié plusieurs œuvres existantes de sa main . Ce type d'incertitude quant à la paternité de l'œuvre est typique des femmes philosophes de l'antiquité . Hypatie écrivait en grec, qui était la langue parlée par les personnes les plus instruites en Méditerranée orientale à cette époque . Dans l'antiquité classique, l'astronomie était considérée comme essentiellement mathématique. Par ailleurs, aucune distinction n'était faite entre les mathématiques et la numérologie ou l'astronomie et l'astrologie.

Hypatie est créditée d'avoir écrit trois traités majeurs en géométrie, en algèbre et en astronomie ; ainsi que pour l'invention d'un hydromètre, un astrolabe et un instrument pour la distillation de l'eau[43].

Les chercheurs modernes s’accordent à attribuer à Hypatie la rédaction de commentaires sur des œuvres de grands mathématiciens, notamment un commentaire sur les Arithmétiques de Diophante et sur les Sections coniques d’Apollonios de Perga. Une partie de son traité On the Astronomical Canon of Diophantus a été retrouvée dans la bibliothèque du Vatican au XVe siècle [44].

Elle aurait également participé à l’édition des Canons astronomiques de Ptolémée[26].

Héritage[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Synésios de Cyrène[modifier | modifier le code]

Synésios de Cyrène, un de ses élèves (avant 395), qui était aussi son ami et qui devint évêque de Ptolémaïs, la loue dans ses lettres (en 404-407) pour sa grâce (très belle, elle reste vierge d'après la légende) et lui demande des conseils pour construire un hydromètre, un astrolabe ou pour tracer des cartes géographiques. Il lui a écrit : « C'est pour vous seule que je négligerais ma patrie ; et si jamais je puis la quitter, ce ne sera que pour aller auprès de vous » ; et ailleurs : « Quand bien même nul souvenir ne resterait aux morts dans les enfers, moi je m'y souviendrais de ma chère Hypatie » (Lettre 24). Dans une lettre à son père, il dit d'elle : « La philosophe si chère à Dieu et que nous ne saurions trop vénérer » (Lettre 17)[45].

Socrate le Scolastique[modifier | modifier le code]

L'historien chrétien Socrate le Scolastique rapporte dans son Histoire ecclésiastique (vers 440) :

« Mais parce qu'elle avait une amitié particulière avec Oreste, elle fut accusée d'empêcher qu'il ne se réconciliât avec Cyrille. Quelques personnes transportées d'un zèle trop ardent, qui avaient pour chef un Lecteur nommé Pierre, l'attendirent un jour dans les rues, et l'ayant tirée de sa chaise, la menèrent à l’église nommée Césaréon, la dépouillèrent, et la tuèrent à coups de pots cassés. Après cela ils hachèrent son corps en pièces, et les brûlèrent dans un lieu appelé Cinaron. Une exécution aussi inhumaine que celle-là couvrit d'infamie non seulement Cyrille, mais toute l'Église d'Alexandrie, étant certain qu'il n'y a rien si éloigné de l'esprit du Christianisme que le meurtre et les combats. Cela arriva au mois de mars durant le carême, en la quatrième année du Pontificat de Cyrille, sous le dixième Consulat d'Honorius, et le sixième de Théodose[40]. »

La Souda[modifier | modifier le code]

Plus tardive, (fin du IXe siècle), l'Encyclopédie grecque la Souda livre des informations parfois contradictoires[46], comme la mention de son mariage et de sa virginité, parfois incohérentes dans les dates, notamment en ce qui concerne le personnage d'Isidore le Philosophe Isidore de Gaza qui vécut plus tard qu'Hypatie.

« Hypatie était une philosophe bien connue, née et élevée à Alexandrie, fille de Théon d'Alexandrie le Mathématicien, géomètre et philosophe d'Alexandrie ; qui lui enseigna l'arithmétique, à laquelle elle refusa de se limiter pour étudier la philosophie en général.Elle était la femme d'Isidore le Philosophe. Son apogée se situa sous le règne de l'Empereur Flavius Arcadius. Elle a écrit un commentaire sur Diophante, le Canon astronomique, et sur les Coniques d'Apollonios de Perga. Bien que femme, elle portait le manteau des philosophes et se promenait au milieu de la ville où elle expliquait publiquement entre autres Platon et Aristote. En plus de son enseignement, atteignant les sommets de la vertu pratique, devenant juste et sage, elle resta vierge. Elle était belle et attirante. Un des auditeurs de ses lectures l'informa de ce qu'il la désirait. Elle le guérit de cet état non par la musique, comme on l'a dit par ignorance, mais en jetant devant lui un linge taché de son sang menstruel, lui montrant ainsi son origine supposément impure, et en lui disant « Vous aimez ceci, jeune homme, et il n'y a rien de beau à ce sujet ».

Elle était habile et éloquente dans sa parole, sage et civile dans ses actes. Elle fut dépecée par les habitants d'Alexandrie et son corps violenté et traîné dans toute la ville. La raison en aurait été la jalousie, et plus particulièrement ses connaissances dans le domaine de l'astronomie. Selon les uns, la faute de son assassinat incomberait à Cyrille d'Alexandrie, selon les autres, au caractère insolent et rebelle des habitants d'Alexandrie, qui s'en prirent même parfois à leurs propres évêques, comme Georges l'Alexandrin et Protérius. Elle fut aimée et honorée par les autres habitants de la ville, ainsi que par ses dirigeants qui venaient écouter ses lectures comme on le faisait à Athènes, car bien que la philosophie ait disparu, son nom restait magnifique et admirable pour ceux qui accédaient aux plus hautes fonctions.

Or, un jour, Cyrille d'Alexandrie, du camp opposé, passant devant chez elle remarqua une grande affluence. Il en conçut de la jalousie et le désir de la faire périr d'une façon déshonorante. Un jour qu'elle sortait de chez elle comme à son habitude, un groupe d'hommes méprisables ne craignant ni le regard des dieux ni la vengeance des hommes la tua et infligea cette immense souillure et honte à leur patrie. L'Empereur aurait pu se mettre en colère à la suite de ces événements si Edesios, son représentant, ne s'était laissé corrompre. Il versa une indemnité pour les meurtres, attirant ainsi sur lui et sa famille l'opprobre dont sa descendance paya le prix.

La mémoire de ces événements chez les habitants d'Alexandrie réduisit considérablement l'honneur et la considération dont jouissait Isidore le philosophe à Alexandrie. Malgré cette menace constante, on continua à le fréquenter pour écouter ses sages paroles ».

Analyses modernes[modifier | modifier le code]

Hypatie fait ses études de sciences, philosophie et éloquence à Athènes. Elle travaille aussi dans le domaine de l'astronomie et de la philosophie. Elle écrit des commentaires sur L'Arithmétique de Diophante[47], sur Les Coniques d'Apollonios de Perga[48] et sur Les Tables de Ptolémée. Ses exposés publics à Alexandrie, où elle défend les thèses néoplatoniciennes (sans l'influence de Plotin) lui valent une grande renommée. Cependant aucun de ses travaux ne nous est parvenu, à cause en particulier de l'incendie final de la Bibliothèque d'Alexandrie. Ceci explique son peu de notoriété.

Michel Tardieu et Pierre Chuvin[modifier | modifier le code]

Pour Michel Tardieu et Pierre Chuvin[49], nous avons une « image tripartite de la philosophie hypatienne » : philosophie générale, sciences et vertu pratique.

  1. Philosophie générale : Hypatie n'est pas une cynique parlant dans les rues, elle dispense un enseignement public, aux frais ou au service de l’État, dans les années 390, à Alexandrie. Elle explique « Platon ou Aristote ou tout autre philosophe » (selon Damascios). L'assistance à ses cours est libre. D'autre part, Hypatie donne sans doute des séances privées (hidia), en cénacles, et peut-être chez elle, auxquelles assistaient Synésios et ses condisciples. Cela explique que Cyrille d'Alexandrie, en poste depuis 412, ne se soit rendu compte qu'en 414 ou 415 de la popularité d'Hypatie.
  2. Sciences : Hypatie connaît les mathématiques, l'astronomie.
  3. Vertu pratique : Hypatie porte sur elle « l'anneau de continence » (selon Damascios). Elle pratique la théurgie.

John Thorp[modifier | modifier le code]

John Thorp, philosophe américain, dit à son sujet qu'elle est « une héroïne idéale » grâce à son charisme, son violent assassinat, sa beauté et sa supposée virginité, sa position centrale dans les tensions religieuses et politiques, mais surtout le très faible nombre de certitudes à son sujet. Ainsi, elle est l'héroïne de plusieurs groupes opposés, aux interprétations différentes la concernant[50].


L'accusation tardive de sorcellerie[modifier | modifier le code]

D'après Jean de Nikiou (Nicée), au VIIe siècle[51] :

« En ces temps apparut une femme philosophe, une païenne nommée Hypatie, et elle se consacrait à plein temps à la magie [théurgie, selon Michel Tardieu], aux astrolabes et aux instruments de musique, et elle ensorcela beaucoup de gens par ses dons sataniques. Et le gouverneur de la cité l'honorait excessivement ; en effet, elle l'avait ensorcelé par sa magie. Et il cessa d'aller à l'église comme c'était son habitude… Une multitude de croyants s'assembla guidée par Pierre le magistrat — lequel était sous tous aspects un parfait croyant en Jésus-Christ — et ils entreprirent de trouver cette femme païenne qui avait ensorcelé le peuple de la cité et le préfet par ses sortilèges. Et quand ils apprirent où elle était, ils la trouvèrent assise et l'ayant arrachée à son siège, ils la trainèrent jusqu'à la grande église appelée Césarion. On était dans les jours de jeûne. Et ils déchirèrent ses vêtements et la firent traîner (derrière un char) dans les rues de la ville jusqu'à ce qu'elle mourût. Et ils la transportèrent à un endroit nommé Cinaron où ils brûlèrent son corps. Et tous les gens autour du patriarche Cyrille l'appelèrent « le nouveau Théophile », car il avait détruit les derniers restes d'idolâtrie dans la cité. »

Postérité[modifier | modifier le code]

Hypatie est devenue « dès la Renaissance une figure emblématique, utilisée jusqu'à nos jours comme porte-parole de causes aussi diverses que l'anticléricalisme, le romantisme hellénisant, le positivisme ou encore le féminisme »[52].

Littérature[modifier | modifier le code]

Cette liste comporte des poèmes, œuvres de fiction et analyses historiques des siècles derniers.

XVIIIe siècle
Frontispice et page de titre du pamphlet anti-catholique où l'érudit déiste du XVIIIe siècle John Toland change des détails du meurtre d'Hypatie afin de dépeindre Cyril de la pire façon.
  • L'érudit déiste du XVIIIe siècle John Toland utilise, dans la troisième partie de son Tetradymus (1720), le meurtre d'Hypatie comme base pour son pamphlet anti-catholique, Hypatia: Or the History of a most beautiful, most vertuous, most learned, and every way accomplish'd Lady; who was torn to pieces by the Clergy of Alexandria, to gratify the pride, emulation, and cruelty of their Archbishop, commonly, but undeservedly, stil'd St. Cyril . Afin de dépeindre la mort d'Hypatie de la manière la plus négative, Toland change l'histoire et invente des éléments qui n'apparaissaient dans aucune source antique . En 1721, le controversiste Thomas Lewis (en) écrit une réponse prenant la défense de Cyrille intitulée The History of Hypatia, a most Impudent School-Mistress of Alexandria: Murder'd and torn to Pieces by the Populace, in Defence of Saint Cyril and the Alexandrian Clergy from the Aspersions of Mr. Toland . Lewis rejette le récit de Damascius comme source non digne de confiance du fait que son auteur est « un païen » puis argumente sur le fait que Socrate le Scolastique est « un puritain », qui a fait preuve à maintes reprises de préjugés contre Cyril .
  • Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, Article sur l'Eclectisme
  • Voltaire, dans son Examen important de Milord Bolingbroke ou le tombeau du fanatisme (1736) donne une interprétation d'Hypatie comme croyant en « les lois de la Nature rationnelle » et « les capacités de l'esprit humain libéré des dogmes » et décrit sa mort comme « un meurtre bestial perpétré par les dogues tonsurés de Cyrille, suivis d’une troupe de fanatiques »[53]. Plus tard, dans une entrée de son Dictionnaire philosophique (1772), Voltaire dépeint de nouveau Hypatie comme un génie libre-penseur brutalement tué par des chrétiens ignorants. La majeure partie de l'entrée ignore Hypatie elle-même et traite plutôt de la controverse de savoir si oui ou non Cyrille est responsable de sa mort. Voltaire conclut avec la remarque sarcastique que « quand on met les belles dames toutes nues, ce n’est pas pour les massacrer »[54].

Dans son ouvrage monumental Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, l'historien anglais Edward Gibbon s'étend sur les descriptions trompeuses de Toland et Voltaire déclarant que Cyrille est l'unique cause de tout mal à Alexandrie au début du Ve siècle et construisant le meurtre d'Hypatie comme preuve pour étayer la thèse polémique selon laquelle l'avènement du christianisme était l'unique cause de la chute de l'Empire romain. Il remarque la vénération continue dont bénéficie Cyrille en tant que saint chrétien, et commente que « la superstition [christianisme] expierait peut-être plus facilement le sang d'une vierge que le banissement d'un saint ». En réponse à ces accusations, des auteurs catholiques, ainsi que quelques protestants français ont insisté avec une véhémence accrue que Cyrille n'avait absolument aucune implication dans le meurtre d'Hypatie et que Pierre le Lecteur était l'unique responsable. Au cours de ces débats enflammés, Hypatie elle-même tend à être mise de côté et ignorée, tandis que les débats se focalisent bien plus sur la question de savoir si Pierre le Lecteur a agi seul ou sous les ordres de Cyrille.

XIXe siècle
La pièce Hypatia, jouée au Theatre Royal Haymarket (en) en janvier 1893, est basée sur le roman de Charles Kingsley.
La photographie Hypatia de Julia Margaret Cameron en 1867 est également inspirée du roman de Charles Kingsley.
XXe siècle
  • Mario Luzi, Livre d’Hypatie (Libro di Ipazia), théâtre, 1978
  • Augusto Agabiti, Ipazia : la prima martire della liberta di pensiero, Ipazia, Ragusa, 1979
  • Alexandra Barriole, Hypatie, la lionne de l'apocalypse, Paris, La Pensée universelle, 1987.
  • Andrée Ferretti, Renaissance en Paganie, L'Hexagone, 1987
  • Arnulf Zitelmann, Hypatia, Paris, L'École des Loisirs, 1989, coll. "Médium".
  • Jean Marcel, Hypatie ou la fin des dieux, Leméac, 1989[55].
  • J. Rougé, « La politique de Cyrille d'Alexandrie et le meurtre d'Hypatie », in Cristianesimo nella Storia, 11/3, 1990, p. 485-504;
  • Silvia Ronchey, « Ipazia, l'intellettuale », in Augusto Fraschetti (a cura di), Roma al femminile, Roma, Laterza, 1994, p. 213-258;
  • Silvia Ronchey, « Filosofa e martire: Ipazia tra storia della chiesa e femminismo », in R. Raffaelli (a cura di), Vicende e figure femminili in Grecia e a Roma (Atti del Convegno di Pesaro, 28-30 aprile 1994), Ancona, Commissione per le Pari Opportunità della Regione Marche, 1995 p. 449-465;
  • Maria Dzielska, traduit en anglais par F. Lyra, Hypatia of Alexandria, (Revealing Antiquity, No. 8) Cambridge, MA: Harvard University Press, 1995 (1996 en livre de poche)
  • Pan Bouyoucas, Hypatie ou la mémoire des hommes, pièce de théâtre, créée en 1999, publiée par Dramaturges éditeurs en 2005
  • Umberto Eco, Baudolino, Paris, Grasset, 2000.
  • Maurice Magre, Priscilla d'Alexandrie, Paris, Albin Michel, 1925 (chapitres III et XII).
XXIe siècle
  • Marie-Florence Ehret, Hypatie, fille de Théon, Atelier Des Brisants, 2001.
  • Antonio Colavito e Adriano Petta, Ipazia, scienziata alessandrina. 8 marzo 415 d.c., Milano, Lampi di Stampa, 2004.
  • Aida Stoppa, « Ipazia e la rete d'oro », in Aida Stoppa, Sette universi di passione, Colledara, Te, Andromeda éditrice, 2004, p. 20-34.
  • Loup d'Osorio, Hypathia, arpenteur d'absolu, Paris, L'Harmattan, 2005.
  • Christiane Marciano-Jacob, Hypatia. Un phare dans la nuit, Éditions du Lys 2008.
  • Christelle Pécout, Virginie Greiner, Hypathie, Paris, Dupuis, 2010, (Grand Public), BD.
  • Maria Dzielska, Hypatie d'Alexandrie, Paris, Éditions des Femmes-Antoinette Fouque, 2010, traduit de l'anglais par Marion Koeltz, préface de Monique Trédé.
  • Laurence Hesse, « Hypathie », in Math à mort. Nouvelles, Tenneville, Éditions Memory, 2013.
  • Olivier Gaudefroy, Hypatie l'étoile d'Alexandrie, Paris, Arlea, 2012.
  • Silvia Ronchey, « Ipazia, La vera storia », Rizzoli, 2010.
  • Le personnage d'Hypatie apparaît dans le roman de l'Egyptien Yūsuf Zaydān (en) ‘Azāzīl (Le Caire, Dar al-Chorouq, 2008), construit comme les mémoires fictives d'un moine de Haute-Égypte. Le moine Hépa l'a connue durant son séjour à Alexandrie pour y étudier la théologie et la médecine et assiste à son exécution[56]. Ce roman obtient l'International Prize for Arabic Fiction (en) 2009 en mars 2009[réf. souhaitée].
  • Le personnage d'Hypatie apparaît également dans le premier tome du roman historique de Bernard Domeyne, Arsinoé d’Afrique, Civitas christiana (2013) où Hypatie prend sous son aile la jeune Arsinoé, fille (présumée) de l’évêque Synésios de Cyrène.[réf. souhaitée]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Le film Agora (2009) d'Alejandro Amenábar s'inspire librement de la vie et de la mort d'Hypatie, interprétée par Rachel Weisz. Elle y est montrée comme une patricienne, proche du préfet Oreste et de Synésios, deux anciens disciples. Elle se veut l’égale des hommes et enseigne la philosophie et les sciences en faisant face à la violence fanatique et à l’obscurantisme des chrétiens d’Alexandrie, et est érigée en figure de la laïcité. Elle cherche à comprendre, dans le film, comment les planètes, dont la Terre, tournent autour du Soleil, contrairement au système géocentrique comme on le croyait à l'époque. Elle finit par comprendre que le système héliocentrique fonctionne avec des orbites en ellipse et non en cercle.

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Hugo Pratt fait figurer Hypatie dans l'album Fable de Venise au travers du personnage d'Hypazia, fille du frère maçon Teone (référence à Théon d'Alexandrie, voir ci-dessus). Celle-ci est convaincue d'être la réincarnation de la philosophe alexandrine et les échanges qu'elle entretient par deux fois avec Corto Maltese avant de mettre fin à ses jours font explicitement référence à l'Hypatie historique.

Détail de l'École d'Athènes, une référence à Hypatie ?

L'École d'Athènes[modifier | modifier le code]

Une histoire souvent racontée, mais jamais prouvée, veut que Raphaël l'ait représentée dans une première version de son tableau L'École d'Athènes.

Lorsqu'un cardinal examina l'œuvre, et apprit que la femme représentée au centre et en bas du tableau était « Hypatie, la plus fameuse des membres de l'École d'Athènes », il aurait ordonné qu'elle en fût effacée : « Enlève-la. La foi ne permet de rien savoir sur elle. À part cela, l'œuvre est acceptable ». Raphaël l'aurait retirée, mais il aurait laissé une référence à la mathématicienne en remplaçant son visage par la figure efféminée de Francesco Maria Ier della Rovere, un neveu du pape Jules II[50].

Art contemporain[modifier | modifier le code]

Astronomie[modifier | modifier le code]

Les Rimae Hypatia, dans le cratère Moltke (photo prise par Apollo 10).

L'astéroïde (238) Hypatia (découvert en 1884) et le cratère lunaire Hypatia (en) ont été baptisés en son honneur. Il est à proximité des cratères portant les noms de son père, Théon (en) ainsi que de Cyrillus et Theophilus. On trouve également à quelque 70 km au nord du cratère un réseau de canaux de 180 km de long nommés Rimae Hypatia, un degré au sud de l'équateur lunaire, le long de la Mer de la Tranquilité.

En octobre 2013 une comète entrée en collision avec la Terre il y a 28 millions d'années dans le Désert du Sahara porte le nom d'Hipatie[59]. En 1996, une petite pierre baptisée Hypatia a été trouvée dans le désert à la frontière égypto-libyenne, et elle est présumée être le premier spécimen connu d'un noyau cométaire.

Hypatia est également le nom donné à Iota Draconis b, une planète extrasolaire (exoplanète) en orbite autour de l'étoile Iota Draconis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. GrecὙπατία Hypatía, transcrit et prononcé en français : [i.pa.ti].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) John J. O'Connor et Edmund F. Robertson, « Hypatie », dans MacTutor History of Mathematics archive, université de St Andrews (lire en ligne).
  2. (en) Sandy Donovan, Hypatia: Mathematician, Inventor, and Philosopher, Capstone, (ISBN 9780756537609, lire en ligne)
  3. (en) Socrate de Constantinople, « Ecclesiastical History »
  4. Krebs, Groundbreaking Scientific Experiments, Inventions, and Discoveries; The Cambridge Dictionary of Philosophy, 2nd edition, Cambridge University Press, 1999: "Greek Neoplatonist philosopher who lived and taught in Alexandria."
  5. Hypatia, Encyclopædia Britannica: "Egyptian Neoplatonist philosopher who was the first notable woman in mathematics."
  6. Deakin 2012.
  7. Edward Jay Watts, (2006), City and School in Late Antique Athens and Alexandria. "Hypatia and pagan philosophical culture in the later fourth century", pages 197–198. University of California Press
  8. Deakin 1994.
  9. Theodore 2016.
  10. a, b et c Penella 1984.
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  12. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Booth 2017.
  13. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Watts 2017.
  14. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Deakin 2007.
  15. a, b, c et d Castner 2010.
  16. Hoche 1860.
  17. J. C. Wensdorf (1747–1748) et S. Wolf (1879), cités par Penella (1984)
  18. Dzielska 1996, p. 68.
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  23. a et b Oakes 2007.
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  25. (en) Ed. Michael Gagarin, The Oxford Encyclopedia of Ancient Greece and Rome, Oxford University Press, , 20 p. (ISBN 9780195170726)
  26. a et b Anne-Françoise Jaccottet, « Hypatie d’Alexandrie entre réalité historique et récupérations idéologiques : réflexions sur la place de l’Antiquité dans l’imaginaire moderne », Études de lettres, no 1-2,‎ , p. 139 (DOI 10.4000/edl.390).
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  41. Voltaire, De la paix perpétuelle : Par le docteur Goodheart, dans ses œuvres complètes, édition de Th. Desoer, Paris, 1817, p. 51 [lire en ligne]
  42. MacDonald, Beverley and Weldon, Andrew. (2003). Written in Blood: A Brief History of Civilization (pg. 173). Allen & Unwin.
  43. Michael A. B. Deakin, « The Primary Sources for the Life and Work of Hypatia of Alexandria », History of Mathematics Paper 63,‎ (lire en ligne)
  44. Women in Mathematics par Oser, Lynn M., publisé à Cambridge en 1974 : « A portion of her original treatise On the Astronomical Canon of Diophantus, was found in the fifteenth century in the Vatican library; it was most likely taken there afer Constantinople had fallen to the Turks. » (p.27), sur Google Books
  45. Hymnes de Synésius de Cyrène, Prolégomènes, trad. Mario Meunier, 1947.
  46. La Souda en ligne, article Hypatia: http://www.stoa.org/sol/
  47. (en) Oser, Lynn M., Women in Mathematics, Cambridge, (1974) indique que « Une portion de son traité original Sur le canon astronomique de Diophante a été trouvé au XVe siècle dans la bibliothèque du Vatican ; il est probable qu'il y ait été amené après la chute de Constantinople aux Turcs. » (p. 27) Lire en ligne.
  48. Benoît Patar, Dictionnaire des Philosophes Médiévaux, Les Editions Fides, (ISBN 9782762127416, lire en ligne), p. 510
  49. Pierre Chuvin, Chronique des derniers païens : la disparition du paganisme dans l'Empire romain, du règne de Constantin à celui de Justinien, Paris, les Belles lettres Fayard, coll. « Belles Lettres » (no 97), , 350 p. (ISBN 978-2-2513-8097-1, OCLC 852486444), p. 366-367.
  50. a et b A la recherche d'Hypatie, Allocution par John Thorp (Université de Western Ontario), Association canadienne de philosophie,2004 .
  51. Jean de Nikiou, trad. anglaise : Chronicle, 84, pp. 87–103 (en) [lire en ligne] et sur Gallica
  52. Tradition classique : dialogues avec l'Antiquité, Faculté des lettres de l'Université de Lausanne, , p. 139.
  53. Examen important de Milord Bolingbroke, Chap XXXIV "Des Chrétiens jusqu'à Théodose, page 196.
  54. H comme Hypatie
  55. Christian Vandendorpe, « Jean Marcel, romancier d’Hypatie », dans Québec français, n°75, automne 1989, p. 68. [lire en ligne]
  56. Patryck Froissart, « La malédiction d’Azazel, Youssef Ziedan », sur La cause littéraire, (consulté le 22 février 2018)
  57. Musée de Brooklyn - Centre Elizabeth A. Sackler - Hypatie
  58. Judy Chicago, The Dinner Party : From Creation to Preservation, Londres, Merrel 2007. (ISBN 1-85894-370-1).
  59. Une comète nommée d'après Hypatie.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources antiques[modifier | modifier le code]

  • Socrate le Scolastique, Histoire ecclésiastique (vers 440), VII, 13-15.
  • Damascios, Vie d'Isidore [de Gaza] (495), fragments in Photius, Bibliothèque, Cod. 242. et s.v. Hypatie in Souda (texte original et traduction en anglais en ligne). Trad. : La vie d'Isidore ou Histoire de la philosophie, traduit par Anthelme-Édouard Chaignet, in Proclus Le Philosophe: Commentaire sur le Parménide suivi du Commentaire anonyme sur les VII dernières hypothèses, Т.3, Paris, 1903 (extraits en ligne)
  • Jean de Nikiou, Histoire universelle (VII° s., original copte perdu), 84, 100-102, trad. de la version amharique Zotenberg, 1883, p. 474. [1]

Études[modifier | modifier le code]

  • (en) J. Bregman, Synesius of Cyrene, Berkeley et Londres, University of California Press, 1982, p. 22-25, 36-39.
  • Pierre Chuvin, Chronique des derniers païens. La disparition du paganisme dans l'Empire romain, du règne de Constantin à celui de Justinien (1990), Les Belles Lettres, éd. revue 2009, p. 90-94, 361-367.
  • Hans von Campenhausen, Les Pères grecs (Griechische Kirchenväter), Paris, Éd. de l'orante, 1963. Chapitres « Synésius de Cyrène » et « Cyrille d'Alexandrie ».
  • Maria Dzielska, Hypatie d'Alexandrie, Éditions des Femmes, 2010, trad. Marion Koeltz, préface Monique Trédé.
  • Olivier Gaudefroy, Hypatie, l'étoile d'Alexandrie, Arléa, 2012.
  • Henriette Harich-Schwarzbauer, « Hypatie d’Alexandrie », Clio. Femmes, Genre, Histoire [En ligne], 35 | 2012, mis en ligne le 01 mai 2014, consulté le 22 février 2018. lire en ligne ; DOI : 10.4000/clio.10575
  • Anne-Françoise Jaccottet, Hypatie d’Alexandrie entre réalité historique et récupérations idéologiques : réflexions sur la place de l’Antiquité dans l’imaginaire moderne, Études de lettres (en ligne [2]), 1-2 | 2010.
  • Anne Jensen, Femmes des premiers siècles chrétiens, Bern, Peter Lang, 2002, p. 180-181. Texte grec et français de Socrate, HE 7,15.
  • Navarro, J. (2013) - « Les femmes et les mathématiques - D'Hypatie à Emmy Noether », coll. Le monde est mathématique présentée par Cédric Villani no 33 (ISBN 978-2-8237-0131-9), Éd. RBA, Paris, p. 11-19
  • Régine Pietra, Les femmes philosophes de l'antiquité gréco-romaine, L'Harmattan, 1997, « Ouverture philosophique ».
  • (de) K. Praechter, Hypatia, in Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft, Halbband 17, Band IX,1, Stuttgart, J. B. Metzler, 1914, col. 242-249 (en ligne [3], [4], [5]).
  • (en) J. M. Rist, Phoenix, 19 (1965), p. 214 ss.
  • H. D. Saffrey, in Dictionnaire des philosophes antiques, 1989 ss., t. III, p. 814-817.
  • Maurice Sartre, Histoires grecques, Points Seuil, 2009.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

À la suite du film Agora