Humberto Delgado

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Humberto Delgado
Humberto Delgado statue Porto.jpg

Statue de Humberto Delgado à Porto

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 58 ans)
Villanueva del Fresno
Nationalité
Activité
Autres informations
Grade militaire

Humberto da Silva Delgado, né le à Torres Novas (District de Santarém, Portugal) et mort le à Villanueva del Fresno (Estrémadure, Espagne), est un militaire (Armée de l'Air) et homme politique portugais. Leader de l'opposition au dictateur António de Oliveira Salazar, il échoue à l'élection présidentielle de 1958 contre le candidat salazariste Américo Tomás. Il est mort assassiné en Espagne par la police politique portugaise (PIDE).

Biographie[modifier | modifier le code]

Un officier putschiste et salazariste[modifier | modifier le code]

Il sort de l'École Militaire en 1922 et intègre en 1925 l'École Pratique d'Artillerie de Vendas Novas. Il participe au soulèvement militaire du qui renverse la République libérale et installe une dictature militaire au Portugal, laquelle laisse la place, en 1933, à l'Estado Novo conduit par Salazar. Pendant de nombreuses années, il soutient les positions officielles du régime salazariste, en particulier son anticommunisme. Ce soutien et les qualifications professionnelles obtenues aux États-Unis le font monter rapidement dans la hiérarchie militaire (il devient le plus jeune général de l'Armée de l'Air à seulement 47 ans) et à occuper des postes clés. Il dirige notamment la Légion portugaise.

Basculement dans l'opposition à Salazar[modifier | modifier le code]

Député à la Chambre des Corporations entre 1951 et 1952, il représente le Portugal lors des accords secrets avec le Gouvernement anglais sur l'utilisation de bases militaires aux Açores. Bien que lié à l'origine avec les franges radicales du régime (extrême-droite, conservateurs), il échoue à obtenir de Salazar le poste important qu'il convoite et, malgré la tentative de ce dernier de compenser cet échec par une nomination au poste de Chef de la Mission Militaire Portugaise à Washington de 1952 à 1957, il commence dans les années 50 à défendre l'idéal démocratique et à participer activement à l'opposition.

Candidat à la présidentielle de 1958[modifier | modifier le code]

Aux élections présidentielles de 1958, il se présente contre l'amiral Américo Tomás, soutenu par Salazar, réunissant autour de sa candidature toute l'opposition au régime. Dans une célèbre entrevue avec le journaliste Mário Neves, le au café Chave de Ouro, à la question de savoir ce qu'il ferait du Premier ministre António de Oliveira Salazar en cas de victoire, il apporte la célèbre réponse « obviamente, demito-o » (évidemment, je le renvoie), phrase encore fréquemment citée aujourd'hui dans la politique portugaise dans les contextes les plus variés. Il s'agit d'une véritable déclaration de guerre au régime. En raison de son courage à exprimer en public des sentiments peu respectueux, voire agressifs pour le régime et pour Salazar, on l'appelle soit « le général sans peur », soit « le général sans jugeote ». Cette phrase célèbre enflamme les esprits des opprimés du régime de Salazar, et ceux-ci le soutiennent bruyamment pendant la campagne électorale, dont le point d'orgue reste l'accueil enthousiaste du peuple sur la place Carlos Alberto à Porto le . Une gigantesque fraude électorale permet finalement au régime de le battre.

En 1959, à la suite de sa défaite, et victime de représailles de la part de la PIDE, il demande l'asile politique à l'ambassade du Brésil et finit par s'exiler en Algérie.

Convaincu que le régime ne peut être renversé par la voie pacifique, il cherche à rallier la hiérarchie militaire pour préparer un coup d'État. La tentative a lieu en 1962 : l'objectif est de prendre d'assaut la caserne de Beja et d'autres points stratégiques importants du Portugal. Le coup d'État échoue.

Assassinat[modifier | modifier le code]

Désillusionné par ses échecs successifs, Delgado se rend à Badajoz (Espagne), où il doit rencontrer d'autres opposants au régime. C'est en réalité un commando de la PIDE qui se présente, mené par Rosa Casaco, qui l'emmène à Villanueva del Fresno et qui l'assassine par balles, avant de tuer sa secrétaire, Arajaryr Campos[1]. Delgado est mort sans avoir réussi à revenir au Portugal.

Hommages[modifier | modifier le code]

En 1990, il est nommé maréchal de l'Armée de l'Air à titre posthume. Son corps repose maintenant au Panteão Nacional.

Le , le conseil des ministres portugais valide la proposition faite un an plus tôt par la mairie de la capitale de rebaptiser l'aéroport de Lisbonne-Portela, qui deviendra le « aéroport de Lisbonne Humberto Delgado »[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Manil, « Delgado dans le piège », Historia,‎ n° 356 bis, 1976, p. 97-101.
  2. (pt) « Aeroporto de Lisboa muda de nome em homenagem a Humberto Delgado », Público, le