Hydro-Québec International

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Hydro-Québec International (HQI) est une filiale à part entière d’Hydro-Québec, avec son siège social basé à Montréal. Elle a été officiellement enregistrée le 18 octobre 1978 pour exporter le savoir-faire d’Hydro-Québec, soit l’expertise que l’entreprise a acquise en production, en transport, et en distribution d’électricité. Entre 1996 et 2005, l'entreprise s'est aussi engagée dans une série d'investissements dans des infrastructures de production, de transport et de distribution d'énergie en Amérique, en Afrique, en Asie et en Australie.

Historique[modifier | modifier le code]

Période 1978-1995 : exporter l'expertise de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Son premier président-directeur général est l’ingénieur Guy Monty (1979-1983).

De 1979 à 2005, HQI réalise environ 400 projets dans environ 80 pays, principalement en Afrique francophone, mais aussi ailleurs sur ce continent, ainsi qu’en Amérique latine et en Asie, et en Chine notamment qui réalise le projet hydroélectrique des Trois Gorges (22 000 MW) et qui fait parfois appel à son expertise. [1].

Période 1996-2006 : investissements à l'étranger[modifier | modifier le code]

Au milieu des années 1990, la direction d’Hydro-Québec, sous la présidence de André Caillé, confie à HQI un mandat d’investissement dans la construction ou l’acquisition d’actifs de production et de transport à l’étranger.

Entre 1996 et 2006, HQI réalise ainsi des investissements aux États-Unis, en Afrique, en Amérique latine et en Asie (Chine), en Océanie.

En 2005, la direction d’Hydro-Québec, sous la présidence de Thierry Vandal, décide de vendre les actifs étrangers pour se concentrer uniquement sur ses projets au Québec et les exportations aux États-Unis, orientation confirmée dans son Plan stratégique 2006-2010[2]. HQI cesse aussi ses activités de ventes d'expertise.

La vente de ces actifs internationaux permet à Hydro-Québec de générer un gain de 917 M$, dont la part la plus importante revient à la vente de son projet de transport au Chili, avec un profit sur la vente de 813 millions[3].

Depuis 2006[modifier | modifier le code]

Après une interruption de quelque 10 ans (2005-2015) de toutes activités commerciales à l'international, l’arrivée d'Éric Martel à la tête d'Hydro-Québec, en 2015, annonce une réorientation de l'entreprise. Dans un discours prononcé à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain en février 2016, le nouveau PDG dévoile ses ambitions internationales, qui passent par l'augmentation des exportations d'électricité vers les marchés voisins, la commercialisation des innovations de son institut de recherche et l'acquisition de participation dans des infrastructures électriques. « Nous ne pourrons pas verser un dividende important en ne restant qu'au Québec », précise-t-il[4].

Le 30 juin 2015, le Gouvernement du Québec, actionnaire d'Hydro-Québec, adopte le décret 579-2015 [5]concernant la forme, la teneur et la périodicité du plan stratégique d’Hydro-Québec, et l'article 7.b indique la volonté de l'actionnaire à ce que Hydro-Québec considère des prises de participation dans des infrastructures électriques.

En juin 2016, le Plan stratégique 2016-2020 d'Hydro-Québec[6] officialise l'intention de l'entreprise de faire des acquisitions ou de prendre des participations hors Québec[7].

Toutefois, entre 2016 et 2020, aucune transaction ne sera réalisée, bien que le nom d'Hydro-Québec ait été mentionné à plusieurs reprises dans les médias internationaux. Par exemple, en , Hydro-Québec est sur les rangs pour faire l'acquisition d'un intérêt de 50% dans RTE, l'opérateur du réseau de transport d'électricité français. Électricité de France (EDF) porte finalement son choix sur la Caisse des dépôts et consignations[8]. En novembre de la même année, Éric Martel signe néanmoins une entente de « coopération stratégique » avec RTE dans le but de faire l'acquisition de réseaux d'électricité et de commercialiser « des outils et services innovants »[9].

En , le président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador a rencontré des représentants de l'entreprise pour discuter d'un projet de réhabilitation de 60 centrales hydroélectriques mexicaines en vue d'en doubler la production dans le cadre d'une co-entreprise[10].

En 2018 et 2019, on évoque le nom d'Hydro-Québec, avec les Suédois de Vattenfall, les Norvégiens de Statkraft, les Italiens d'Enel, des entreprises chinoises et françaises comme Direct Énergie, rachetée par Total et Engie, qui possède les ouvrages de la Compagnie nationale du Rhône, comme possiblement intéressées à obtenir le droit d'opérer certains barrages propriété de l'État français, dont les mandats des concessionnaires doit arriver à échéance au cours des prochaines années[11],[12]. À titre de plus important exploitant, EDF est particulièrement visée par cette « privatisation des barrages », puisque la concession de 150 de ses 433 barrages doit venir à échéance d'ici 2025[12].

En février 2020, Hydro-Québec annonce son entrée dans une alliance avec la firme Innergex, avec un placement privé de 661 M$ et un engagement de 500 M$ pour investir dans des projets d'énergie renouvelable partout dans le monde.[13]

Puis, à la suite de l’arrivée de Sophie Brochu à la présidence en avril 2020, et de la pandémie de la COVID-19, Hydro-Québec dit abandonner ses activités internationales menées par elle-même pour se concentrer sur le Québec et les marchés d’exportation. [14]. Les raisons citées pour expliquer cette décision sont la compétition des fonds de pension, la présence d’investisseurs chinois, la gestion prudente des risques liés à ces investissements de la part d’Hydro-Québec[15]. L'alliance avec Innergex est toutefois maintenue.

Portefeuille d'investissements d'HQI (1996-2006)[modifier | modifier le code]

Australie[modifier | modifier le code]

Participation dans la coentreprise DirectLink (UJV), créée avec North Power et le Fonds de solidarité FTQ : construction et exploitation d’une interconnexion souterraine de 180 MW à courant continu, d’une longueur de 65 km, entre les réseaux des États de la Nouvelle-Galles du Sud et du Queensland[16]; et participation dans la société en nom collectif MurrayLink Transmission General Partnership, créée avec SNC-Lavalin : construction et exploitation d’une interconnexion souterraine de 220 MW à courant continu, d’une longueur de 180 km, entre les réseaux des États de Victoria et d’Australie-Méridionale[17].

Chine[modifier | modifier le code]

Participation de 20% dans les exploitants de centrales Meiya Power Company et de Hunan C.C. Power Ltd[17].

Chili[modifier | modifier le code]

HQI Transelec Chile S.A. : acquisition et exploitation de Transelec, la société nationale chilienne de transport d’électricité et extension de son réseau (environ 10 000 km)[17].

Costa Rica[modifier | modifier le code]

Participation dans Hidroeléctrica Río Lajas S.A. : construction d’une centrale de 10 MW en partenariat avec la Corporación Superior[17].

États-Unis[modifier | modifier le code]

Participation dans la Cross Sound Cable Company, LLC : construction d’une ligne sous-marine de 330 MW à courant continu, d’une longueur de 40 km, entre le Connecticut et Long Island, dans l’État de New York[17],[18].

Panama[modifier | modifier le code]

Participation dans la Empresa de Generación Eléctrica Fortuna S.A. : exploitation de l’aménagement hydroélectrique de Fortuna (300 MW), le plus important du pays à l’époque[17].

Pérou[modifier | modifier le code]

Participation dans le Consorcio TransMantaro S.A. : construction, en partenariat avec le groupe Graña y Montero, de la ligne de transport à 200 kV Mantaro-Socabaya, une interconnexion de 600 km entre le nord et le sud du Pérou, puis exploitation de cette ligne[17].

Sénégal[modifier | modifier le code]

Participation de 34% dans le capital de la SENELEC, la société sénégalaise d’électricité, en partenariat avec la société française Elyo, filiale du Groupe Suez Lyonnaise des Eaux. Les deux partenaires se retirent en 2000[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Il y a un peu d’Hydro-Québec là-dedans », sur Le Devoir, (consulté le 9 septembre 2020)
  2. Hydro-Québec, « Plan stratégique 2006-2010. », sur hydroquebec.com, (consulté le 9 septembre 2020)
  3. Hydro-Québec, Rapport annuel 2006 : Notre choix est clair. Notre choix est vert., Montréal, Hydro-Québec, , 110 p. (ISBN 978-2-550-48983-2, lire en ligne [PDF])
  4. Jean-Benoit Nadeau, « Hydro-Québec à la conquête du monde », sur L'actualité, (consulté le 9 septembre 2020)
  5. Gouvernement du Québec, « Décret 579-2015, 30 juin 2015 CONCERNANT la forme, la teneur et la périodicité du plan stratégique d’Hydro-Québec », sur Publications du Québec, (consulté le 1er octobre 2020)
  6. Hydro-Québec, Voir grand avec notre énergie propre : Plan stratégique 2016-2020, Montréal, Hydro-Québec, [détail de l’édition] (ISBN 978-2-550-74823-6, lire en ligne [PDF])
  7. Denis Lessard, « Hydro-Québec International renaîtra », sur La Presse, (consulté le 9 septembre 2020)
  8. Denis Cosnard, « EDF va vendre la moitié de RTE à la Caisse des dépôts », sur Le Monde, (consulté le 9 septembre 2020)
  9. Hydro-Québec, « RTE et Hydro-Québec renforcent leur coopération stratégique [communiqué de presse] », sur Hydro-Québec, (consulté le 9 septembre 2020)
  10. (en) Notimex, « Hydro-Quebec to boost clean energy generation in Mexico », sur El Universal (consulté le 9 septembre 2020)
  11. AFP, « La bataille des barrages hydroélectriques démarre », sur www.euractiv.fr, (consulté le 9 septembre 2020)
  12. a et b Jean-Christophe Féraud, « EDF : à La Coche, «on fait de l'électricité avec de la neige» », sur Libération, (consulté le 9 septembre 2020)
  13. Hydro-Québec, « Innergex et Hydro-Québec annoncent une alliance stratégique et un placement privé », sur hydroquebec.com, (consulté le 10 septembre 2020)
  14. Hélène Baril, « Hydro-Québec met un frein à ses ambitions internationales. », sur La Presse, (consulté en septembre 2020)
  15. Yvan Cliche, « Hydro-Québec à l’international. La fin d’une grande aventure. », La Presse, (consulté le 9 septembre 2020)
  16. (en) I. Mattsson, B.D. Railing, B. Williams, G. Moreau, C.D. Clarke, A. Ericsson et J.J. Miller, Murraylink – the longest underground HVDC cable in the world, Paris, Cigré, (lire en ligne), « B4-103 »
  17. a b c d e f et g Hydro-Québec International, « Hydro-Québec: partenaire de votre transition énergétique », sur Hydro-Québec, (consulté le 9 septembre 2020)
  18. (en) B.D. Railing, J.J. Miller, P. Steckley, G. Moreau, P. Bard, L. Ronström et J. Lindberg, Cross Sound Cable project – second generation VSC technology for HVDC, Paris, Cigré, (lire en ligne), « B4-102 »
  19. Ismaïla Dieng, « Sénégal: Hydro-Québec-Elyo : Les raisons d'une séparation à l'amiable », sur Le journal de l'économie, (consulté le 9 septembre 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]