Hunter Biden

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Hunter Biden
R. Hunter Biden at Center for Strategic & International Studies.jpg
Hunter Biden en 2013.
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Robert Hunter Biden
Nationalité
Formation
Activités
Père
Mère
Neilia Hunter (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Autres informations
Parti politique

Robert Hunter Biden dit Hunter Biden, né le à Wilmington (État du Delaware, États-Unis), est un homme d’affaires américain. Il est le fils de l'homme politique Joe Biden.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et vie privée[modifier | modifier le code]

Il est le second fils de Joe Biden, vice-président des États-Unis de 2009 à 2017, et de Nellie Biden, la première épouse de celui-ci. En 1972, son frère Beau et lui survivent à un accident de la route, mais sa mère et sa grande sœur Naomi meurent[1]. Hunter Biden est diplômé des universités de Georgetown et de Yale[2].

Son épouse Kathleen Biden dépose une demande de divorce en décembre 2016, alors qu'Hunter est soupçonné d'avoir été un client du site de rencontres extraconjugales Ashley Madison[3]. Lors d'une audience, le 23 février 2017, Kathleen affirme qu'Hunter faisait toujours passer ses intérêts personnels avant ceux de sa famille, y compris « les drogues, l'alcool, les prostituées, les clubs de strip-tease et les cadeaux aux femmes avec lesquelles il avait des relations sexuelles ». Kathleen Biden se plaint aussi des dépenses excessives, évoquant une somme de 122 000 dollars envolée en deux mois. Elle affirme qu'ils ont encore une dette de 300 000 dollars envers le fisc américain[3].

Lunden Alexis Roberts, une femme de l'Arkansas, réclame en justice une pension alimentaire, affirmant que Hunter Biden est le père de son enfant[4].

À la mort de son frère Beau Biden, en 2015, Hunter Biden aurait « touché le fond » à Los Angeles, en achetant notamment du crack[4],[2]. Après un séjour en cure de désintoxication, Hunter Biden a une liaison pendant deux ans avec la veuve de son frère Beau, Hallie Biden[2],[4],[5].

En 2016, Hunter Biden laisse une pipe de crack et son portefeuille contenant son permis de conduire et ses cartes de crédit dans un véhicule qu'il a loué. Des résidus de cocaïne sont également retrouvés sur l’accoudoir de la voiture[6].

En mai 2019, Hunter Biden rencontre Melissa Cohen, une réalisatrice sud-africaine de 32 ans. Quelques jours plus tard, il la demande en mariage[7].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

À l'US Navy[modifier | modifier le code]

Hunter Biden devient réserviste de l'US Navy en tant qu'aspirant en mai 2013, et travaille à temps partiel en tant que responsable des relations publiques. En juin 2013, après avoir été testé positif à la cocaïne, il en est renvoyé[8],[2]. Il affirme avoir ingéré de la drogue involontairement[9].

Au Barreau[modifier | modifier le code]

Il est associé chez Rosemont Seneca Partners LLC, au conseil de Boies, Schiller, Flexner LLP, une société juridique de New York. Il est également président du World Food Program USA[10]. Hunter Biden se lance dans la finance dans les années 2000 avec un « succès mitigé »[1].

Relations avec la Chine[modifier | modifier le code]

Durant le second mandat de l'administration Obama, Hunter Biden conclut des accords commerciaux lucratifs avec un fonds d'investissement lié au gouvernement chinois[11], après que Hunter Biden a accompagné en 2013 son père lors d’un voyage à Pékin[12],[13].

Lors de ce voyage officiel, Hunter Biden présente à son père Jonathan Li, un partenaire d’affaires chinois, dans le lobby de l’hôtel. Des conseillers de Joe Biden s'inquiètent des apparences d’une telle introduction au pays des « guanxi » (réseaux de relations)[14].

Hunter Biden était un membre bénévole du conseil de BHR Partners, nouveau fonds d’investissement dont Jonathan Li était sur le point de diriger. Plusieurs jours après le voyage des Biden en Chine, BHR Partners a obtenu du gouvernement chinois une licence d’exploitation[réf. nécessaire]. Trois ans plus tard, Hunter Biden prend une participation de 10 % dans BHR Partners grâce à un investissement de 420 000 $.

En décembre 2013, Rosemont Seneca Partners, la petite société de conseil financier de Hunter Biden, participe à une opération de capital-investissement de 1,5 milliard $, impliquant une filiale de la Bank of China, la société de gestion de fonds Bohai Industrial Investment, et l'un des plus importants gestionnaires d'actifs de Chine, Harvest Fundation Management Co. Les sociétés ont utilisé du capital-risque appartenant à l'État chinois pour lever les fonds. Le Wall Street Journal qualifie de « l'une des plus grandes collaborations sino-étrangères en capital-investissement » pour tirer parti de la nouvelle zone de libre-échange de Shanghai et de la libéralisation de la politique chinoise visant à convertir le yuan en devises. Les conversions ont aidé le gouvernement chinois à investir dans des sociétés étrangères[12].

En 2019, le New Yorker écrit un article dans lequel il indique comment Hunter Biden s'est vu offrir un diamant de 2,8 carats par le magnat de l'énergie chinois Ye Jianming[15].

En octobre 2019, pour faire baisser la tension sur la campagne électorale de son père, Hunter Biden annonce qu'il quittera à la fin du mois le conseil d'administration de BHR (Shanghai) Equity Investment Fund Management Company[16].

Membre du conseil d'administration à Burisma[modifier | modifier le code]

Après une visite officielle du vice président Joe Biden en Ukraine[17], Hunter Biden rejoint, en , le directoire d'une des plus importantes compagnies pétrolières et gazières ukrainienne, Burisma, dont le propriétaire, l'oligarque Mykola Zlochevsky, est suspecté de blanchiment d'argent, d'évasion fiscale et de corruption par la justice ukrainienne et britannique à travers Burisma[18].

Alors qu'il n'a aucune expérience en Ukraine[9] et sans qualifications évidentes dans le secteur de l'énergie[19], Hunter Biden affirme dans un communiqué de presse : « Je crois que mon aide en tant que consultant d’une compagnie sur les questions de la transparence, de la gestion d’entreprise et de l’expansion internationale aidera l’économie de l’Ukraine et la prospérité de son peuple »[20].

Le magazine Le Point considère que la nomination chez Burisma du fils de Joe Biden, comme du népotisme[21]. L'humoriste Bill Maher déclare que « ce gamin » a été payé 600 000 $ juste parce qu'il s'appelait Biden dans ce pays extrêmement corrompu qui venait d'avoir une révolution pour se débarrasser de la corruption[22].

Le , le New York Times indique que « Hunter Biden et ses partenaires américains ont pris part au vaste effort de Burisma visant à rassembler des démocrates bien connectés à une époque où la société faisait face à des enquêtes soutenues non seulement par les forces ukrainiennes mais également par des responsables de l’administration Obama »[23],[24]. Yoshiko M. Herrera, professeur de sciences politiques à l’université du Wisconsin à Madison, expert en politique russe et eurasienne, déclare que la fonction de Hunter Biden avec Burisma est un problème grave et qu'il y a un conflit d'intérêts évident[17].

Vox assimile Hunter Biden à ces personnes gravitant autour de la politique américaine, telles que Billy Carter, Tony Rodham et Neil Bush, tentant de capitaliser financièrement sur leurs proches à la Maison-Blanche et parviennant ainsi à s'enrichir sans réaliser d'actions d'envergure[25].

Controverse ukrainienne[modifier | modifier le code]

Le New York Times écrit en 2015 que l'appel de la lutte contre la corruption de Joe Biden à Kiev est compromis par l'activité de son fils Hunter, qui pourrait être impliqué dans une affaire de blanchiment d'argent entachant une compagnie gazière ukrainienne[26].

En décembre 2015, le magazine Vice indique que l'ambassadeur américain à Kiev a appelé le gouvernement ukrainien pour protéger le propriétaire corrompu d’une entreprise énergétique qui emploie Hunter Binden[27].

Joe Biden raconte en janvier 2018 comment il aurait menacé, en mars 2016, le président ukrainien Petro Porochenko de ne pas accorder un milliard de dollars si le procureur général Viktor Shokin (en) n'était pas renvoyé dans les six heures[28],[29]. Viktor Shokin affirme qu'il a été licencié pour l'empêcher d'enquêter sur Hunter Biden[30],[31]

Le Washington Post du 22 juillet 2019 souligne que quand Joe Biden annonce en avril sa candidature à la présidence, son fils Hunter quitte son poste au sein de la plus grande société gazière privée d’Ukraine, après cinq années de service[17].

En juillet 2019, le président Donald Trump demande par téléphone à son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, de se renseigner pour savoir si l'ancien vice-président Biden a ainsi mis fin à une enquête sur une entreprise ukrainienne pour laquelle travaillait son fils[32]. Le 24 septembre 2019, la Chambre des représentants, dominée par les démocrates, lance une enquête en vue d'une procédure d'impeachment pour déterminer si le gel par Donald Trump d'une importante aide militaire à l'Ukraine est le résultat d'une volonté de faire pression sur l’exécutif ukrainien, afin que celui-ci lance une enquête sur Joe Biden, dans le but de mettre en difficulté sa campagne pour l’élection présidentielle de 2020.

Iouri Loutsenko, procureur à partir de mai 2016, affirme avoir rencontré l'avocat de Donald Trump pour évoquer le sujet d'Hunter Biden, mais avoir finalement décidé qu'il n'y avait pas de raison d'ouvrir une enquête contre lui. Il considère que si une enquête est ouverte sur Joe Biden et son fils, elle doit l’être aux États-Unis et non en Ukraine[33]. Iouri Loutsenko est limogé au mois d'août 2019 par le président Volodymyr Zelensky. Le , une enquête est ouverte contre Iouri Loutsenko pour abus de pouvoir. Il est suspecté d'avoir « autorisé un business de paris illégaux »[34].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b AFP, « Entre Joe Biden et la Maison-Blanche, des épreuves familiales en série », sur Le Journal de Montréal (consulté le 2 octobre 2019)
  2. a b c et d P.B. avec AFP, « Accusé de corruption par Donald Trump, que faisait le fils de Joe Biden en Ukraine? », 20 Minutes,‎ (lire en ligne)
  3. a et b Thomas Montet, « Joe Biden : L'épouse de son fils, recasé avec sa belle-sœur, lâche les dossiers », sur www.purepeople.com, (consulté le 29 septembre 2019)
  4. a b et c (en) Adam Entous, « Will Hunter Biden Jeopardize His Father’s Campaign? », The New Yorker,‎ (ISSN 0028-792X, lire en ligne, consulté le 29 septembre 2019)
  5. (en) Sarah Polus, « Hunter Biden and Hallie Biden, his brother’s widow, end their relationship after two years », Washington Post,‎ (lire en ligne)
  6. « Il faut qu'on parle de Hunter Biden », sur lapresse.ca, La Presse, (consulté le 19 novembre 2019)
  7. (en) Meredith Newman, Sarika Jagtiani and Andrew Sharp, « Hunter Biden: Who is former Vice President Joe Biden's son mentioned in Ukraine-Trump call? », sur USA Today, USA Today, (consulté le 19 novembre 2019)
  8. « Un fils de Joe Biden renvoyé de la marine pour prise de drogues », sur Le Huffington Post, (consulté le 29 septembre 2019)
  9. a et b « Hunter Biden, un fiston sous les feux des projecteurs », sur L'Echo, (consulté le 2 octobre 2019)
  10. (en) « About Us. Our vision: A World Without Hunger », wfpusa.org (consulté le 4 août 2014)
  11. Leandra Bernstein, « Will foreign money dominate 2020? Author explains Biden's family ties to China, Ukraine », sur KEYE, (consulté le 29 septembre 2019)
  12. a et b Leandra Bernstein, « Will foreign money dominate 2020? Author explains Biden's family ties to China, Ukraine », sur KEYE, (consulté le 29 septembre 2019)
  13. (en) Peter Schweizer, « The troubling reason why Biden is so soft on China », sur New York Post, (consulté le 29 septembre 2019)
  14. « Il faut qu'on parle de Hunter Biden », sur lapresse.ca, La Presse, (consulté le 19 novembre 2019)
  15. « Hunter Biden reportedly received a 2.8 carat diamond from a Chinese energy tycoon », sur theweek.com, (consulté le 29 septembre 2019)
  16. « États-Unis : le fils de Joe Biden sort de son silence », sur lefigaro.fr,
  17. a b et c (en) Michael Kranish, « As vice president, Biden said Ukraine should increase gas production. Then his son got a job with a Ukrainian gas company. », sur washingtonpost.com, Washington Post, (consulté le 19 novembre 2019)
  18. « États-Unis-Ukraine: Trump visé, Biden piégé », sur LExpress.fr, (consulté le 2 octobre 2019)
  19. Le Point magazine, « L'affaire ukrainienne percute aussi la campagne de Biden pour la Maison Blanche », sur Le Point, (consulté le 29 septembre 2019)
  20. « Vu d’Ukraine. Comment une vieille histoire ukrainienne pourrait faire tomber Trump », sur Courrier international, (consulté le 2 octobre 2019)
  21. Le Point magazine, « L'affaire ukrainienne percute aussi la campagne de Biden pour la Maison Blanche », sur Le Point, (consulté le 29 septembre 2019)
  22. (en-US) James Langford, « Ukraine scandal makes Trump critic Bill Maher wish Joe Biden forced his son to get a 'real job' », sur FOXBusiness, (consulté le 29 septembre 2019)
  23. Cécile Lussato, « Comprendre l’« affaire ukrainienne » qui se retourne contre Trump en 6 questions », sur www.nouvelobs.com, Nouvel Obs, (consulté le 19 novembre 2019)
  24. (en-US) Kenneth P. Vogel et Iuliia Mendel, « Biden Faces Conflict of Interest Questions That Are Being Promoted by Trump and Allies », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 2 octobre 2019)
  25. (en) Matthew Yglesias, « Hunter Biden, the black sheep who might accidentally bring down Trump, explained », sur Vox, (consulté le 2 octobre 2019)
  26. (en-US) James Risen, « Joe Biden, His Son and the Case Against a Ukrainian Oligarch », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 29 septembre 2019)
  27. (en) Simon Ostrovsky, « Joe Biden Is Visiting Ukraine — And It Could Get Really Awkward », sur Vice, (consulté le 29 septembre 2019)
  28. (en) « Joe Biden's 2020 Ukrainian nightmare: A closed probe is revived », sur thehill.com,
  29. (en) « Foreign Affairs Issue Launch with Former Vice President Joe Biden », sur Council on Foreign Relations,
  30. Dacid Rolet, « Selon une agence ukrainienne, les accusations portées contre Burisma seraient antérieures à l'adhésion de Biden », sur News 24, (consulté le 29 septembre 2019)
  31. (en) Daniel Allott, « Solomon: These once-secret memos cast doubt on Joe Biden's Ukraine story », sur TheHill, (consulté le 29 septembre 2019)
  32. « Trump a bien demandé au président ukrainien d'enquêter sur Biden », sur figaro.fr,
  33. « Le fils Biden n'a rien fait d'illégal selon l'ancien procureur ukrainien », sur rfi.fr,
  34. « Ukraine: enquête contre un ex-procureur cité dans l'affaire Trump », sur lefigaro.fr,

Liens externes[modifier | modifier le code]